Fictions

Game Of Thrones : huit de « der »

(Illustrations prochaines)

De « Games of Thrones », en huitième saison, ce sera bientôt la vision de la sixième et « der(nière) » partie, le lundi 20 mai 2019. L’enveloppe où je conserve les textes consacrés à cette imposante série devient de plus en plus épaisse. « GoT » atteint une haute marche qui inscrit la série dans le milieu du haut de gamme : un huit sur neuf au maximum .

Une histoire d’ « Huskies »

 Lu dans le « Matin-Dimanche » ( 12 mai 2909) un texte consacré au monde canin, celui des « huskies » : des refuges américains sont actuellement suroccupés de manière inattendue par des chiens de cette race. Séduits par « GoT », des Américains achètent d’exquis chiots sans bien savoir qu’adultes, ceux-ci aimeront courir à fond de train cinq à huit kilomètres par jour, manifesteront une forte attirance pour la fuite, en général sans retour. Si bien qu’un refuge pour cinquante bêtes doit en accueillir quatre fois plus ! Voici un effet secondaire inattendu de l’attirance de certains téléspectateurs pour cette race canine présente dans « GoT »

Sur ce « Blog de la RTSR », une recherche faite en tapant « Games of Thrones » rappelle que, entre 2013 et 2016, existent une demi-douzaine de textes, complétée par quatre mises en ligne récentes. Peut-être serait-il intéressant de relire le tout pour en faire un amorce de dossier, curieux que je suis de savoir si mes réactions d’aujourd’hui confirment celles d’hier.

Il ne devrait pas y avoir de doutes sur le côté BlockBusker (BB) de la série, sur la réussite du spectacle, son élégance formelle, la richesse de l’ensemble de ses personnages regroupés par familles, associées chacune à un Etat.

Je n’aurai été téléspectateur assidu que de la dernière saison, happé par la promotion puissante faite autour de celle-ci. Des saisons précédentes, je n’en avais que picoré que quelques épisodes. Arrivé au terme de cette série, certains éléments sont devenus clairs.

Rien à voir avec une saga respectant l’Histoire. Il s’agit d’une œuvre de pure imagination, qui se déroule hors du temps, autrement dit sans s’interroger pour savoir si tout cela se déroule dans le passé, le présent ou le futur. L’auteur des textes initiaux, George R.R.Martin raconte une histoire basée sur de multiples lieux et personnages qui dépasse un récit brillant aussi vite oublié qu’à peine vu.

L’approche littéraire

On peut tenter une approche littéraire du travail de R.R.Martin, s’interroger sur ses sources, direction Tolkien et « Le seigneur des anneaux » reconnue, permettant de faire des comparaisons aussi audacieuses que plausibles avec certaines œuvres Shakespeare ou du Maurice Druon des « Rois maudits ». intéressant, mais n’allons pas plus loin dans ce sens.

Voici pourquoi je ne suis pas un vrai « fan » : j’ai pris le train déjà en marche. J’ai dès lors perdu du temps à savoir qui est qui, à quel royaume aux noms fugaces chacun appartient, ayant peine à comprendre disposition des lieux et l’organisation des Etats. Pour tout comprendre, il aurait fallu lire des résumés avant d’entrer dans l’épisode suivant pour en avoir assez sur ce qui allait se passer sans rester en bord de route à regarder la série comme le public des tours cyclistes s’intéresse à une caravane publicitaire. Ce léger malaise me laissa parfois pressentir que j’étais en train de passer à côté de quelque chose d’important….

Recours à trop de violence

 Le recours à la violence peut souvent apparaître comme excessif. On a l’habitude, au cinéma, de voir des hommes s’entretuer sans se poser trop de questions. Mais que des femmes, parfois, en fassent autant, cela finit par troubler, surtout quand interviennent des scènes de contacts amoureux, certaines conduisant parfois au plaisir partagé, d’autres plus souvent proches du viol ! Alors que je commençais à savoir comment répondre à mes propres questions reflétant des doutes, je suis tombé sur un texte de Daniel Cohen, Directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure paru dans L’OBS du 09.05.2019. L’auteur écrit clairement ce que j’aurais probablement écrit beaucoup plus maladroitement. Mieux vaut dès lors avoir la sagesse mâtinée d’honnêteté de passer par la citation :

GoT (..) offre un formidable lexique de l’Amérique (de Trump) : une politique du chaos pour affirmer son pouvoir ; une forme de refus obstiné d’assumer une responsabilité collective dans le bien-être du monde, à l’exception de celui de ses électeurs ; l’obsession de construire un mur pour se protéger des autres, à l’image de celui qui est censé protéger le royaume de Westeros de la menace des morts-vivants ; et des malheureux humains, les Sauvageons, pris en étau entre deux mondes comme les migrants d’aujourd’hui….

 Je ne résiste pas au plaisir de citer aussi ces quelques lignes qui inscrivent GoT dans le monde contemporain en passant d’Obama à Trump : C’est bien Obama que Trump veut « tuer », en adoptant en toutes choses un point de vue contraire au sien : sur le climat, l’Iran, Cuba, les traits nucléaires, la santé…

 Et en guise de conclusion, ceci enCore : Beaucoup plus subtiles que les hommes généralement balourds à l’exception d’un nain et d’un eunuque, les femmes font espérer que Martin n’a pas renoncé à nous sauver du monde machiste, trumpien, qu’il a créé. Réponse dans (quelques jours) pour la série et dans un an et demi pour Trump.

 Il est juste d’inscrire GoT comme une fable du monde contemporain.

GoT est vraiment un BB ( suite)

Se trouverait-il encore quelqu’un qui ne soit pas tombé dans la presse sur un texte relatif à Game of Thrones (GoT) ? Si oui, petit rappel du sens du titre de ce texte : Game of Thrones est vraiment un BlockBuster, un des premiers, peut-être même le premier à pouvoir rivaliser avec le cinéma. GoT est d’abord destiné au petit écran, mais il aura débordé ici et là sur le grand, événement plutôt rare, remplissant par exemple à Neuchâtel un lundi soir une grande salle de cinq cents places avec entrées gratuites. Il vaut donc la peine d’en faire même un peu trop. Aborder certains aspects de cette imposante série permet de comprendre un peu les mécanismes de son succès. Il faudra ensuite aussi  formuler quelques remarques personnelles sur ses qualités. Restons ici encore sur la quantité:

+Huit saisons, soixante-six épisodes d’une durée moyenne peut-être un peu supérieure à cinquante minutes par épisodes, au moins 3.300 minutes donc environ 55 heures de projection

Une image de 2013

+ cinq familles inscrites dans l’ensemble des « nombreuses », les Baratheon, Stark, Targaryan, Lannister, Greyjoy

+ sept royaumes que d’aucuns voudraient placer sous l’autorité d’un seul trône unificateur, avec les affrontements pour y parvenir

+ près de deux cents personnages tués, sans compter les anonymes qui tombent lors de multiples combats

+ beaucoup de femmes parfois violées et de nombreux coïts, certains doublement consentis

Quand se déroule cette « saga » ? Dans un passé lointain, dans le futur, de nos jours ? A coup sûr dans le monde imaginaire du Continent de  Westeros, Royaume des Sept Royaumes gouverné par un roi assis sur le « Trône de Fer » dans la capitale de Port-Réal.

Difficile de voir dans ce spectacle tonitruant une contribution à l’Histoire, même si c’est une histoire bien contée, qui demande pour être comprise d’être suivie régulièrement, qualité que devrait du reste remplir n’importe qu’elle série dont une des raisons d’éventuel succès réside dans la fidélisation du public. Nombreux sont les commentateurs de cette série. Certains choisissent l’angle médiéval, sans trop se demander si des dragons lanceurs de feu existaient ….

Daenerys et un dragon, pas toujours facile à maîtriser ( Saison ancienne, mais laquelle?)

Tout élément qui compose un blockbuster passe forcément par l’accumulation. L’excès fait partie de l’exercice.

L’accumulation de mots

« Le Temps », dans son édition du 11 avril, a consacré cinq pages pleines à cette série, conduisant à un temps de lecture qui tourne autour de la demi-heure, durée de la moitié d’un épisode de la série. C’est le même journal dont le collaborateur excellent spécialiste des séries, Nicolas Dufour, s’est demandé si la presse écrite, entre autres, n’en faisait tout de même pas un peu trop. Question d’autant plus pertinente que « Le Temps » est assurément un organe de presse qui aura été généreux dans les commentaires, y compris avec un nouveau texte qui lui est consacré au matin de ce jeudi 2 mai 2019. Et le dossier « papier » personnel que je constitue demande un temps de lecture qui pourrait bien s’approcher des deux heures.

Les soeurs Stark ( de face Sophie Turner – photo HBO)

Huit saisons, près de deux cents morts importants sans compter donc les anonymes.  Dans un résumé des épisodes, « Le Temps » passe en revue certains de ces meurtres en évoquant leur nature.  Il est alors intéressant d’énumérer une partie d’entre eux : on passera donc par la décapitation, le culbute dans le vide, l’exécution après kidnapping, la lapidation, l’explosion, l’exécution par le feu, le meurtre effectué par un dragon, l’assassinat sordide en coin de rue, etc.. il y en a bien d’autres encore. L’excès est bien présent.

Dans cet ensemble de textes n’est pas apparue l’accumulation des viols et des scènes d’amour où le plaisir est parfois partagé.Ces dernières sont-elles aussi nombreuses que les viols ? Peut-être. Il se pourrait que la visibilité dans la description sexuelle explique la présence sur la RTS logo rouge. Notons en passant que les trois premiers épisodes de la saison 8 sont traitées dans des couleurs où dominent les noirs, les blancs et plus encore les nuances de gris. Le rouge « pétant » du logo avertisseur de la RTS sait se faire esthétiquement désagréable à regarder….

( à suivre, et oui, encore !)

GoT est vraiment un BB !

Traduction : « Game » au singulier est un jeu pour conquérir un des trônes (« Thrones » au pluriel ) au royaume des séries télévisées, section « BlockBuster ». Ce texte est la suite du texte qui se trouve ci-dessous sous le titre « Game of thrones : saison 8, dernière ». On peut y aller avec un « ouf » de soulagement ! C’est très bien fait, bien filmé, bien joué par de bonnes actrices et de bons acteurs, bien monté, avec une musique qui s’impose parfois un peu trop, dans de belles couleurs, parfois sombres comme peut l’être le noir/blanc en couleurs, mises en valeur en haut à droite par un signal « rouge » bien voyant qui devrait chasser de devant l’écran les plus petits, ceux qui ne sont pas forcément sensibles aux morts par centaines, aux copulations par dizaines, au sadisme le plus étrange sans savoir que ce spectacle n’a pas grand chose à voir avec la réalité historique, encore que, par certaines séquences, on puisse y reconnaître un brin de l’Europe contemporaine avec brexit et des conflits ouverts un peu partout dans notre monde dit moderne. Mais il faut déjà se donner un peu de peine pour voir dans les dragons le représentant d’un drône pour guerre d’aujourd’hui. Certes, ici ou là des universitaires s’y attachent.

Il a de la gueule, le dragon qui crache son feu (Photo HBO)

A quels signes reconnaît-on un « Blockbuster » ? Il doit être dans ou frôler la démesure. Et l’argent ainsi entre immédiatement en jeu.

Coût de production

A recouper diverses sources, on peut situer le coût d’un épisode de GoT entre 10 et 15 millions de dollars, selon l’importance de la figuration par exemple. Prenons douze millions, pour un épisode de soixante minutes, montant qui permet un peu partout de réaliser un long-métrage de cinéma dans des conditions confortables ! Le coût-minute s’élève ainsi à deux cents mille dollars ( un dollar pour un franc suisse !). Donc une minute de GoT : 200’000 SFR

Une série romande de six épisodes de cinquante minutes revient à environ trois millions de francs. L’épisode coûte donc chez nous 500’000 francs, soit un peu moins de dix mille francs la minute. Donc une minute de série RTS : 10’000 SFR

Un « BlockBuster » américain n’est pas vingt fois meilleur que par exemple une série romande comme « Double vie ». Simplement, il s’agit de deux univers différents. Aux USA règnent les chaînes commerciales chargées de gagner de l’argent comme n’importe quelle entreprise. Dans un petit pays comme le nôtre, la télévision est un service public financé par une redevance qui reste tout de même modeste et tend à la baisse ces dernières années.

Réunion promotionnelle d’une partie des personnages de la saison 8 ( Photo HBO)

( A suivre )

Un podium romand pour « Double vie »

J.B.Busset, le 31.01.19 (cf son commentaire au texte « Double vie, proche du haut de gamme ») allait dans notre sens en soulignant différentes qualités de la plus récente des séries de la RTS, malgré quelques doutes relatifs au scénario qui devient plus faible d’un épisode à l’autre.

Dans l’échelle que j’utilise pour noter des émissions, qui va donc de 0 ( nul) à 10 (perfection) il y a trois grands groupes, le bas (1à3), le milieu (4à6) et le haut ( 7à9) de gamme. Voici, épisode par épisode, mes notes : 7 et 6 ( 10 janvier), 6 et 5 ( 17 janvier ) et 5 et 5 ( 24 janvier). Il vaut donc la peine de chercher quelques-unes des raisons de cette baisse de tension. Il peut aussi, en cette période où la notion de sportif « podium » est à l’honneur simplificateur, après survol de séries romandes de ces dernières années, décrire un podium de fiction, composé de « Dix », « Station Horizon » et enfin « Double vie ».

 « Double vie », un paysage lémanique et sombre (RTS)

La programmation

Le principe même d’une série, où l’on donne un poids équivalent à chaque épisode, est de les montrer un par un, donc jour par jour ou semaine après semaine. Une autre solution séduit les fanatiques de séries, la rafale qui consiste à proposer tous les épisodes en une soirée spéciale (ceci valant pour une série de quatre épisodes de cinquante minutes, comme le fait trop souvent ARTE le jeudi soir). Il peut y avoir plusieurs tirs en rafale si les épisodes sont plus nombreux. L’acheteur d’une série en DVD est totalement libre, lui, de composer son propre programme.

Or, nos voisins français, souvent, aiment bien proposer les séries en programmant des duos d’épisodes. Cinquante minutes puis un entracte parfois réservé à la publicité ou la promotion d’autres émissions avant cinquante autres minutes. Cela rappelle la séance de cinéma composée d’un long-métrage avec entracte, très loin dans le temps pour « fumer-une-bonne-laurence », aujourd’hui pour la vente de délicieuses glaces. La RTS qui est fière souvent de pouvoir présenter certaines séries avant qu’elles ne soient inscrites au programme d’une chaîne concurrente française se sent donc obligée de présenter des duos, parfois même des trios. Un robot pourrait alors très bien assurer cette programmation. Cette habitude de présenter bon nombre duos ou trios masque-t-elle un complexe d’infériorité des programmateurs de chaînes francophones qui imiteraient la séance de cinéma ?

 

Baptiste Gilliéron (Hugo) et Anna Pieri (Nina Canonica)

La notion de « gros plan »

Poursuivons cette réflexion à travers un autre élément, l’importance des gros plans, en particulier de visages. Sur grand écran (plusieurs mètres carrés) un gros plan devient un paysage dans lequel un clin d’œil, un mouvement du regard, l’esquisse d’un sourire, l’amorce d’une surprise ou d’un recul prennent de l’importance. Sur un petit écran (moins d’un mètre carré), encore majoritaire dans un salon, le visage apparaît grandeur nature d’esprit photographique, comme dans un documentaire qui prend sa force par le mouvement, l’environnement et non les nuances d’expressions subtiles d’un visage.

De plus, durant le tournage, la fiction des séries doit apporter chaque jour plus de minutes utilisables que le cinéma. On admet sommairement, au cinéma, que deux minutes utiles par jour est une bonne moyenne. Or il est plus facile de tourner des plans caméra fixée sur le visage d’un seul acteur que de saisir les réactions et mouvements d’un groupe de personnages réunis dans un même lieu.

Le gros plan, dès lors, par sa fréquence et l’information restreinte qu’il apporte à une fiction télévisée, provoque parfois une certaine lassitude. Montrer une série de fiction en duos accentue encore ce sentiment, comme si la fiction télévisée manquait d’imagination conduisant à un emploi trop fréquent du cadre restreint du gros plan.

Et c’est ainsi que les duos ( et même des trios) d’épisodes finissent par nuire à bon nombre de séries télévisées en les privant des nuances de la mise en scène cinématographique.

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« Double vie » : proche du haut de gamme!

Où se situe vraiment  « Double vie », une série de six épisodes d’environ cinquante minutes chacun, conduite par la RTS en majoritaire face à son partenaire de la RTBF : entre le « 6 » du haut de milieu de gamme et le « 7 » du bas  du haut!  Pas loin de la meilleure série de fiction que fut « Dix » en 2010 sous l’entière responsabilité de la RTS, bien installée dans le bas du haut de gamme avec un bon « 7 »

Une série passe par de multiples étapes avant d’être offertes aux téléspectateurs :

+ l’idée de base

+ le principe de la couverture du budget

+ l’écriture du scénario avec dialogues

+ la consolidation du financement

+ les préparatifs du tournage, avec repérages des lieux et choix des interprètes

+ le tournage proprement dit, pour l’image et une partie des sons

+ le montage de l’image et du son avec la musique

+ la promotion

+ la projection sur la  chaîne productrice, suivie d’un éventuel bilan

+ la carrière nationale au moins et éventuellement internationale

Scène de tournage

Pour les cinq heures de projection de « Double vie », le budget tourne autour de trois millions de francs, cinq cent mille francs, dix mille francs la minute. La majorité du financement de « Double vie » a été assumée par la RTS, le solde à charge d’un co-producteur belge (RTBF). Cette série reflète donc bien la volonté affirmée par le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, qui veut privilégier, contre les vents et marées des difficultés financières, ces séries qui contribuent aussi à « raconter » un pays à travers des histoires portées par des personnages. Ces dernières années, la RTSR aura accompli un tour de Romandie cantonal dans l’espoir de plaire à chacun.

L’intérêt d’une co-production

L’idée de base consiste à reprendre une série belge existante et à adapter à la sauce romande lieux et personnages. Il serait peut-être intéressant, un jour plus ou moins lointain, de montrer cette série belge aux téléspectateurs romands. Elle prendrait sans douleur la place d’une américaine de bas de gamme. S’ouvrir à la fiction de plusieurs pays producteurs est une bonne démarche pour la diversification des programmes.

La diffusion internationale

Il va de soi que la co-production assure le passage de la série dans au moins le pays partenaire. Il va peut-être trop de soi qu’une série soit seulement  destinée au seul public de la zone de diffusion. Dépasser le « local » ( donc ici la Suisse Romande) est chose importante. Vendre une série à d’autres chaînes permet d’assurer quelques ressources financières qui peuvent être réinvesties dans d’autres projets.

Il y a mieux encore, en procédant à des échanges. On peut mettre à disposition d’une chaîne la série non pas contre monnaie dite sonnante et trébuchante, mais en lui proposant de « payer » le passage en fournisssant au pays d’origine une série du pays acheteur. C’est ainsi qu’une série de trois heures par exemple permettrait d’occuper six heures d’antenne sous cette forme d’échange. Ceci revient donc à disposer de deux séries pour le prix d’une. Mais cette forme d’accord est-elle souvent pratiquée ?

Quand la RTS assure

 Au fur et à mesure du temps qui passe, la RTS apprend à mieux maîtriser différentes étapes du long processus qui va d’une idée à la diffusion du produit fini. Le coût final d’une série semble bien respecter le budget.

Le coût d’une série comme « Double vie », d’environ trois millions, offre des occasions de travail à des comédiens, des techniciens romands. On a parfois déploré une timide présence de comédiens suisses, mais il est plus facile de se tourner vers Paris que vers Zürich, pour d’évidentes raisons qui commencent par la diction. Mais dans l’ensemble, les rôles sont bien tenus, parfois avec une sorte de timidité.

Les « rivales »

La RTS maîtrise bien différentes phases techniques mais aussi créatrices comme le montage, la sonorisation avec mise en place de la technique, aussi bien que l’étalonnage.

Les séries romandes de ces dernières années sont bien filmées en images souvent belles et limpides. Les interprètes s’en tirent assez bien avec leurs personnages. Peut-être qu’il faut parfois un peu trop s’en aller chercher certains acteurs hors des limites de la Suisse romande, plus souvent à Paris que Zurich. Les sons sans la musique ne posent pas de problèmes. Les collaborateurs de la RTS avec des externes maitrisent bien la phase du montage et ce qui s’y attache, la présence sur la bande sonore de la musique, l’équilibre lors de l’étalonnage.

Dix pour cent

Il faut écouter la radio romande, qui accorde dix bonnes minutes à cette série alors que la presse couvre la télévision que par des programmes et résumés, sans la moindre amorce de réflexion critique, pour entendre dire que « Dix pour cent » est une des meilleures séries jamais tournées en France. FR2 la met en valeur en premier rideau, vers 21h00. Mais pour la RTS, elle n’est pas assez fédératrice pour attirer tous les publics. Il faut comprendre : priorité à l’audimate. Le Suisse romand moyen ne mérite pas qu’on lui offre le meilleur des séries récurrentes à une heure de grande écoute. Car pour plaire à tous, il faut éviter le risque de déplaire à certains. FR2 fait confiance à son public alors que la RTS « cache » en fin de soirée une fois de plus une série récurrente d’un excellent niveau.

L’affiche qui accompagne la série en France (Photo France 2)

A l’origine de la série

Miracle : pas d’enquête policière, pas de mort brutale. Simplement, un milieu professionnel avec ses problèmes internes et ceux qui se posent pour ses « clients » : d’emblée une raison d’être attentif. On partage ainsi les occupations et préoccupations des propriétaires et du personnel de l’agence qui s’occupe de la carrière non seulement d’acteurs, mais de tous ceux qui touchent à la création cinématographique. L’idée de cette série a été lancée il y a presque dix ans déjà par Dominique Besnehard, un des agents les plus connus et semble-t-il des plus efficaces de la société parisienne ArtMédia.

Des invités qui portent leur nom

Dans chacun des six épisodes de la série qui compte déjà trois saisons et s’achèvera probablement avec la 4ème en cours d’écriture, on y reçoit un acteur ou une actrice, invité(e) à jouer son propre rôle. « Dix pour cent » devient ainsi une sorte de document d’investigation plausible dans un milieu réel mettant en évidence un « vrai » interprète. Reste à savoir si l’invité ressemble à ce qu’il est dans sa réalité ou  s’il prend plaisir à s’inventer une autre personnalité. Les responsables de la première saison se heurtèrent à de nombreux refus d’interprètes craignant de se faire « piéger ». Devant le succès populaire de la première saison, le recrutement serait devenu de plus en plus facile, comme si avoir joué dans « Dix pour cent » était un gage de haut professionnalisme.

Isabelle Huppert tourbillonne

A lire différentes contributions positives su la série, on sent une nette attention  au comportement des invités qui portent leur propre nom Le numéro quatre de la saison 3 reçoit Isabelle Huppert qui passe d’un rôle dans un film français à un américain non sans avoir dû jongler avec un passage à la télévision et tout de même trouvé le moyen de corriger certaines parties de son texte. Isabelle Huppert semble bien prendre un réel plaisir à en faire un peu et même beaucoup trop ! Certes, l’actrice travaille énormément. Mais « Dix pour cent » ne permet pas de savoir si l’on en sait plus sur l’actrice elle-même ou si celle-ci prend plaisir à se caricaturer. Cette ambiguïté plane sur toute la série, qui oscille agréablement entre un document informatif solide et une fiction des plus délirantes.

Même problème avec Jean Dujardin qui disparait dans la nature revêtu de l’uniforme d’un soldat de 14-18, l’acteur devenu inséparable de son personnage dont il ne peut ni ne veut se débarrasser.

Alors, le titre, pourquoi ? C’est le pourcentage que touche l’agence sur les salaires obtenus par celles et ceux qui font appel à elle. Et l’on finit ainsi, dans un euphorique tourbillon, à savoir plein de choses plausibles ou inventées sur le cinéma et ceux qui le font.

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

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(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Abondantes séries

(Temps de lecture : environ trois minutes !)

Quelle chance pour les programmateurs que de si nombreuses séries soient souvent accessibles à des conditions financières avantageuses. Ce sont pourtant les séries américaines unitaires qui sont dans le viseur de ceux qui veulent que les chaînes allègent leurs contributions. Pour faire des économies substantielles, mieux vaudrait raboter dans les budgets du « 19h30 » !!! Et c’est ainsi que les responsables des achats de séries sont de précieux collaborateurs pour faire couler le robinet à images, dans un excellent rapport prix/temps de diffusion.

A qualité égale, pas forcément facile à déterminer, ma préférence personnelle va à la série récurrente présentée épisode par épisode, un par jour ou un par semaine. Ce « un-pas-un » n’est pas fréquent, tant l’habitude semble prise une fois pour toutes de retransformer deux épisodes d’une série de cinquante minute en un long-métrage de cinéma avec entracte. Combattre cette forme de programmation adoptée par la RTS est vain puisque il faut proposer toute émission inédite avant son passage sur une chaîne francophone concurrente : parts de marché obligent.

L’affiche de « J’ai 2 amours », une mini-série d’ARTE proposée le jeudi 22 mars 2018, sur laquelle retour sera proposé prochainement

Séries récurrentes

 Il est évident que la série récurrente est le plus grand apport à l’enrichissement de l’audiovisuel depuis quelques décennies. Les (bonnes) surprises y sont peut-être plus fréquentes qu’au cinéma qui (me) surprend de moins en moins. Leur accès est facile, du portable aux téléviseurs de salon de plus en plus grands et perfectionnés en passant par la tablette personnelle. Mais comment voir qu’une image est belle, bien composée, bien éclairée, bien construite sur son portable ?

A l’achat, ces séries nombreuses, souvent doublées en français, sont parfois peu coûteuses, dès cent francs la minute, même après doublage. Par contre, la production autonome est coûteuse, imposant plus ou moins de pouvoir vendre une série dans d’autres pays ou de procéder à des échanges pour en assurer la rentabilisation. Le récent « Quartier des banques » aura coûté à peu près cinq millions, le sixième venu de la co-production avec la RTBF, pour un temps de projection aux environs de trois cents minutes. Mais plus de quinze mille francs la minute reste un coût encore inférieur à celui de séries tournées dans de grands pays comme la France, la Grande-Bretagne et surtout les USA. Il n’en reste pas moins qu’une série même bien enracinée en Suisse romande devrait être exportable ou échangeable pour amortir son coût de production naturellement élevé. Une série romande n’est pas faite uniquement pour deux projections sur le petit écran romand : elle doit pouvoir être exportée, vendue à d’autres pays ou échangée.

L’offre d’un jeudi soir (22 mars 2018)

 Les offres en soirée, entre 20 et 23 heures, le 22 mars 2018, un jeudi soir à peu près comme les autres, observées sur RTS1, RTS 2, TF 1, France 2, France 3, M6, ARTE et TV5 Monde, huit des plus suivies en Suisse romande , sont intéressantes à observer. « TV8 » consacre à chacune d’elle une colonne d’informations dans sa présentation améliorée!

+ RTS1 – NCIS : deux numéros d’une série récurrente unitaire, de milieu de gamme. Les 7ème et 8ème épisodes de la quinzième saison sont incapables d’apporter une surprise même minuscule

+ RTS 2 -AMERICAIN CRIME : les deux premiers numéros de la saison 3, « balancés » après 23h30, sont proposés dans une case horaire en général peu fréquentée

Phooto RTS

+ TF1 – SECTION DE RECHERCHES : épisodes 7 et 8 d’une douzième saison d’unitaires. Ce n’est pas sur TF1 que l’on rencontre les séries les plus audacieuses !!!

+ France 2 – Pas de série ce soir-là, réservé à « Envoyé Spécial »

+ France 3 – HAPPY VALLEY: les deux derniers épisodes de la première saison d’une série de six numéros, intéressante, à classer entre le haut du milieu de gamme et la bas du haut ( environ 7 sur une échelle de dix).

Happy Valley : Sarah Lancashire (Ca therine Cawood) sur le terrain (Photo France 3/BBC)

+ M6 – Scorpion : deux épisodes unitaires de la saison 4 suivis de la reprise de deux épisodes en fin de soirée de la saison 3. Le principe d’une rafale de quatre avec reprise d’un duo de la saison précédente est peut-être intéressant.

+ ARTE – J’ai 2 amours. Texte sera mis en ligne prochainement.

+ TV5 monde – Pas de séries

Pour voir le tout, quinze heures au moins eussent été nécessaires. Il fallait donc faire un choix. J’aime bien les soirées d’ARTE du jeudi consacrées à des séries originales. Tentant était aussi « American Crime », mais entre 23.35 et 01h00, sur RTS2 : trop pour une même soirée. Il est possible de profiter du « play-TV », ce qui me reste à faire. Notons en passant qu’ARTE expose en premier rideau et en rafale ses séries récurrentes ambitieuses alors que la RTS les propose parfois tardivement en fin de soirée sur sa deuxième chaîne !

Ondes de choc

Nouvel événement sur RTS1, ( 21 février 2018) : en premier rideau, à une excellente heure d’exposition – 20h10 – présentation du premier numéro d’une collection, « La Vallée » de Jean-Stéphane Bron, l’un des quatre réalisateurs d’équipe de « Bande à part ».

Jean-Stéphane Bron, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Ursula Meier

Lors d’un entretien conduit par Jacques Pilet, pour « Bon pour la tête », Gilles Marchand, désormais patron de la SSR-SRG, a assez clairement mis en avant la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays. On aura dans les semaines qui viennent suffisamment d’occasions pour apporter différentes pièces au dossier de l’espoir d’une accélération créatrice à travers la fiction.

« Ondes de choc » est une collection qui repose sur une démarche commune : à partir de faits divers dramatiques qui se sont produits en Suisse romande, les quatre réalisateurs et leurs équipes ont pu proposer leurs réactions face à ces événements en laissant place aussi à leur imagination.

La vallée ( mercredi 21.02.18)

La réalité sert donc de tremplin : en 2010, des jeunes Lyonnais débarquent en Suisse pour y voler des voitures de luxe. L’affaire tourne mal.

« La vallée », un film de Jean-Stéphane Bron Avec Ilies Kadri. Copyright : RTS/Philippe Christin

Mais notre première approche va d’abord rester générale : comment la notion de « collection » s’inscrit-elle dans la création audiovisuelle contemporaine. Sans la moindre hésitation, la collection peut être considérée comme une forme qui tient des exigences de la série. Pour mémoire, la série unitaire ( un sujet traité dans chaque épisode en principe par certains personnages récurrents) et la série récurrente (un même récit se déroule durant l’ensemble des épisodes) occupent de nombreuses heures de diffusion, en journée ou même parfois très tardivement. A première vue, la série récurrente est plus ambitieuse que la récurrente, dès lors qu’elle fait appel à la fidélité du spectateur.

La collection, qui n’est pas une idée nouvelle si elle reste plutôt rare, a parfois été mise en valeur, par exemple par ARTE.

« Boomerang » de Nicole Borgeat

 Raconter des histoires d’ici ? On peut même partir de deux personnages qui échangent leurs personnalités, un politicien aux idées xénophobes et une demandeuse d’asile kurde musulmane qui se réveillent dans la peau de l’autre pour aborder avec une réelle sensibilité le problème de l’émigration.

« Boomerang » entre dans une ligne assez traditionnelle de téléfilm. Il est encore possible de voir le film jusqu’au 9 mars 2017 :

https://www.rts.ch/fiction/9189813–boomerang-un-film-de-nicole-borgeat.html

Le « groupe cinq »

Plus, en remontant dans un passé tout de même lointain, on peut citer deux exemples au moins qui se sont développés en Suisse romande vers la fin des années 60 du siècle dernier, le « Groupe des Cinq » et « Quatre d’entre elles ».

Au début des années 70, Alain Tanner, Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, qui se sent tous « auteurs » de films, dans le sillage mondial des nouvelles écoles nationles ( les nouvelles vagues en France et en Tchécoslovaquie par exemple) proposent au directeur d’alors de la RTS, René Schenker, de mettre à leur disposition un budget qui permet de construire une co-production parfois ambitieuse.

René Schenker,(1920-200) ancien directeur de la RTS (1958-1973 puis de la RTSR ( 1973-1985)
( Photo RTS)

Voici deux références sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/archives/tv/culture/cinema-vif/7947728-le-groupe-5.html

https://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

Quatre d ‘entre elles

Peu avant, quatre réalisateurs de courts métrages, au milieu des année 65, qui arrivent à tourner des courts métrages, faute de trouver des moyens de financements qui n’existent pas encore –l’aide fédérale à la fiction date de la fin de années soixante – Claude Champion Francis Reusser, Jacques Sandoz et Yves Yersin- tournent chacun un court-métrage faisant le portrait d’une femme, « Sylvie » 16 ans, « Patricia » 22 ans, Erika, 31 ans, Angéle,72 ans, en un collectif « Milos-films » ( en hommage à Milos Forman dont « L’as de pique », léopard d’or ). Les quatre films, regroupés en un long-métrage, « Quatre d’entre elles » fait très correcte carrière nationale et même internationale, tiré par sa meilleure partie « Angéle » d’Yves Yersin. C’était déjà une forme de collection, permettant à quatre courts métrages de bénéficier des portes mieux ouvertes sur grands et petits écrans à la durée du long-métrage. Les trois premiers parties durent 26 minutes ( deux fois treize ) et le quatrième ( 39 mn, trois fois treize) : la collection d’alors tenait ainsi de la mini-série.

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Bien entendu, nous allons être très attentifs à la collection « Ondes de choc »

+ La Vallée – Jean-Stéphane Bron ( 21 février)

+ Sirius –Frédéric mermoud ( 14 mars )

+ Journal de ma tête ( 4 avril )

+ Prénom : Mathieu ( 25 avril )

Il y aura donc encore des textes autour de cette « collection »…

Les « Dix Meilleurs » de 2017, en fiction

 ( Temps de lecture : un peu plus que deux minutes )

 Parmi les créations audiovisuelles, en fiction, y a-t-il une raison de ne pas prendre en compte, en plus des films qui passent prioritairement sur de grands écrans, le meilleur de ce qu’offrent les multiples chaînes de télévision, en particulier ces grands élans romanesques que sont souvent certaines séries récurrentes, lesquelles tiennent de roman de plusieurs centaines de pages alors que le film traditionnel ressemble plutôt à une nouvelle ne dépassant pas la centaine, selon un critère assez sommaire : une page écrite est équivalente à une minute de film?

Une échelle

Avec une échelle allant de 0 ( nul, mais la nullité absolue n’existe pas, sauf fondée sur une colère irrationnelle ) à 10 ( chef d’œuvre, que je continue de réserver à « Citizen Kane » d’Orson Welles, « Ivan la terrible » de S.M.Eisenstein, «  « Hiroshima mon amour » d’Alain Resnais) en passant par le bas de gamme ( de 1 à 3 ), le milieu ( 4 à 6 ) et le haut ( 7 à 9), cela donne pour mes visionnements de 2017, appuyés par la publication d’un texte au moins, version « papier » ou « internet »:

Robin Griffin ( Elisabeth Moss) et sa collègue Miranda (Gwendoline Christie), pas seulement de tailles différentes (Potho Arte), dans « Top of the lake »

9-10 : «Top of the lake » – Jane Campion, deux saisons – Australie

9       : « Un village français » – Frédéric Krivine, auteur principal, sept saisons- France

Les figurants « saluent » la série au début du septième épisode ( Photo France 3)

9      : « Twin Peaks » – David Lynch, trois saisons – USA (Canada)

9      :   « Visages, villages », Agnés Varda et JR- France

9      :   « La villa » – Robert Guédiguian – France

Comme un décor de théâtre : « La villa » de Robert Guédiguian ( PHoto Agora – Genève)

8-9  : « Paterson » -Jim Jarmusch – USA

8      : « Lumière, l’aventure commence » – Thierry Fermaux – France

8      : « L’autre côté de l’espoir « -Aki Kaurismaki – Finlande

7-8   : « 120 battements par minute » – Robin Campillo – France

7       : « La, la, land » – Damien Chazelle – USA

Légère culpabilité

En tête donc, trois séries récurrentes, certes avec deux noms de grands du cinéma, la néo-zélandaise Jane Campion et l’américain David Lynch. Pourquoi pas ? Depuis fort longtemps, je tiens la série récurrente comme le plus riche apport à la création audio-visuelle contemporaine, tous supports de création et de diffusions confondus. Donc plus de différence entre cinéma et télévision. Peut-être avec un léger sentiment de culpabilité, comme celui d’avoir trahi une initiale passion exclusive fort ancienne, celle pour le « cinéma-d’auteur » des années 60 du siècle précédent.

Déculpabilisé

 Certains festivals de cinéma, comme Cannes par exemple, ont su faire place à la série de création, récemment avec « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont ou « Top of the lake » saison 2 de Jane Campion et « Twin peaks » de Lynch. Dans le jeu des « Dix meilleurs films » de 2017,  certains critiques de cinéma du journal « Le Monde » font apparaître en bonne place « Twin Peaks ». « So  film », de récente apparition, consacre un « hors-série » à de nombreuses séries. Et il y a « pire » : Les « Cahiers du cinéma » qui règnent presque incontournables sur la cinéphilie du cinéma d’auteur depuis les années cinquante du siècle dernier, parallèlement à « Positif », revue tout aussi exigeante, viennent de consacrer la couverture de leur 739ème numéro ( décembre 2017) à David Lynch, immense créateur s’il en fut, certes, mais dont ils classent en tête des dix meilleurs « films » de l’année la troisième saison de « Twin peaks », juste devant le « Jeannette » de Bruno Dumont, « film-de-cinéma » qui n’aura connu de carrière, pour le moment, que sur le petit écran.

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