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Fictions | Le Blog de la RTSR
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Fictions

« Double vie » : proche du haut de gamme!

On saura donc au soir de ce jeudi 24 janvier 2019

où se situe vraiment  « Double vie », une série de six épisodes d’environ cinquante minutes chacun, conduite par la RTS en majoritaire face à son partenaire de la RTBF : entre le « 6 » du haut de milieu de gamme et le « 7 » du bas  du haut!  Pas loin de la meilleure série de fiction que fut « Dix » en 2010 sous l’entière responsabilité de la RTS, bien installée dans le bas du haut de gamme avec un bon « 7 »

Une série passe par de multiples étapes avant d’être offertes aux téléspectateurs :

+ l’idée de base

+ le principe de la couverture du budget

+ l’écriture du scénario avec dialogues

+ la consolidation du financement

+ les préparatifs du tournage, avec repérages des lieux et choix des interprètes

+ le tournage proprement dit, pour l’image et une partie des sons

+ le montage de l’image et du son avec la musique

+ la promotion

+ la projection sur la  chaîne productrice, suivie d’un éventuel bilan

+ la carrière nationale au moins et éventuellement internationale

Scène de tournage

Pour les cinq heures de projection de « Double vie », le budget tourne autour de trois millions de francs, cinq cent mille francs, dix mille francs la minute. La majorité du financement de « Double vie » a été assumée par la RTS, le solde à charge d’un co-producteur belge (RTBF). Cette série reflète donc bien la volonté affirmée par le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, qui veut privilégier, contre les vents et marées des difficultés financières, ces séries qui contribuent aussi à « raconter » un pays à travers des histoires portées par des personnages. Ces dernières années, la RTSR aura accompli un tour de Romandie cantonal dans l’espoir de plaire à chacun.

L’intérêt d’une co-production

L’idée de base consiste à reprendre une série belge existante et à adapter à la sauce romande lieux et personnages. Il serait peut-être intéressant, un jour plus ou moins lointain, de montrer cette série belge aux téléspectateurs romands. Elle prendrait sans douleur la place d’une américaine de bas de gamme. S’ouvrir à la fiction de plusieurs pays producteurs est une bonne démarche pour la diversification des programmes.

La diffusion internationale

Il va de soi que la co-production assure le passage de la série dans au moins le pays partenaire. Il va peut-être trop de soi qu’une série soit seulement  destinée au seul public de la zone de diffusion. Dépasser le « local » ( donc ici la Suisse Romande) est chose importante. Vendre une série à d’autres chaînes permet d’assurer quelques ressources financières qui peuvent être réinvesties dans d’autres projets.

Il y a mieux encore, en procédant à des échanges. On peut mettre à disposition d’une chaîne la série non pas contre monnaie dite sonnante et trébuchante, mais en lui proposant de « payer » le passage en fournisssant au pays d’origine une série du pays acheteur. C’est ainsi qu’une série de trois heures par exemple permettrait d’occuper six heures d’antenne sous cette forme d’échange. Ceci revient donc à disposer de deux séries pour le prix d’une. Mais cette forme d’accord est-elle souvent pratiquée ?

Quand la RTS assure

 Au fur et à mesure du temps qui passe, la RTS apprend à mieux maîtriser différentes étapes du long processus qui va d’une idée à la diffusion du produit fini. Le coût final d’une série semble bien respecter le budget.

Le coût d’une série comme « Double vie », d’environ trois millions, offre des occasions de travail à des comédiens, des techniciens romands. On a parfois déploré une timide présence de comédiens suisses, mais il est plus facile de se tourner vers Paris que vers Zürich, pour d’évidentes raisons qui commencent par la diction. Mais dans l’ensemble, les rôles sont bien tenus, parfois avec une sorte de timidité.

Les « rivales »

La RTS maîtrise bien différentes phases techniques mais aussi créatrices comme le montage, la sonorisation avec mise en place de la technique, aussi bien que l’étalonnage.

Les séries romandes de ces dernières années sont bien filmées en images souvent belles et limpides. Les interprètes s’en tirent assez bien avec leurs personnages. Peut-être qu’il faut parfois un peu trop s’en aller chercher certains acteurs hors des limites de la Suisse romande, plus souvent à Paris que Zurich. Les sons sans la musique ne posent pas de problèmes. Les collaborateurs de la RTS avec des externes maitrisent bien la phase du montage et ce qui s’y attache, la présence sur la bande sonore de la musique, l’équilibre lors de l’étalonnage.

( Prochaine mise en ligne : remarques sur l’ensemble de la série, en particulier sur l’écriture )

Dix pour cent

Il faut écouter la radio romande, qui accorde dix bonnes minutes à cette série alors que la presse couvre la télévision que par des programmes et résumés, sans la moindre amorce de réflexion critique, pour entendre dire que « Dix pour cent » est une des meilleures séries jamais tournées en France. FR2 la met en valeur en premier rideau, vers 21h00. Mais pour la RTS, elle n’est pas assez fédératrice pour attirer tous les publics. Il faut comprendre : priorité à l’audimate. Le Suisse romand moyen ne mérite pas qu’on lui offre le meilleur des séries récurrentes à une heure de grande écoute. Car pour plaire à tous, il faut éviter le risque de déplaire à certains. FR2 fait confiance à son public alors que la RTS « cache » en fin de soirée une fois de plus une série récurrente d’un excellent niveau.

L’affiche qui accompagne la série en France (Photo France 2)

A l’origine de la série

Miracle : pas d’enquête policière, pas de mort brutale. Simplement, un milieu professionnel avec ses problèmes internes et ceux qui se posent pour ses « clients » : d’emblée une raison d’être attentif. On partage ainsi les occupations et préoccupations des propriétaires et du personnel de l’agence qui s’occupe de la carrière non seulement d’acteurs, mais de tous ceux qui touchent à la création cinématographique. L’idée de cette série a été lancée il y a presque dix ans déjà par Dominique Besnehard, un des agents les plus connus et semble-t-il des plus efficaces de la société parisienne ArtMédia.

Des invités qui portent leur nom

Dans chacun des six épisodes de la série qui compte déjà trois saisons et s’achèvera probablement avec la 4ème en cours d’écriture, on y reçoit un acteur ou une actrice, invité(e) à jouer son propre rôle. « Dix pour cent » devient ainsi une sorte de document d’investigation plausible dans un milieu réel mettant en évidence un « vrai » interprète. Reste à savoir si l’invité ressemble à ce qu’il est dans sa réalité ou  s’il prend plaisir à s’inventer une autre personnalité. Les responsables de la première saison se heurtèrent à de nombreux refus d’interprètes craignant de se faire « piéger ». Devant le succès populaire de la première saison, le recrutement serait devenu de plus en plus facile, comme si avoir joué dans « Dix pour cent » était un gage de haut professionnalisme.

Isabelle Huppert tourbillonne

A lire différentes contributions positives su la série, on sent une nette attention  au comportement des invités qui portent leur propre nom Le numéro quatre de la saison 3 reçoit Isabelle Huppert qui passe d’un rôle dans un film français à un américain non sans avoir dû jongler avec un passage à la télévision et tout de même trouvé le moyen de corriger certaines parties de son texte. Isabelle Huppert semble bien prendre un réel plaisir à en faire un peu et même beaucoup trop ! Certes, l’actrice travaille énormément. Mais « Dix pour cent » ne permet pas de savoir si l’on en sait plus sur l’actrice elle-même ou si celle-ci prend plaisir à se caricaturer. Cette ambiguïté plane sur toute la série, qui oscille agréablement entre un document informatif solide et une fiction des plus délirantes.

Même problème avec Jean Dujardin qui disparait dans la nature revêtu de l’uniforme d’un soldat de 14-18, l’acteur devenu inséparable de son personnage dont il ne peut ni ne veut se débarrasser.

Alors, le titre, pourquoi ? C’est le pourcentage que touche l’agence sur les salaires obtenus par celles et ceux qui font appel à elle. Et l’on finit ainsi, dans un euphorique tourbillon, à savoir plein de choses plausibles ou inventées sur le cinéma et ceux qui le font.

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

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(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Abondantes séries

(Temps de lecture : environ trois minutes !)

Quelle chance pour les programmateurs que de si nombreuses séries soient souvent accessibles à des conditions financières avantageuses. Ce sont pourtant les séries américaines unitaires qui sont dans le viseur de ceux qui veulent que les chaînes allègent leurs contributions. Pour faire des économies substantielles, mieux vaudrait raboter dans les budgets du « 19h30 » !!! Et c’est ainsi que les responsables des achats de séries sont de précieux collaborateurs pour faire couler le robinet à images, dans un excellent rapport prix/temps de diffusion.

A qualité égale, pas forcément facile à déterminer, ma préférence personnelle va à la série récurrente présentée épisode par épisode, un par jour ou un par semaine. Ce « un-pas-un » n’est pas fréquent, tant l’habitude semble prise une fois pour toutes de retransformer deux épisodes d’une série de cinquante minute en un long-métrage de cinéma avec entracte. Combattre cette forme de programmation adoptée par la RTS est vain puisque il faut proposer toute émission inédite avant son passage sur une chaîne francophone concurrente : parts de marché obligent.

L’affiche de « J’ai 2 amours », une mini-série d’ARTE proposée le jeudi 22 mars 2018, sur laquelle retour sera proposé prochainement

Séries récurrentes

 Il est évident que la série récurrente est le plus grand apport à l’enrichissement de l’audiovisuel depuis quelques décennies. Les (bonnes) surprises y sont peut-être plus fréquentes qu’au cinéma qui (me) surprend de moins en moins. Leur accès est facile, du portable aux téléviseurs de salon de plus en plus grands et perfectionnés en passant par la tablette personnelle. Mais comment voir qu’une image est belle, bien composée, bien éclairée, bien construite sur son portable ?

A l’achat, ces séries nombreuses, souvent doublées en français, sont parfois peu coûteuses, dès cent francs la minute, même après doublage. Par contre, la production autonome est coûteuse, imposant plus ou moins de pouvoir vendre une série dans d’autres pays ou de procéder à des échanges pour en assurer la rentabilisation. Le récent « Quartier des banques » aura coûté à peu près cinq millions, le sixième venu de la co-production avec la RTBF, pour un temps de projection aux environs de trois cents minutes. Mais plus de quinze mille francs la minute reste un coût encore inférieur à celui de séries tournées dans de grands pays comme la France, la Grande-Bretagne et surtout les USA. Il n’en reste pas moins qu’une série même bien enracinée en Suisse romande devrait être exportable ou échangeable pour amortir son coût de production naturellement élevé. Une série romande n’est pas faite uniquement pour deux projections sur le petit écran romand : elle doit pouvoir être exportée, vendue à d’autres pays ou échangée.

L’offre d’un jeudi soir (22 mars 2018)

 Les offres en soirée, entre 20 et 23 heures, le 22 mars 2018, un jeudi soir à peu près comme les autres, observées sur RTS1, RTS 2, TF 1, France 2, France 3, M6, ARTE et TV5 Monde, huit des plus suivies en Suisse romande , sont intéressantes à observer. « TV8 » consacre à chacune d’elle une colonne d’informations dans sa présentation améliorée!

+ RTS1 – NCIS : deux numéros d’une série récurrente unitaire, de milieu de gamme. Les 7ème et 8ème épisodes de la quinzième saison sont incapables d’apporter une surprise même minuscule

+ RTS 2 -AMERICAIN CRIME : les deux premiers numéros de la saison 3, « balancés » après 23h30, sont proposés dans une case horaire en général peu fréquentée

Phooto RTS

+ TF1 – SECTION DE RECHERCHES : épisodes 7 et 8 d’une douzième saison d’unitaires. Ce n’est pas sur TF1 que l’on rencontre les séries les plus audacieuses !!!

+ France 2 – Pas de série ce soir-là, réservé à « Envoyé Spécial »

+ France 3 – HAPPY VALLEY: les deux derniers épisodes de la première saison d’une série de six numéros, intéressante, à classer entre le haut du milieu de gamme et la bas du haut ( environ 7 sur une échelle de dix).

Happy Valley : Sarah Lancashire (Ca therine Cawood) sur le terrain (Photo France 3/BBC)

+ M6 – Scorpion : deux épisodes unitaires de la saison 4 suivis de la reprise de deux épisodes en fin de soirée de la saison 3. Le principe d’une rafale de quatre avec reprise d’un duo de la saison précédente est peut-être intéressant.

+ ARTE – J’ai 2 amours. Texte sera mis en ligne prochainement.

+ TV5 monde – Pas de séries

Pour voir le tout, quinze heures au moins eussent été nécessaires. Il fallait donc faire un choix. J’aime bien les soirées d’ARTE du jeudi consacrées à des séries originales. Tentant était aussi « American Crime », mais entre 23.35 et 01h00, sur RTS2 : trop pour une même soirée. Il est possible de profiter du « play-TV », ce qui me reste à faire. Notons en passant qu’ARTE expose en premier rideau et en rafale ses séries récurrentes ambitieuses alors que la RTS les propose parfois tardivement en fin de soirée sur sa deuxième chaîne !

Ondes de choc

Nouvel événement sur RTS1, ( 21 février 2018) : en premier rideau, à une excellente heure d’exposition – 20h10 – présentation du premier numéro d’une collection, « La Vallée » de Jean-Stéphane Bron, l’un des quatre réalisateurs d’équipe de « Bande à part ».

Jean-Stéphane Bron, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Ursula Meier

Lors d’un entretien conduit par Jacques Pilet, pour « Bon pour la tête », Gilles Marchand, désormais patron de la SSR-SRG, a assez clairement mis en avant la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays. On aura dans les semaines qui viennent suffisamment d’occasions pour apporter différentes pièces au dossier de l’espoir d’une accélération créatrice à travers la fiction.

« Ondes de choc » est une collection qui repose sur une démarche commune : à partir de faits divers dramatiques qui se sont produits en Suisse romande, les quatre réalisateurs et leurs équipes ont pu proposer leurs réactions face à ces événements en laissant place aussi à leur imagination.

La vallée ( mercredi 21.02.18)

La réalité sert donc de tremplin : en 2010, des jeunes Lyonnais débarquent en Suisse pour y voler des voitures de luxe. L’affaire tourne mal.

« La vallée », un film de Jean-Stéphane Bron Avec Ilies Kadri. Copyright : RTS/Philippe Christin

Mais notre première approche va d’abord rester générale : comment la notion de « collection » s’inscrit-elle dans la création audiovisuelle contemporaine. Sans la moindre hésitation, la collection peut être considérée comme une forme qui tient des exigences de la série. Pour mémoire, la série unitaire ( un sujet traité dans chaque épisode en principe par certains personnages récurrents) et la série récurrente (un même récit se déroule durant l’ensemble des épisodes) occupent de nombreuses heures de diffusion, en journée ou même parfois très tardivement. A première vue, la série récurrente est plus ambitieuse que la récurrente, dès lors qu’elle fait appel à la fidélité du spectateur.

La collection, qui n’est pas une idée nouvelle si elle reste plutôt rare, a parfois été mise en valeur, par exemple par ARTE.

« Boomerang » de Nicole Borgeat

 Raconter des histoires d’ici ? On peut même partir de deux personnages qui échangent leurs personnalités, un politicien aux idées xénophobes et une demandeuse d’asile kurde musulmane qui se réveillent dans la peau de l’autre pour aborder avec une réelle sensibilité le problème de l’émigration.

« Boomerang » entre dans une ligne assez traditionnelle de téléfilm. Il est encore possible de voir le film jusqu’au 9 mars 2017 :

https://www.rts.ch/fiction/9189813–boomerang-un-film-de-nicole-borgeat.html

Le « groupe cinq »

Plus, en remontant dans un passé tout de même lointain, on peut citer deux exemples au moins qui se sont développés en Suisse romande vers la fin des années 60 du siècle dernier, le « Groupe des Cinq » et « Quatre d’entre elles ».

Au début des années 70, Alain Tanner, Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, qui se sent tous « auteurs » de films, dans le sillage mondial des nouvelles écoles nationles ( les nouvelles vagues en France et en Tchécoslovaquie par exemple) proposent au directeur d’alors de la RTS, René Schenker, de mettre à leur disposition un budget qui permet de construire une co-production parfois ambitieuse.

René Schenker,(1920-200) ancien directeur de la RTS (1958-1973 puis de la RTSR ( 1973-1985)
( Photo RTS)

Voici deux références sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/archives/tv/culture/cinema-vif/7947728-le-groupe-5.html

https://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

Quatre d ‘entre elles

Peu avant, quatre réalisateurs de courts métrages, au milieu des année 65, qui arrivent à tourner des courts métrages, faute de trouver des moyens de financements qui n’existent pas encore –l’aide fédérale à la fiction date de la fin de années soixante – Claude Champion Francis Reusser, Jacques Sandoz et Yves Yersin- tournent chacun un court-métrage faisant le portrait d’une femme, « Sylvie » 16 ans, « Patricia » 22 ans, Erika, 31 ans, Angéle,72 ans, en un collectif « Milos-films » ( en hommage à Milos Forman dont « L’as de pique », léopard d’or ). Les quatre films, regroupés en un long-métrage, « Quatre d’entre elles » fait très correcte carrière nationale et même internationale, tiré par sa meilleure partie « Angéle » d’Yves Yersin. C’était déjà une forme de collection, permettant à quatre courts métrages de bénéficier des portes mieux ouvertes sur grands et petits écrans à la durée du long-métrage. Les trois premiers parties durent 26 minutes ( deux fois treize ) et le quatrième ( 39 mn, trois fois treize) : la collection d’alors tenait ainsi de la mini-série.

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Bien entendu, nous allons être très attentifs à la collection « Ondes de choc »

+ La Vallée – Jean-Stéphane Bron ( 21 février)

+ Sirius –Frédéric mermoud ( 14 mars )

+ Journal de ma tête ( 4 avril )

+ Prénom : Mathieu ( 25 avril )

Il y aura donc encore des textes autour de cette « collection »…

Les « Dix Meilleurs » de 2017, en fiction

 ( Temps de lecture : un peu plus que deux minutes )

 Parmi les créations audiovisuelles, en fiction, y a-t-il une raison de ne pas prendre en compte, en plus des films qui passent prioritairement sur de grands écrans, le meilleur de ce qu’offrent les multiples chaînes de télévision, en particulier ces grands élans romanesques que sont souvent certaines séries récurrentes, lesquelles tiennent de roman de plusieurs centaines de pages alors que le film traditionnel ressemble plutôt à une nouvelle ne dépassant pas la centaine, selon un critère assez sommaire : une page écrite est équivalente à une minute de film?

Une échelle

Avec une échelle allant de 0 ( nul, mais la nullité absolue n’existe pas, sauf fondée sur une colère irrationnelle ) à 10 ( chef d’œuvre, que je continue de réserver à « Citizen Kane » d’Orson Welles, « Ivan la terrible » de S.M.Eisenstein, «  « Hiroshima mon amour » d’Alain Resnais) en passant par le bas de gamme ( de 1 à 3 ), le milieu ( 4 à 6 ) et le haut ( 7 à 9), cela donne pour mes visionnements de 2017, appuyés par la publication d’un texte au moins, version « papier » ou « internet »:

Robin Griffin ( Elisabeth Moss) et sa collègue Miranda (Gwendoline Christie), pas seulement de tailles différentes (Potho Arte), dans « Top of the lake »

9-10 : «Top of the lake » – Jane Campion, deux saisons – Australie

9       : « Un village français » – Frédéric Krivine, auteur principal, sept saisons- France

Les figurants « saluent » la série au début du septième épisode ( Photo France 3)

9      : « Twin Peaks » – David Lynch, trois saisons – USA (Canada)

9      :   « Visages, villages », Agnés Varda et JR- France

9      :   « La villa » – Robert Guédiguian – France

Comme un décor de théâtre : « La villa » de Robert Guédiguian ( PHoto Agora – Genève)

8-9  : « Paterson » -Jim Jarmusch – USA

8      : « Lumière, l’aventure commence » – Thierry Fermaux – France

8      : « L’autre côté de l’espoir « -Aki Kaurismaki – Finlande

7-8   : « 120 battements par minute » – Robin Campillo – France

7       : « La, la, land » – Damien Chazelle – USA

Légère culpabilité

En tête donc, trois séries récurrentes, certes avec deux noms de grands du cinéma, la néo-zélandaise Jane Campion et l’américain David Lynch. Pourquoi pas ? Depuis fort longtemps, je tiens la série récurrente comme le plus riche apport à la création audio-visuelle contemporaine, tous supports de création et de diffusions confondus. Donc plus de différence entre cinéma et télévision. Peut-être avec un léger sentiment de culpabilité, comme celui d’avoir trahi une initiale passion exclusive fort ancienne, celle pour le « cinéma-d’auteur » des années 60 du siècle précédent.

Déculpabilisé

 Certains festivals de cinéma, comme Cannes par exemple, ont su faire place à la série de création, récemment avec « P’tit Quinquin » de Bruno Dumont ou « Top of the lake » saison 2 de Jane Campion et « Twin peaks » de Lynch. Dans le jeu des « Dix meilleurs films » de 2017,  certains critiques de cinéma du journal « Le Monde » font apparaître en bonne place « Twin Peaks ». « So  film », de récente apparition, consacre un « hors-série » à de nombreuses séries. Et il y a « pire » : Les « Cahiers du cinéma » qui règnent presque incontournables sur la cinéphilie du cinéma d’auteur depuis les années cinquante du siècle dernier, parallèlement à « Positif », revue tout aussi exigeante, viennent de consacrer la couverture de leur 739ème numéro ( décembre 2017) à David Lynch, immense créateur s’il en fut, certes, mais dont ils classent en tête des dix meilleurs « films » de l’année la troisième saison de « Twin peaks », juste devant le « Jeannette » de Bruno Dumont, « film-de-cinéma » qui n’aura connu de carrière, pour le moment, que sur le petit écran.

L’affiche d’un film qui peine à trouver son public

Le clan des « sériophiles » prend enfin de l’ampleur

Quartier des banques (III)

Très curieux et même impatient de découvrir les deux derniers épisodes de cette série, même si la programmation en duos me semble aller à contre-sens de l’esprit de la série faite pour être découverte épisode par épisode ( RTS 1 – jeudi 30 novembre 2017 dès 21h15 – Mais, en face, sur France 3, il y a la fin d’une admirable série, « Un village française » – du « play-tv » personnel dans l’air !!!)

Importante co-production romando-belge

Le RTS ne propose guère plus d’une série récurrente par année. Elle y consacre un budget important, trois millions environ, donc cinq cent mille francs par épisode, dix mille francs au moins la minute. Le prix à la minute consenti par des chaînes comme la RTS ou plus importante qu’elle est souvent plus élevé. A noter aussi que « Quartier des banques » a bénéficié d’une co-production avec la Belgique qui a permis de disposer d’un  budget de près des cinq millions. Il vaut la peine de s’arrêter sur cette série, poussé aussi par l’intérêt personnel porté à ce secteur de la création audiovisuelle.

Tournage au Grand Hotel Kempinski
Lauriane Gilliéron et Brigitte Fossey

Le service de presse de la RTS a donc réussi à provoquer un certain nombre d’articles de promotion, d’information complétés parfois par une appréciation qualitative appelée « critique ». La mise à disposition sur internet de certains épisodes avant diffusion permet cette réflexion, même si elle se fait rare. Les mesures de l’audimat servent aussi et trop souvent de jugement de valeur. Il faudrait que toute émission s’inscrive dans la moyenne, ce qui impliquerait que celle-ci augmente d’année en année…

Le choix des acteurs

 L’idée de la série est née à la RTS, l’écriture a été conduite sous direction romande. Le tournage a eu lieu à Genève et dans ses environs, avec une incursion au moins à Chypre (sauf erreur). La majorité du financement provient de Suisse. Le réalisateur est suisse. La RTS est à féliciter de s’être associée non plus à une grande chaîne française dominante, mais à une chaine belge un peu semblable à elle, la RTBF.

Dans l’ensemble, les acteurs font bien leur travail, appuyés par des dialogues simples et efficaces. Les personnages principaux, la famille Grangier et son conseiller juridique, Me Bartholdy, sont bien servis par leurs interprètes.

Bartholdy (Féodor Atkine) lors du gala de charité

Laura Sepul, dans le rôle d’Elisabeth, qui mène l’enquête et donc s’inscrit comme le vrai moteur de la série, est belge. La reine-mère, Blanche Grangier, est jouée par Brigitte Fossey, actrice française. Arnaud Binard, dans le rôle de l’étrange Alexandre Grangier, amant de la femme de son frère, est français. Féodor Atkine, le dominant et astucieux Me Bartholdy, est un français de lointaine origine russe et polonaise.

Certes, Paul Grangier, personnage dans le coma depuis son discours inaugural du premier épisode, permet de montrer un acteur suisse profondément endormi, Vincent Kucholl, à la verve qui fait le succès de « 26 minutes » ! Son épouse Virginia, jouée par Lauriane Gilliéron, est pour le moment plus connue comme ex-Miss Suisse » assurément séduisante que comme actrice.

Dans une série majoritairement suisse, la distribution, d’un fort bon niveau professionnel, n’est, pour les personnages principaux, guère romande mais même pas tellement belge, puisque tournée vers la France. Il y a là tout de même quelque chose d’un peu gênant !

En regardant une série, le téléspectateur ne voit pas le financement, ni l’écriture, encore moins le travail en coulisses des techniciens de l’image, du son, du montage, l’organisation de la production, etc. Peu lui importe que la production soit majoritairement suisse. Il voit surtout les lieux du tournage et les acteurs

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Mettre une note !

Etablir un échelle de valeur permet de « résumer » d’un « chiffre » une réaction personnelle face à tout « objet » audiovisuel quelle que soit sa nature.
0 : nul   / 1 à 3 : bas de gamme / 4 à 6 : milieu de gamme / 7 à 9 : haut de gamme / 10  : chef-d’œuvre
Vu d’abord sur ordinateur, les épisodes 1 et 2 : 7 pour le premier, 6 pour le second. Revus en survol les nos 1 et 2 ensuite le 3, sur ordinateur sur petit écran : 7 et 6 confirmés, 5 pour le troisième : tendance à la baisse ? Vu l’épisode 4, sur « play tv » : ce sera 6.
Moyenne : 6, donc clairement à ce stade dans le haut du milieu de gamme, là où se trouve aussi « Station horizon ». « Parmi les séries RTS de ces dernières années, « Dix » est la (ma) meilleure, avec un 7 : dans le bas du haut de gamme !

« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

Quartier de banques ? Mérite d’être vu!

 La série récurrente, un des secteurs où la télévision peut apporter beaucoup de créativité, n’est pas seulement américaine, anglaise, française, italienne ou allemande ( même si l’on connaît mal les deux dernières sous nos latitudes francophones). Elle nous vient aussi de chaînes de Belgique, d’Islande, de Finlande, de Norvège, de Suède, du Danemark, d’Israël, etc. La RTS est capable de proposer au moins une série ambitieuse par année, depuis 2010. Pour mémoire, citons (année du premier passage à l’antenne) : « Dix » (2010), « T’es pas la seule » (2011), « Crom » (2012), « L’heure du secret I » (2012), « Port d’attache » (2013), « L’heure du secret II » (2014), « A livre ouvert » ( 2014), « Station horizon » ( 2015), « Anomalia » ( 2016) : neuf séries en sept ans. Voici « Quartier des banques », six épisodes par duos, à voir les 16, 23 et 30 novembre 8 (RTS1- vers 21h00).

« DIX », série RTS 2010, Bruno Todescini

Tour de Romandie

Toute série originale est bien entendu destinée au public de son bassin de diffusion. La RTS s’efforce de satisfaire les différentes régions regroupées dans la RTSR. Elle a donc « promené » les personnages de ses séries à Genève(Dix), dans le vignoble de la côte vaudoise (T’es pas la seule), à Yverdon (Crom), dans le Jura neuchâtelois (L’heure du secret I et II), le Bas Léman (Port d’attache), Lausanne (A livre ouvert), le Valais (Station horizon) ou la Gruyère (Anomalia). Habile tour de Romandie, que ce savant mélange de cantons (auquel manque le Jura) ou de régions. Signe peut-être de « prudence » ou d’une certaine « timidité ».

Station horizon
Une moto, une station-service, un mas et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)

Tentative de meurtre ?

Avec « Quartier des banques », nouvelle incursion à Genève. Mais il se pourrait cette fois, et ce serait très bien ainsi, qu’il s’agisse d’une ambition plus large, pour pouvoir s’inscrire dans une sorte de compétition internationale qui permet aux uns de découvrir les autres. Le « quartier » est situé à Genève. Mais il va s’agir d’une banque « locale, alors qu’en 2012, le secret bancaire est en train de céder sous les coups américains. La famille Grangier est à la tête d’un établissement privé, alors que Paul, « banquier-de-l’année », est dans le coma, suite à une prise d’insuline exagérée. Accident, tentative de suicide ? Elisabeth, éloignée de sa famille, revient pour enquêter : elle pense son frère a été victime d’une tentative de meurtre. Mais pouquoi ?

La fratrie Grangier et Me Bartholdy (PHOTO RTS)

Co-production avec la Belgique

Premier signe de cette volonté d’ouverture : les producteurs romands, dont la RTS, ont pour partenaires la RTBF. Il s’agit donc d’une co-production dont le coût dépasse les quatre millions de francs – aux environs de quinze mille francs la minute, plutôt dans le haut pour une chaîne de télévision de l’importance de la RTS. La co-production a aussi le mérite de garantir un passage ans un deuxième pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une prochaine co-production avec la Belgique majoritaire.

« Quartier des banques » s’inscrit assez bien dans la série des séries honorables produites ces dernières années par la RTS, même sans atteindre les sommets.

Tournage « Quartier des banques », avec Virginia Grangier ( Lauriane Gilliéron, Photo RTS)

Finance, banque et enquête

L’écriture permet de mélanger les questions financières internationales à travers une banque privée genevoise tout en donnant à une famille et à ses problèmes beaucoup de place, l’intrigue reposant aussi sur une sorte de « polar » avec enquêtrice non-professionnelle. Parmi les personnages importants, on citera Paul, qu’on ne voit guère puisqu’il est dans le coma dans les premiers épisodes, sa sœur Elisabeth avec sa curiosité, bien interprétée par l’actrice belge Laura Sepul. Forte présence aussi de Féodor Atkine, dans le rôle de Me Bartholdy, le conseiller juridique de la famille Grangier.

Quartier des Banques:

Paul et Virginia  Grangier (Photo RTS)

Voici quelques-unes des raisons d’être curieux. Bien entendu, nous y reviendrons après le passage à l’antenne de deux premiers épisodes, en premier rideau le jeudi 16 novembre 2017 vers 21h00, pour parler qualités … et défauts.

 

Un peu plus de séries suisses?

Bilan romand : trois tous les deux ans !

(Temps de lecture : environ trois minutes / Quatre images du tournage de « Quartier des banques », série RTS -Point Prod à l’antenne en novembre 2017)

Pour mémoire, citons les séries récurrentes de fiction de la RTS depuis 2010 ( année de projection) :

2010 : « 10 », « En direct de notre passé »

2011 :   « T’es pas la seule »

2012 : « Crom », « L’heure du secret I »

2013 :« Port d’attache »,

2014 : «  L’heure du secret II »,   « A livre ouvert »

2015 : « Station horizon »

2016 : « Anomalia »

2017 : « Quartier des banques »

En huit ans, onze séries ont été produites par la RTS, ce qui donne un rythme de trois séries tous les deux ans, mais une seule par année depuis 2015. Le budget d’une série d’origine entièrement romande peut dépasser les trois millions.

A noter que le Tour de Romandie des lieux d’action est à peu près complet : Vaud la Côte ( T’es pas la seule), Yverdon (Crom), Jura surtout neuchâtelois, deux fois (L’heure du secret), Lac de Genève (Port d’attache), Lausanne ( A livre ouvert), Valais (Station horizon), Fribourg ( Anomalia), Genève (Quartier des banques).

Faire des économies

 Serpent de mer au rendez-vous, décidément presque annuel, les économies : (« Le temps » – 23 août 2018 – dans un texte de Nicolas Dufour, intitulé « La RTS veut se rapprocher de son public » :

« Chargée de faire des économies, la RTS a notamment réduit son rythme de production de fictions. Cette année, une seule série sera lancée, mais sur laquelle la chaîne, avec des partenaires belges, mise beaucoup « Quartier des banques », drame familial en milieu financier ». (sortie probable le 9 novembre  2017)

 Booster la fiction

 En novembre dernier, au cours d’en entretien paru dans la « Tribune de Genéve » ( 26/27 novembre 2016), le futur patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand disait :

J’aimerais booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries. C’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens, des partenaires. Je suis prêt à collaborer avec les cablo-opérateurs et les entreprises de télécoms pour y arriver(..) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses.

 Entre le moment où la décision est prise de mettre en production une série, parfois après une longue période préparatoire, et l’apparition du résultat à l’écran, trois années au moins peuvent passer. Il n’y a pas de contradiction entre une seule série nouvelle sur l’écran de la RTS en 2017, toutes décisions à son propos prises par son directeur, et une déclaration d’intention pour le futur, qui ne peut pas être concrétisée avant 2018 ou même 2019. Il n’en est pas moins important de rappeler les intentions du patron de la SSR-SRG à moyen terme.

Viser l’international

 La production de séries, depuis assez longtemps déjà, prend une place de plus en plus grande dans le monde télévisuel de l’imaginaire. Mais une série peut aussi connaître une carrière économique intéressante, par des ventes ou des échanges avec d’autres chaînes.

 

Les USA, dans la fiction spécifiquement télévisuelle donc la série, dominent le monde, comme le fait le cinéma hollywoodien. Mais le petit écran et ses dérivés, avides d’heures de fiction, font bon accueil à d’autres fournisseurs. On connaît assurément mieux les séries venues d’Islande, d’Israël, de Belgique, tant francophone que flamande, d’Israël, de Norvège, de Suède et surtout du Danemark que le cinéma issu de ces pays.

Une série exportable finit par contribuer au financement d’une autre série. Les pays que nous venons de citer sont tous exportateurs. Les séries suisses, avec ses trois chaînes nationales basées sur trois langues, peinent à trouver des diffusions à l’étranger.

On peut donc, en prenant acte du « désir » de fiction exprimé par celui qui est désormais le patron de la SSR-SRG, souhaiter qu’une série suisse (romande) puisse conquérir non seulement le public régional en premier rideau le samedi soir, mais aussi des chaînes de diffusion dans beaucoup d’autres pays. Ce serait un moyen de « booster » la fiction produite par notre télévision.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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