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Game Of Thrones : huit de « der »

(Illustrations prochaines)

De « Games of Thrones », en huitième saison, ce sera bientôt la vision de la sixième et « der(nière) » partie, le lundi 20 mai 2019. L’enveloppe où je conserve les textes consacrés à cette imposante série devient de plus en plus épaisse. « GoT » atteint une haute marche qui inscrit la série dans le milieu du haut de gamme : un huit sur neuf au maximum .

Une histoire d’ « Huskies »

 Lu dans le « Matin-Dimanche » ( 12 mai 2909) un texte consacré au monde canin, celui des « huskies » : des refuges américains sont actuellement suroccupés de manière inattendue par des chiens de cette race. Séduits par « GoT », des Américains achètent d’exquis chiots sans bien savoir qu’adultes, ceux-ci aimeront courir à fond de train cinq à huit kilomètres par jour, manifesteront une forte attirance pour la fuite, en général sans retour. Si bien qu’un refuge pour cinquante bêtes doit en accueillir quatre fois plus ! Voici un effet secondaire inattendu de l’attirance de certains téléspectateurs pour cette race canine présente dans « GoT »

Sur ce « Blog de la RTSR », une recherche faite en tapant « Games of Thrones » rappelle que, entre 2013 et 2016, existent une demi-douzaine de textes, complétée par quatre mises en ligne récentes. Peut-être serait-il intéressant de relire le tout pour en faire un amorce de dossier, curieux que je suis de savoir si mes réactions d’aujourd’hui confirment celles d’hier.

Il ne devrait pas y avoir de doutes sur le côté BlockBusker (BB) de la série, sur la réussite du spectacle, son élégance formelle, la richesse de l’ensemble de ses personnages regroupés par familles, associées chacune à un Etat.

Je n’aurai été téléspectateur assidu que de la dernière saison, happé par la promotion puissante faite autour de celle-ci. Des saisons précédentes, je n’en avais que picoré que quelques épisodes. Arrivé au terme de cette série, certains éléments sont devenus clairs.

Rien à voir avec une saga respectant l’Histoire. Il s’agit d’une œuvre de pure imagination, qui se déroule hors du temps, autrement dit sans s’interroger pour savoir si tout cela se déroule dans le passé, le présent ou le futur. L’auteur des textes initiaux, George R.R.Martin raconte une histoire basée sur de multiples lieux et personnages qui dépasse un récit brillant aussi vite oublié qu’à peine vu.

L’approche littéraire

On peut tenter une approche littéraire du travail de R.R.Martin, s’interroger sur ses sources, direction Tolkien et « Le seigneur des anneaux » reconnue, permettant de faire des comparaisons aussi audacieuses que plausibles avec certaines œuvres Shakespeare ou du Maurice Druon des « Rois maudits ». intéressant, mais n’allons pas plus loin dans ce sens.

Voici pourquoi je ne suis pas un vrai « fan » : j’ai pris le train déjà en marche. J’ai dès lors perdu du temps à savoir qui est qui, à quel royaume aux noms fugaces chacun appartient, ayant peine à comprendre disposition des lieux et l’organisation des Etats. Pour tout comprendre, il aurait fallu lire des résumés avant d’entrer dans l’épisode suivant pour en avoir assez sur ce qui allait se passer sans rester en bord de route à regarder la série comme le public des tours cyclistes s’intéresse à une caravane publicitaire. Ce léger malaise me laissa parfois pressentir que j’étais en train de passer à côté de quelque chose d’important….

Recours à trop de violence

 Le recours à la violence peut souvent apparaître comme excessif. On a l’habitude, au cinéma, de voir des hommes s’entretuer sans se poser trop de questions. Mais que des femmes, parfois, en fassent autant, cela finit par troubler, surtout quand interviennent des scènes de contacts amoureux, certaines conduisant parfois au plaisir partagé, d’autres plus souvent proches du viol ! Alors que je commençais à savoir comment répondre à mes propres questions reflétant des doutes, je suis tombé sur un texte de Daniel Cohen, Directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure paru dans L’OBS du 09.05.2019. L’auteur écrit clairement ce que j’aurais probablement écrit beaucoup plus maladroitement. Mieux vaut dès lors avoir la sagesse mâtinée d’honnêteté de passer par la citation :

GoT (..) offre un formidable lexique de l’Amérique (de Trump) : une politique du chaos pour affirmer son pouvoir ; une forme de refus obstiné d’assumer une responsabilité collective dans le bien-être du monde, à l’exception de celui de ses électeurs ; l’obsession de construire un mur pour se protéger des autres, à l’image de celui qui est censé protéger le royaume de Westeros de la menace des morts-vivants ; et des malheureux humains, les Sauvageons, pris en étau entre deux mondes comme les migrants d’aujourd’hui….

 Je ne résiste pas au plaisir de citer aussi ces quelques lignes qui inscrivent GoT dans le monde contemporain en passant d’Obama à Trump : C’est bien Obama que Trump veut « tuer », en adoptant en toutes choses un point de vue contraire au sien : sur le climat, l’Iran, Cuba, les traits nucléaires, la santé…

 Et en guise de conclusion, ceci enCore : Beaucoup plus subtiles que les hommes généralement balourds à l’exception d’un nain et d’un eunuque, les femmes font espérer que Martin n’a pas renoncé à nous sauver du monde machiste, trumpien, qu’il a créé. Réponse dans (quelques jours) pour la série et dans un an et demi pour Trump.

 Il est juste d’inscrire GoT comme une fable du monde contemporain.

GoT est vraiment un BB ( suite)

Se trouverait-il encore quelqu’un qui ne soit pas tombé dans la presse sur un texte relatif à Game of Thrones (GoT) ? Si oui, petit rappel du sens du titre de ce texte : Game of Thrones est vraiment un BlockBuster, un des premiers, peut-être même le premier à pouvoir rivaliser avec le cinéma. GoT est d’abord destiné au petit écran, mais il aura débordé ici et là sur le grand, événement plutôt rare, remplissant par exemple à Neuchâtel un lundi soir une grande salle de cinq cents places avec entrées gratuites. Il vaut donc la peine d’en faire même un peu trop. Aborder certains aspects de cette imposante série permet de comprendre un peu les mécanismes de son succès. Il faudra ensuite aussi  formuler quelques remarques personnelles sur ses qualités. Restons ici encore sur la quantité:

+Huit saisons, soixante-six épisodes d’une durée moyenne peut-être un peu supérieure à cinquante minutes par épisodes, au moins 3.300 minutes donc environ 55 heures de projection

Une image de 2013

+ cinq familles inscrites dans l’ensemble des « nombreuses », les Baratheon, Stark, Targaryan, Lannister, Greyjoy

+ sept royaumes que d’aucuns voudraient placer sous l’autorité d’un seul trône unificateur, avec les affrontements pour y parvenir

+ près de deux cents personnages tués, sans compter les anonymes qui tombent lors de multiples combats

+ beaucoup de femmes parfois violées et de nombreux coïts, certains doublement consentis

Quand se déroule cette « saga » ? Dans un passé lointain, dans le futur, de nos jours ? A coup sûr dans le monde imaginaire du Continent de  Westeros, Royaume des Sept Royaumes gouverné par un roi assis sur le « Trône de Fer » dans la capitale de Port-Réal.

Difficile de voir dans ce spectacle tonitruant une contribution à l’Histoire, même si c’est une histoire bien contée, qui demande pour être comprise d’être suivie régulièrement, qualité que devrait du reste remplir n’importe qu’elle série dont une des raisons d’éventuel succès réside dans la fidélisation du public. Nombreux sont les commentateurs de cette série. Certains choisissent l’angle médiéval, sans trop se demander si des dragons lanceurs de feu existaient ….

Daenerys et un dragon, pas toujours facile à maîtriser ( Saison ancienne, mais laquelle?)

Tout élément qui compose un blockbuster passe forcément par l’accumulation. L’excès fait partie de l’exercice.

L’accumulation de mots

« Le Temps », dans son édition du 11 avril, a consacré cinq pages pleines à cette série, conduisant à un temps de lecture qui tourne autour de la demi-heure, durée de la moitié d’un épisode de la série. C’est le même journal dont le collaborateur excellent spécialiste des séries, Nicolas Dufour, s’est demandé si la presse écrite, entre autres, n’en faisait tout de même pas un peu trop. Question d’autant plus pertinente que « Le Temps » est assurément un organe de presse qui aura été généreux dans les commentaires, y compris avec un nouveau texte qui lui est consacré au matin de ce jeudi 2 mai 2019. Et le dossier « papier » personnel que je constitue demande un temps de lecture qui pourrait bien s’approcher des deux heures.

Les soeurs Stark ( de face Sophie Turner – photo HBO)

Huit saisons, près de deux cents morts importants sans compter donc les anonymes.  Dans un résumé des épisodes, « Le Temps » passe en revue certains de ces meurtres en évoquant leur nature.  Il est alors intéressant d’énumérer une partie d’entre eux : on passera donc par la décapitation, le culbute dans le vide, l’exécution après kidnapping, la lapidation, l’explosion, l’exécution par le feu, le meurtre effectué par un dragon, l’assassinat sordide en coin de rue, etc.. il y en a bien d’autres encore. L’excès est bien présent.

Dans cet ensemble de textes n’est pas apparue l’accumulation des viols et des scènes d’amour où le plaisir est parfois partagé.Ces dernières sont-elles aussi nombreuses que les viols ? Peut-être. Il se pourrait que la visibilité dans la description sexuelle explique la présence sur la RTS logo rouge. Notons en passant que les trois premiers épisodes de la saison 8 sont traitées dans des couleurs où dominent les noirs, les blancs et plus encore les nuances de gris. Le rouge « pétant » du logo avertisseur de la RTS sait se faire esthétiquement désagréable à regarder….

( à suivre, et oui, encore !)

GoT est vraiment un BB !

Traduction : « Game » au singulier est un jeu pour conquérir un des trônes (« Thrones » au pluriel ) au royaume des séries télévisées, section « BlockBuster ». Ce texte est la suite du texte qui se trouve ci-dessous sous le titre « Game of thrones : saison 8, dernière ». On peut y aller avec un « ouf » de soulagement ! C’est très bien fait, bien filmé, bien joué par de bonnes actrices et de bons acteurs, bien monté, avec une musique qui s’impose parfois un peu trop, dans de belles couleurs, parfois sombres comme peut l’être le noir/blanc en couleurs, mises en valeur en haut à droite par un signal « rouge » bien voyant qui devrait chasser de devant l’écran les plus petits, ceux qui ne sont pas forcément sensibles aux morts par centaines, aux copulations par dizaines, au sadisme le plus étrange sans savoir que ce spectacle n’a pas grand chose à voir avec la réalité historique, encore que, par certaines séquences, on puisse y reconnaître un brin de l’Europe contemporaine avec brexit et des conflits ouverts un peu partout dans notre monde dit moderne. Mais il faut déjà se donner un peu de peine pour voir dans les dragons le représentant d’un drône pour guerre d’aujourd’hui. Certes, ici ou là des universitaires s’y attachent.

Il a de la gueule, le dragon qui crache son feu (Photo HBO)

A quels signes reconnaît-on un « Blockbuster » ? Il doit être dans ou frôler la démesure. Et l’argent ainsi entre immédiatement en jeu.

Coût de production

A recouper diverses sources, on peut situer le coût d’un épisode de GoT entre 10 et 15 millions de dollars, selon l’importance de la figuration par exemple. Prenons douze millions, pour un épisode de soixante minutes, montant qui permet un peu partout de réaliser un long-métrage de cinéma dans des conditions confortables ! Le coût-minute s’élève ainsi à deux cents mille dollars ( un dollar pour un franc suisse !). Donc une minute de GoT : 200’000 SFR

Une série romande de six épisodes de cinquante minutes revient à environ trois millions de francs. L’épisode coûte donc chez nous 500’000 francs, soit un peu moins de dix mille francs la minute. Donc une minute de série RTS : 10’000 SFR

Un « BlockBuster » américain n’est pas vingt fois meilleur que par exemple une série romande comme « Double vie ». Simplement, il s’agit de deux univers différents. Aux USA règnent les chaînes commerciales chargées de gagner de l’argent comme n’importe quelle entreprise. Dans un petit pays comme le nôtre, la télévision est un service public financé par une redevance qui reste tout de même modeste et tend à la baisse ces dernières années.

Réunion promotionnelle d’une partie des personnages de la saison 8 ( Photo HBO)

( A suivre )

Game of thrones : saison 8, dernière

Dans le nuit du dimanche 14 au lundi 15 avril 2019, à 03h00, présentation sur RTS Un, en version originale avec sous-titres français, en même temps que sur HBO paraît-il, du premier épisode (sur 6 ) de la 8ème saison. Dans la soirée du lundi, un peu tardivement, à partir du 22h15, voici le même épisode en version doublée. Il est rare que la RTS présente une série en tenant compte de l’esprit de sa production, autrement dit en prenant le risque de réussir la fidélisation en offrant un épisode après l’autre, donc pas en rafale, discrète le deux-par-deux ,ou même plus pesante parfois avec tous les épisodes. C’est très bien ainsi. Il est probable qu’il y aura eu plus de monde à 22h15 qu’à 03h00 : à vérifier !

Photo RTS/HBO

Autre nouveauté : il était possible de voir, dans certaines salles de cinéma, à 22h15, le même premier épisode, sur grand écran. C’est ce que je me proposais de faire, curieux de savoir si « Game of Thrones » allait résister au grand écran. Un visage en gros plan sur le téléviseur apparaît à peu près grandeur nature. Le même sur grand écran devient paysage à explorer. L’incendie de « Notre-Dame-de-Paris » aura perturbé ce projet comparatif!

« Game of Thrones », par l’ampleur de son budget qui permet une mise en scène somptueuse, n’a rien à envier à un « blockbuster » destiné au seul cinéma. Dès lors, il importe de savoir si oui ou non on se laisse attirer comme fer sur l’aimant par le principe même du produit audiovisuel de ce genre.

Les 50 ans de « Temps présent », la 8ème et dernière saison de « Game of Thrones » pendant quelques semaines: la RTS offre actuellement  d’attractives gâteries….

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Etre « accro » à ce BB qu’est GoT

BB : BlockBuster : quelques définitions trouvées sur le web :

Mot anglais signifiant « bombe de gros calibre ou Production cinématographique à gros budget publicitaire (Larousse)

Ou encore

Blockbuster est utilisé au cinéma pour qualifier les films à gros budgets et à gros revenus, ce sont des productions exceptionnelles sur le plan financier, matériel et humain. (wikipédia).

Georges Lucas, vers 2010, alors qu’il va vendre sa société LucasFilmLimitel (LFL) à Walt Disney

 Multiples sont les exemples au cinéma : on peut se borner à ne citer que « La guerre des étoiles » de Georges Lucas et ses multiples suites, qui s’inscrivent dans une liste de films que l’on peut voir avec un réel plaisir, mais pas au point de les aligner les uns après les autres. Ces longs-métrages (LM) forment évidemment une série destinée d’abord au cinéma, les épisodes arrivant années après années plutôt que semaine après semaine ou jour après jour.

Un podium romand pour « Double vie »

J.B.Busset, le 31.01.19 (cf son commentaire au texte « Double vie, proche du haut de gamme ») allait dans notre sens en soulignant différentes qualités de la plus récente des séries de la RTS, malgré quelques doutes relatifs au scénario qui devient plus faible d’un épisode à l’autre.

Dans l’échelle que j’utilise pour noter des émissions, qui va donc de 0 ( nul) à 10 (perfection) il y a trois grands groupes, le bas (1à3), le milieu (4à6) et le haut ( 7à9) de gamme. Voici, épisode par épisode, mes notes : 7 et 6 ( 10 janvier), 6 et 5 ( 17 janvier ) et 5 et 5 ( 24 janvier). Il vaut donc la peine de chercher quelques-unes des raisons de cette baisse de tension. Il peut aussi, en cette période où la notion de sportif « podium » est à l’honneur simplificateur, après survol de séries romandes de ces dernières années, décrire un podium de fiction, composé de « Dix », « Station Horizon » et enfin « Double vie ».

 « Double vie », un paysage lémanique et sombre (RTS)

La programmation

Le principe même d’une série, où l’on donne un poids équivalent à chaque épisode, est de les montrer un par un, donc jour par jour ou semaine après semaine. Une autre solution séduit les fanatiques de séries, la rafale qui consiste à proposer tous les épisodes en une soirée spéciale (ceci valant pour une série de quatre épisodes de cinquante minutes, comme le fait trop souvent ARTE le jeudi soir). Il peut y avoir plusieurs tirs en rafale si les épisodes sont plus nombreux. L’acheteur d’une série en DVD est totalement libre, lui, de composer son propre programme.

Or, nos voisins français, souvent, aiment bien proposer les séries en programmant des duos d’épisodes. Cinquante minutes puis un entracte parfois réservé à la publicité ou la promotion d’autres émissions avant cinquante autres minutes. Cela rappelle la séance de cinéma composée d’un long-métrage avec entracte, très loin dans le temps pour « fumer-une-bonne-laurence », aujourd’hui pour la vente de délicieuses glaces. La RTS qui est fière souvent de pouvoir présenter certaines séries avant qu’elles ne soient inscrites au programme d’une chaîne concurrente française se sent donc obligée de présenter des duos, parfois même des trios. Un robot pourrait alors très bien assurer cette programmation. Cette habitude de présenter bon nombre duos ou trios masque-t-elle un complexe d’infériorité des programmateurs de chaînes francophones qui imiteraient la séance de cinéma ?

 

Baptiste Gilliéron (Hugo) et Anna Pieri (Nina Canonica)

La notion de « gros plan »

Poursuivons cette réflexion à travers un autre élément, l’importance des gros plans, en particulier de visages. Sur grand écran (plusieurs mètres carrés) un gros plan devient un paysage dans lequel un clin d’œil, un mouvement du regard, l’esquisse d’un sourire, l’amorce d’une surprise ou d’un recul prennent de l’importance. Sur un petit écran (moins d’un mètre carré), encore majoritaire dans un salon, le visage apparaît grandeur nature d’esprit photographique, comme dans un documentaire qui prend sa force par le mouvement, l’environnement et non les nuances d’expressions subtiles d’un visage.

De plus, durant le tournage, la fiction des séries doit apporter chaque jour plus de minutes utilisables que le cinéma. On admet sommairement, au cinéma, que deux minutes utiles par jour est une bonne moyenne. Or il est plus facile de tourner des plans caméra fixée sur le visage d’un seul acteur que de saisir les réactions et mouvements d’un groupe de personnages réunis dans un même lieu.

Le gros plan, dès lors, par sa fréquence et l’information restreinte qu’il apporte à une fiction télévisée, provoque parfois une certaine lassitude. Montrer une série de fiction en duos accentue encore ce sentiment, comme si la fiction télévisée manquait d’imagination conduisant à un emploi trop fréquent du cadre restreint du gros plan.

Et c’est ainsi que les duos ( et même des trios) d’épisodes finissent par nuire à bon nombre de séries télévisées en les privant des nuances de la mise en scène cinématographique.

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« Double vie » : proche du haut de gamme!

Où se situe vraiment  « Double vie », une série de six épisodes d’environ cinquante minutes chacun, conduite par la RTS en majoritaire face à son partenaire de la RTBF : entre le « 6 » du haut de milieu de gamme et le « 7 » du bas  du haut!  Pas loin de la meilleure série de fiction que fut « Dix » en 2010 sous l’entière responsabilité de la RTS, bien installée dans le bas du haut de gamme avec un bon « 7 »

Une série passe par de multiples étapes avant d’être offertes aux téléspectateurs :

+ l’idée de base

+ le principe de la couverture du budget

+ l’écriture du scénario avec dialogues

+ la consolidation du financement

+ les préparatifs du tournage, avec repérages des lieux et choix des interprètes

+ le tournage proprement dit, pour l’image et une partie des sons

+ le montage de l’image et du son avec la musique

+ la promotion

+ la projection sur la  chaîne productrice, suivie d’un éventuel bilan

+ la carrière nationale au moins et éventuellement internationale

Scène de tournage

Pour les cinq heures de projection de « Double vie », le budget tourne autour de trois millions de francs, cinq cent mille francs, dix mille francs la minute. La majorité du financement de « Double vie » a été assumée par la RTS, le solde à charge d’un co-producteur belge (RTBF). Cette série reflète donc bien la volonté affirmée par le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, qui veut privilégier, contre les vents et marées des difficultés financières, ces séries qui contribuent aussi à « raconter » un pays à travers des histoires portées par des personnages. Ces dernières années, la RTSR aura accompli un tour de Romandie cantonal dans l’espoir de plaire à chacun.

L’intérêt d’une co-production

L’idée de base consiste à reprendre une série belge existante et à adapter à la sauce romande lieux et personnages. Il serait peut-être intéressant, un jour plus ou moins lointain, de montrer cette série belge aux téléspectateurs romands. Elle prendrait sans douleur la place d’une américaine de bas de gamme. S’ouvrir à la fiction de plusieurs pays producteurs est une bonne démarche pour la diversification des programmes.

La diffusion internationale

Il va de soi que la co-production assure le passage de la série dans au moins le pays partenaire. Il va peut-être trop de soi qu’une série soit seulement  destinée au seul public de la zone de diffusion. Dépasser le « local » ( donc ici la Suisse Romande) est chose importante. Vendre une série à d’autres chaînes permet d’assurer quelques ressources financières qui peuvent être réinvesties dans d’autres projets.

Il y a mieux encore, en procédant à des échanges. On peut mettre à disposition d’une chaîne la série non pas contre monnaie dite sonnante et trébuchante, mais en lui proposant de « payer » le passage en fournisssant au pays d’origine une série du pays acheteur. C’est ainsi qu’une série de trois heures par exemple permettrait d’occuper six heures d’antenne sous cette forme d’échange. Ceci revient donc à disposer de deux séries pour le prix d’une. Mais cette forme d’accord est-elle souvent pratiquée ?

Quand la RTS assure

 Au fur et à mesure du temps qui passe, la RTS apprend à mieux maîtriser différentes étapes du long processus qui va d’une idée à la diffusion du produit fini. Le coût final d’une série semble bien respecter le budget.

Le coût d’une série comme « Double vie », d’environ trois millions, offre des occasions de travail à des comédiens, des techniciens romands. On a parfois déploré une timide présence de comédiens suisses, mais il est plus facile de se tourner vers Paris que vers Zürich, pour d’évidentes raisons qui commencent par la diction. Mais dans l’ensemble, les rôles sont bien tenus, parfois avec une sorte de timidité.

Les « rivales »

La RTS maîtrise bien différentes phases techniques mais aussi créatrices comme le montage, la sonorisation avec mise en place de la technique, aussi bien que l’étalonnage.

Les séries romandes de ces dernières années sont bien filmées en images souvent belles et limpides. Les interprètes s’en tirent assez bien avec leurs personnages. Peut-être qu’il faut parfois un peu trop s’en aller chercher certains acteurs hors des limites de la Suisse romande, plus souvent à Paris que Zurich. Les sons sans la musique ne posent pas de problèmes. Les collaborateurs de la RTS avec des externes maitrisent bien la phase du montage et ce qui s’y attache, la présence sur la bande sonore de la musique, l’équilibre lors de l’étalonnage.

Dix pour cent

Il faut écouter la radio romande, qui accorde dix bonnes minutes à cette série alors que la presse couvre la télévision que par des programmes et résumés, sans la moindre amorce de réflexion critique, pour entendre dire que « Dix pour cent » est une des meilleures séries jamais tournées en France. FR2 la met en valeur en premier rideau, vers 21h00. Mais pour la RTS, elle n’est pas assez fédératrice pour attirer tous les publics. Il faut comprendre : priorité à l’audimate. Le Suisse romand moyen ne mérite pas qu’on lui offre le meilleur des séries récurrentes à une heure de grande écoute. Car pour plaire à tous, il faut éviter le risque de déplaire à certains. FR2 fait confiance à son public alors que la RTS « cache » en fin de soirée une fois de plus une série récurrente d’un excellent niveau.

L’affiche qui accompagne la série en France (Photo France 2)

A l’origine de la série

Miracle : pas d’enquête policière, pas de mort brutale. Simplement, un milieu professionnel avec ses problèmes internes et ceux qui se posent pour ses « clients » : d’emblée une raison d’être attentif. On partage ainsi les occupations et préoccupations des propriétaires et du personnel de l’agence qui s’occupe de la carrière non seulement d’acteurs, mais de tous ceux qui touchent à la création cinématographique. L’idée de cette série a été lancée il y a presque dix ans déjà par Dominique Besnehard, un des agents les plus connus et semble-t-il des plus efficaces de la société parisienne ArtMédia.

Des invités qui portent leur nom

Dans chacun des six épisodes de la série qui compte déjà trois saisons et s’achèvera probablement avec la 4ème en cours d’écriture, on y reçoit un acteur ou une actrice, invité(e) à jouer son propre rôle. « Dix pour cent » devient ainsi une sorte de document d’investigation plausible dans un milieu réel mettant en évidence un « vrai » interprète. Reste à savoir si l’invité ressemble à ce qu’il est dans sa réalité ou  s’il prend plaisir à s’inventer une autre personnalité. Les responsables de la première saison se heurtèrent à de nombreux refus d’interprètes craignant de se faire « piéger ». Devant le succès populaire de la première saison, le recrutement serait devenu de plus en plus facile, comme si avoir joué dans « Dix pour cent » était un gage de haut professionnalisme.

Isabelle Huppert tourbillonne

A lire différentes contributions positives su la série, on sent une nette attention  au comportement des invités qui portent leur propre nom Le numéro quatre de la saison 3 reçoit Isabelle Huppert qui passe d’un rôle dans un film français à un américain non sans avoir dû jongler avec un passage à la télévision et tout de même trouvé le moyen de corriger certaines parties de son texte. Isabelle Huppert semble bien prendre un réel plaisir à en faire un peu et même beaucoup trop ! Certes, l’actrice travaille énormément. Mais « Dix pour cent » ne permet pas de savoir si l’on en sait plus sur l’actrice elle-même ou si celle-ci prend plaisir à se caricaturer. Cette ambiguïté plane sur toute la série, qui oscille agréablement entre un document informatif solide et une fiction des plus délirantes.

Même problème avec Jean Dujardin qui disparait dans la nature revêtu de l’uniforme d’un soldat de 14-18, l’acteur devenu inséparable de son personnage dont il ne peut ni ne veut se débarrasser.

Alors, le titre, pourquoi ? C’est le pourcentage que touche l’agence sur les salaires obtenus par celles et ceux qui font appel à elle. Et l’on finit ainsi, dans un euphorique tourbillon, à savoir plein de choses plausibles ou inventées sur le cinéma et ceux qui le font.

Retour vers les séries

Une vingtaine de présences, sur ce blog, depuis le début de l’année, dont un tiers consacré à différents sports, un petit tiers pour des documents d’investigation de toutes longueurs, un quart pour les séries. Le premier sujet m’attire pour son côté reposant et divertissant, le deuxième offre un enrichissement de connaissances, des ouvertures vers la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Le troisième, inventif tant en fiction qu’en documentation, aboutit aussi à une amorce de réflexion à travers de grands romanesques. Il faut revenir vers les séries un peu oubliées ces dernières semaines. Elles contribuent à l’intérêt des programmes de nombreuses chaînes de télévision, plus que le sport et à tout le moins autant que les documents d’investigation, secteur bien développé et mis en valeur par la RTS aux heures de grande écoute en début de soirée.

Dix pour cent

Intéressante offre ces jours sur la RTS. Cette série française qui navigue dans le milieu d’un agence et de son personnel s’occupant de la carrière d’interprètes, avec pour invités des acteurs connus qui acceptent de « jouer » ce que peut-être ils sont, en est à sa troisième saison qui se terminera le lundi 26 novembre 2018. Il y aura une quatrième saison, alors que la troisième est partiellement en recul sur les deux premières. Cela explique-t-il sa présentation tardive : combien de téléspectateurs, en semaine, un lundi soir, quand se termine à 01h00, le quatrième épisode avec une Isabelle Huppert en forme presque délirante de sur-occupation ? Nous y reviendrons probablement.

La vérité sur l’affaire Harry Québert

 Pas loin, paraît-il, de quatre millions d’exemplaires, vendus dans une quarantaine de pays, du roman du genevois Joël Dicker, adapté par un excellent réalisateur français, Jean-Jacques Annaud, en dix épisodes de cinquante minutes. Cinq cent minutes, un peu plus de huit heures : c’est le temps qu’il faut pour lire environ cinq cents pages d’un roman. Le roman est écrit comme une série. Il ne s’est trouvé personne à la RTS pour prendre une option sur ce texte d’un genevois : dommage ! Il est vrai qu’il aura fallu de grands moyens, ceux de TF1, pour réaliser cette série qui va probablement entrer dans une catégorie nouvelle, équivalente aux « Blockbuskers » du cinéma.

Pour le moment, trouvé un premier avis positif, celui de Joël Dicker lui-même paru récemment dans « Le Temps ». Parmi les remarques qu’il formule, celle-ci : une série récurrente n’est pas un film tiré en longueur. On devrait pouvoir la suivre épisode par épisode, d’un jour ou d’une semaine à l’autre.

La RTS vient de réussir un joli coup double : « Dix pour cent », épisodes 3 et 4 de la saison 3, proposé le lundi 19 novembre une heure curieusement tardive ( 22h40), apparaît sur France 2 le mercredi 21 à 21h00. « Dix pour cent » mérite tout de même le premier rideau! Les deux premiers épisodes de « La vérité sur l’affaire Harry Québert » arrivent le mardi 20 novembre à 21h00 alors que TF1 les offre le mercredi  21 à 21h00.

Notons en passant que les français sont « victimes » de la concurrence entre une chaîne commerciale et le service public : ils doivent choisir entre deux séries récurrentes dont tout laisser supposer qu’elles sont à tout le moins intéressantes, placées à la même heure!!

 

Après « No billag » : budget réduit et personnel menacé!

Les illustrations de ce texte rendent un premier hommage à une « Web-Série »très attendue, présentée en ouverture du NIFFF, à Neuchâtel, le 6 juillet 2018. Elles donnent une idée de son ambiance visuelle. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

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Gilles Marchand reçu par « L’Obs »

 Dans l’édition   du 28 juin 2018 de l’hebdomadaire français L’OBS, le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, participe à un « grand oral » proposé par l’excellent hebdo de la gauche française modérée, sur trois pages mais avec grande photo. Fort intéressant de lire les déclarations de Gilles Marchand, adaptées à un autre public que celui de notre pays. On finit par y apprendre ou deviner plein de choses intéressantes.

Il s’explique en particulier fort bien sur la campagne « No Billag » telle quelle aura été menée par une partie des collaborateurs, les journalistes à l’antenne. Durant la campagne, consignes ont été données aux collaborateurs de « ne pas être excessif, ne pas se ruer sur les réseaux sociaux. Toute notre argumentation repose sur le fait que les Suisses ont besoin de la SSR, qui offre une information correcte ». Il souligne ensuite le rôle particulier dévolu aux journalistes qui apparaissent à l’antenne : « L’entreprise doit se défendre en restant calme, professionnelle, solide, et demander à ses journalistes de bien traiter ceux qui veulent leur disparition…. Je ne souhaite cela à aucun dirigeant. »

Les journalistes ne sont pas les seuls collaborateurs d’une entreprise de télévision mais ils sont, eux, fort bien connus du grand public puisqu’ils apparaissent à l’antenne. Pour beaucoup, le « 19h30 » est le journal de Darius Rochebin alors qu’ils sont en coulisses plusieurs dizaines à préparer l’émission sans que l’on connaisse ou retienne des noms qui défilent parfois rapidement dans des génériques.

Durant la campagne, ce sont ces anonymes, souvent avec leur association professionnelle syndicale, qui se sont engagés dans de nombreuses localités de Suisse romande, et cela durant des semaines. J’aurai pris plaisir à rencontrer à Neuchâtel deux de ces collaboratrices anonymes pour leur offrir une rose en guise de remerciements pour leur présence dans une petite ville de province loin de leur lieu de travail, mais pourtant proche de leur passé.

En cours de la campagne « No Billag », le conseil fédéral avait décidé de faire passer la redevance des ménages de 450 francs en vigueur à 360 environ dès 2019. Cette décision a certainement joué un rôle dans la décision de rejet à près de 70 % de « No Billag ». Mais on n’a pas beaucoup, alors, évoqué les conséquences de cette promesse de campagne. Et ce ne fut pas là le seul remerciement reçu pour leur déplacement en « lointaine » province.

Un réveil pour le moins amer

Le réveil est, en cette fin du mois de juin, plutôt amer. Comme l’annonce « Le Temps » du 29 juin 2018, La SSR en cure d’austérité dans le sillage de « No Billag ». Apparait en public ce qui était connu dans les coulisses de l’entreprise, une bonne partie de son personnel s’étant aussi tristement penché depuis plusieurs semaines sur les problèmes qui allaient surgir de cette austérité.

La situation est relativement claire :

Economiser cent millions par année

Durant les quatre prochaines années, la SSR-SRG doit diminuer son budget de cent millions de francs. La RTS y contribuera pour un montant de 15 millions. Cette diminution de moyens est directement provoquée par la prochaine redevance d’un franc par jour.

Supprimer 250 postes de travail

 Parmi les mesures prises, l’une d’elles inquiète tout particulièrement le personnel, surtout celui resté dans l’ombre pour battre la campagne de « No Billag », ceux donc du « hors-antenne » : 250 postes de travail seront supprimés, ceci en grande partie dès 2019. On peut admettre qu’un poste de travail revient en moyenne à cent mille francs par année à l’entreprise, toutes charges comprises. Cela fait donc une économie de 25 millions par année, pour l’ensemble du pays.

Toujours dans des survols d’ordre de grandeur, ceci : la SSR-SRG offrir six mille postes de travail. Si en moyenne les collaborateurs travaillent durant trente ans, cela fait 200 départs naturels chaque année, 300 donc en une année et demi.

Il est donc possible de renoncer à tout licenciement dit « sec » en une année et demi. Reste qu’il faudrait arriver à comprendre comment il sera possible de fabriquer plus de temps d’antenne avec un peu moins d’argent et un peu moins de personnel. A force de raboter un petit peu ici et là, on finira bien par abaisser le niveau la qualité de l’offre. A Chaque tour de vis un petit peu, cela finira bien par se voir !

Réinvestir 20 millions, entre autres dans la fiction

Il faut aussi mettre en évidence une décision intéressante qui atténue la poids de l’économie annuelle de cent millions. En vérité, la diminution de moyens ne sera que de 80 millions, puisque vingt millions seront consacrés à des propositions nouvelles. Sur les cent millions, vingt vont être consacrés à l’amélioration de certains secteurs à l’autre. On évoque, par exemple, à Zürich, la suppression de coûteux divertissements de fin de semaine.

Une grande partie de ce transfert viendra financer la réalisation de séries de fiction, qui permet de s’insérer dans un mouvement mondial propre à l’audiovisuel. Décrire un pays, c’est aussi raconter des histoires avec des personnages mis en scène qui racontent autrement que par l’information type « Temps présent » ou « Mise au point » et autres émissions romandes de premier rideau aux téléspectateurs ce que sont les Suisses et ceux qui vivent en Suisse, comme ces secundos, par exemple, qui enfilent à la nati quelques très beaux buts qui déplaisent tant à Mme Rickli. La création audiovisuelle à travers la fiction, c’est aussi une composante d’un pays par son imaginaire.

En réalité, la diminution de budget s’élèvera donc à 80 millions de nos francs avec un réinvestissement de 20 millions dans des secteurs nouveaux, dont un ancien, la fiction, amélioré.

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PS I : Dans une prochaine intervention, nous reviendrons sur ce problème des séries suisses, domaine dans lequel il se passe plein de choses intéressantes maintenant déjà, qui n’ont pas de rapport direct avec les conséquences indirectes de la belle victoire contre « No Billag ».

A la RTS une web-série,  « Le 5ème cavalier », sera présentée en première mondiale au NIFFF à Neuchâtelle vendredi 6 février lors de l’ouverture du festival à 19h00 et 21h15

Le montage d’une série de six épisodes, « Double vie » de Bruno Deville vient de commencer ( à découvrir fin 2018, début 2019).

Une première image de « Double vie » (RTS)

Le tournage d’une autre série, « Helvetica », sous la direction de Romain Graf, vient de commencer dans la capitale fédérale. ( à voir dans le deuxième semestre de 2019 ). Nous y reviendrons….

PS II : Il faut aussi signaler que la série tournée à la DRS, « Private banking » vient d’être présentée le jeudi 29 juin 2018 par Arte, curieusement en version française, ce qui lui aura valu une large présentation dans le journal « Le Monde » qui ne s’intéresse guère à ce qui se passe en Suisse. Avec l’appui d’ARTE, cette série de la DRS est ainsi prise en compte au niveau international, même avant que quelques millions supplémentaires soient déplacés vers la fiction. Nous y reviendrons…..

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

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(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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