Emissions RTS

GoT est vraiment un BB ( suite)

Se trouverait-il encore quelqu’un qui ne soit pas tombé dans la presse sur un texte relatif à Game of Thrones (GoT) ? Si oui, petit rappel du sens du titre de ce texte : Game of Thrones est vraiment un BlockBuster, un des premiers, peut-être même le premier à pouvoir rivaliser avec le cinéma. GoT est d’abord destiné au petit écran, mais il aura débordé ici et là sur le grand, événement plutôt rare, remplissant par exemple à Neuchâtel un lundi soir une grande salle de cinq cents places avec entrées gratuites. Il vaut donc la peine d’en faire même un peu trop. Aborder certains aspects de cette imposante série permet de comprendre un peu les mécanismes de son succès. Il faudra ensuite aussi  formuler quelques remarques personnelles sur ses qualités. Restons ici encore sur la quantité:

+Huit saisons, soixante-six épisodes d’une durée moyenne peut-être un peu supérieure à cinquante minutes par épisodes, au moins 3.300 minutes donc environ 55 heures de projection

Une image de 2013

+ cinq familles inscrites dans l’ensemble des « nombreuses », les Baratheon, Stark, Targaryan, Lannister, Greyjoy

+ sept royaumes que d’aucuns voudraient placer sous l’autorité d’un seul trône unificateur, avec les affrontements pour y parvenir

+ près de deux cents personnages tués, sans compter les anonymes qui tombent lors de multiples combats

+ beaucoup de femmes parfois violées et de nombreux coïts, certains doublement consentis

Quand se déroule cette « saga » ? Dans un passé lointain, dans le futur, de nos jours ? A coup sûr dans le monde imaginaire du Continent de  Westeros, Royaume des Sept Royaumes gouverné par un roi assis sur le « Trône de Fer » dans la capitale de Port-Réal.

Difficile de voir dans ce spectacle tonitruant une contribution à l’Histoire, même si c’est une histoire bien contée, qui demande pour être comprise d’être suivie régulièrement, qualité que devrait du reste remplir n’importe qu’elle série dont une des raisons d’éventuel succès réside dans la fidélisation du public. Nombreux sont les commentateurs de cette série. Certains choisissent l’angle médiéval, sans trop se demander si des dragons lanceurs de feu existaient ….

Daenerys et un dragon, pas toujours facile à maîtriser ( Saison ancienne, mais laquelle?)

Tout élément qui compose un blockbuster passe forcément par l’accumulation. L’excès fait partie de l’exercice.

L’accumulation de mots

« Le Temps », dans son édition du 11 avril, a consacré cinq pages pleines à cette série, conduisant à un temps de lecture qui tourne autour de la demi-heure, durée de la moitié d’un épisode de la série. C’est le même journal dont le collaborateur excellent spécialiste des séries, Nicolas Dufour, s’est demandé si la presse écrite, entre autres, n’en faisait tout de même pas un peu trop. Question d’autant plus pertinente que « Le Temps » est assurément un organe de presse qui aura été généreux dans les commentaires, y compris avec un nouveau texte qui lui est consacré au matin de ce jeudi 2 mai 2019. Et le dossier « papier » personnel que je constitue demande un temps de lecture qui pourrait bien s’approcher des deux heures.

Les soeurs Stark ( de face Sophie Turner – photo HBO)

Huit saisons, près de deux cents morts importants sans compter donc les anonymes.  Dans un résumé des épisodes, « Le Temps » passe en revue certains de ces meurtres en évoquant leur nature.  Il est alors intéressant d’énumérer une partie d’entre eux : on passera donc par la décapitation, le culbute dans le vide, l’exécution après kidnapping, la lapidation, l’explosion, l’exécution par le feu, le meurtre effectué par un dragon, l’assassinat sordide en coin de rue, etc.. il y en a bien d’autres encore. L’excès est bien présent.

Dans cet ensemble de textes n’est pas apparue l’accumulation des viols et des scènes d’amour où le plaisir est parfois partagé.Ces dernières sont-elles aussi nombreuses que les viols ? Peut-être. Il se pourrait que la visibilité dans la description sexuelle explique la présence sur la RTS logo rouge. Notons en passant que les trois premiers épisodes de la saison 8 sont traitées dans des couleurs où dominent les noirs, les blancs et plus encore les nuances de gris. Le rouge « pétant » du logo avertisseur de la RTS sait se faire esthétiquement désagréable à regarder….

( à suivre, et oui, encore !)

Game of thrones : saison 8, dernière

Dans le nuit du dimanche 14 au lundi 15 avril 2019, à 03h00, présentation sur RTS Un, en version originale avec sous-titres français, en même temps que sur HBO paraît-il, du premier épisode (sur 6 ) de la 8ème saison. Dans la soirée du lundi, un peu tardivement, à partir du 22h15, voici le même épisode en version doublée. Il est rare que la RTS présente une série en tenant compte de l’esprit de sa production, autrement dit en prenant le risque de réussir la fidélisation en offrant un épisode après l’autre, donc pas en rafale, discrète le deux-par-deux ,ou même plus pesante parfois avec tous les épisodes. C’est très bien ainsi. Il est probable qu’il y aura eu plus de monde à 22h15 qu’à 03h00 : à vérifier !

Photo RTS/HBO

Autre nouveauté : il était possible de voir, dans certaines salles de cinéma, à 22h15, le même premier épisode, sur grand écran. C’est ce que je me proposais de faire, curieux de savoir si « Game of Thrones » allait résister au grand écran. Un visage en gros plan sur le téléviseur apparaît à peu près grandeur nature. Le même sur grand écran devient paysage à explorer. L’incendie de « Notre-Dame-de-Paris » aura perturbé ce projet comparatif!

« Game of Thrones », par l’ampleur de son budget qui permet une mise en scène somptueuse, n’a rien à envier à un « blockbuster » destiné au seul cinéma. Dès lors, il importe de savoir si oui ou non on se laisse attirer comme fer sur l’aimant par le principe même du produit audiovisuel de ce genre.

Les 50 ans de « Temps présent », la 8ème et dernière saison de « Game of Thrones » pendant quelques semaines: la RTS offre actuellement  d’attractives gâteries….

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Etre « accro » à ce BB qu’est GoT

BB : BlockBuster : quelques définitions trouvées sur le web :

Mot anglais signifiant « bombe de gros calibre ou Production cinématographique à gros budget publicitaire (Larousse)

Ou encore

Blockbuster est utilisé au cinéma pour qualifier les films à gros budgets et à gros revenus, ce sont des productions exceptionnelles sur le plan financier, matériel et humain. (wikipédia).

Georges Lucas, vers 2010, alors qu’il va vendre sa société LucasFilmLimitel (LFL) à Walt Disney

 Multiples sont les exemples au cinéma : on peut se borner à ne citer que « La guerre des étoiles » de Georges Lucas et ses multiples suites, qui s’inscrivent dans une liste de films que l’on peut voir avec un réel plaisir, mais pas au point de les aligner les uns après les autres. Ces longs-métrages (LM) forment évidemment une série destinée d’abord au cinéma, les épisodes arrivant années après années plutôt que semaine après semaine ou jour après jour.

Temps Présent : Amour, sexe et EMS

 Jeudi 10 avril 2019, avant-dernier « Temps Présent » qui précède l’anniversaire de ce qui se trouve être probablement la plus ancienne des émissions de langue française – à tout le moins une des plus anciennes. Et quel titre : « Amour, sexe et EMS » ! La sexualité reste peut-être un sujet « tabou », pour certains, assurément. Mais ce « certains », est-ce beaucoup, moyennement, presque pas du tout ?

Revenons, disons, quarante ans en arrière, quand « Temps présent » faisait l’actualité matinale du vendredi, y compris dans la presse écrite alors très attentive à la télévision d’investigation quand elle prenait le risque d’affronter frontalement des sujets comme le sexe, avec un clair vocabulaire. On aurait peut-être un droit à une de ces belles polémiques qui confirmaient l’importance de TP d’enquête.

Photo RTS

Il ne devrait en principe rien de tel se passer aujourd’hui. Certes, quand l’audiovisuel évoque l’amour dans sa dimension sexuelle, il ne montre que des corps jeunes, des peaux bien tendues, des souffles courts. Et dans le porno qui occupe tant de place sur internet, les choses sont beaucoup plus claires, à portée de tous les âges sans forcément toucher aux bourses.

Oui, à tout le moins dans certains EMS de Romandie, l’amour qui s’exprime par des corps qui se touchent ne pose pas forcément problème. Mieux : TP peut sereinement décortiquer ce qui se passe dans des chambres d’hommes avec l’intervention d’une assistante sexuelle. Il n’y a pas de visites dans des chambres d’EMS occupées par des femmes !! On se demande pourquoi! Et que se passe-t-il hors des EMS ? Peut-être est-ce difficile de trouver des personnes qui acceptent d’en témoigner.

Tout de même : choisir un tel sujet juste avant d’entrer dans les « cérémonies » d’un cinquantenaire peut conduire à deux interprétations : est-ce apporter une touche de provocation pour contribuer à briser un tabou ou s’agit-il tout tranquillement de parler de l’amour aussi dans sa dimension sexuelle qui existe parfois encore à un âge dit grand ?

Nous évoquerons bientôt quelques-unes des émissions associées directement à ce cinquantenaire.

Un podium romand pour « Double vie »

J.B.Busset, le 31.01.19 (cf son commentaire au texte « Double vie, proche du haut de gamme ») allait dans notre sens en soulignant différentes qualités de la plus récente des séries de la RTS, malgré quelques doutes relatifs au scénario qui devient plus faible d’un épisode à l’autre.

Dans l’échelle que j’utilise pour noter des émissions, qui va donc de 0 ( nul) à 10 (perfection) il y a trois grands groupes, le bas (1à3), le milieu (4à6) et le haut ( 7à9) de gamme. Voici, épisode par épisode, mes notes : 7 et 6 ( 10 janvier), 6 et 5 ( 17 janvier ) et 5 et 5 ( 24 janvier). Il vaut donc la peine de chercher quelques-unes des raisons de cette baisse de tension. Il peut aussi, en cette période où la notion de sportif « podium » est à l’honneur simplificateur, après survol de séries romandes de ces dernières années, décrire un podium de fiction, composé de « Dix », « Station Horizon » et enfin « Double vie ».

 « Double vie », un paysage lémanique et sombre (RTS)

La programmation

Le principe même d’une série, où l’on donne un poids équivalent à chaque épisode, est de les montrer un par un, donc jour par jour ou semaine après semaine. Une autre solution séduit les fanatiques de séries, la rafale qui consiste à proposer tous les épisodes en une soirée spéciale (ceci valant pour une série de quatre épisodes de cinquante minutes, comme le fait trop souvent ARTE le jeudi soir). Il peut y avoir plusieurs tirs en rafale si les épisodes sont plus nombreux. L’acheteur d’une série en DVD est totalement libre, lui, de composer son propre programme.

Or, nos voisins français, souvent, aiment bien proposer les séries en programmant des duos d’épisodes. Cinquante minutes puis un entracte parfois réservé à la publicité ou la promotion d’autres émissions avant cinquante autres minutes. Cela rappelle la séance de cinéma composée d’un long-métrage avec entracte, très loin dans le temps pour « fumer-une-bonne-laurence », aujourd’hui pour la vente de délicieuses glaces. La RTS qui est fière souvent de pouvoir présenter certaines séries avant qu’elles ne soient inscrites au programme d’une chaîne concurrente française se sent donc obligée de présenter des duos, parfois même des trios. Un robot pourrait alors très bien assurer cette programmation. Cette habitude de présenter bon nombre duos ou trios masque-t-elle un complexe d’infériorité des programmateurs de chaînes francophones qui imiteraient la séance de cinéma ?

 

Baptiste Gilliéron (Hugo) et Anna Pieri (Nina Canonica)

La notion de « gros plan »

Poursuivons cette réflexion à travers un autre élément, l’importance des gros plans, en particulier de visages. Sur grand écran (plusieurs mètres carrés) un gros plan devient un paysage dans lequel un clin d’œil, un mouvement du regard, l’esquisse d’un sourire, l’amorce d’une surprise ou d’un recul prennent de l’importance. Sur un petit écran (moins d’un mètre carré), encore majoritaire dans un salon, le visage apparaît grandeur nature d’esprit photographique, comme dans un documentaire qui prend sa force par le mouvement, l’environnement et non les nuances d’expressions subtiles d’un visage.

De plus, durant le tournage, la fiction des séries doit apporter chaque jour plus de minutes utilisables que le cinéma. On admet sommairement, au cinéma, que deux minutes utiles par jour est une bonne moyenne. Or il est plus facile de tourner des plans caméra fixée sur le visage d’un seul acteur que de saisir les réactions et mouvements d’un groupe de personnages réunis dans un même lieu.

Le gros plan, dès lors, par sa fréquence et l’information restreinte qu’il apporte à une fiction télévisée, provoque parfois une certaine lassitude. Montrer une série de fiction en duos accentue encore ce sentiment, comme si la fiction télévisée manquait d’imagination conduisant à un emploi trop fréquent du cadre restreint du gros plan.

Et c’est ainsi que les duos ( et même des trios) d’épisodes finissent par nuire à bon nombre de séries télévisées en les privant des nuances de la mise en scène cinématographique.

*=*=*=*=*=*=*=*

D’ « Infrarouge » (RTS) à  » C….à.. » ( France 5)

RTS chaque semaine, France 5, chaque jour

 Il est évident qu’une chaîne de service public se doit d’offrir à ses « clients » des émissions de débats sur des problèmes contemporains, pas forcément mais aussi liés à l’actualité politique, La prise en compte de nombreux facteurs conduit forcément à des concepts différents qui peuvent peuvent permettre des comparaisons.

RTS hebdomadaire, France 5, quotidien

France 5 dispose moyens de production assez semblables à ceux de la RTS. Cette dernière offre chaque semaine un « Infrarouge » en invitant souvent six personnes dont une en duplex ( mercredis aux environs de 21h00). France 5, joue sur les « C….) quotidiens, avec «  C…à dire » ( 15 minutes, un animateur et un invité dès 17h30). ». Quatre personnalité participent «  C….dans l’air », dirigé par Caroline Le Roux ou Axel de Tarlé de 17h45 à19h00) pour se poursuivre par un «  « C’est à vous » à 19h00 à 19h45) et se terminer par un repas (dès 20h00).

Caroline Roux anime  » C…dans l’Air »

Le public potentiel en milliers de spectateurs est souvent plus nombreux en soirée qu’à17h45. France 5 propose  « C…. dans l’air » en reprise, en fin de soirée vers 23h00.

Les programmes de « France 5 », chaîne généraliste principalement composés de magazines et de documentaires, sont axés sur l’éducation et le partage des savoirs et des connaissances. La RTS est une chaîne généraliste qui couvre un plus large éventail d’émissions. Quantitativement, France 5 surpasse largement la RTS dans ce domaine des débats parfois conçus comme des spectacles parlés ( talk show).

Comparaisons

 Le bassin français, plus de soixante millions d’habitants, est assurément plus vaste, pour inviter vingt personnes chaque semaine, assez souvent les mêmes, que le romand avec ses deux millions pour avoir six invités, certains trouvés parfois même hors de nos frontières. Mais sur deux millions, il y en a bien six qui peuvent rivaliser avec une vingtaine de français dans leur apport qualitatif. Tant en France qu’en Suisse, il me semble que les hommes sont plus nombreux que les femmes .

Alexis Favre : à la tête d’ « Infrarouge » depuis quelques mois…. (RTS)

Ecoute ou affrontement ?

Un « Talk show » met évidemment en avant une volonté de spectacle. Quelle forme prend ce spectacle quand on se parle ? On oscille entre l’échange d’idées où l’on écoute l’avis des autres ou l’affrontemeent où l’invité explique qu’il a raison contre le reste du monde. A «  C’est …à vous », les invités s’écoutent. A « Infrarouge », on continue de privilégier l’affrontement, même si Alexis Favre impose sa présence autrement et mieux qu’Esther Mamarbachi.

La forme de la table

La conception même du décor, le directeur au centre avec deux demi-tables où l’on regroupe plus ou moins ceux qui pensent un peu la même chose qui tiennent du   U ou du V regroupe les OUI ou les NON et partage les invités entre GAUCHE et DROITE, avec modérés et pamphlétaires. Une table au moins partiellement ronde incite plutôt au dialogue qu’à l’affrontement.

La table en V, au sommet l’animateur, pour contenir les affrontements ( Photo RTS)

« Infrarouge » invite souvent des politiciens qui viennent défendre leur point du vue alors que « C’est…à vous » tend vers le débat d’experts. Les thèses des premiers prennent le dessus sur les hypothèses des seconds.

A « C…à vous » reviennent souvent les mêmes invités dont on ne cherche pas d’emblée à savoir dans quel courant politique ils s’inscrivent. A « Infrarouge, on accompagne souvent le nom de l’invité de son engagement politique, pour les uns, de son domaine d’expertise pour les autres.

Un exemple de « dérapage »

 Le mercredi 10 octobre, « Infrarouge »  demande si « nos démocraties sont-elles en danger ?» et cite quelques exemples d’Europe et d’ailleurs où se glisse des relents de fascisme et d’autoritarisme de droite- fermeture de frontières et anti-migration. Le revenant Yvan Perrin explique immédiatement à l’ensemble des téléspectateurs que pour Mme Mara « fascisme » vaut pour tout ce qui n’est pas socialiste. Bel exemple d’affrontement immédiatement introduit dès les premières minutes……

Le temps est peut-être venu pour qu’ »Infrarouge » donne la priorité au dialogue qui est certes moins spectaculaire que l’affrontement. Et encore, ce n’est pas certain…..

*=*=*=*=*=*=*=*=*

PS : En suisse romande,, on peut retrouver sur internet « Infrarouge » après diffusion.

Si vous voulez, toujours en Suisse romande, suivre en différé « C….dans l’air » ? s’affiche alors su fond noir en lettres blanches qui ici rougissent

Pour des raisons de droits concédés à France Télévision, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique.

Ce n’est certes pas la première fois que l’on tombe sur une telle information qui ferme des frontières numériques. Mais qui est à l’origine d’un tel « interdit » ? Une initiative de France 5 ( et parfois d’ARTE) ou une demande formulée par la SSR-SRG ou même la RTS ?

Tentons de demander au service de presse de la RTS s’il peut nous fournir une réponse ?

 

Mundial et audimate

(Temps de lecture : quatre/cinq minutes)

Il peut être intéressant de profiter de certaines informations parues dans la presse, à partir de textes publiés sur le site de la RTS , pour se poser quelques questions sur le comportement du public face à l’offre massive de toutes les rencontres de l’actuel « mundial », en direct,  ou en différé appuyé par des multiples commentaires, débats, reprises partielles ou totales. L’une des sources vient des informations proposées au public à partir de l’audimate, dont les mesures reposent sur un échantillon scientifique. Voici d’abord des éléments de base associées aux seules quatre rencontres de la « nati ».

*=*=*=*=*=*=*

 Suisse-Suède

La RTS illustre Suisse-Suéde

 Trouvé sur le site

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9694170-suisse-suede-81-9-de-part-de-marche-sur-rts-deux-.html

cette image de Suisse-Suède pour accompagner ce qui est peut-être un record d’audience, une part de marché de 81,9 % qui représente une moyenne de 334 mille spectateurs ce qui est élevé en cours d’après-midi dès 16h00. Parmi ces milliers, il doit bien y en avoir quelques-uns qui ont interrompu leur journée ordinaire de travail  grâce à une bonne  compréhension entre patronat et salariat !

Du bon travail informatif, y compris sur le sens des mesures faites par l’entreprise sur son propre travail. Toutefois, cette analyse en finesse avec un réel effort pédagogique pour faire comprendre le sens de ces mesures est un moyen de célébrer la réussite de la programmation de l’ensemble du mundial. Evidemment, on insiste alors sur le pic, passant sous silence tout ou partie des autres rencontres. Ce serait pourtant aussi intéressant d’avoir des informations aussi denses sur certaines petites rencontres peu intéressantes à première vue, par exemple un Pays Arabie Unis – Egypte.

*=*=*=*=*=*=*

Suisse-Costa-Rica

LA RTS illustre Suisse- Costa-Rica

 Trouvé sur le site de la RTS aussi la même analyse de Suisse-Costa Rica,meilleure audience depuis 2016

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9681184-suisse-costa-rica-meilleure-audience-depuis-2016-.html

A noter tout de même que la part de marché en pourcent, qui donne donc le reflet de ceux qui à un moment donné regardent n’importe quoi sur leur petit écran, a un sens plus flatteur que le nombre de spectateurs que ce pourcentage représente.

Ainsi le 72,6 % de part de marché pour Suisse-Costa/Rica représentait 532 mille téléspectateurs alors, avec l’exemple comparatif proposé, la rencontre de l’Euro entre la Suisse et la France avait atteint une part de marché de seulement 66,3 % mais pour 544’300 téléspectateurs.

La part d’audience place Suisse-Costa-Rica du Mondial devant le Suisse-France de l’Euro alors que les spectateurs étaient plus nombreux en 2016 qu’en 2018.

*=*=*=*=*=*=*

Suisse-Serbie

La RTS illustre Suisse-Serbie

 Le 25 juin, sur le site

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9672774-suisse-serbie-plus-de-700-000-romands-ont-vibre-sur-rts-deux-.html

avaient déjà été publiés des informations semblables au sujet de Suisse-Serbie avec plus de 700 romands ayant vibré sur RTS deux. A noter en passant qu’il doit bien se trouver parmi ces 700 mille romands quelques doubles nationaux qui sont parfois mal vus par certains bons « patriotes » qui ne voient de bons suisses que ceux dont quatre générations sont d’origine strictement contrôlées, donc qui ne font pas un salut à leur seconde patrie, celle de leur première origine. Là, on en était à une audience de 466 mille pour une part de marché de 72,5 %.

*=*=*=*=*=*=*

Suisse-Brésil

La RTS illustre Suisse-Brésil

 Le 18 juin déjà, on pouvait trouver les informations relatives au premier match,

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9655738-suisse-bresil-meilleure-audience-tv-de-la-rts-depuis-l-euro-2016-.html,

sous le titre « meilleure audience tv de la RTS depuis l’Euro 2016″

Là, il s’agit de 525 mille téléspectateurs une part de marché de 65.8 %

*=*=*=*=*=*=*

Impressionnant

 Ces informations, intéressantes, sont reprises timidement dans la presse (mais je ne lis pas tous les journaux romands) même en étant impatient d’attendre demain la nouvelle « Semaine Sportive » qui sera peut-être un « Matin sports » dans les mains de Christian Constantin qui ne se donnera pas la consigne de passer sous silence Sion. Les commentateurs des rencontres, entre le rappel des noms des joueurs de leurs clubs d’origine, en grande majorité européens dans un curieux championnat de monde des nations et la description des phases de jeu qui viennent de se dérouler, y font rapide allusion sans autre commentaire.

Ces quatre audiences de l’équipe suisse sont-elles supérieures à toutes les autres ? Je ne sais. Si oui, nous aurions là le reflet sinon d’un patriotisme profond, du moins celui d’un réel intérêt pour notre « petite » équipe avec ses (trop?!) nombreux binationaux.

Un résumé permet de mettre en évidence des comparaisons entre les quatre matches

                          Rencontre             Date                Heure         PDM en %      Nombre de spectateur

Suisse-Brésil                  18 juin           20hoo                    65,8              525.000

 Suisse-Serbie                  25 juin            20h00                    72,5              466.000

 Suisse-Costa-Rica          28 juin           20h00                     72,6              532.000

 Suisse-Suède                    4 juillet         16h00                      81,9              334.000

*=*=*=*=*=*=*

Remarques

1/ La mesure quantitative la plus intéressante provient du nombre de spectateurs, en tête donc le « Costa-Rica » puisque on devait attendre la confirmation de la sélection pour les huitièmes de finale, suivi de près par Brésil, puis avec soixante mille spectateurs de moins pour Serbie. Les 334.000 de la « Suède » s’expliquent par l’heure : le « Mundial » n’a pas encore le pouvoir de décréter des « demi-journées » fériées pour les environ deux millions de téléspectateurs potentiels romands.

Ce record de 81,9 % parfois repris timidement par la presse et un peu plus clairement par certains commentateurs n’a pas grand sens, sinon celui de faire croire à une presque unanimité.

2/ Ces informations tiennent-elles compte des téléspectateurs qui voient ces rencontres sur d’autres chaînes. Il doit bien y avoir des téléspectateurs qui parlent allemand qui suivent les commentateurs sur la DRS ou même des chaînes allemandes? Même remarque au sujet des italianophiles.

3/ L’échantillon qui permet ces mesures d’audience repose sur des exigences scientifiques qui permettent de lui associer une marge d’erreur. Admettons que celle-ci soit de deux pourcent. Le 2 % de 532 mille tourne autour de plus ou moins dix mille. Le 525 mille de Suisse-Brésil est dans la marge d’erreur. La SSR-SRG a imposé une obligation de donner les marges d’erreur lors de votations populaires. Pourquoi diable n’en fait-elle pas autant lorsqu’elle consent à donner en public des parts de marché en pourcent et nombre de spectateurs. Ne se sert-elle de l’audimate que lorsqu’elle peut claironner des résultats magnifiques, pour lesquels les commentateurs de service se plaisent à remercier souvent les téléspectateurs d’être si nombreux et si fidèles?

4/ Classement pour classement, allons-y d’une réaction personnelle qualitative, qui reflète un peu ce que l’on aura entendu dans les commentaires de plateau ou lu le lendemain dans les journaux. Je note les quatre rencontres sur une échelle allant de un à vingt, l’équivalent du « suffisant » situé à 10 :

14  pour Suisse-Brésil

13 pour Suisse-Serbie

10 pour suisse-Costa-Rica

9 pour Suisse-Suède

Après « No billag » : budget réduit et personnel menacé!

Les illustrations de ce texte rendent un premier hommage à une « Web-Série »très attendue, présentée en ouverture du NIFFF, à Neuchâtel, le 6 juillet 2018. Elles donnent une idée de son ambiance visuelle. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

———————————————————————————————————–

Gilles Marchand reçu par « L’Obs »

 Dans l’édition   du 28 juin 2018 de l’hebdomadaire français L’OBS, le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, participe à un « grand oral » proposé par l’excellent hebdo de la gauche française modérée, sur trois pages mais avec grande photo. Fort intéressant de lire les déclarations de Gilles Marchand, adaptées à un autre public que celui de notre pays. On finit par y apprendre ou deviner plein de choses intéressantes.

Il s’explique en particulier fort bien sur la campagne « No Billag » telle quelle aura été menée par une partie des collaborateurs, les journalistes à l’antenne. Durant la campagne, consignes ont été données aux collaborateurs de « ne pas être excessif, ne pas se ruer sur les réseaux sociaux. Toute notre argumentation repose sur le fait que les Suisses ont besoin de la SSR, qui offre une information correcte ». Il souligne ensuite le rôle particulier dévolu aux journalistes qui apparaissent à l’antenne : « L’entreprise doit se défendre en restant calme, professionnelle, solide, et demander à ses journalistes de bien traiter ceux qui veulent leur disparition…. Je ne souhaite cela à aucun dirigeant. »

Les journalistes ne sont pas les seuls collaborateurs d’une entreprise de télévision mais ils sont, eux, fort bien connus du grand public puisqu’ils apparaissent à l’antenne. Pour beaucoup, le « 19h30 » est le journal de Darius Rochebin alors qu’ils sont en coulisses plusieurs dizaines à préparer l’émission sans que l’on connaisse ou retienne des noms qui défilent parfois rapidement dans des génériques.

Durant la campagne, ce sont ces anonymes, souvent avec leur association professionnelle syndicale, qui se sont engagés dans de nombreuses localités de Suisse romande, et cela durant des semaines. J’aurai pris plaisir à rencontrer à Neuchâtel deux de ces collaboratrices anonymes pour leur offrir une rose en guise de remerciements pour leur présence dans une petite ville de province loin de leur lieu de travail, mais pourtant proche de leur passé.

En cours de la campagne « No Billag », le conseil fédéral avait décidé de faire passer la redevance des ménages de 450 francs en vigueur à 360 environ dès 2019. Cette décision a certainement joué un rôle dans la décision de rejet à près de 70 % de « No Billag ». Mais on n’a pas beaucoup, alors, évoqué les conséquences de cette promesse de campagne. Et ce ne fut pas là le seul remerciement reçu pour leur déplacement en « lointaine » province.

Un réveil pour le moins amer

Le réveil est, en cette fin du mois de juin, plutôt amer. Comme l’annonce « Le Temps » du 29 juin 2018, La SSR en cure d’austérité dans le sillage de « No Billag ». Apparait en public ce qui était connu dans les coulisses de l’entreprise, une bonne partie de son personnel s’étant aussi tristement penché depuis plusieurs semaines sur les problèmes qui allaient surgir de cette austérité.

La situation est relativement claire :

Economiser cent millions par année

Durant les quatre prochaines années, la SSR-SRG doit diminuer son budget de cent millions de francs. La RTS y contribuera pour un montant de 15 millions. Cette diminution de moyens est directement provoquée par la prochaine redevance d’un franc par jour.

Supprimer 250 postes de travail

 Parmi les mesures prises, l’une d’elles inquiète tout particulièrement le personnel, surtout celui resté dans l’ombre pour battre la campagne de « No Billag », ceux donc du « hors-antenne » : 250 postes de travail seront supprimés, ceci en grande partie dès 2019. On peut admettre qu’un poste de travail revient en moyenne à cent mille francs par année à l’entreprise, toutes charges comprises. Cela fait donc une économie de 25 millions par année, pour l’ensemble du pays.

Toujours dans des survols d’ordre de grandeur, ceci : la SSR-SRG offrir six mille postes de travail. Si en moyenne les collaborateurs travaillent durant trente ans, cela fait 200 départs naturels chaque année, 300 donc en une année et demi.

Il est donc possible de renoncer à tout licenciement dit « sec » en une année et demi. Reste qu’il faudrait arriver à comprendre comment il sera possible de fabriquer plus de temps d’antenne avec un peu moins d’argent et un peu moins de personnel. A force de raboter un petit peu ici et là, on finira bien par abaisser le niveau la qualité de l’offre. A Chaque tour de vis un petit peu, cela finira bien par se voir !

Réinvestir 20 millions, entre autres dans la fiction

Il faut aussi mettre en évidence une décision intéressante qui atténue la poids de l’économie annuelle de cent millions. En vérité, la diminution de moyens ne sera que de 80 millions, puisque vingt millions seront consacrés à des propositions nouvelles. Sur les cent millions, vingt vont être consacrés à l’amélioration de certains secteurs à l’autre. On évoque, par exemple, à Zürich, la suppression de coûteux divertissements de fin de semaine.

Une grande partie de ce transfert viendra financer la réalisation de séries de fiction, qui permet de s’insérer dans un mouvement mondial propre à l’audiovisuel. Décrire un pays, c’est aussi raconter des histoires avec des personnages mis en scène qui racontent autrement que par l’information type « Temps présent » ou « Mise au point » et autres émissions romandes de premier rideau aux téléspectateurs ce que sont les Suisses et ceux qui vivent en Suisse, comme ces secundos, par exemple, qui enfilent à la nati quelques très beaux buts qui déplaisent tant à Mme Rickli. La création audiovisuelle à travers la fiction, c’est aussi une composante d’un pays par son imaginaire.

En réalité, la diminution de budget s’élèvera donc à 80 millions de nos francs avec un réinvestissement de 20 millions dans des secteurs nouveaux, dont un ancien, la fiction, amélioré.

*=*=*=*=*=*=*=*

PS I : Dans une prochaine intervention, nous reviendrons sur ce problème des séries suisses, domaine dans lequel il se passe plein de choses intéressantes maintenant déjà, qui n’ont pas de rapport direct avec les conséquences indirectes de la belle victoire contre « No Billag ».

A la RTS une web-série,  « Le 5ème cavalier », sera présentée en première mondiale au NIFFF à Neuchâtelle vendredi 6 février lors de l’ouverture du festival à 19h00 et 21h15

Le montage d’une série de six épisodes, « Double vie » de Bruno Deville vient de commencer ( à découvrir fin 2018, début 2019).

Une première image de « Double vie » (RTS)

Le tournage d’une autre série, « Helvetica », sous la direction de Romain Graf, vient de commencer dans la capitale fédérale. ( à voir dans le deuxième semestre de 2019 ). Nous y reviendrons….

PS II : Il faut aussi signaler que la série tournée à la DRS, « Private banking » vient d’être présentée le jeudi 29 juin 2018 par Arte, curieusement en version française, ce qui lui aura valu une large présentation dans le journal « Le Monde » qui ne s’intéresse guère à ce qui se passe en Suisse. Avec l’appui d’ARTE, cette série de la DRS est ainsi prise en compte au niveau international, même avant que quelques millions supplémentaires soient déplacés vers la fiction. Nous y reviendrons…..

Mundial : tout montrer ? … Tout montrer !

Trente-deux équipes, les meilleures du monde après larges sélections régionales.

Autour de chaque équipe,  beaucoup d’accompagnants. Parmi les joueurs, les  vingt-trois meilleurs du pays.

Avant la compétition, dans la sérénité d’un parc tessinois, un gardien tranquille ( photos site rts.sport)

Sept cent trente-six joueurs, mais pas forcément les meilleurs du monde.

Un premier tour éliminatoire, huit groupes de quatre équipes : quarante-huit rencontres, trois ou parfois quatre par jour. Puis la phase à élimination directe, encore seize rencontres, y compris la petite finale entre les deux perdants des demi-finales.

Chaque rencontre, hymnes nationaux, repos de la mi-temps, interruptions de jeu compris ( avec le contrôle par vidéo, les rencontres sont souvent prolongées de plus de cinq-six minutes ) finit par durer à peu près deux heures.

Un « plateau de la RTS

Il faut y ajouter les « plateaux » supplémentaires, avant les rencontres ( avec petit jeu pas très intéressant de pronostics), et après, avec la reprise des moments les plus significatifs, des reportages préparés insérés dans les débats: cela fait bien une heure encore consacrée à chaque rencontre.

Donc une rencontre du Mundial dure, sur notre petit écran, au moins trois heures, donc certains jours douze heures d’antenne, et pour le moment en moyenne neuf ou dix chaque jour.

Existe-t-il beaucoup de téléspectateurs qui profitent intégralement de l’offre faite par la plus prolifique des chaînes ? Des retraités peut-être, des femmes au foyer, des enfants en bas âge ?

La joie d’un spectateur suisse « anonyme » dont on supposera qu’il admire le but marqué par un joueur qui s’est ensuite présenté, musclé torse nu. Ce geste ne semble pas lui avoir valu le moindre ennui.

La SSR-SRG, et tout le monde le sait car cela aura été fréquemment répété, a choisi de présenter l’intégralité des soixante-quatre rencontres avec tout ce qui va autour. Rien ne l’y oblige, en tout cas pas la concession qui lui est octroyée. Rien ne l’en empêche, même pas l’obligation d’informer, de distraire, d’enrichir les connaissances de ses consommateurs.

La belle musculature qui aura valu à son propriétaire un carton jaune lors de Serbie-Suisse

On peut tout de même se demander si le service public doit vraiment consacrer pendant un mois les heures de forte écoute à une même offre. A entendre son rédacteur en chef qui entraîne ses nombreux collaborateurs qui ne se font pas faute de bien répéter la chance que nous avons, nous autres fidèles de la RTS, d’être les plus « gâtés » du monde par cette offre intégrale.

Les deux « coupables » amendés…. de dos

Le but de la victoire de Shakiri (très belle phase de jeu en effet), nous l’avons vu au moins dix fois ces derniers jours, avec les mêmes cris de joie. Tiens, en passant : pourquoi pas le montrer une fois au moins en muet ? Il n’en serait peut-être que plus beau.

Certains, dont je suis, ont appris le sens de ce geste qui vient de valoir grande frayeur à la « nati » et forte amende- dix mille francs – aux deux « secundos » par Mme Rickli « kosovarisés »

En passant, après Brésil-Suisse, d’ailleurs fort belle rencontre, au résultat alors prometteur, un premier commentateur nous a remerciés d’être si nombreux à avoir assisté au match : cinq cents mille que nous étions. Quelques heures plus tard, un autre nous a remerciés, lui, d’avoir été sept cents mille. Avait-il additionné aux cinq cent deux cents mille qui se seraient ajoutés aux propositions de reprises ou aux autres offres de rts.sport? Et pourquoi diable, dès lors que les animateurs ou au moins les chefs de service donnent le meilleur score flatteur, ne pas en donner beaucoup d’autres. Comme je ne suis pas en permanence attentif à tout ce qui touche au Mundial, j’ignore la part de marché obtenue par Suisse-Serbie.

Beaucoup de football ! Trop ????

——————————————————-

 

Le meilleur pour la fin

Est-il vraiment intéressant de regarder des concurrents qui répondent avec plus ou moins de brio à des questions hautement spécialisées en gagnant des sommes d’argent plus ou moins grandes ? Je peine à y trouver quelque intérêt. On croit ainsi assister au tirage d’une loterie qui annonce une suite de numéros gagnants avec « félicitations » aux gagnants. Comme si gagner à la loterie dépendait de connaissances personnelles !

Tout jeu, par contre, peut devenir intéressant s’il existe des ouvertures plus ou moins grandes qui permettent au téléspectateur de jouer chez lui, d’ « affronter » les concurrents, certes, mais surtout de faire le point sur ses connaissances dans certains domaines. Et il n’est pas désagréable d’apprendre en passant certaines choses même inutiles ou futiles.

Le jeu actuel de la RTS, « Le meilleur pour le fin », est à l’antenne le samedi soir. Ce n’est pas le soir de la semaine où la RTS fait des efforts culturels ou informatifs de haute volée. Hier, on chantait« le samedi soir après l’turbin, l’ouvrier parisien » quand la semaine comptait encore six jours de travail.

Mélanie Freymond, l’animatrice

A l’actif du jeu, une suite de propositions qui permet de choisir un domaine dans lequel chaque concurrent se sent le plus à l’aise, qui permet donc de fournir un lot acceptable de réponses justes. Une assez bonne alternance existe entre les épreuves qui demandent une réponse rapide et courte et celles qui laissent du temps pour opérer des choix. Lors d’une partie qui consiste à trouver un lien entre un mot a et un b puis b et c et ainsi de suite, il peut arriver que deux solutions différentes soient plausibles. Pas le temps d’examiner la situation !!

Les gains peuvent aller de la centaine de francs à deux mille par épreuve, avec brusquement une seule question qui peut rapporter cinq mille francs, laquelle n’a pourtant rien de bien différent des autres. Ceci introduit un côté loterie, par le hasard tiré le bon numéro. Une autre hase du jeu implique qu’une seule erreur supprimer un zéro à la somme acquise : on a vu ainsi passer d’un gain de vingt mille pour une série de bonnes réponses en quelques secondes à deux mille francs. Quel intérêt dans cette chute ? Observer le visage du perdant ? On peut se demander si les organisateurs du jeu n’ont pas en eux un fond de sadisme spectaculaire, comme l’accident de voiture d’une course en circuit.

Des milliers de francs sont peuvent être en jeu chaque samedi. Mais qui paie, la télévision, un ou des sponsors ? Si c’est la télévision on est en droit de se demander si, ainsi, l’argent est bien mis au service de programme.

Face aux cinq joueurs qui s’en vont éliminés les uns après les autres derrière une fausse porte d’ascenseur qui se referme, il y a une animatrice qui doit intervenir assez souvent pour que le jeu s’inscrive dans la case de 45 minutes de ce précieux temps de premier rideau qui doit obtenir la part de marché la plus grande possible. On ne peut pas dire que ces interventions soient inventives. Elles consistent bien souvent à enfoncer une porte ( d’ascenseur) déjà ouverte. Pas très sexy, l’animation, et tout de même un peu « kitsch », le décor. Le jeu ? Vaguement intéressant par son côté interactif assez peu spectaculaire.

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives