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« O.J.Simpson :Made in America »

Temps de lecture : environ trois minutes !

O.J.Simpson est né en juillet 1947 dans un quartier pauvre de San Francisco. Il est devenu célèbre surtout par sa rapidité, comme joueur d’un club universitaire de Los Angeles, dans le football américain, qui tient un peu du rugby, avec son numéro 32. La gloire est confirmée par le cinéma, même s’il n’a pas laissé d’impérissables traces comme acteur, mais aussi par la publicité où il incarnait des marques comme Chevrolet ou Herz. C’était peut-être une des premières fois qu’un « acteur » devenait représentatif d’un produit comme le fait aujourd’hui par exemple Georges Clooney.

D’une première union, avec une jeune noire, Marguerite, il a trois enfants. Après un divorce, il épouse une blonde blanche, Nicole Brown. Ils auront deux enfants. Il mène grande vie, se montre possessif, jaloux et violent. En 1994, son ex-épouse est assassinée en même temps qu’un de ses amis. Le procès dure plusieurs mois en 1995 : il est acquitté par une instance pénale mais condamné au civil à des amendes qui se comptent en millions. En 2008, il est puni d’une peine ferme de 33 ans pour un enlèvement et vol à main armée. Cette condamnation sévère de 2008 peut être comprise comme une sorte de compensation de l’acquittement plutôt inattendu de 1994.

Le couple Nicole Brownm- OJ (Made in america- photo fx/arte)

OJ est-il coupable ou non du meurtre de sa femme qui pouvait passer pour une exécution, y compris celle d’un témoin ? Ce n’est pas la question que se pose le réalisateur. Et même si c’était le cas, force est d’ajouter qu’il n’y a pas de réponse claire, face à des indices contradictoires. L’intérêt de cet étrange « objet » audiovisuel réside ailleurs, installé qu’il se trouve entre le cinéma, qu’il faut encore voir sur un grand écran dans une salle obscure avec d’autres personnes durant un temps imposé et limité et la télévision, qui se consomme par doses volontaires de durées très variables, dans une certaine solitude sur plusieurs supports.

Une occasion manquée

 Le public américain s’est passionné pour le procès, les blancs jugeant OJ coupable et les noirs innocent, en grandes majorités. Une série de fiction « American crime story », lors de sa première saison montrée en 2016, entre autres à la RTS durant l’été, intitulée « The people vs. O.J.Simpson » semble bien, d’après quelques lectures fiables, avoir été d’un assez bon niveau. Je regrette de ne pas l’avoir vue. Les résumés des dix épisodes font apparaître les mêmes personnages et faits que ceux qui survolent « Made in américa ». L’occasion eut été belle de se livrer à une démarche comparative entre la fiction portée par des acteurs et la documentation reposant sur des documents et reportages appuyés par des entretiens récents.

La gloire du sportif ( Made in america – photo ARTE)

Tout vient du montage

 Le titre de la série récente, «J.Simpson : Made in america », donne une première indications sur le double contenu , la personnalité de JOSimpson, certes, mais aussi son enracinement dans une société précise, l’Amérique qui peut « fabriquer » un tel personnage. Les cinq numéros, par leur titre, fournissent, eux aussi, une indication précieuse sur le contenu :

+ Je ne suis pas un noir. Je suis OJ

+ Dans cette ville de violence policières

+ Une défense sans scrupule

+ Un gant tient le monde en haleine

4ème partie : la preuve par le gant : Made in America
(PHOTO ARTE / FX)

+ Un acquittement par étapes

On saisit ainsi assez bien la structure qui part de Simpson en gloire, s’installe dans une ville marquée par des violences policières racistes puis observe le fonctionnement de la justice conduisant à un acquittement contesté. On passe ainsi d’un individu à une société, laquelle finit par être en quelque sorte responsable par son comportement d’avoir réservé une place à un tel personnage.

Cinéma et télévision

 Le cinéphile a une exigence de base devant le cinéma : il se fonde, dans la mouvance qui l’aborde comme un art, sur la notion d’auteur, généralement celui ou parfois celle qui donne vie à des personnages par des acteurs ou organise des documents avec son regard personnel. Pour le cinéphile, le cinéma de divertissement qui s’appuie sur des acteurs et la virtuosité du spectacle n’est pas souvent pris en compte comme « cinéma d’auteur ».

Il n’existe pas encore, en télévision, l’équivalent du cinéphile. On pourrait le nommer « téléphile » qui rechercherait prioritairement l’auteur de l’émission. On s’en approche dans le domaine des séries, le responsable du spectacle ( le showrunner) de plus en plus fréquemment mis en évidence comme raconteur d’histoire et organisateur chargé de maintenir l’unité des épisodes entre eux.

Un film de cinéma se regarde dans les meilleures conditions dans une salle obscure, avec d’autres spectateurs, durant en moyenne deux heures, des exceptions étant possible sans  dépasser trois heures.

Parmi les offres de la télévision, la série occupe une place originale. Elle apparaît de de plus en plus fréquente, sans aucune obligation dans la durée, allant de quelques petites minutes à plus d’une heure par épisode, le nombre de ceux d’une saison et de ces dernières variable eux aussi. Mais une série se consomme en solitaire, devant un petit écran ou les supports qui s’y rattachent, comme le portable par exemple.

Huit heures de projection

OJ SIMPSON est une série de cinq épisodes, chacun d’environ 9o minutes. Les premiers textes parus à son propos mentionnent un nom Erza Edelman, comme le responsable unique de la série. Le 26 février 2017, « OJSimpson, Made in America » obtenait l’Oscar du meilleur documentaire, dans une compétition assurément vouée au cinéma. Cette série, mais on pourrait tout aussi bien écrire ce film de 7h57 minutes, commandée par une chaîne sportive est une production pour le cinéma qui trouve son chemin à la télévision beaucoup plus souple avec le temps de projection.

«  OJSimpson : Made in America » est une œuvre audiovisuelle d’auteur que l’on peut considérer aussi bien comme un très long film que comme une série télévisée récurrente, issue de la documentation qui repose sur un montage créatif.

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« Ecran total » et Maïtena Biraben

 Une vague déferle dans la presse écrite romande ces jours, avec le portrait d’une « vedette » du petit écran, qui a commencé sa carrière sur la TSR pour la poursuivre en France et faire beaucoup parler d’elle actuellement à cause de son conflit avec un employeur qui a mis brusquement à son contrat.

Le « Guide TV » ( 17 au 23 juin) ne classe pas cette nouvelle émission dans ses « Immanquables », priorité donnée ce mardi 20 juin à un publicité. Idem dans « Téltop » : normal, puisque c’est presque la même chose !

« Tv 8 » ( 17 au 23 juin 2017) y va d’une double (page 8 et 9) pour un « Retour aux sources  de Maïtena Biraben à la radio puis la télévision de ses débuts, complété par un entretien avec Philippa de Roten, cheffe du département société-culture de la RTS.

« La tribune de Genève » y va d’une pleine page d’entretien avec la « guerrière du paf » dans son édition des 17 et 18 juin 2017. Le Matin-Dimanche double la dose : deux pages entières la 18 juin, avec rappel de six émissions « devenus cultes ».

Maïtema Biraben (Photo RTS)

Ces textes mettent en valeur la présentatrice qui va conduire des entretiens avec un invité par semaine pendant plus de deux mois dans un studio au concept « révolutionnaire » apte à mettre en valeur des documents anciens sous diverses formes.

On peut retrouver des anciennes émissions de la présentatrice ( « Oh les filles » ou « Cà colle et c’est piquant » ) dans les archives de la RTS sur son site. Je relirais volontiers ce que j’écrivais de ces émissions, si j’avais de l’ordre dans mes propres archives, ce qui n’est pas le cas.

Beaucoup parler du retour de la présentatrice est un effet un angle d’approche intéressant. Mais il y a plus : la RTS, comme d’ailleurs pratiquement toutes les autres chaînes, vivent sur les acquis, ravitaillent de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois des émissions qui composent une grille répétitive. Les nouveautés sont rares : elles méritent donc d’être saluées à cause même de leur rareté. Une émission nouvelle, c’est l’espoir d’une bonne surprise !

Il faut faire part aussi d’une décision étonnante. La RTS propose donc enfin une émission nouvelle. Elle est fière de l’annoncer à son public, aussi sur ses propres canaux. Oui, mais : aux environs de 22h30, la moitié de ceux qui regardaient le petit écran entre 19h00 et 21h00 a disparu, à en croire un tableau d’audience moyenne qui date certes de 2011 mais qui n’est plus disponible pour les années suivantes. Et à 23h30, il ne reste que le quart à peine des fortes présences du premier rideau. Certes, les visions de rattrappage se font de plus en plus nombreuses.

Mais tout de même : quand on tient une nouvelle émission dont il semble juste de signaler l’originalité, on devrait la présenter à une heure de grande audience. Mais « Camping paradis » assure un bon audimate à 20h55 ! Et pour en rajouter, TSR 2, à la même heure, propose une autre forme d’émission originale, la version sous-titrée d’une série créée par la télévision de suisse alémanique, la troisième saison du « Croque-mort » ! Mais cette série n’est pas rassembleuse »….

Ce n’est hélas pas la première fois que les programmateurs sont timorés alors que des réalisateurs, des producteurs, des concepteurs de programmes prennent le risque de la nouveauté dont ils devraient oser être fiers.

J’aimerais beaucoup pouvoir aimer cette nouvelle émission, pour sa réussite espérée, pas seulement pour sa rareté….. On y reviendra!

« Apocalypse » : la première guerre mondiale

AMOUREUX DES SERIES : à ne pas manquer, LES REVENANTS, assurément une des meilleures séries françaises jamais réalisée, enfin sur RTS 1, les vendredis soirs dès 22h50, en duos. La télévision d’après-minuit vous fait peur ? On peut voir et revoir pendant sept jours ces « Revenants » en cliquant sur

http://www.rts.ch/video/plus7/series/

Prochaine distribution d’éloges ! (fyly – 22.04.14- 08h00)

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 Il y a quelque chose d’un peu étrange dans le fait de revenir sur des événements tragiques lors d’un « anniversaire », notion plutôt associée à des moments qui devraient être heureux. Mais cela appartient aussi à un devoir de mémoire. En une vaste fresque composée de cinq épisodes, France télévision, associée entre autres à la RTBF et RADIO Canada, revient sur la guerre de 14-18 ( les mardis 18 et 25 mars 2014, ainsi que le 1 avril). Les génériques de fin défilent souvent rapidement : j’ai crû lire la présence de la RTS dans la liste des partenaires qui ont à tout le moins procédé à un pré-achat.  France 2 propose pourtant cette série avant la Suisse romande, mais après la Belgique.

Apocalypse :l'affiche de la série Costelle-Clarke Iimages trouvées sur le site de France

Apocalypse :l’affiche de la série Costelle-Clarke. (Images trouvées sur le site de France 2)

L’indication des sources

De grands moyens ont été déployés pour cette fresque, des centaines d’heures de documents ont été visionnées. Ceux obtenus auprès de l’ECPAD (Etablissement de Communication de la Production Audiovisuelle de la Défense) représentent une soixantaine de minutes, un peu moins du quart de l’ensemble. C’est dire si les sources sont nombreuses. Dans l’introduction à la série, il est fait mention d’actualités authentiques ou même de reconstitutions. Voilà un premier problème intéressant si l’on se place dans une perspective historique : l’indication de sources. Dans un fort bon document qui se rapproche d’une démarche créatrice, la RTS a pris soin de distinguer ce qui était documents d’actualités des reconstitutions (« Les coulisses de l’événement : la vengeance de Khadafi – 26 février 2014), démarche de simple honnêteté intellectuelle.

Colorisation

C’est évidemment au montage que l’on atteint le but visé : « Apocalypse » est l’équivalent « blockbusters » du cinéma américain. Mais une saison télévisée comme « Games of thrones » appartient aussi à ce genre. Différence : le grand spectacle se met ici à disposition d’une approche historique. Mais grand spectacle il y a. Les actualités anciennes étaient en noir-blanc, prises de vues faites avec des équipements lourds qui ne permettaient pas en général de s’immerger dans les combats. Il y a remise au goût du jour par une suite d’artifices techniques de deux ordres, visuel par la colorisation et sonore.

"Apocalypse, 14-18" : image légérement coloriée...

« Apocalypse, 14-18 » : image légèrement colorisée…

Les techniques modernes permettent de donner des couleurs aux images, autrement dit de les inscrire dans l’attente du public du petit écran qui aurait tendance, paraît-il, à s’enfuir devant le noir/blanc. Certains commentateurs affirment que cette colorisation a pour but de retenir le jeune public. Affirmation contestable ? Cette adjonction de la couleur est d’ailleurs bien faite, en évitant les excès criards, comme si une certaine patine du temps existait. Mais le procédé même de colorisation, qui n’en était pas ici à sa première, a été parfois, et même vivement, contesté.

La bande sonore

Le son direct, bien sûr, n’existait pas durant la première guerre mondiale de 14-18, donc pas de son authentique associé l’image. Peut-être parfois de sons qui n’ont rien à voir avec l’image, par exemple l’enregistrement de certains discours. Toute la bande sonore est ainsi recomposée, par des bruits additionnels d’une part, par la musique de l’autre. Il semble même, à en croire un confrére, que certaines parties musicales de « Le première guerre mondiale » sont reprises ou à tout le moins ressemblent à celles de la série signée par la même équipe et consacrée à la seconde guerre mondiale. Sur la bande sonore, il ne reste plus que le commentaire écrit par les auteurs, le duo Daniel Costelle, historien et écrivain et Isabelle Clarke, réalisatrice. Mais il s’est trouvé quelque feuille « people » pour mettre en avant Matthieu Kassovitz, acteur qui n’apporte que son excellente diction pour associer aux images et aux sons un fort bon commentaire.

" 14-18" : la guerre, photo noir/blanc !

 » 14-18″ : la guerre, photo noir/blanc !

Donc « Apocalypse », série de documentation, obéit aux règles de la fiction audiovisuelle par les artifices des reconstitutions techniques. Est-ce à rejeter pour autant ? Pas du tout, mais mieux vaut ne pas être dupe de la démarche de spectacularisation faite bien entendu pour retenir l’attention du public le plus large possible. A la télévision, la recette, c’est le nombre qui repose sur les mesures de parts de marché en milliers de spectateurs ou d’heures de visionnement.

MDSL

Reste que l’ensemble est tout de même un apport à la transmission des événements de l’Histoire pour informer les jeunes générations pour lesquelles la guerre mondiale d’il y a un siècle ne signifie rien et donner des informations à ceux pour qui certains événements sont inscrits en mémoire. L’ampleur du massacre, les souffrances qui n’étaient pas effacées quand la guerre reprit en 1939 sont utilement rappelées. Le premier épisode renvoie à la responsabilité des souverains de différents pays avant la déclaration de guerre. Ensuite, ce fut à leurs « sujets » d’en payer le prix, ces souverains alors remplacés par des chefs de guerre dont certains furent, eux, des MDSL ( mort-dans-son-lit) ! La souffrance n’était pas souvent installée dans les cours, les états-majors et chez les marchands de canon.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,  "héros" de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d'Histoire. MDSL en 1951.

Philippe Pétain, né en 1856, général puis maréchal de France,
« héros » de 14-18- Après ? Ce fut une autre page d’Histoire. MDSL en 1951.

Le fait que ce soit une co-production entre la France, la Belgique et le Canada implique naturellement le rappel de ce qui s’est passé durant cette guerre en Belgique (surtout durant les premiers mois) et de prendre en considération le rôle des troupes venues du Canada. A souligner aussi la juste présence des combattants d’Afrique noire qui ont été mis au service de la France coloniale. En résumé : une intéressante série historique sous une forme très spectaculaire ; peut-être même un peu trop.

Bernadette Lafont

Bernadette Lafont vient de quitter notre monde à 74 ans. Des mots pour saluer celle qui nous aura donné, à la fin des années cinquante, quelques-unes de nos plus belles émotions de jeunes cinéphiles, elle qui passait pour l’ « égérie » de la Nouvelle Vague des années soixante ? Très peu, surtout quelques  images :

La maman et la putain - Jean Eustache . 1973

Celle-ci d’ab0rd, dans un des plus beaux films de la « Nouvelle vague »,  « La maman et la putain » (1973), dont Jean Eustache, son réalisateur, disait que c’était un film fait pour ses acteurs. Heureuse réaction d’une chaîne généraliste de service public qui prend au sérieux sa mission dans le domaine de la  culture. On a pu revoir sur le film le 29 juillet, avec près de quatre centa mille personnes en France.

Voici d’autres beaux souvenirs en images :

Bernadettte LAFONT et Gérard BLAIN dans "Les Mistons" de François TRUFFAUT

Avec Gérard BLAIN dans « Les Mistons » (1957)  de François Truffaut

Bernadette Lafont avec Claude Chabrol, probablement à la fin de années 50

Avec Claude Chabrol, probablement à la fin de années 50

Bernadette Lafont et Jean-Claude Brialy dans "Le beau Serge" de Claude Chabrol, 1959

Avec Jean-Claude Brialy dans « Le beau Serge » (1958) de Claude Chabrol

Bernadette Lafont dans "L'indiscrète" de Claude Miller ( 19   )

« L’effrontée » de Claude Miller ( 1985 )

Bernadette LAFONT dans "Paulette" de Jean ENRICO ( 2012)

Bernadette LAFONT dans « Paulette » de Jérôme ENRICO         (2012), son dernier rôle de vieille dame indigne qui se transforme en dealeuse d’une troublante efficacité.

 

 

Archives Séries TV

Les textes « Séries TV » de l’ancien site en PDF du 1er février 2011 à mai 2005:

Archives Blog de Fyly

Les textes « Blog de Fyly » de l’ancien site en PDF d’octobre 2010 à août 2007:

Archives Dossiers

Les textes « Dossiers » de l’ancien site en PDF de septembre 2010 à mars 2006:

Archives Pleins Feux

Les textes « Pleins Feux » de l’ancien site en PDF de juin 2007 à octobre 2005

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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