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Le sport-roi, rassembleur et envahissant!

Avertissement : cinq mille signes ci-dessous, temps de lecture entre trois et quatre minutes. !!! ( Illustrations, en vue d’aérer le texte, tirées de rts sports!)

 Au Roi, tout est permis. Y compris de mépriser ses sujets.

Le serpent de l’Engadine

Le samedi 11 février 2017, descente dames aux championnats du monde. Une couche de brouillard, sauf erreur connue sous le nom de « serpent de l’Engadine » traîne sur la piste, départ ainsi retardé d’on ne sait trop combien de temps! RTS 2 réalise alors un exploit de taille : de 12h35 à 13h35, un plan fixe(ou peut-être deux ou trois), un texte qui défile au bas de l’image, pour faire prendre patience. L’attente sera longue, sans un mot d’explication orale. Pas de sujet de réserve pour faire prendre patience. Mais qui était donc de garde, parmi les responsables du service de sports, ce jour-là, pour faire face à un incident. Tous dans les Grisons ?

La finale tardive

Au soir du dimanche 19 mars 2017, dans l’avant-programme, on annonçait à 21h00 : « Tennis ATP 1000 indien Wells Finale En direct d’Indian Wells (USA). Seulement si Suisse », pour une durée de 180 minutes en direct. « Suisse » ce soir-là il y eut ; et même deux. Non pas à 21h00, mais peu avant 23 heures. Là au moins, l’intendance avait pris ses précautions, au cas où une autre rencontre importante se prolongeait. Réaction il y eut, avec la reprise, en premier rideau, respectueuse du « si Suisse » : Wawrinka en demi-finale. Longue attente, de près de trois heures, avant de voir Federer sourire de sa victoire. Et Wawrinka d’apprécier, plus ou moins, ce sourire….

Le respect des horaires

Pratiquement toutes les chaînes de télévision s’imposent à elles-mêmes un horaire plutôt strict. Un événement politique d’importance au moins nationale justifie un horaire bousculé. Mais le « 19h30 » respecte l’horaire annoncé à la minute près, la publicité à la seconde. Même les débats en direct doivent respecter les horaires. Sans forcément couper un orateur au milieu d’une phrase, le(la) présentateur(trice) de service met parfois abruptement fin à son émission, même si on y parle de course à pied !

Le sport-roi est donc ainsi l’exception qui autorise, au nom du direct, des horaires très souples soumis à des incertitudes (football, hockey-sur-glace, sports de plein air comme le tennis, etc).

En Suisse, le roi est aussi choyé puisque rassembleur, autrement dit porteur de bonnes parts de marché qui pèsent sur la moyenne annuelle. On peut certes faire quelque infidélité à sa majesté quand un direct s’étire dans l’ennui ou se prolonge sans rien montrer en ayant à disposition de la lecture. Le commentateur joue alors d’un rôle important : sonner l’alerte quand il se passe quelque chose.

Le commentaire et ses risques

D’ailleurs, le commentaire pose parfois problème, avec des interventions souvent inutiles, à raconter avec retard ce que nous venons de voir. Chose personnelle, je consomme certains sports, quand l’envie me prend de me laisser bercer par l’eau qui coule, tiède, du robinet à image. Mais on peut aussi regarder autrement. Le hockey-sur-glace prend une saveur nouvelle en cherchant du regard l’arbitre qui s’efforce de ne pas intervenir dans le cours du jeu. Une épreuve de ski alpin donne rapidement le sentiment du « déjà-vu » : rien ne ressemble plus à un participant qu’un autre participant. Heureusement, il y a les temps affichés et surtout les écarts sur le meilleur, en rouge ou en vert. On peut donc plaisir à prévoir la couleur. Mais un dixième de seconde, cela ne se « voit » pas tellement. Le commentateur si préoccupé à combler le silence se trouve assez souvent démenti par la couleur des écarts. Le silence est aussi une vertu qui permet d’apprécier un beau geste !

Dans la cour du roi se trouve des personnages ennuyeux : le récent Vaduz-Lausanne en football n’a pas atteint les sommets. Faire partir en ski les meilleurs en dernier est habile astuce pour maintenir le suspens d’une épreuve en direct. Mais attendre pendant presque deux heures une finale de tennis, qui fut d’ailleurs de belle qualité, avec plus de coups gagnants que de fautes directes, ce fut bien long.

Trop de sport ne semble pas, pour le moment, tuer le sport. Encore que la discrétion soit grande sur les parts de marché, sauf quand elles atteignent un sommet ! Et viendra le jour, peut-être pas si lointain, où le sport sera financièrement inaccessible pour les chaînes de service public généraliste. Il sera trop tard pour apprécier le rôle de la redevance annuelle qui entraîne la gratuité quotidienne!

Une vraie chaîne sportive

L’amorce d’une chaîne sportive existe déjà sur internet. Mais il semble que le coût à engager pour disposer d’un canal de diffusion supplémentaire n’est pas particulièrement élevé. A quand un canal suisse sportif, avec commentaire pour chaque région, qui permette de respecter les horaires promis aux minorités qui aiment suivre la documentation ou ont un faible pour la fiction, éléments constitutifs d’information ou d’enrichissement culturel.

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Un contrat sans détail

PS : la SSR-SRG vient de publier un communiqué annonçant que les sports motorisés continueront d’être présents ces cinq prochaines années. Mais les « partenaires ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats ». Secret d’entreprise ! Comme si on divulguait les contrats dans les autres sports…. Il ne serait pas inintéressant de connaître les coûts à l’heure ou à la minute des différents sports….

 

Elections en Hollande au « 19:30 »

 Vu au TJ du jeudi 16 mars 2017, un sujet sur les élections en Hollande, assez attendues, puisque la droite extrême dont tout le monde parlait risquait de faire un coup genre «Trump» ou «Brexit»

Certes, dans un «C…à dire» ( ou «26 minutes» d’ARTE, je ne sais plus), Daniel Cohn-Bendit, encore dans certaines mémoires retenu comme une des têtes de Mai 68 en France, s’était à juste titre élevé contre les commentaires qui ne parlent que d’un parti de la droite extrême et de son meneur Wilders, qui pèse au parlement moins de 20%.

Il semblait tout de même en effet intéressant d’en savoir un peu sur cette élection en Pays-Bas. Une occasion de plus de prendre acte de la montée de la droite très à droite donc très nationaliste et très méfiante à l’égard des «étrangers» principalement musulmans!

Vu et entendu ce jeudi au «19h30» un sujet de la rédaction puis un commentaire d’Isabelle Ory, envoyée spéciale, qui a parlé entre autres du parti des animaux et du port des minijupes déconseillé.

Bizarre impression tirée de ces trois minutes environ: un montage de gens qui parlent, avec la tête de quelques personnalités y compris européennes mais surtout un petit tableau incrusté, celui des «4 principaux partis», la gauche socialiste, les verts, la droite au pouvoir actuellement et l’extrême-droite.

Premier sujet intitulé «Elections aux Pays-Bas: satisfaction en Europe», durant 125 secondes. Puis, le second sujet apparaît, intitulé «L’élection aux Pays-Bas: l’analyse d’Isabelle Ory» qui occupe 88 secondes. Pendant 16 secondes, on peut observer un tableau qui donne les sièges de ces «4 principaux partis».

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Sur le site:

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_n%C3%A9erlandaises_de_2017

le vendredi 17 mars 2017, on trouve un tableau donnant le résultat de cette élection en nombre de sièges pour les treize partis

Composition du Parlement nouvellement élu :

 

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti populaire libéral et démocrate (VVD) 21,3% 5,2 33 8
Parti pour la liberté (PVV) 13,1% 3,0 20 5
Appel chrétien-démocrate (CDA) 12,5% 4,0 19 6
Démocrates 66 (D’66) 12,0% 4,0 19 7
Parti socialiste (SP) 9,2% 0,4 14 1
Gauche verte (GL) 8,9% 6,6 14 10
Parti travailliste (PvdA) 5,7% 19,1 9 29
Union chrétienne (CU) 3,4% 0,3 5 0
Parti pour les animaux (PvdD) 3,1% 1,2 5 3
50 Plus (50+) 3,1% 1,2 4 2
Parti politique réformé (SGP) 2,1 % 0,0 3 0
 

 

Denk 2,0% 3 3
Forum pour la démocratie (FvD) 1,8% 2 2
Autres
TOTAL 100 150

 

Le tableau rapidement inscrit dans l’image du «19:30»  » intitulé PAYS-BAS – ELECTIONS, sous-titré « 4 principaux partis » donnait :

Parti travailliste: 9 sièges, perte 29

Gauche verte: 14 sièges, gain 10

Parti populaire, le centre droit du premier ministre actuel: 33 sièges, perte 8

Parti pour la liberté, extrême droite conduite par Gert Wilders, 20 sièges, gain 5

Remarques

1/ Les principaux partis retenus au «19:30» totalisent ensemble 76 sièges – aucune mention n’y fut faite sur les 74 autres.

2/Les «4 principaux partis» au nombre de sièges occupent les rangs 1, 2, 6 et 7! Les partis qui occupent les rangs 3, 4 et 5 n’appartiennent donc pas aux «principaux»!

3/ Isabelle Ory a introduit dans ce qui est nommé «analyse» des mini-jupes et le parti des animaux (trois sièges). Elle a insisté sur le problème des immigrants.

En résumé : Pas de mention, jeudi, au «19 :30» sur le nombre de sièges. Une information inexacte, à propos des «partis principaux». C’est tout de même un peu léger. En trois minutes, on peut faire mieux.

La RTBF: un exemple pour la RTS?

En dissertant de séries récurrentes, le 3 mars 2017, nous avons décrit la politique de la RTBF mise en place depuis quelques années et pris en compte le «désir» de Gilles Marchand, prochain directeur de la SSR-SRG de «booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries». Dans ces considérations, priorité est donnée aux séries récurrentes de cinq épisodes au moins, chacun d’une durée égale ou supérieure à quarante minutes.

Bruno Todeschini, dans « Dix » (2010), la meilleure série de la RTS ces dernières années, avec « Station Horizon » (Photo RTS)

Des comparaisons entre la RTBF et la RTS méritent d’être faites.

Population

RTBF: 11 millions d’habitants, quatre millions environ de francophones, y compris à Bruxelles.

RTS: environ deux millions de francophones pour huit millions et demi d’habitants.

Chaînes

Belgique francophone: La Une, La Deux, La Trois / site internet

Suisse romande: RTS Un / RTS Deux / site internet

Parts de marché

RTBF, passe de 19 % il y a 5 ans à 25 % actuellement

RTS, assez stable, 33 à 34 % en premier rideau ( de 18 à 23 heures)

 Budget (radio et télévision confondues)

RTBF , 300 millions ( en francs suisses)

RTS, 400 millions par an

Séries récurrentes

RTBF: en principe quatre séries de dix épisodes d’environ 50 minutes, ce qui assure 40 semaines à l’écran,  en premier rideau le dimanche soir.

Angelo Bison (Guy Béranger, au centre), accueillli après sa sortie de prison, dans *L’ennemi public » (Photo RTBF)

RTS: trois séries tous les deux ans, donc dix épisodes de 50 minutes qui apparaissent en premier rideau le samedi soir.

Séries récurrentes

Coût d’un épisode de 50 minutes:

RTBF: 250 mille francs

RTS: 450 mille francs

« Staton Horizon », meilleure série de la RTS avec »Dix »,  aurait mérité de revenir en deuxième saison.

Coût à la minute

RTBF: 5000 francs

RTS: 9000 francs

Investissements en % sur les séries « récurrentes »

 RTBF: dix millions pour quatre séries de dix épisodes (un peu plus de 3%)

RTS: Trois séries en deux ans, 4 millions pour une dizaine d’épisodes (1% environ)

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Remarques

L’accueil du public suisse romand face à une série suisse romande est en général assez bon. Il est probable que l’accueil d’une série belge francophone par le public belge francophone le soit aussi.

Les séries récurrences de Suisse romande n’atteignent pas (pas encore?) de public international, sauf à travers TV5. Et la RTS n’indique guère la manière dont ses séries passent en Suisse alémanique et au Tessin: bizarre disrcrétion, signe d’un manque de considération d’une région à l’autre?

Un paysage du Semois, dans « La Trève* : la série a été présentée sur un grand écran d’une salle à Bruxelles en même temps que sur le petit, intéressante expérience ( Photo RTBF)

Deux séries récurrentes francophones belges , «La Trève» et «L’ennemi public» ont bien accueillies à l’étranger («L’ennemi public» dans un dizaine de pays).

La vente de séries à des pays étrangers est considérée par les responsables de la RTBF aussi comme une source de revenus. Même au tarif minimal de 100 francs la minute, dix pays représentent au moins mille francs la minute, donc le 20% de l’investissement de base ( cinq mille francs la minute). Autrement dit, le rendement international d’un quart des séries devrait permettre d’en produire une cinquième. La vente peut être remplacée par un échange: une série de cinq épisodes remplirait ainsi dix soirées!

Mais l’accès à un marché international n’a pas qu’une valeur financière. Il est évident que notre connaissance de l’Islande, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et désormais de la Belgique est enrichie par la découverte de séries récurrentes, y compris sous un angle à composante «touristique».

Une série récurrente, opération coûteuse, ne doit pas seulement s’inscrire au moins dans la moyenne annuelle de la chaîne qui la diffuse. Elle devrait être assez audacieuse pour sortir des frontières du rayon de diffusion de la chaîne dont elle est l’émanation.

Pourquoi la Belgique francophone fait-elle mieux, actuellement, que la Suisse romande? Je n’en sais fichtre rien! A la RTS, le manque d’audace commence peut-être dès l’écriture freinée par l’obligation de la présence en premier rideau du samedi soir?

« Faire plus de films, plus de séries »? Une excellente « politique » pour un proche avenir, que seule une entreprise publique forte peut conduire…

 

« Désir » de séries récurrentes

 En février 2012 apparaît sur ARTE (en même temps en Belgique) une série récurrente qui fera date: «Borgen», issue de la télévision de service public d’un pays de 5.7 millions d’habitants, le Danemark. Elle arrive sur RTS Un en septembre. Il se passe quelque chose: la série sera reprise dans au moins trente pays différents. Et d’être alors quelques-uns à poser la question: «A quand l’équivalent d’un «Borgen» en Suisse». Réponse parfois entendue: il faudra bien vingt ans pour y arriver!

«Booster notre offre de fiction»

L’attente pourrait être abrégée, à croire certaines déclarations précieuses du futur Directeur de la SSR-SRG, Gilles Marchand qui, dans la Tribune de Genève (26-27 novembre 2016), parlait de sa future politique des programmes en ces termes:

J’aimerais booster notre offre de fiction. Faire plus de films, plus de séries. Car c’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens (…) Il faut savoir qu’une fiction américaine achetée nous coûte 100 francs la minute. Une fiction produite en Suisse, c’est 14’000 francs ( … ) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses..

 Où en est-on, dans quelques «petits» pays, avec les séries récurrentes, celles que l’on peut classer dans au moins le haut du milieu de gamme? Quelques exemples:

Pays par pays

 Islande: 330 mille habitants, deux séries, «Trappel» et «Meurtre au pied du volcan» ont brisé les frontières pour s’exporter dans un plus ou moins grand nombre de pays.

L’image illustre le titre
( Meurtre au pied d’un volcan – photo ARTE)

Suède: 9.7 millions d’habitants, «Meurtres à Sandham» et surtout «Reals humans» ont fait parler d’eux à l’international. Pour la Norvège, 5.2 millions, ce sont: «Lylihammer», «Occupied», «Mammon».

Danemark, 5,7 millions: la liste est longue, qui commence il y a vingt ans avec «L’Hôpital et ses fantômes» et s’enrichit de «Borgen» dès 2010, «Bron», «Killing», «1964», «Traque en série», «Norskov», «Follow the money», parfois en plusieurs saisons.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen » la meilleure des séries citées dans ce texte

 Il faut retenir côté flamand de la Belgique, «Salamander» et le très attendu « Beau Séjour» (dès le 02.03.17 sur ARTE qui joue un précieux rôle de défricheur dans ce domaine des séries non-américaines), côté francophone «La Trève» et «L’ennemi public» qui vient de terminer sa carrière sur TF1, qui n’est pas particulièrement habituée à montrer une série récurrente exigeante en premier rideau.

 « Beau Séjour », une mise en scène réaliste, presque comme dans un reportage, pour une morte qui enquête sur sa propre mort : à coup sûr, intéressant, mais …. ( photo ARTE)

La plupart des séries citées ont été exportées, donc «vendues» ou «échangées», dépassant ainsi la seule présentation sur la chaîne d’origine. Les informations à leur propos permettent d’affirmer que ces séries sont généralement bien accueillies sur le marché régional ou national dont elles sont l’émanation. Le passage à l’étranger est ainsi tout bonus

Côté Suisse, en Romandie, deux titres: «Dix» et «Station horizon». Il est difficile d’y ajouter le «Croque-mort» alémanique. On ne sait pas grand chose, ici, de séries tournées à Zürich ou Lugano, si tant elles qu’il en existe! La communication audiovisuelle en télévision n’est pas une préoccupation prioritaire!

L’exemple de la bilingue Belgique

 Depuis la mise en ligne du texte qui précède celui-ci sur le blog, il m’a paru intéressant d’aller chercher des informations complémentaires sur ce qui se passe actuellement en Belgique francophone, sous la direction de François Tron, un français issu de France 2 devenu responsable des antennes puis directeur général de la RTBF. En novembre 2016, «Téléobs» lui faisait passer par écrit un «grand oral». Voici quelques informations glanées dans ce texte et ailleurs.

En 2013, la RTBF ne vouait guère d’attention aux séries récurrentes. Décision fut alors prise, entre francophones y compris ceux de la région de Bruxelles, potentiellement 4 millions d’habitants, de lancer un appel à projets de séries récurrentes. Il y eut 140 propositions. Une dizaine fut retenue. Chaque projet était enraciné dans une partie du pays mais son sujet avait potentiellement une force romanesque qui lui permettait d’éventuellement retenir l’attention hors des frontières linguistiques nationales.

Décision fut prise de financer un pilote d’une dizaine de minutes pour ces projets. Quatre furent finalement retenus. Deux sont terminés, «La Trève» qui a déjà intéressé plusieurs pays, dont les USA par le groupe Netflix et surtout «L’ennemi public» dont TF1 vient d’achever la diffusion, déjà vendu dans une dizaine de pays.

Cette volonté de sortir de la région de production est un calcul clair. La RTBF s’est interrogée sur la télévision au début des années 2020. Il est apparu que l’apport de la publicité (le 25% du budget en Belgique, comme en Suisse) risquait bien de diminuer, celle-ci de plus en plus tournée vers internet et les réseaux sociaux. Dès lors, décision fut prise de produire quatre séries de dix épisodes d’un peu moins d’une heure pour occuper l’antenne durant quarante semaines. Et d’emblée, «la Trève» et «L’ennemi public» auront brisé les frontières linguistiques nationales. Réussir à exporter une série, c’est aussi faire une bonne affaire et contribuer au prestige de la création audiovisuelle du pays d’origine, quelle soit due à la télévision et/ou au cinéma.

Intéressante comparaison à faire – prochainement – entre la RTBF et la RTS, avec ce salut à « L’ennemi public » qui vient d’être présenté de manière un peu surprenante sur TF1:

Montage pour « L’ennemi Public » (Photo RTBF)

Séries belges

 Que sait-on de la Belgique et de sa partie francophone si l’on dispose, comme source d’information, de la seule télévision romande? A dire vrai, pas grand chose: Bruxelles n’a pas le pouvoir attractif de Paris. Que sait-on de la RTBF, la télévision d’environ quatre millions de francophones parmi les onze de belges? Pratiquement rien: les cablo-distributeurs, attentifs à proposer de nombreuses chaînes françaises, ignorent la télévision généraliste de service public de Belgique. C’est regrettable: la francophonie pourtant existe! Les cablo-distributeurs de Belgique consacrent deux euros par abonné pour alimenter un fonds de création audiovisuelle. Faire comme les Belges ne conduirait pas les sociétés suisses de distribution à la ruine!

( Vient de paraître, LE MEDIATIC no 195 -Mars-Avril 2017. En pages 4 et 5,  intéressant entretien avec le futur Directeur Général de la SSR-SRG, Gilles Marchand. A propos de l’investissement actuel de 27.5 millions de francs chaque année pour soutenir le cinéma suisse, M.Marchand dit :

La création d’un fonds permettant d’irriguer de manière plus dense qu’aujourd’hui la production cinématographique suisse serait la bienvenue. Je souhaite que des diffuseurs comme Swisscom ou Cablecom, qui font profit grâce à nos programmes, y contribuent. De même, les fenêtres publicitaires pourraient laisser une petite partie de leur marge en Suisse pour nous aider à faire plus de co-productions. Je vais essayer d’agir dans ce sens.(..) 

Et si la RTSR soutenait une telle démarche????  (  23.02.17 – 15h05)

Connaît-on la production des séries de Belgique? Mal; assurément moins bien que les nombreuses séries de France atteintes directement sur les chaînes françaises ou proposées souvent en priorité sur les écrans de la RTS.

Hasard du calendrier, découvert lors d’une lecture de « Télérama » il y a quelques instants (Edition du 22.02.17 – page 73) : le jeudi  2 mars dès 21h, ARTE présente les deux premiers épisodes d’une série de la Belgique flamande, « Beau Séjour ». Le résumé, dit « pitch », est assurément séduisant: Une adolescente assassinée recherche son meurtrier, dans une campagne hors du temps. Une première image intrigante: (23.02,17 – 16:00)

 

La série de la télévision belge flamande a été récompensée à « Séries Mania 2016 » d’un Prix du Public ( photo ARTE)

 

Le budget annuel de la RTBF se situe aux environs de trois cents millions d’euros, pour un public potentiel de quatre millions sur onze, budget couvert à 75 % par l’Etat et 25 % par la publicité. A première vue, situation assez semblable à la RTS, mais avec un public potentiel francophone belge double du romand!

Dans le domaine des séries, on a pu glaner ici ou là plusieurs productions entièrement ou partiellement belges. «The Team» associait dans une enquête sur la mort de trois prostituées les télévisons du Danemark, d’Allemagne et de Belgique, avec une participation montagnarde de l’Autriche. On y trouvait un acteur suisse, Carlos Léal. (Juillet/août 2015 sur RTSun vers 22h30).

Carlos Leal dans « The Team », en journaliste belge (Photo RTS)

«Salamander» , tournée en 2012, sortit en janvier 2015 sur la chaîne romande: cette série fort intéressante, mais touffue, d’origine flamande serait restée inédite dans la partie francophone de son pays d’origine. Il en fut question dans ce blog le 10 février 2015.

«La Trève» a été présentée par la RTS en juin et juillet dernier 2016. Le fil rouge décrit les conséquences de la mort d’un jeune footballeur d’origine africaine. Durant cette période fleurissait l’Eurofoot!

Ces trois séries oscillent, au gré des souvenirs, entre le haut du milieu de gamme et le bas du haut. Elles méritent donc d’être citées.

Voici une nouvelle série belge, incontestablement à inscrire dans le haut de gamme, «L’ennemi public», qui apparaît de manière inattendue sur «TF1» qui n’a pourtant pas l’habitude d’introduire dans son premier rideau des fictions qui ne craignent pas les complications nées de personnages ambigus et contradictoires. Il faudra revenir sur ses évidentes qualités de cette série.

Les trois plus importants personnages de « L’ennemi public », Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), Guy Béranger (Angelo Bison) et Lucas Stassart (Clément Manuel) ( Photo RTBF)

 

Compliqués, ces lundis soirs qui offrent actuellement trois épisodes de «L’ennemi public» entre 21h et 00h10 sur TF1, un seul de «Big little Lies», très attirante série américaine sur RTS Un entre 22h40 et 23h30, puis, toujours sur RTS Un, un numéro un de la troisième saison de «Les américains» entre 23h30 et 00h15. Cruel embarras du choix! Heureusement, il y les présences sur internet en «play-tv» durant sept jours. Il faudra donc revenir sur ces trois offres, deux inscrites dans le haut de gamme, trois en pariant sur les qualités de «Big little Lies».

Retour sur « Madam Secretary »

A ne pas manquer ce lundi 20 février 2017, sur RTS Un, vingt-quatre heures après la sortie aux USA, en version doublée, hélas un peu tardivement (22.40), une nouvelle série qui devrait s’installer dans le haut de gamme, « Big Little Lies », inscrite avec parait-il plus de noirceur dans la ligne de « Desperate Housewiwes », suivie du début de la troisième saison d’une série déjà installée dans le haut de gamme, « Les Américains », à une heure décidément maladroite ( 23h30!). Très bons choix, sauf les heures de diffusion. Presque comme d’hab! (Fyly)

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Le 3 janvier 2017, après les onze premiers épisodes sur les vingt-deux de la saison un, j’étais prudent mais bienveillant, relevant les atouts d’un sujet en principe bien traité. Dans l’échelle personnelle qui va de un, le bas du bas de gamme, à neuf, le haut du haut, j’étais à la hauteur six, au haut du milieu. Le 9 février 2017, RTS1 propose les deux premiers épisodes de la deuxième saison qui en comprend 23 ! Aux Etats-Unis, CBS proposait l’épisode 13 de la saison 3 le dimanche 29 janvier 2017 ( un par un, contrairement à la RTS qui imite par petites rafales ce qui se fait à Paris !). Conclusion : increvable la série. Et l’avenir pourrait bien être à elle : il suffira de procéder à une nouvelle élection présidentielle fictive pour que tout se poursuive autrement qu’avant. Ne vient-on pas dans un récent épisode de s’interroger sur les difficultés pour la mise en place de l’accord commercial entre pays qui bordent le Pacifique, alors que le nouveau président aura du moins pendant quelques jours fait savoir que cet accord devait être jeté à la poubelle.

Russel Jackson (Zeiko Ivanek), proche collaborateur du président

 Or donc le sujet permet de couvrir le vaste monde à travers la diplomatie conduite par la Secrétaire d’Etat, parfois en situation de conflit quand le rude proche collaborateur personnel du président Dalton, Russel Jackson, fait obstacle. Plausible historiquement ? La politique menée par le président de la série, est-ce celle de Bush ou d’Obama ? Plutôt celle de Bush ! Oui, mais on ne va pas demander à une série de divertissement « grand public » d’être une contribution entièrement fidèle à des événements politiques ou diplomatiques. On peut se contenter de croire que la réalité n’est pas totalement étrangère à ce que l’on voit. Mais il a bien fallu reconstituer les décors réels en studio, comme si la Maison Blanche était à disposition de la télévision ou du cinéma, pour éviter des frais de tournage ! Va donc pour la plausibilité, sans poser d’exigence d’exactitude. Le plausible fait affaire !

 Après : faut-il rechercher si chaque personnage à un « modèle » dans la réalité. Y a-t-il un peu d’Hillary Clinton dans le personnage d’Elisabeth McCord ? Qu’importe. Toujours est-il que madame la secrétaire d’Etat de la fiction rencontre dans une courte scène, un jour de découragement, une certaine Madeleine Albright, dans le rôle d’une très sage conseillère, elle qui fut vraiment  secrétaire d’Etat sous Bill Clinton de 1997 à 2001.

Elisabeth Faulkner McCord (Téa Leoni) avec son équipe du Département d’Etat

 Il y a les politiciens en place, avec des intrigues, des crocs-en-jambe, même une mort mystérieuse. A coté du gouvernement, il y a une sorte de « cabinet de l’ombre » composé par la famille McCord et certains de ses proches, très au courant les uns et les autres de toutes les affaires traitées par maman, même si on est dans ce qui devrait tenir du secret d’Etat. Parfois, la réflexion sur la politique américaine se prolonge au lit dans les élans amoureux d’un couple d’âge mûr. Stevie, la fille ainée, largement adulte, a un petit ami qu’elle doit protéger d’une rechute dans la drogue, lequel n’est autre que le fils du président Conrad Dalton. Pourquoi pas ! Peut-être y a-t-il, dans le fait que cela ne gêne en rien notre adhésion au récit, une approche de la vraie réussite de la série, l’attention que l’on porte à tout ce qu’on nous raconte en allant des décisions sur l’avenir du monde au moindre petit détail d’une vie familiale.

Tout cela est non seulement bien construit, mais aussi bien joué, bien rythmé, bien filmé, bien mis en scène, à travers parfois quelques moments plus touchants que vraiment émouvants. Voici pourquoi on peut classer la série dans le bas du haut de gamme. Mieux vaudrait peut-être écrire «  pourquoi JE classe la série…

« Infrarouge » versant débat informatif

Résumé en un « Trump » de 146 signes: (temps de lecture : environ 4 minutes)

Dans un débat comme celui du 01.02.2017, quand les gens s’écoutent, c’est plus intéressant qu’un « pugilat » qui n’est que spectacle superficiel.

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 «Infrarouge», l’émission hebdomadaire de discussions tous azimuts de la RTS oscille entre le «pugilat» politique qui oppose deux camps où chacun est d’abord préoccupé de mettre en cause les idées de l’adversaire et le débat informatif où il s’agit de faire comprendre un problème de société. Le spectacle du «pugilat» est-il pour autant source d’une bonne part de marché? Une réponse positive ne serait pourtant pas une justification pour cette forme d’émission. Remarques à propos de l’émission du 01.02.2017

La « Une » du dernier

(Photos RTS)

 

Pro-européen et anti-UDC

On peut heureusement, de temps en temps, saluer d’intéressantes contributions à la compréhension d’un phénomène de société. Ainsi en aura-t-il été de l’émission consacrée à la disparition brutale de «L’Hebdo». La rencontre se serait-elle déroulée dans la ligne des «pugilats» politiques que l’indispensable invité tendance UDC, par exemple Ivan Perrin, aurait fait part de sa satisfaction devant la disparition d’une publication pro-européenne et anti-UDC comme l’était pour lui «L’Hebdo».

Coupes «papier»

 «L’Hebdo» perdait de l’argent depuis des années. Pourquoi son éditeur l’a-t-il longtemps porté à bout de bras et assez brusquement laissé tomber? Sur ce point, les invités d’ «Infrarouge» sont restés discrets. Une grande entreprise multinationale ne peut-elle plus supporter l’existence d’une branche déficitaire qui contribue à donner une meilleure information dans une petite région éloignée de son centre de décision? Tamédia, Ringier, finalement, même combat: on coupe dans les rédactions «papier». Sans entendre ceux qui avaient des propositions à faire….

Alain Jeannet

Fenêtres ouvertes vers la Suisse

La presse écrite a vu ses recettes publicitaires fortement diminuer ces dernières années. Les investissements se sont déplacés vers l’audiovisuel et les réseaux sociaux. La télévision suisse maintient ses recettes publicitaires à un niveau plutôt stable. Les annonceurs suisses investissent près de 350 millions de francs par an dans des fenêtres de chaînes allemandes et françaises vers la Suisse (on n’aura pas parlé de l’Italie). Gilles Marchand s’est battu, en solitaire, contre cette situation qui n’a aucune valeur informative pour la Suisse. En vain! La loi du pays émetteur prime sur celle du pays receveur. On peut changer des lois, a-t-il rappelé. Mais pas tout seul, même demain à la tête de la SSR SRG.

Gilles Marchand

L’info coup de poing

L’un des invités, Geoffroy Moret, présent sur un réseau social avec une offre qui porte le nom de «Kapaw», a choisi le coup de poing dans ce paysage médiatique. En une minute, voici un résumé de la première semaine du président Trump: des images, des textes écrits, aucun son original, sinon un accompagnement musical. Un peu comme certaines contributions de «Nouvo», le survol de la semaine à «Mise au point», ou encore un sujet des deux Vincent dans «26 minutes». Ce sont là des exemples de la montée en puissance de l’équivalent des messages de cent soixante signes dont use le président Trump! C’est là une forme d’information parmi d’autres, plus développées. Et ce n’est pas en sept-huit minutes d’équivalent info-tv que l’on fait de l’investigation!

Geoffroy Moret, animateur de « Kapaw »

Subventionner la presse écrite?

Subventionner, d’une manière ou l’autre, la presse écrite? Pourquoi pas. Et de citer la France où «Le Figaro» et «Le Monde» bénéficieraient de seize millions d’euros d’aide étatique. Que représentent ces 16 millions sur le chiffres d’affaires de ces deux grands quotidiens français. Qu’en est-il des autres, comme «Libération» ou les hebdos comme «L’Express», «Le Point», «L’Obs»,etc? Et en Suisse?

Un lecteur n’est pas forcément un abonné

Du désormais feu «Hebdo» romand, on a appris qu’il avait cent cinquante mille lecteurs. Mais ces lecteurs n’étaient pas tous des abonnés, ni même des acheteurs numéro par numéro. Le nombre des abonnés tournait autour des trente-cinq mille. Cent cinquante mille, cela fait beaucoup. Trente-cinq mille, ce fut finalement tout de même un peu court.

Une émission de débat dans son versant informatif débouchant sur des questions qui restent ouvertes est finalement plus réussie que celle qui n’apporte que le spectacle de gens qui ne s’écoutent pas. Ce 1 février 2017, «Infrarouge» à inscrire dans la liste des «réussites» qui restent trop rares.

« Infrarouge » du 08.02.2017 : « Jusqu’oû ira-t-il ? Débat ou pugilat?

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En PS futile: Esther et Gilles

Dans un débat, règle généralement admise, les participants, animateurs y compris, utilisent le «vous» alors que parfois ils se tutoient hors-antenne. Mais comment s’adresser directement l’un à l’autre? Gilles Marchand l’a fait en interpellant «Esther» laquelle a semblé à la fois surprise et empruntée d’utiliser un «Gilles» dans sa réponse à son directeur régional et bientôt national!

La dix-huitième !

(Temps de lecture – environ 90 secondes/ survol en prenant l’ascenseur : 20 secondes)

Enorme succès d’audience, le dimanche 28 janvier 2017, pour Federer battant Nadal. Une occasion de plus, pour la SSR-SRG, de faire remarquer que le sport est rassembleur. Ce qui veut donc dire: excellente sinon énorme part de marché: pointe à plus de 400.000!! Et dire aussi: excellentes recettes publicitaires, en fonction de l’audience?

Un mot aura été utilisé, depuis assez longtemps déjà, sous diverses formes: maître. Il y a ceux qui écrivent «Maître» avec guillemets et majuscule et ceux qui se contentent d’insérer le mot maître dans une phrase. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Dans un commentaire parlé, la diction a aussi ses majuscules et ses guillemets!

En voici une fois encore la raquette, mais est-ce vraiment celle du « Maître »?

Melbourne aura offert quelques belles et passionnantes rencontres, comme par exemple la demi-finale entre Wawrinka et Federer, le premier maîtrisé par le second (on pourrait écrire *par le « Maître »*). Mais une rencontre en cinq sets, c’est long. Alors, on peut aussi se laisser aller à une lecture pas trop exigeante pendant les temps morts, assez fréquents en tennis. Heureusement, la voix du commentateur a le mérite de nous rappeler au bon ordre du regard complice.

Le tennis a une vertu qui renforce l’intérêt du spectacle: le poids du point en jeu change constamment, source d’un précieux suspens. Il peut par exemple, gagnant, abréger la partie, ou perdant l’allonger considérablement.

Une grande rencontre, c’est quoi, somme toute? Une esquisse de réponse: les coups gagnants doivent être plus nombreux que les fautes directes. Cela, on le «sent» en cours de rencontre. Une statistique de coups gagnants et de fautes directes serait intéressante à suivre en cours de jeu. Une victoire est nettement plus spectaculaire si elle repose sur des coups gagnants plutôt qu’une accumulation de fautes directes.

Je me demande bien pourquoi j’ai tendance à croire que le plus élégant doit aussi être le meilleur. Nadal avec ces gestes furtifs qui font le tour, actuellement, de son visage avant de servir, c’est tout de même un peu exaspérant. Dimanche, le meilleur, mais pas tellement de beaucoup, a gagné.

Après tout: on a bien le droit d’être un peu «chauvin»…

 

 

« Message » au Président du Conseil du Public

Le président du Conseil du public, Matthieu Béguelin, par ailleurs membre du comité de la SRT-NE, vient de prendre une excellente initiative. Il s’est adressé par courriel à plus de 200 membres de la section de Neuchâtel dont l’adresse mail est connue pour les inviter à se prononcer éventuellement sur les deux sujets qui seront prochainement traités par le conseil qu’il préside, le « Le 12 :30» radiophonique et « Magnétique ». Les réactions seront-elles nombreuses ? Espérons-le. Mais c’est surtout un appel direct à participer à la réflexion sur la radio et la télévision, qui n’est que rarement amorcée par des membres de la « base ». La RTSR s’efforce de recruter de nombreux nouveaux membres qui restent trop souvent muets et passifs comme les anciens.

Dans son texte, rappel est fait de la possibilité d’évoquer la « grille des programmes » en s’intéressant en particulier à « la forme (..) des sujets traités ».

 Ce blog aura été composé l’an dernier d’une quarantaine d’interventions, chacune permettant parfois d’évoquer plusieurs sujets qui se ressemblent (par exemple des considérations sur des séries ou des manifestations sportives).

Caroline Roux dirige "C...dans l'Air" depis septembre 2016. Le succès de l'émission susbiste...

Caroline Roux dirige « C…dans l’Air » depuis septembre 2016. Le succès de l’émission susbiste aprè le départ d’Yves Calvi. L’audience moyenne annuelle dépasse largement la moyenne annuelle de la chaîne. Pour une fois, la qualité « rapporte »…

Je me proposais ce jeudi matin 12 janvier 2017 de relater une assez longue soirée occupée à pitonner de « C..dans l’air » et « C..à vous » (France5) à « La nouvelle vague berlinoise » (Arte) en passant par « Le 19 :30 » (RTS1), une amorce de « Chérif » (RTS1), « Phoenix » (ARTE – remarquable film d’un jeune cinéaste allemand) et une prise de train en marche intitulé « Infrarouge » (RTS1).Et de tomber dans l’émission romande sur un de ceux assez nombreux débats où deux ou trois invités renforcés par l’animatrice parlent en même temps, à se rendre, bien sûr inaudibles, encore qu’il soit possible de deviner que certains sont en train de se répéter. Le conseil du public s’est déjà penché sur « infrarouge » sans pouvoir prendre acte d’autre changement que de l’horaire de diffusion, du découpage en tranches avec des rubriques incontournables, la structure et l’esprit de l’émission inchangés. Lors des débats « politiques », (au moins une fois sur deux), on en reste à la mise en scène d’affrontements entre deux camps opposés sans nuances, la majorité des participants plus occupés à démonter les arguments du ceux d’en face qu’à décrire le bien-fondé de leur position.

Anne-Sophie LAPIX, Elisabeth Lemoine, Pierre Lescure, Maxime Switek, Mathieu No!el, Patrick Cohen

Anne-Sophie LAPIX, Elisabeth Lemoine, Pierre Lescure, Maxime Switek, Mathieu No!el, Patrick Cohen: l’équipe de « C…à vous ». Tout à gauche, l’ancien patron du « Festival de Cannes… dans un rôle de « modeste » chroniqueur au quotidien…        

J’aurais pu me contenter de livrer quelques comparaisons entre

« Quatre débats dirigés par quatre femmes »

 sans aborder les sujets traités pour m’en tenir à la forme et au « climat » dans lequel se déroulent quatre émissions. Ainsi soit fait !

Caroline Roux dirige désormais « C..à vous » à quatre invités (exceptionnellement le mercredi 11 janvier 2016, trois femmes) comme d’habitude, allant jusqu’à demander qu’on lui pardonne certaines questions insistantes qui ne trouvent pas leur réponse dans une ambiance où chacun des invités écoute les autres et explique sa position sans chercher la confrontation. Anne-Sophie Lapix ( C…à vous ») passe avec finesse la parole à ses collaborateurs qui interrogent l’un après l’autre l’un ou l’autre des invités qui se succèdent sur le plateau, dans la bonne humeur ou l’émotion. Le climat fait belle place à la qualité d’écoute et au respect de l’autre, même lorsque les questions conduisent à certaines tensions.

Elissabeth Quinn, animatrice de "28 minutes" ( ARTE)

Elissabeth Quin, animatrice de « 28 minutes »    (Photo ARTE)

Le « 28 minutes » d’Arte, qui en dure 45, est conduit par Elisabeth Quin avec la même attention que ses deux « rivales » de France 5. S’y ajoute une pointe d’humour qui ose être impertinent sans devenir gênant, même si parfois se profile une certaine tension. Dans « C…à vous » et « 28 minutes » apparaissent souvent des sourires. Et l’on ose même y rire franchement.

L’ambiance sur le plateau d’ « Infrarouge » ? On se prend de bec en tentant de bloquer la parole de l’adversaire. Inutile d’écouter l’autre.

Bref, et si, une fois, mais avec insistance, le « conseil du public » parvenait à provoquer une sérieuse réflexion sur le principe même d’ « Infrarouge » qui tient encore et toujours du pugilat.

PS : la partie en vert comprend 140 signes, espaces compris !! C’est trumpien !!!

Madame la Secrétaire d’Etat

Le titre est clair en français. Il est plus court en anglais, «Madam Secretary», mais moins clair. Cette série de trois saisons et près de soixante épisodes est produite par CBS, une des grandes chaînes commerciales américaines. Elle est écrite sous la direction de Barbara Hall, paraît-il fort connue à Hollywood: repéré dans sa filmographie sa participation à l’écriture de «Homeland», saison 3.

Vu le jeudi 8 décembre sur RTS 1 les trois premiers épisodes, de 20h15 à 23h45, avec entr’actes publicitaires et saluts répétés aux sponsors. Intéressants et intéressé, mais sans plus. Première impression d’alors: on se trouve dans le haut du milieu de gamme (dans un système allant du «bas-du-bas» au «haut-du-haut», le haut du milieu étant ainsi au sixième étage.

Une structure habile

Elizabeth Faulkner McCord ( Téa Leoni)

Elizabeth Faulkner McCord ( Téa Leoni)

 Bien entendu, il s’agit d’une pure fiction, avec des personnages aux noms inventés, qui ne cherchent même pas à faire ressembler à un quelconque «modèle». La Secrétaire d’Etat américaine, donc la ministre des Affaires Etrangères, est naturellement amenée à avoir des contacts avec des délégations étrangères qui se trouvent aux USA, éventuellement pour une session de l’ONU et à entreprendre de multiples voyages à l’étranger. Dans les onze premiers épisodes, on se rend ou rencontre des diplomates de nombreux pays: Syrie, Yemen, Pakistan, Chine et Japon, Iran, Afrique Occidentale, Inde, Irak, Venézuéla: presque un par épisode! Ensuite, on va passer par la Turquie, le Mexique, le Brésil d’Amazonie, la Bolivie, la Grèce, la Russie (sans les probables oublis de résumés survolés). On comprend comment il sera possible de tourner plus de soixante épisodes. Que voilà un sujet habilement choisi pour permettre de tenir la longueur et de faire du «tourisme» international.

Après la mort qui ne se révélera pas accidentelle de Marsch, le président Conrad Dalton, que l’on ne voit guère, nomme une nouvelle secrétaire d’Etat, Elisabeth Faulkner McCord (Téa Leoni), ancienne de la CIA qui enseignait à l’Université comme son mari qui continue de le faire. Elle n’appartient donc pas au sérail politique et dispose ainsi d’une belle indépendance. «Madam Secretary» met en place le milieu familial d’Elisabeth, trois grands enfants adolescents, l’entourage de la Secrétaire, avec ceux de la nouvelle équipe qui vont affronter les anciens, l’enquête sur la mort de Marsch, la vie quotidienne des uns et des autres inscrite dans les événements de la politique du pays, les intrigues tous azimuts, les surveillances réciproques, les alliances d’un jour défaites le lendemain, et ainsi de suite. On ne peut dès lors que s’incliner devant la multiplicité des situations rendues possibles par le choix du milieu dans lequel évoluent une bonne dizaine de personnages importants. On y trouve bien sûr, personnage central, celle qui donne le titre à la série, mais elle n’est pas constamment présente.

Elizabeth (Téa Leoni ) et Henry McCord(Tim Daly) avec Michael Boatman , Directeur du FBI (Keith Doherty (Photo RTS)

Elizabeth (Téa Leoni ) et Henry McCord(Tim Daly) avec Michael Boatman , Directeur du FBI (Keith Doherty (Photo RTS)

Le scénario de «Madam Secretary» est porteur de multiples promesses d’actions et de confrontations bien menées, sans temps morts. Mais se produisent assez souvent des événements trop prévisibles. Il manque à la mise en scène des moments de gravité, d’émotion dans la délicatesse, de vraies surprises, des gestes inattendus. Tout ce qui était dans le «Borgen» venu du Danemark. Peut-être la différence de ton entre le service public généraliste d’un petit pays et une chaîne commerciale d’un géant de ce monde.

Elisabeth McCord (Téa Leoni) et sa fille aînée, *Stevie" (Wallis Currie-Wood)

Elisabeth McCord (Téa Leoni) et sa fille aînée, Stevie (Wallis Currie-Wood)

Cruels choix du jeudi soir!

Pour qui s’intéresse aux séries, le jeudi, c’est cruel: trois épisodes le jeudi 8 décembre 2016 avec «Madam Secretary» sur RTS1, trois de «Profilage» sur TF 1, cinq «Murder» sur M6 (de 21h00 à 01h15), trois de «Cannabis» sur Arte. Idem les jeudis 15: «Léo Mattei» remplace «Profilage» sur TF1. Le 22, M6 fait une pause informative, Arte passe à «L’héritage empoisonné». Le 29, RTS 2 propose cinq épisodes de «Outlander» (de 22h30 à 03h20!!), France 3 ouvre «The Collection» ( «The», c’est plus attirant que «La» !!). Et le 5 janvier 2017, cela continue sur «RTS1», RTS2 ( avec cinq épisodes en reprise de «The Knick» – de 22h00 à 02h10 ), «Section de recherches» en trio sur TF1, M6 en pause.

On devrait parler plus souvent des programmatrices et programmateurs, dont on ne parle pas assez souvent, qui imposent le tir en rafale, trois épisodes (au moins) l’un après l’autre. C’est une absurdité par rapport à l’esprit même de la série récurrente qui devrait, comme sur le continent américain, jouer sur l’impatience de suivre le récit d’une semaine à l’autre, épisode par épisode. La RTS s’aligne sur ses voisins, les chaînes généralistes françaises, en s’efforçant de les précéder, ne serait-ce que de quelques jours. Il est dès lors impossible de respecter le principe même de la série récurrente: le «un-par-un»!

Le «sériophile» doit choisir? Pour tout voir, il doit être retraité survolté et surmené, pour supporter les «trois-par-trois». Il peut revenir à l’unité en profitant de la mise en ligne sur internet ou enregistrer la série. Pour ma part, je suis de plus en plus lassé par les enquêtes policières, les enlèvements, les agressions, les meurtres. Préférence, en alternance, pour «Madam Secretary» (politique) et «The collection», (la mode avant les années cinquante), faute de trouver actuellement du haut de gamme actuellement. Il doit bien y bien «The Young Pope»: mais où?

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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