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Mundial et audimate

(Temps de lecture : quatre/cinq minutes)

Il peut être intéressant de profiter de certaines informations parues dans la presse, à partir de textes publiés sur le site de la RTS , pour se poser quelques questions sur le comportement du public face à l’offre massive de toutes les rencontres de l’actuel « mundial », en direct,  ou en différé appuyé par des multiples commentaires, débats, reprises partielles ou totales. L’une des sources vient des informations proposées au public à partir de l’audimate, dont les mesures reposent sur un échantillon scientifique. Voici d’abord des éléments de base associées aux seules quatre rencontres de la « nati ».

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 Suisse-Suède

La RTS illustre Suisse-Suéde

 Trouvé sur le site

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9694170-suisse-suede-81-9-de-part-de-marche-sur-rts-deux-.html

cette image de Suisse-Suède pour accompagner ce qui est peut-être un record d’audience, une part de marché de 81,9 % qui représente une moyenne de 334 mille spectateurs ce qui est élevé en cours d’après-midi dès 16h00. Parmi ces milliers, il doit bien y en avoir quelques-uns qui ont interrompu leur journée ordinaire de travail  grâce à une bonne  compréhension entre patronat et salariat !

Du bon travail informatif, y compris sur le sens des mesures faites par l’entreprise sur son propre travail. Toutefois, cette analyse en finesse avec un réel effort pédagogique pour faire comprendre le sens de ces mesures est un moyen de célébrer la réussite de la programmation de l’ensemble du mundial. Evidemment, on insiste alors sur le pic, passant sous silence tout ou partie des autres rencontres. Ce serait pourtant aussi intéressant d’avoir des informations aussi denses sur certaines petites rencontres peu intéressantes à première vue, par exemple un Pays Arabie Unis – Egypte.

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Suisse-Costa-Rica

LA RTS illustre Suisse- Costa-Rica

 Trouvé sur le site de la RTS aussi la même analyse de Suisse-Costa Rica,meilleure audience depuis 2016

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9681184-suisse-costa-rica-meilleure-audience-depuis-2016-.html

A noter tout de même que la part de marché en pourcent, qui donne donc le reflet de ceux qui à un moment donné regardent n’importe quoi sur leur petit écran, a un sens plus flatteur que le nombre de spectateurs que ce pourcentage représente.

Ainsi le 72,6 % de part de marché pour Suisse-Costa/Rica représentait 532 mille téléspectateurs alors, avec l’exemple comparatif proposé, la rencontre de l’Euro entre la Suisse et la France avait atteint une part de marché de seulement 66,3 % mais pour 544’300 téléspectateurs.

La part d’audience place Suisse-Costa-Rica du Mondial devant le Suisse-France de l’Euro alors que les spectateurs étaient plus nombreux en 2016 qu’en 2018.

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Suisse-Serbie

La RTS illustre Suisse-Serbie

 Le 25 juin, sur le site

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9672774-suisse-serbie-plus-de-700-000-romands-ont-vibre-sur-rts-deux-.html

avaient déjà été publiés des informations semblables au sujet de Suisse-Serbie avec plus de 700 romands ayant vibré sur RTS deux. A noter en passant qu’il doit bien se trouver parmi ces 700 mille romands quelques doubles nationaux qui sont parfois mal vus par certains bons « patriotes » qui ne voient de bons suisses que ceux dont quatre générations sont d’origine strictement contrôlées, donc qui ne font pas un salut à leur seconde patrie, celle de leur première origine. Là, on en était à une audience de 466 mille pour une part de marché de 72,5 %.

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Suisse-Brésil

La RTS illustre Suisse-Brésil

 Le 18 juin déjà, on pouvait trouver les informations relatives au premier match,

https://www.rts.ch/entreprise/espace-pro/communiques-de-presse/9655738-suisse-bresil-meilleure-audience-tv-de-la-rts-depuis-l-euro-2016-.html,

sous le titre « meilleure audience tv de la RTS depuis l’Euro 2016″

Là, il s’agit de 525 mille téléspectateurs une part de marché de 65.8 %

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Impressionnant

 Ces informations, intéressantes, sont reprises timidement dans la presse (mais je ne lis pas tous les journaux romands) même en étant impatient d’attendre demain la nouvelle « Semaine Sportive » qui sera peut-être un « Matin sports » dans les mains de Christian Constantin qui ne se donnera pas la consigne de passer sous silence Sion. Les commentateurs des rencontres, entre le rappel des noms des joueurs de leurs clubs d’origine, en grande majorité européens dans un curieux championnat de monde des nations et la description des phases de jeu qui viennent de se dérouler, y font rapide allusion sans autre commentaire.

Ces quatre audiences de l’équipe suisse sont-elles supérieures à toutes les autres ? Je ne sais. Si oui, nous aurions là le reflet sinon d’un patriotisme profond, du moins celui d’un réel intérêt pour notre « petite » équipe avec ses (trop?!) nombreux binationaux.

Un résumé permet de mettre en évidence des comparaisons entre les quatre matches

                          Rencontre             Date                Heure         PDM en %      Nombre de spectateur

Suisse-Brésil                  18 juin           20hoo                    65,8              525.000

 Suisse-Serbie                  25 juin            20h00                    72,5              466.000

 Suisse-Costa-Rica          28 juin           20h00                     72,6              532.000

 Suisse-Suède                    4 juillet         16h00                      81,9              334.000

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Remarques

1/ La mesure quantitative la plus intéressante provient du nombre de spectateurs, en tête donc le « Costa-Rica » puisque on devait attendre la confirmation de la sélection pour les huitièmes de finale, suivi de près par Brésil, puis avec soixante mille spectateurs de moins pour Serbie. Les 334.000 de la « Suède » s’expliquent par l’heure : le « Mundial » n’a pas encore le pouvoir de décréter des « demi-journées » fériées pour les environ deux millions de téléspectateurs potentiels romands.

Ce record de 81,9 % parfois repris timidement par la presse et un peu plus clairement par certains commentateurs n’a pas grand sens, sinon celui de faire croire à une presque unanimité.

2/ Ces informations tiennent-elles compte des téléspectateurs qui voient ces rencontres sur d’autres chaînes. Il doit bien y avoir des téléspectateurs qui parlent allemand qui suivent les commentateurs sur la DRS ou même des chaînes allemandes? Même remarque au sujet des italianophiles.

3/ L’échantillon qui permet ces mesures d’audience repose sur des exigences scientifiques qui permettent de lui associer une marge d’erreur. Admettons que celle-ci soit de deux pourcent. Le 2 % de 532 mille tourne autour de plus ou moins dix mille. Le 525 mille de Suisse-Brésil est dans la marge d’erreur. La SSR-SRG a imposé une obligation de donner les marges d’erreur lors de votations populaires. Pourquoi diable n’en fait-elle pas autant lorsqu’elle consent à donner en public des parts de marché en pourcent et nombre de spectateurs. Ne se sert-elle de l’audimate que lorsqu’elle peut claironner des résultats magnifiques, pour lesquels les commentateurs de service se plaisent à remercier souvent les téléspectateurs d’être si nombreux et si fidèles?

4/ Classement pour classement, allons-y d’une réaction personnelle qualitative, qui reflète un peu ce que l’on aura entendu dans les commentaires de plateau ou lu le lendemain dans les journaux. Je note les quatre rencontres sur une échelle allant de un à vingt, l’équivalent du « suffisant » situé à 10 :

14  pour Suisse-Brésil

13 pour Suisse-Serbie

10 pour suisse-Costa-Rica

9 pour Suisse-Suède

Après « No billag » : budget réduit et personnel menacé!

Les illustrations de ce texte rendent un premier hommage à une « Web-Série »très attendue, présentée en ouverture du NIFFF, à Neuchâtel, le 6 juillet 2018. Elles donnent une idée de son ambiance visuelle. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

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Gilles Marchand reçu par « L’Obs »

 Dans l’édition   du 28 juin 2018 de l’hebdomadaire français L’OBS, le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, participe à un « grand oral » proposé par l’excellent hebdo de la gauche française modérée, sur trois pages mais avec grande photo. Fort intéressant de lire les déclarations de Gilles Marchand, adaptées à un autre public que celui de notre pays. On finit par y apprendre ou deviner plein de choses intéressantes.

Il s’explique en particulier fort bien sur la campagne « No Billag » telle quelle aura été menée par une partie des collaborateurs, les journalistes à l’antenne. Durant la campagne, consignes ont été données aux collaborateurs de « ne pas être excessif, ne pas se ruer sur les réseaux sociaux. Toute notre argumentation repose sur le fait que les Suisses ont besoin de la SSR, qui offre une information correcte ». Il souligne ensuite le rôle particulier dévolu aux journalistes qui apparaissent à l’antenne : « L’entreprise doit se défendre en restant calme, professionnelle, solide, et demander à ses journalistes de bien traiter ceux qui veulent leur disparition…. Je ne souhaite cela à aucun dirigeant. »

Les journalistes ne sont pas les seuls collaborateurs d’une entreprise de télévision mais ils sont, eux, fort bien connus du grand public puisqu’ils apparaissent à l’antenne. Pour beaucoup, le « 19h30 » est le journal de Darius Rochebin alors qu’ils sont en coulisses plusieurs dizaines à préparer l’émission sans que l’on connaisse ou retienne des noms qui défilent parfois rapidement dans des génériques.

Durant la campagne, ce sont ces anonymes, souvent avec leur association professionnelle syndicale, qui se sont engagés dans de nombreuses localités de Suisse romande, et cela durant des semaines. J’aurai pris plaisir à rencontrer à Neuchâtel deux de ces collaboratrices anonymes pour leur offrir une rose en guise de remerciements pour leur présence dans une petite ville de province loin de leur lieu de travail, mais pourtant proche de leur passé.

En cours de la campagne « No Billag », le conseil fédéral avait décidé de faire passer la redevance des ménages de 450 francs en vigueur à 360 environ dès 2019. Cette décision a certainement joué un rôle dans la décision de rejet à près de 70 % de « No Billag ». Mais on n’a pas beaucoup, alors, évoqué les conséquences de cette promesse de campagne. Et ce ne fut pas là le seul remerciement reçu pour leur déplacement en « lointaine » province.

Un réveil pour le moins amer

Le réveil est, en cette fin du mois de juin, plutôt amer. Comme l’annonce « Le Temps » du 29 juin 2018, La SSR en cure d’austérité dans le sillage de « No Billag ». Apparait en public ce qui était connu dans les coulisses de l’entreprise, une bonne partie de son personnel s’étant aussi tristement penché depuis plusieurs semaines sur les problèmes qui allaient surgir de cette austérité.

La situation est relativement claire :

Economiser cent millions par année

Durant les quatre prochaines années, la SSR-SRG doit diminuer son budget de cent millions de francs. La RTS y contribuera pour un montant de 15 millions. Cette diminution de moyens est directement provoquée par la prochaine redevance d’un franc par jour.

Supprimer 250 postes de travail

 Parmi les mesures prises, l’une d’elles inquiète tout particulièrement le personnel, surtout celui resté dans l’ombre pour battre la campagne de « No Billag », ceux donc du « hors-antenne » : 250 postes de travail seront supprimés, ceci en grande partie dès 2019. On peut admettre qu’un poste de travail revient en moyenne à cent mille francs par année à l’entreprise, toutes charges comprises. Cela fait donc une économie de 25 millions par année, pour l’ensemble du pays.

Toujours dans des survols d’ordre de grandeur, ceci : la SSR-SRG offrir six mille postes de travail. Si en moyenne les collaborateurs travaillent durant trente ans, cela fait 200 départs naturels chaque année, 300 donc en une année et demi.

Il est donc possible de renoncer à tout licenciement dit « sec » en une année et demi. Reste qu’il faudrait arriver à comprendre comment il sera possible de fabriquer plus de temps d’antenne avec un peu moins d’argent et un peu moins de personnel. A force de raboter un petit peu ici et là, on finira bien par abaisser le niveau la qualité de l’offre. A Chaque tour de vis un petit peu, cela finira bien par se voir !

Réinvestir 20 millions, entre autres dans la fiction

Il faut aussi mettre en évidence une décision intéressante qui atténue la poids de l’économie annuelle de cent millions. En vérité, la diminution de moyens ne sera que de 80 millions, puisque vingt millions seront consacrés à des propositions nouvelles. Sur les cent millions, vingt vont être consacrés à l’amélioration de certains secteurs à l’autre. On évoque, par exemple, à Zürich, la suppression de coûteux divertissements de fin de semaine.

Une grande partie de ce transfert viendra financer la réalisation de séries de fiction, qui permet de s’insérer dans un mouvement mondial propre à l’audiovisuel. Décrire un pays, c’est aussi raconter des histoires avec des personnages mis en scène qui racontent autrement que par l’information type « Temps présent » ou « Mise au point » et autres émissions romandes de premier rideau aux téléspectateurs ce que sont les Suisses et ceux qui vivent en Suisse, comme ces secundos, par exemple, qui enfilent à la nati quelques très beaux buts qui déplaisent tant à Mme Rickli. La création audiovisuelle à travers la fiction, c’est aussi une composante d’un pays par son imaginaire.

En réalité, la diminution de budget s’élèvera donc à 80 millions de nos francs avec un réinvestissement de 20 millions dans des secteurs nouveaux, dont un ancien, la fiction, amélioré.

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PS I : Dans une prochaine intervention, nous reviendrons sur ce problème des séries suisses, domaine dans lequel il se passe plein de choses intéressantes maintenant déjà, qui n’ont pas de rapport direct avec les conséquences indirectes de la belle victoire contre « No Billag ».

A la RTS une web-série,  « Le 5ème cavalier », sera présentée en première mondiale au NIFFF à Neuchâtelle vendredi 6 février lors de l’ouverture du festival à 19h00 et 21h15

Le montage d’une série de six épisodes, « Double vie » de Bruno Deville vient de commencer ( à découvrir fin 2018, début 2019).

Une première image de « Double vie » (RTS)

Le tournage d’une autre série, « Helvetica », sous la direction de Romain Graf, vient de commencer dans la capitale fédérale. ( à voir dans le deuxième semestre de 2019 ). Nous y reviendrons….

PS II : Il faut aussi signaler que la série tournée à la DRS, « Private banking » vient d’être présentée le jeudi 29 juin 2018 par Arte, curieusement en version française, ce qui lui aura valu une large présentation dans le journal « Le Monde » qui ne s’intéresse guère à ce qui se passe en Suisse. Avec l’appui d’ARTE, cette série de la DRS est ainsi prise en compte au niveau international, même avant que quelques millions supplémentaires soient déplacés vers la fiction. Nous y reviendrons…..

Mundial : tout montrer ? … Tout montrer !

Trente-deux équipes, les meilleures du monde après larges sélections régionales.

Autour de chaque équipe,  beaucoup d’accompagnants. Parmi les joueurs, les  vingt-trois meilleurs du pays.

Avant la compétition, dans la sérénité d’un parc tessinois, un gardien tranquille ( photos site rts.sport)

Sept cent trente-six joueurs, mais pas forcément les meilleurs du monde.

Un premier tour éliminatoire, huit groupes de quatre équipes : quarante-huit rencontres, trois ou parfois quatre par jour. Puis la phase à élimination directe, encore seize rencontres, y compris la petite finale entre les deux perdants des demi-finales.

Chaque rencontre, hymnes nationaux, repos de la mi-temps, interruptions de jeu compris ( avec le contrôle par vidéo, les rencontres sont souvent prolongées de plus de cinq-six minutes ) finit par durer à peu près deux heures.

Un « plateau de la RTS

Il faut y ajouter les « plateaux » supplémentaires, avant les rencontres ( avec petit jeu pas très intéressant de pronostics), et après, avec la reprise des moments les plus significatifs, des reportages préparés insérés dans les débats: cela fait bien une heure encore consacrée à chaque rencontre.

Donc une rencontre du Mundial dure, sur notre petit écran, au moins trois heures, donc certains jours douze heures d’antenne, et pour le moment en moyenne neuf ou dix chaque jour.

Existe-t-il beaucoup de téléspectateurs qui profitent intégralement de l’offre faite par la plus prolifique des chaînes ? Des retraités peut-être, des femmes au foyer, des enfants en bas âge ?

La joie d’un spectateur suisse « anonyme » dont on supposera qu’il admire le but marqué par un joueur qui s’est ensuite présenté, musclé torse nu. Ce geste ne semble pas lui avoir valu le moindre ennui.

La SSR-SRG, et tout le monde le sait car cela aura été fréquemment répété, a choisi de présenter l’intégralité des soixante-quatre rencontres avec tout ce qui va autour. Rien ne l’y oblige, en tout cas pas la concession qui lui est octroyée. Rien ne l’en empêche, même pas l’obligation d’informer, de distraire, d’enrichir les connaissances de ses consommateurs.

La belle musculature qui aura valu à son propriétaire un carton jaune lors de Serbie-Suisse

On peut tout de même se demander si le service public doit vraiment consacrer pendant un mois les heures de forte écoute à une même offre. A entendre son rédacteur en chef qui entraîne ses nombreux collaborateurs qui ne se font pas faute de bien répéter la chance que nous avons, nous autres fidèles de la RTS, d’être les plus « gâtés » du monde par cette offre intégrale.

Les deux « coupables » amendés…. de dos

Le but de la victoire de Shakiri (très belle phase de jeu en effet), nous l’avons vu au moins dix fois ces derniers jours, avec les mêmes cris de joie. Tiens, en passant : pourquoi pas le montrer une fois au moins en muet ? Il n’en serait peut-être que plus beau.

Certains, dont je suis, ont appris le sens de ce geste qui vient de valoir grande frayeur à la « nati » et forte amende- dix mille francs – aux deux « secundos » par Mme Rickli « kosovarisés »

En passant, après Brésil-Suisse, d’ailleurs fort belle rencontre, au résultat alors prometteur, un premier commentateur nous a remerciés d’être si nombreux à avoir assisté au match : cinq cents mille que nous étions. Quelques heures plus tard, un autre nous a remerciés, lui, d’avoir été sept cents mille. Avait-il additionné aux cinq cent deux cents mille qui se seraient ajoutés aux propositions de reprises ou aux autres offres de rts.sport? Et pourquoi diable, dès lors que les animateurs ou au moins les chefs de service donnent le meilleur score flatteur, ne pas en donner beaucoup d’autres. Comme je ne suis pas en permanence attentif à tout ce qui touche au Mundial, j’ignore la part de marché obtenue par Suisse-Serbie.

Beaucoup de football ! Trop ????

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Le meilleur pour la fin

Est-il vraiment intéressant de regarder des concurrents qui répondent avec plus ou moins de brio à des questions hautement spécialisées en gagnant des sommes d’argent plus ou moins grandes ? Je peine à y trouver quelque intérêt. On croit ainsi assister au tirage d’une loterie qui annonce une suite de numéros gagnants avec « félicitations » aux gagnants. Comme si gagner à la loterie dépendait de connaissances personnelles !

Tout jeu, par contre, peut devenir intéressant s’il existe des ouvertures plus ou moins grandes qui permettent au téléspectateur de jouer chez lui, d’ « affronter » les concurrents, certes, mais surtout de faire le point sur ses connaissances dans certains domaines. Et il n’est pas désagréable d’apprendre en passant certaines choses même inutiles ou futiles.

Le jeu actuel de la RTS, « Le meilleur pour le fin », est à l’antenne le samedi soir. Ce n’est pas le soir de la semaine où la RTS fait des efforts culturels ou informatifs de haute volée. Hier, on chantait« le samedi soir après l’turbin, l’ouvrier parisien » quand la semaine comptait encore six jours de travail.

Mélanie Freymond, l’animatrice

A l’actif du jeu, une suite de propositions qui permet de choisir un domaine dans lequel chaque concurrent se sent le plus à l’aise, qui permet donc de fournir un lot acceptable de réponses justes. Une assez bonne alternance existe entre les épreuves qui demandent une réponse rapide et courte et celles qui laissent du temps pour opérer des choix. Lors d’une partie qui consiste à trouver un lien entre un mot a et un b puis b et c et ainsi de suite, il peut arriver que deux solutions différentes soient plausibles. Pas le temps d’examiner la situation !!

Les gains peuvent aller de la centaine de francs à deux mille par épreuve, avec brusquement une seule question qui peut rapporter cinq mille francs, laquelle n’a pourtant rien de bien différent des autres. Ceci introduit un côté loterie, par le hasard tiré le bon numéro. Une autre hase du jeu implique qu’une seule erreur supprimer un zéro à la somme acquise : on a vu ainsi passer d’un gain de vingt mille pour une série de bonnes réponses en quelques secondes à deux mille francs. Quel intérêt dans cette chute ? Observer le visage du perdant ? On peut se demander si les organisateurs du jeu n’ont pas en eux un fond de sadisme spectaculaire, comme l’accident de voiture d’une course en circuit.

Des milliers de francs sont peuvent être en jeu chaque samedi. Mais qui paie, la télévision, un ou des sponsors ? Si c’est la télévision on est en droit de se demander si, ainsi, l’argent est bien mis au service de programme.

Face aux cinq joueurs qui s’en vont éliminés les uns après les autres derrière une fausse porte d’ascenseur qui se referme, il y a une animatrice qui doit intervenir assez souvent pour que le jeu s’inscrive dans la case de 45 minutes de ce précieux temps de premier rideau qui doit obtenir la part de marché la plus grande possible. On ne peut pas dire que ces interventions soient inventives. Elles consistent bien souvent à enfoncer une porte ( d’ascenseur) déjà ouverte. Pas très sexy, l’animation, et tout de même un peu « kitsch », le décor. Le jeu ? Vaguement intéressant par son côté interactif assez peu spectaculaire.

Les »pressentiments » d’Henry Brandt

Henry Brandt ( 1921-1998), cinéaste neuchâtelois à la filmographie assez imposante, s’est fait connaître aussi et surtout par la réelle liberté qu’il sut prendre à travers ses films de commande au sens informatif plus que commercial du terme. Une société pédagogique neuchâtelois fut à l’origine de « Quand nous étions petits enfants » ( 1962).

Brandt est et reste l’auteur de l’un des grands apports à l’Exposition nationale de 1964, « La Suisse s’interroge ». Ces cinq films de la « Voie Suisse » et « Gulliver » avec l’impertinence de ses questions firent bonne et utile place à la réflexion critique.

Dans l’euphorie des « trente glorieuses », ces années de forte croissance économique et d’amélioration du niveau de vie surtout dans les pays industrialisés, qui vont de 1945 à 1975, des doutes apparaissent, surtout parmi la jeunesse. Sous nos latitudes francophones, on parle  beaucoup de « Mai 68 » en retenant surtout les élans et événements de Paris. Certaines hésitations se glissèrent dans les cinq courts films commandés à Henry Brandt la dernière de la mini-série de la « Voie suisse ».

Ce visage, une des dernières images de « La Suisse s’interroge »,posait une bonne question, qui insinuait vraiment le doute par sa tristesse presque déchirante : « C’est çà, la vie » ?….l’ennui des dimanches assis dans une voiture.

Dans une phrase du commentaire, Brandt soulignait l’importante de la « planification ». Energique sursaut du « contrôleur » qui suivait pour le Confédération les préparatifs de l’exposition de Lausanne. Pour lui, la planification était en quelque sorte une démarche dangereusement « rouge », peut-être même tout droit importée de Moscou. « Planifier » fut remplacé par « prévoir », qui se voulait anodin. Il vaut la peine de rappeler que certaines questions posées par Gulliver provoquèrent aussi de vives réactions : il n’était pas admissible qu’un « bon suisse » puisse se lever tardivement! « Les trente glorieuses », certes, mais gare à qui se permettait d’exprimer des doutes!

« La course au bonheur »
dans « La suisse s’interroge? »

Le succès de « La Suisse s’interroge » valut à Brandt une imposante commande portée par un des patrons de l’ « OMS » : dresser, à partir de 1964, un état de la situation dans le monde. Il fallait pourtant compléter le financement. Je fis alors un bout de chemin avec Brandt. Il me montrait régulièrement, après ses voyages, une partie des documents bruts récoltés. Il revint des Etats-Unis avec des images et des sons des premières révoltes de la jeunesse américaine contre la guerre de Vietnam et l société de consommation. Il disposait ainsi d’une « preuve » que le bel engouement du de la première moitié des ces « fameuses » « trente glorieuses » commence à prendre du plomb dans l’air. Il aurait pu tirer parti de ces informations en montant de courts sujets destinés à des chaînes de télévision aptes à les présenter immédiatement. C’est été aussi un moyen de compléter le financement. Henry Brandt s’en tient à sa commande : « Chronique de la planète bleue », puis une série de treize sujets sortiront après les événements de 1968. Il avait pourtant senti ce qui allait se passer en « mai 68 » sous nos latitudes.

Henry Brandt lié à sa caméra

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PS I : A lire aussi éventuellement :

https://www.decadrages.ch/la-suisse-s-interroge-henry-brandt-1964

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PS II: Aujourd’hui, « La chinoise » de Jean-Luc Godard, qui date de 1967, pourrait passer pour une sorte de  « reportage » sur les événements de mai 1968. Godard et d’autres, qui étaient à Cannes, imposaient la fermeture du festival de Cannes en empêchant le rideau de se lever sur un film de Carlos Saura. Un autre texte sur le même sujet permettra de revenir sur la manière de Francis Reusser, en Suisse, avait pressenti les profonds mouvements de 1968

Prémices de « Mai 68 »

Paris, « Mai 68 » : on y revient longuement, un peu partout, depuis quelques semaines. En France, les milieux du cinéma y prirent une part importante, dès les manifestations de janvier/février contre le renvoi d’Henri Langlois, créateur et directeur de la cinémathèque française, par le ministre André Malraux, jusqu’au « final » avec le rideau qui se ferme sur le festival de Cannes, le dimanche 19 mai à 12h00. Nous prîmes alors la décision de passer par l’Italie pour rentrer en Suisse, afin de ne pas tomber en panne de carburant!

« Mai 68 » n’est qu’un événement important, parmi d’autres, en particulier ceux qui, aux Etats-Unis, permirent de protester contre la Guerre américaine du Vietnam, qui débuta en 1963 pour se terminer en 1975. Bien des signes de cette révolte presque mondiale de la jeunesses apparaissent dès le début des années 60. Evoquons-en quelques-uns au gré de souvenirs et de désirs, même un peu en désordre…..

Mai 68 avant l’heure – Alex Mayenisch

 Le dimanche 29 avril 2018, la TSR proposait une sorte d’avant-première des événements  avec « Mai 68 avant l’heure » d’Alex Mayenfisch, une production de « Climage », entreprise sise à Lausanne. Inutile d’en faire une description détaillée et de l’analyser dans ses moindres détails. Ce rappel  veut être une sorte d’hommage à celles et ceux qui ont décidé de précéder le cinquantenaire d’un événement qui continue aujourd’hui encore de provoquer des affrontements entre ceux qui y pensent avec nostalgie ou d’autres, comme celui qui disait « La réforme, oui ! le chienlit, non ! », formule signée par une image de son auteur.

 

« La chienlit, c’est lui » (à propos du président Charles de Gaulle) » , affiche de Mai 1968

Voici des images tirées du document qui permettent à ceux qui ont vu le film de s’y référer et aux autres d’en pressentir le contenu.

L’affiche du film (Photo Climage)

 

Mai 68 n’a pas surgi ex nihilo, tous ses composants préexistaient. Une génération, celle qui avait vingt ans au milieu des années 60, ne se satisfaisait alors plus d’un état des choses désespérément immuable et brûla de voir se réaliser des attentes esquissées de longue date. La pression était montée graduellement et la chaudière finit par exploser. Y compris en Suisse.

 

Et il est intéressant de donner la parole au cinéaste qui s’explique sur sa démarche:

https://www.evenement.ch/mots-cles/mai-68

 

Mai 68 : c’est quoi ?

 Nième tentative pour mettre de l’ordre dans mes notes (dix mille signes, espaces compris), porteuses de souvenirs plus ou mois confus, après le visionnement d’une demi-douzaine au moins de documents audiovisuels et la lecture de nombreux textes parus dans des quotidiens, hebdos ou revues.

Dans notre mémoire collective romande, Mai 68, c’est francophone, centré sur Paris, avec les émeutes dans la première moitié d’un mois qui allait se terminer par un imposant cortège gaulliste et une victoire électorale de retour à l’ «ordre » de la droite après la parenthèse gauchisante des révoltes de la jeunesse. Et il y eut aussi les accords dits de « Grenelle », réel pas en avant social ! Mai 68, en Suisse, fut d’un assez grand calme tout de même rompu peu après, en particulier à Zürich !

Les « fauteurs » de troubles furent des jeunes, surtout des étudiants, puis vint le retour à l’ordre plutôt conduit par des parents des étudiants. Aujourd’hui encore reviennent dans certaines interventions des allusions parfois un peu méprisantes concernant des « soixante-huitards ». Il faut dépasser soixante-cinq « printemps » pour avoir des souvenirs personnels. En 1968, marié, trois enfants, j’étais déjà trop « vieux » pour être un actif « soixante-huitard » ! Nous étions au troisième rang dans une salle, à Cannes, le 16 mai 1968, quand le rideau s’est fermé afin d’empêcher la poursuite de la projection d’un film de Carlos Saura. Il est bon que le lecteur sache comment se situe le signataire d’un texte face au sujet qu’il aborde.

Sur le petit écran, ces derniers jours, ce furent d’abord des documents sur ce qui s’est passé en mai, surtout en France et à Paris. D’autres suivirent pour s’interroger sur les signes annonciateurs, dans les années cinquante/soixante. de ce « joli-mois-de-mai ». Pour le moment, les documents manquent encore qui permettraient de faire une analyse de ce qui s’en est suivi dans « l’après soixante-huit ».

Photo montage : Henri Langlois et ses bobines. Son expulsion de « sa » cinémathèque par André Malraux, ministre de la culture, fut un événement annonciateur de Mai 68, où les milieux du cinéma furent très actifs

Nous y irons par petites touches qui ne sont pas nécessairement liées les unes aux autres, un peu au hasard, en vagabond entre les visionnements, lectures, souvenirs….. On se souviendra d’une revendication, celle de garçons voulant entrer dans les chambres de filles, peut-être pour y rencontrer des femmes « libérées » ou sommées de l’être ! On évoquera l’affaire « Langlois » mis à la porte de « sa » cinémathèque par Malraux qui aura jeté les milieux de cinéma dans la rue pour protester avant de contester, dès janvier 68. On y parlera d’un des « coupables » de ce mai 68, Daniel Cohn-Bendit. Je me souviendrai des rushes qu’Henry Brandt avait ramené des USA juste avant 68. On rencontrera 68, avant, pendant et après dans certains films suisses, ceux de Francis Reusser par exemple. Dans une édition du journal « Le Monde » du 15 mars 1968, Pierre Viansson-Ponté décrivait, dans les premiers soubresauts de mai 68, ce qui se passait «  Quand le France s’ennuie ». La France, mais pas elle seulement, allait cesser de s’ennuyer….

((https://blogs.mediapart.fr/gwenael-glatre/blog/261211/quand-la-france-sennuie-pierre-viansson-ponte-le-monde-15-mars-1968 ))

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

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(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Abondantes séries

(Temps de lecture : environ trois minutes !)

Quelle chance pour les programmateurs que de si nombreuses séries soient souvent accessibles à des conditions financières avantageuses. Ce sont pourtant les séries américaines unitaires qui sont dans le viseur de ceux qui veulent que les chaînes allègent leurs contributions. Pour faire des économies substantielles, mieux vaudrait raboter dans les budgets du « 19h30 » !!! Et c’est ainsi que les responsables des achats de séries sont de précieux collaborateurs pour faire couler le robinet à images, dans un excellent rapport prix/temps de diffusion.

A qualité égale, pas forcément facile à déterminer, ma préférence personnelle va à la série récurrente présentée épisode par épisode, un par jour ou un par semaine. Ce « un-pas-un » n’est pas fréquent, tant l’habitude semble prise une fois pour toutes de retransformer deux épisodes d’une série de cinquante minute en un long-métrage de cinéma avec entracte. Combattre cette forme de programmation adoptée par la RTS est vain puisque il faut proposer toute émission inédite avant son passage sur une chaîne francophone concurrente : parts de marché obligent.

L’affiche de « J’ai 2 amours », une mini-série d’ARTE proposée le jeudi 22 mars 2018, sur laquelle retour sera proposé prochainement

Séries récurrentes

 Il est évident que la série récurrente est le plus grand apport à l’enrichissement de l’audiovisuel depuis quelques décennies. Les (bonnes) surprises y sont peut-être plus fréquentes qu’au cinéma qui (me) surprend de moins en moins. Leur accès est facile, du portable aux téléviseurs de salon de plus en plus grands et perfectionnés en passant par la tablette personnelle. Mais comment voir qu’une image est belle, bien composée, bien éclairée, bien construite sur son portable ?

A l’achat, ces séries nombreuses, souvent doublées en français, sont parfois peu coûteuses, dès cent francs la minute, même après doublage. Par contre, la production autonome est coûteuse, imposant plus ou moins de pouvoir vendre une série dans d’autres pays ou de procéder à des échanges pour en assurer la rentabilisation. Le récent « Quartier des banques » aura coûté à peu près cinq millions, le sixième venu de la co-production avec la RTBF, pour un temps de projection aux environs de trois cents minutes. Mais plus de quinze mille francs la minute reste un coût encore inférieur à celui de séries tournées dans de grands pays comme la France, la Grande-Bretagne et surtout les USA. Il n’en reste pas moins qu’une série même bien enracinée en Suisse romande devrait être exportable ou échangeable pour amortir son coût de production naturellement élevé. Une série romande n’est pas faite uniquement pour deux projections sur le petit écran romand : elle doit pouvoir être exportée, vendue à d’autres pays ou échangée.

L’offre d’un jeudi soir (22 mars 2018)

 Les offres en soirée, entre 20 et 23 heures, le 22 mars 2018, un jeudi soir à peu près comme les autres, observées sur RTS1, RTS 2, TF 1, France 2, France 3, M6, ARTE et TV5 Monde, huit des plus suivies en Suisse romande , sont intéressantes à observer. « TV8 » consacre à chacune d’elle une colonne d’informations dans sa présentation améliorée!

+ RTS1 – NCIS : deux numéros d’une série récurrente unitaire, de milieu de gamme. Les 7ème et 8ème épisodes de la quinzième saison sont incapables d’apporter une surprise même minuscule

+ RTS 2 -AMERICAIN CRIME : les deux premiers numéros de la saison 3, « balancés » après 23h30, sont proposés dans une case horaire en général peu fréquentée

Phooto RTS

+ TF1 – SECTION DE RECHERCHES : épisodes 7 et 8 d’une douzième saison d’unitaires. Ce n’est pas sur TF1 que l’on rencontre les séries les plus audacieuses !!!

+ France 2 – Pas de série ce soir-là, réservé à « Envoyé Spécial »

+ France 3 – HAPPY VALLEY: les deux derniers épisodes de la première saison d’une série de six numéros, intéressante, à classer entre le haut du milieu de gamme et la bas du haut ( environ 7 sur une échelle de dix).

Happy Valley : Sarah Lancashire (Ca therine Cawood) sur le terrain (Photo France 3/BBC)

+ M6 – Scorpion : deux épisodes unitaires de la saison 4 suivis de la reprise de deux épisodes en fin de soirée de la saison 3. Le principe d’une rafale de quatre avec reprise d’un duo de la saison précédente est peut-être intéressant.

+ ARTE – J’ai 2 amours. Texte sera mis en ligne prochainement.

+ TV5 monde – Pas de séries

Pour voir le tout, quinze heures au moins eussent été nécessaires. Il fallait donc faire un choix. J’aime bien les soirées d’ARTE du jeudi consacrées à des séries originales. Tentant était aussi « American Crime », mais entre 23.35 et 01h00, sur RTS2 : trop pour une même soirée. Il est possible de profiter du « play-TV », ce qui me reste à faire. Notons en passant qu’ARTE expose en premier rideau et en rafale ses séries récurrentes ambitieuses alors que la RTS les propose parfois tardivement en fin de soirée sur sa deuxième chaîne !

De « 26 minutes » à « Mauvaise langue »

( Temps de lecture : environ trois minutes)

Depuis quelques semaines, les deux Vincent, « Veillon et Kucholl » ont quitté l’antenne du premier rideau du samedi soir pour se livrer à d’autres activités hors de la télévision. Le succès assuré de  leur « 26 minutes » un peu assagi sera assurément regretté par les programmateurs qui ont pour mission de maintenir les moyennes annuelles le plus haut possible, aux environs, pour l’ensemble de la RTS, de trente pourcent en part de marché.

La présence d’une émission vouée à l’humour est chose presque indispensable pour une chaîne généraliste. Ainsi est apparue depuis le 23 février 2018 une nouvelle émission, qui en est déjà à son troisième numéro, « Mauvaise langue », le vendredi soir vers 23h00, animée par un jeune romand qui a fait assez belle carrière en France, Thomas Wiesel. Tenir vingt-six minutes chaque semaine exige un travail presque à plein temps, d’autant que tout n’est pas terminé quand les textes sont écrits. Il faut encore enregistrer l’émission. Et quand le public est invité, l’enregistrement prend une certaine lourdeur.

Thomas wiesell (photo RTS)

« Utile », le public ?

On peut d’ailleurs se demander si ce public apporte quelque chose à l’émission. Les applaudissements assez nourris du début et de la fin sont en quelque sorte une manière de remercier la télévision de son invitation. Pendant l’émission, il y a des rires. Le texte joue parfois sur de discrètes allusions, les mots jonglent avec beaucoup de subtilité : il n’est guère étonnant, dès lors, que les rires se fassent un peu discrets, presque timides. Ils n’ont pas grand’chose de communicatif. Il faudrait oser prendre le risque de laisser rire le spectateur, seul dans son salon, sans lui imposer celui du public invité.

S’intéresser à une émission, en fait à toute émission, conduit à deux angles d’approche. On peut s’en tenir aux structures de l’émission, donc à la manière choisie pour atteindre le public. On peut aussi s’arrêter au contenu de l’émission, le comprendre puis l’analyser et porter un jugement à son propos. Les deux démarches sont très différentes. L’une traite de la forme, l’autre du fond. La réflexion critique devrait s’intéresser surtout à la forme. Retenir le fond, c’est entrer dans le « j’aime-j’aime pas » !

Le décor de « Mauvaise langue » est assez simple : un bureau, quelques sièges, un grand mur à l’arrière, sur lequel apparaissent deux ou trois images fixes successives. En cours d’émission, il est aussi possible d’insérer des documents préparés à l’avance.

Le droit de se lâcher

 L’animateur principal de la nouvelle émission est parfaitement conscient du problème. Dans « TV8 du 17 au 23 février 2018 », Thomas Wiesel écrit : Je reçois des insultes très régulièrement, des menaces plus rarement. On me reproche avant tout d’être « clivant » mais je ne sais pas faire de l’humour autrement qu’en donnant mon avis ». Situation claire pour lui : le fond s’inscrit dans la forme, sans prendre de précautions. C’est le droit de l’artiste que de procéder ainsi. C’est au chroniqueur d’éviter le mélange des genres. Certes, cette revendication est tempérée par une autre remarque : « Comme nous sommes diffusés en fin de soirée, nous avons le droit de nous lâcher ».

Thomas Wiesel et Blaise Bersinger animent l’émission « Mauvaise langue » ( Photo RTS)

 Et ce droit, Wiesel et ses chroniqueurs en usent avec gourmandise. Ils y vont assez fort, et sur des faits, et sur des personnes. A se transformer parfois en polémistes. Mais nous sommes dans une émission d’humour, pas dans un document d’information.

Oser en faire trop

 On pourrait leur reprocher d’employer du « bourbine » pour la traditionnelle comparaison entre suisses alémaniques et romands, regretter l’apparition d’un vocabulaire inutilement vert, se demander si certains allusions au dessous de la ceinture sont vraiment nécessaires. On le peut, mais ces quelques excès d’un goût parfois un peu douteux font partie du genre qui accepte le « lâcher tout ».

Aujourd’hui encore, chaque semaine, dans « Charlie hebdo », je réagis contre au moins un élément en me disant qu’ « Ils vont trop loin ». Pas loin d’avoir la même réaction après les trois premiers numéros de cette émission prometteuse. C’est donc bon signe que d’être choqué par le sentiment que leurs auteurs osent en « faire trop », dépasser certaines lignes rouges qui sont du reste personnelles.

A prendre, donc, le vendredi soir, même avec des « pincettes »…

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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