Get Adobe Flash player

Importance du décor pour un débat d’idées

Les images d’animatrices de débat sont plus nombreuses que celles des décors! (Temps de lecture : environ trois minutes).

Dans tout débat, il y a au moins deux personnes, celui ou celle qui interroge et l’invité(e), en face-à-face. Dès que le nombre augmente se pose un problème de pure organisation : comment disposer les intervenants, que faire du public composé d’invités qui n’interviennent pas ?

Des comparaisons sont intéressantes à faire entre « C..dans l’air » (France 5- Caroline Roux), « 28 minutes » ( Arte-Elisabeth Quin) et « Infrarouge » (RTS 1-Esther Mamarbachi), émissions quotidiennes ou hebdomadaire placées sous responsabilités éditoriales féminines. Seule la RTS accueille un public comme au spectacle, lequel applaudit au début et à la fin sans jamais intervenir. Il n’apporte rien à l’émission elle-même, mais peut-être sa présence conduit-elle certains intervenants à « amuser-la-galerie ». La RTS accomplit un geste certainement apprécié de relations publiques à l’égard de quelques dizaines de téléspectateurs, chaque semaine, espérons-le ravis de découvrir l’envers d’une émission et son décor, de croiser en coulisses les intervenants et d’entendre le lendemain les remarques du genre « On-t’a-vu-à-la-télé » !

L’animateur peut donc être seul ou accompagné de collègues (comme dans « 28 minutes » ) pour recevoir plusieurs intervenants, au moins quatre. Ceux-ci sont ou bien des « experts » qui apportent leur vision du sujet abordé ou des «combattants » regroupés en deux camps qui vont s’affronter, en particulier s’il s’agit de répondre par un oui ou un non lors d’une prochaine consultation populaire. L’organisation dans l’espace du décor va donner un sens à la tonalité du débat.

France 5

Le décor récent, Caroline Roux de dos (Photo France 5)

 «C..dans l’air », maintenant souvent animé par Caroline Roux, utilise le demi-cercle de la table ronde dont la partie manquante est occupée par le téléspectateur invité à assister au débat. Une table ronde ne conduit pas à des affrontements. C’est le lieu d’une discussion qui permet de faire le point, d’additionner des informations, de les interpréter, d’écouter les positions des uns et des autres qui ne cherchent pas à avoir raison. Le téléspectateur conserve sa liberté d’appréciation.

Caroline Roux,le 1511.2016, titre de l’émission, « Hollande/Trump : çà chauffe! »( Photo France 5)

28 minutes

« Elisabeth Quin, principale animatrice, est accompagnée pendant tout l’émission de deux journalistes de la chaîne, préparés pour intervenir sur un aspect du sujet principal. D’autres interventions s’inscrivent dans l’émission. Trois invités, issus de la société civile, leur font face. Les blancs et les rouges dominent. La table transparente, formant un polygone avec des angles « doux », s’inscrit dans un cercle sans heurter l’œil. Le décor est ainsi amical, reposant, convivial. Il convient à une émission où les avis s’additionnent.

Elisabeth Quin devant le 8 de « 28 minutes » qui en dure environ 40 (Photo Arte)

Un autre participant se fait discret, le dessinateur dans le studio, que l’on ne voit pas dans les plans d’ensemble. A plusieurs reprises, l’animatrice en appel à son ou ses dessins qui résument la discussion et surtout la commentent avec un humour indéniable et en frappant souvent juste : utile rappel d’indispensable esprit critique. Il y a fort longtemps, « Infrarouge » faisait appel à Mix&Remix. Son absence a appauvri l’émission.

Infrarouge

L’ensemble du décor d’Infrarouge (PhotoRTS)

« Infrarouge », dès son ouverture, offre un savant désordre de cercles parfois brisés, plus ou moins tordus qui s’inscrivent les uns dans les autres. De sièges rouges accueillent le public.Un rouge presque « rageur » est ainsi mis en valeur par les blancs. L’animatrice siège seule devant une surface blanche qui ressemble plus ou moins à un triangle isocèle. Mais au lieu d’un sommet, l’œil est attiré par deux segments brisés formant ainsi deux pointes presque agressives installées devant une base solide. Un groupe de deux ou trois personnes se trouve à droite de l’animatrice, un autre d’égale importance lui fait face.

Un détail tourmenté et coloré du décor d’Infrarouge,  24 juin 2o16 ( Photo RTS)

Le décor d’ « Infrarouge » est donc construit pour mettre en scène l’affrontement entre groupes si possible agressifs, qui obéissent plus ou moins à un arbitre qui donne des ordres pas toujours suivis ou des directives pas forcément écoutées.

Mais « Infrarouge » organise tout de même un certain nombre d’émissions dans ce décor pour  face-à-face conflictuel dans un esprit plus serein d’écoute réciproque beaucoup plus enrichissant pour le téléspectateur. L’émission du 6 septembre 2017, intitulée « Corée du Nord : vers une guerre nucléaire », fut d’un niveau remarquable, équivalent à celui de «  C.. dans l’air ».

Esther Mamarbachi et Alexis Favre, le duo de 2017 pour l’animation d' »Infrarouge »
( Photo RTS)

Un peu plus de série suisses?

Bilan romand : trois tous les deux ans !

(Temps de lecture : environ trois minutes / Quatre images du tournage de « Quartier des banques », série RTS -Point Prod à l’antenne en novembre 2017)

Pour mémoire, citons les séries récurrentes de fiction de la RTS depuis 2010 ( année de projection) :

2010 : « 10 », « En direct de notre passé »

2011 :   « T’es pas la seule »

2012 : « Crom », « L’heure du secret I »

2013 :« Port d’attache »,

2014 : «  L’heure du secret II »,   « A livre ouvert »

2015 : « Station horizon »

2016 : « Anomalia »

2017 : « Quartier des banques »

En huit ans, onze séries ont été produites par la RTS, ce qui donne un rythme de trois séries tous les deux ans, mais une seule par année depuis 2015. Le budget d’une série d’origine entièrement romande peut dépasser les trois millions.

A noter que le Tour de Romandie des lieux d’action est à peu près complet : Vaud la Côte ( T’es pas la seule), Yverdon (Crom), Jura surtout neuchâtelois, deux fois (L’heure du secret), Lac de Genève (Port d’attache), Lausanne ( A livre ouvert), Valais (Station horizon), Fribourg ( Anomalia), Genève (Quartier des banques).

Faire des économies

 Serpent de mer au rendez-vous, décidément presque annuel, les économies : (« Le temps » – 23 août 2018 – dans un texte de Nicolas Dufour, intitulé « La RTS veut se rapprocher de son public » :

« Chargée de faire des économies, la RTS a notamment réduit son rythme de production de fictions. Cette année, une seule série sera lancée, mais sur laquelle la chaîne, avec des partenaires belges, mise beaucoup « Quartier des banques », drame familial en milieu financier ». (sortie probable le 9 novembre  2017)

 Booster la fiction

 En novembre dernier, au cours d’en entretien paru dans la « Tribune de Genéve » ( 26/27 novembre 2016), le futur patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand disait :

J’aimerais booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries. C’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens, des partenaires. Je suis prêt à collaborer avec les cablo-opérateurs et les entreprises de télécoms pour y arriver(..) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses.

 Entre le moment où la décision est prise de mettre en production une série, parfois après une longue période préparatoire, et l’apparition du résultat à l’écran, trois années au moins peuvent passer. Il n’y a pas de contradiction entre une seule série nouvelle sur l’écran de la RTS en 2017, toutes décisions à son propos prises par son directeur, et une déclaration d’intention pour le futur, qui ne peut pas être concrétisée avant 2018 ou même 2019. Il n’en est pas moins important de rappeler les intentions du patron de la SSR-SRG à moyen terme.

Viser l’international

 La production de séries, depuis assez longtemps déjà, prend une place de plus en plus grande dans le monde télévisuel de l’imaginaire. Mais une série peut aussi connaître une carrière économique intéressante, par des ventes ou des échanges avec d’autres chaînes.

 

Les USA, dans la fiction spécifiquement télévisuelle donc la série, dominent le monde, comme le fait le cinéma hollywoodien. Mais le petit écran et ses dérivés, avides d’heures de fiction, font bon accueil à d’autres fournisseurs. On connaît assurément mieux les séries venues d’Islande, d’Israël, de Belgique, tant francophone que flamande, d’Israël, de Norvège, de Suède et surtout du Danemark que le cinéma issu de ces pays.

Une série exportable finit par contribuer au financement d’une autre série. Les pays que nous venons de citer sont tous exportateurs. Les séries suisses, avec ses trois chaînes nationales basées sur trois langues, peinent à trouver des diffusions à l’étranger.

On peut donc, en prenant acte du « désir » de fiction exprimé par celui qui est désormais le patron de la SSR-SRG, souhaiter qu’une série suisse (romande) puisse conquérir non seulement le public régional en premier rideau le samedi soir, mais aussi des chaînes de diffusion dans beaucoup d’autres pays. Ce serait un moyen de « booster » la fiction produite par notre télévision.

Serpent venimeux inattendus….

 ((Temps de lecture : environ trois minutes. Les images sans légende qui illustrent ce texte proviennent du site de France 4))

J’ai une sorte d’allergie aux serpents, parfois avec une amorce presque physique de froid dans le dos en en voyant l’un ou l’autre en mouvement sur le grand écran d’une salle comme le petit d’un salon ( Suivre la télévision sur un téléphone portable n’est pas possible.. puisque je continue de vivre sans portable !).

Cela vient de très loin, de l’enfance, d’une rencontre sur une route avec un serpent dont j’imaginais qu’il était dangereux, courageusement écrasé, puisque ce devait être une vipère, avant d’apprendre que j’avais occis un pacifique orvet ! Quel lien entre cet « meurtre » gratuit et inutile et l’allergie à l’image de n’importe quel serpent ? Ce sentiment désagréable, à la vue de l’image de n’importe quel serpent, subsiste.

Au hasard du « pitonnage »

 Ce samedi 19 août 2017, il y avait « Les coups de cœur d’Alain Morisod » (RTS1), des « Voice kid » ( TF1), les exploits de « Fort Boyard » ( France 2), « NCIS » ( M6) ! J’ai failli, comme souvent le samedi, passer un début de soirée avec le sujet historique d’ARTE, toujours porteur d’un potentiel informatif qui permet de ne pas éprouver le sentiment d’avoir perdu son temps. Mais je n’ai pas résisté à la tentation de savoir si mon « froid-dans-le-dos » à la vue de serpents persistait. France 4 proposait une mini-série en rafale, quatre numéros de quarante minutes environ avec comme titre « Les dix serpents les plus dangereux » à découvrir au Costa-Rica, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Chine. Ce ne fut du reste pas un succès d’audience en France, à peine une part de marché de 1.3%, équivalent à 226.000 personnes ( source www.toutelatele.com qui affiche dans la matinée les audiences du jour précédent- pas en Suisse, en France !).

Territoire non desservi !

Oh miracle personnel : pas le moindre frisson dorsal ! Une émission magnifique, qui rend même presque supportable la rafale de quatre épisodes alignés les uns après les autres. Trois heures de suite avec, dans chaque pays, le dix plus dangereux serpents venimeux. A un détail près : vu seulement trois serpents de Chine, le dernier apparaissant fort tardivement à 23h40.

Je me proposais de voir la fin le lendemain, grâce aux reprises. Chose faite dimanche matin : « Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique. Qui est le responsable de cet accès impossible ? Le détenteur des droits qui veut pouvoir vendre son produit en Suisse ? La RTS qui, ayant acheté les droits, ne veut pas se faire brûler la politesse par le voisin? Mais à qui donc s’adresser pour connaître le réponse ? A la médiatrice de la RTSR, pour porter plainte contre ce qui revient à une interdiction d’accès à une émission proposée par une chaîne généraliste d’un service public étranger ? Reste à faire un autre contrôle : par le « replay qui permet de tout revoir sur son propre téléviseur. Contrôle pas encore fait lors de la mise enligne de ce texte

Nigel Marven, un vrai « conteur »

Il faut alors dire le pourquoi de ce qui fut cette surprise conduisant à un véritable plaisir. Voici un autre souvenir lointain, celui d’André Voisin, de l’ORTF, qui animait une émission, « Les conteurs », donnant la parole à des « anonymes » habités par leur don de raconter leur vie, leur quotidien, avec leurs mots, leurs accents, leurs rythmes. Nigel Marven, producteur de télévision et zoologiste, aurait très bien pu être l’un de ces conteurs parfaitement à l’aise pour employer le verbe qui presque sans interruption appuie sa présence.

Il y a donc le Verbe, précis dans l’information sur les caractéristiques de chaque serpent parfois découvert sous nos yeux à l’aide d’un crochet habilement manipulé. Il exprime, dans sa langue maternelle, l’anglais, son admiration lucide pour la beauté des animaux qu’il montre. La traduction en français respecte respecte la diction de la langue originale.

Des plages contemplatives

La construction de chaque épisode respecte le parti-pris initial, montrer dix serpents venimeux, remontant du dixième au premier, du moins au plus dangereux. Des arrêts permettent de résumer la situation et d’ouvrir des parenthèses contemplatives. Puisque certains reptiles se nourrissent d’oiseaux , voici certains d’entre-eux. La tête de ce serpent ressemble à celle d’une tortue, on en rencontre une vraie. Une vipère aux couleurs vives est accompagnée d’un dicton populaire : rouge sur jaune tue la faune.

Nigel Marven emporte l’adhésion parce qu’il parle bien de ce qu’il aime transmettant ainsi son plaisir. Un conteur parle de ces reptiles qui font parfois « froid-dans-le-dos », avec des images fascinantes autant que belles. Il se met en scène avec son enthousiasme qui ne nuit pas à l’information scientifique. Des moments rares offerts par le petit écran…..

De la concession au plaisir….

Le direct pour les sports sur petit écran est un impératif qui joue contre la volonté de respecter un horaire strict, parfois à la seconde près (lancement à 19 :30 :00 du « Téléjournal » RTS). Les « fans » de sports sont gâtés par la SSR-SRG donc la RTS, qui se proclament fières de consacrer autant de temps aux sports. Ces jours, à force de regarder du football européen féminin, de l’athlétisme mondial, j’en oublie de « nourrir » ce blog ! Regretter le trop-plein de sports n’interdit pourtant pas de prendre plaisir à suivre certains d’entre-eux.

L’inattendue équipe gagnante, la Holande : tout simplement le plaisir offert par du très beau football !(photo rtssporrts )

Les quatre pôles de la concession

Il est bon de se rappeler ce que l’on peut attendre du petit écran et de ses multiples autres supports de programmes, selon la concession qui est accordée à la SSR-SRG par la Confédération qui n’impose rien dans le domaine du sport:

La SSR contribue:

  1. à la libre formation de l’opinion en présentant une information complète, diversifiée et fidèle, en particulier sur les réalités politiques, économiques et sociales;
  2. b)  au développement de la culture, au renforcement des valeurs culturelles du pays et à la promotion de la création culturelle suisse, en tenant particuliè- rement compte de la production littéraire, musicale et cinématographique suisse, notamment en diffusant des émissions émanant de producteurs suisses indépendants et des émissions produites par elle;
  3. c)  à la formation du public, notamment grâce à la diffusion régulière d’émissions éducatives;
  4. d)  au divertissement.

Le divertissement le plus populaire est celui qui obtient les meilleures parts de marché. Certains sports s’inscrivent parmi les divertissements les plus appréciés.

L’équipe suisse, qui échoue avant les quarts de finale : le plaisir inattendu  d’un  football de qualité un peu irrégulière- (photo RTS SPORTS)

Une bonne place est accordée à l’information, de la brève du quotidien (les téléjournaux) aux soirées thématiques consacrées à un même sujet (les mardis d’ARTE, certains mercredis soirs de la RTS) en passant par les magazines de réflexion relativement courts (Mise au point) au plus développés(Temps présent). Les émissions éducatives sont plutôt rares.

Reste parfois un peu de temps d’antenne pour des émissions culturelles, y compris celles qui abordent l’information alors replacée dans son contexte. Les plus intéressantes jouent sur la sensibilité du propos, sur l’élégance de l’expression, la valeur ajoutée par la beauté. Les heures de grande écoute sont rarement réservées à l’enrichissement culturel.

Pour la culture, la radio, plus souple, sans publicité, moins soumise au grand nombre, fait mieux que la télévision. Mais comme j’ai choisi depuis presque toujours de donner la priorité à l’audiovisuel, je ne marque pratiquement pas de temps d’arrêt radiophonique, autrement qu’en étant assez fidèle au « Mezzo » du petit écran.

Prendre plaisir…

Le plaisir de (re)voirJeanne Moreau, forcément sublime en Célestine, et qui le restera, ne serait-ce que pour les bottines que Bunuel lui fit porter dans « Le journal d’une femme de chambre » ( photo ARTE)

Donner une priorité personnelle à la valeur culturelle et à l’information sans mépriser le divertissement conduit forcément, pour suivre les programmes tels qu’ils sont officiellement proposés par les chaînes, pour à se transformer quelque peu en « oiseau de nuit ». Bien sûr, la multiplication des accès à une émission, par les « play tv » et les « replay » sur internet donne la liberté de l’heure d’accès. Mais je me libère alors mal de l’étrange sentiment d’être seul à voir une émission qui n’est pas accessible à d’autres au même moment.

Une exigence dépasse le divertissement, l’information, l’enrichissement culturel: c’est le plaisir que l’on à éprouve à suivre un développement audiovisuel avec la richesse de son propos, les qualités de sa présentation. Ecrire dans un blog sur la télévision, c’est aussi le plaisir de partager son propre plaisir et parfois d’expliquer les raisons d’un rejet plus ou moins violent. Reste à souhaiter que le lecteur prenne plaisir à voir ces images et à lire  leurs légendes….

« Tour de France » : encore en 2023!

(Temps de lecture, entre deux et trois minutes )

 « Bonne nouvelle », selon un communiqué de la SSR-SRG, paru le vendredi 21 juillet 2017 : en 2023, la SSR-SRG et ses unités d’entreprises pourront encore et toujours diffuser un direct le « Tour de France » et un bon nombre d’autres grandes classiques du cyclisme en Europe.

Une petite phrase peut retenir l’attention : Les parties ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats. Autrement dit, ne posez pas une question pourtant intéressante : combien çà coute ? C’est France télévision qui assure l’image et le son direct qui lui est associé pendant la course. Et comment cela se passe-t-il entre l’entreprise qui produit les images et celles qui les reprennent dans le monde entier?

Warren Barguil, un français à pois pour faire plaisir  aux Français en 2017 (Source: RTS sports)

Le cyclisme, une longue tradition

Est-ce là chose importante? Avec qui « Unit Sport SSR » signe-t-elle ces contrats discrets, via l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER)? C’est un motif de satisfaction d’Adrian Ehrbar, responsable de « Marketing et Communication Business Unit Sport SSR »:

«Le cyclisme en Suisse jouit d’une longue tradition et occupe une place importante dans l’offre Sport de la SSR. C’est pourquoi je suis ravi que nous puissions continuer à faire vibrer notre public suisse en direct devant le Tour de France et toutes les grandes classiques.»

L’étape Pontarlier-Verbier en juillet 2009 : une présence suisse évidente! (Source : RTS sports)

Faut-il vraiment en passer par la SSR pour « vibrer » durant le Tour de France ? Les responsables des sports de la SSR-SRG font bien leur travail d’administrateurs de flux financiers discrets. Mais après ? Quelle est la contribution non-financière de notre télévision nationale à un événement comme le Tour de France? Il n’est pas évident d’offrir systématiquement le direct dont on comprend tout de même que cela se paie. Souvent l’apport se limite au commentaire, qui, lui, est fait « maison ». Il est clair qu’un tel commentaire  prend un poids différent puisque on se trouve dans un système où des Suisses parlent de Suisses ! Durant le Tour de France, peu d’occasions d’attirer l’attention sur des cyclistes suisses : Albasini et Kung sont apparus dans les dix premiers de deux des dernières étapes. Il serait surprenant de justifier les heures et les heures consacrées au « Tour » pour ces  rares apparitions!

Pas de Mont Ventoux en 2017, mais déjà Christopher Froome en jaune en 2013 ( source : France télévision)

Notons en passant que le Tour de France, c’est aussi la promotion de certaines marques. On sait que Tissot fabrique montres. Mais même en ayant vu beaucoup de maillots blancs portant les mots « SKY » ou rouges avec « AG2R », je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière eux. Ce n’est pas grave.

Un journaliste et un consultant

Ainsi donc l’apport romand à ce direct cycliste réside dans le seul commentaire. II est intéressant dès lors de s’en aller pitonner entre différents directs pour comparer le travail des commentateurs. Avec son consultant Daniel Atienza, la RTS tient un bon collaborateur externe, tout aussi intéressant que ceux que l’on entend sur France 3 puis France 2 chaque jour pendant trois semaines. Une différence tout de même : France Télévisions peut faire intervenir pendant et après la course plusieurs autres invités, ce qui a un mérite d’ouvrir d’autres « regards » sur la course et ses rebondissements.

Triomphe du tourisme

Le tour de France c’est aussi l’occasion de faire de la promotion touristique au sens large, des paysages, des montagnes, des lacs artificiels mais aussi des bourgades, des belles demeures, de splendides châteaux, de monastères. France Télévision peut déléguer d’autres commentateurs hors course qui permettent tout de même de caresser l’oreille avec des dictions plus variées que celles du duo suisse.

Deux vainqueurs du Tour de France dans les années cinquante, Ferdy Kübler et Ugo Koblet. Oui, mais s’y trouvèrent-ils ensemble une même année ? (Source : RTS sports)

L’apport de la RTS au direct proposé par la SSR-SRG est donc réduit au presque au seul commentaire, apport modeste intéressant. La RTS n’introduit guère, à l’intérieur du direct, comme le fait France Télévision, des documents préparés à l’avance, hormis les indispensables plages publicitaires. Pitonner d’une chaîne à l’autre offre donc un peu d’agréable variété pour accompagner les mêmes images.

Tour de France ? Pas sûr. Mais pour le souvenir de Ferdy Küblier, vainqueur dans les années cinquante.. Jolie, la « topo » suiveuse… (source RTS sports)

Les commentateurs romands remercient souvent les téléspectateurs romands d’être fidèles à la télévision romande. Comment mesure-t-on cette fidélité? Il faut les croire sur parole.

« O.J.Simpson :Made in America »

Temps de lecture : environ trois minutes !

O.J.Simpson est né en juillet 1947 dans un quartier pauvre de San Francisco. Il est devenu célèbre surtout par sa rapidité, comme joueur d’un club universitaire de Los Angeles, dans le football américain, qui tient un peu du rugby, avec son numéro 32. La gloire est confirmée par le cinéma, même s’il n’a pas laissé d’impérissables traces comme acteur, mais aussi par la publicité où il incarnait des marques comme Chevrolet ou Herz. C’était peut-être une des premières fois qu’un « acteur » devenait représentatif d’un produit comme le fait aujourd’hui par exemple Georges Clooney.

D’une première union, avec une jeune noire, Marguerite, il a trois enfants. Après un divorce, il épouse une blonde blanche, Nicole Brown. Ils auront deux enfants. Il mène grande vie, se montre possessif, jaloux et violent. En 1994, son ex-épouse est assassinée en même temps qu’un de ses amis. Le procès dure plusieurs mois en 1995 : il est acquitté par une instance pénale mais condamné au civil à des amendes qui se comptent en millions. En 2008, il est puni d’une peine ferme de 33 ans pour un enlèvement et vol à main armée. Cette condamnation sévère de 2008 peut être comprise comme une sorte de compensation de l’acquittement plutôt inattendu de 1994.

Le couple Nicole Brownm- OJ (Made in america- photo fx/arte)

OJ est-il coupable ou non du meurtre de sa femme qui pouvait passer pour une exécution, y compris celle d’un témoin ? Ce n’est pas la question que se pose le réalisateur. Et même si c’était le cas, force est d’ajouter qu’il n’y a pas de réponse claire, face à des indices contradictoires. L’intérêt de cet étrange « objet » audiovisuel réside ailleurs, installé qu’il se trouve entre le cinéma, qu’il faut encore voir sur un grand écran dans une salle obscure avec d’autres personnes durant un temps imposé et limité et la télévision, qui se consomme par doses volontaires de durées très variables, dans une certaine solitude sur plusieurs supports.

Une occasion manquée

 Le public américain s’est passionné pour le procès, les blancs jugeant OJ coupable et les noirs innocent, en grandes majorités. Une série de fiction « American crime story », lors de sa première saison montrée en 2016, entre autres à la RTS durant l’été, intitulée « The people vs. O.J.Simpson » semble bien, d’après quelques lectures fiables, avoir été d’un assez bon niveau. Je regrette de ne pas l’avoir vue. Les résumés des dix épisodes font apparaître les mêmes personnages et faits que ceux qui survolent « Made in américa ». L’occasion eut été belle de se livrer à une démarche comparative entre la fiction portée par des acteurs et la documentation reposant sur des documents et reportages appuyés par des entretiens récents.

La gloire du sportif ( Made in america – photo ARTE)

Tout vient du montage

 Le titre de la série récente, «J.Simpson : Made in america », donne une première indications sur le double contenu , la personnalité de JOSimpson, certes, mais aussi son enracinement dans une société précise, l’Amérique qui peut « fabriquer » un tel personnage. Les cinq numéros, par leur titre, fournissent, eux aussi, une indication précieuse sur le contenu :

+ Je ne suis pas un noir. Je suis OJ

+ Dans cette ville de violence policières

+ Une défense sans scrupule

+ Un gant tient le monde en haleine

4ème partie : la preuve par le gant : Made in America
(PHOTO ARTE / FX)

+ Un acquittement par étapes

On saisit ainsi assez bien la structure qui part de Simpson en gloire, s’installe dans une ville marquée par des violences policières racistes puis observe le fonctionnement de la justice conduisant à un acquittement contesté. On passe ainsi d’un individu à une société, laquelle finit par être en quelque sorte responsable par son comportement d’avoir réservé une place à un tel personnage.

Cinéma et télévision

 Le cinéphile a une exigence de base devant le cinéma : il se fonde, dans la mouvance qui l’aborde comme un art, sur la notion d’auteur, généralement celui ou parfois celle qui donne vie à des personnages par des acteurs ou organise des documents avec son regard personnel. Pour le cinéphile, le cinéma de divertissement qui s’appuie sur des acteurs et la virtuosité du spectacle n’est pas souvent pris en compte comme « cinéma d’auteur ».

Il n’existe pas encore, en télévision, l’équivalent du cinéphile. On pourrait le nommer « téléphile » qui rechercherait prioritairement l’auteur de l’émission. On s’en approche dans le domaine des séries, le responsable du spectacle ( le showrunner) de plus en plus fréquemment mis en évidence comme raconteur d’histoire et organisateur chargé de maintenir l’unité des épisodes entre eux.

Un film de cinéma se regarde dans les meilleures conditions dans une salle obscure, avec d’autres spectateurs, durant en moyenne deux heures, des exceptions étant possible sans  dépasser trois heures.

Parmi les offres de la télévision, la série occupe une place originale. Elle apparaît de de plus en plus fréquente, sans aucune obligation dans la durée, allant de quelques petites minutes à plus d’une heure par épisode, le nombre de ceux d’une saison et de ces dernières variable eux aussi. Mais une série se consomme en solitaire, devant un petit écran ou les supports qui s’y rattachent, comme le portable par exemple.

Huit heures de projection

OJ SIMPSON est une série de cinq épisodes, chacun d’environ 9o minutes. Les premiers textes parus à son propos mentionnent un nom Erza Edelman, comme le responsable unique de la série. Le 26 février 2017, « OJSimpson, Made in America » obtenait l’Oscar du meilleur documentaire, dans une compétition assurément vouée au cinéma. Cette série, mais on pourrait tout aussi bien écrire ce film de 7h57 minutes, commandée par une chaîne sportive est une production pour le cinéma qui trouve son chemin à la télévision beaucoup plus souple avec le temps de projection.

«  OJSimpson : Made in America » est une œuvre audiovisuelle d’auteur que l’on peut considérer aussi bien comme un très long film que comme une série télévisée récurrente, issue de la documentation qui repose sur un montage créatif.

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

D’un sport à l’autre le même jour

( A suivre :il sera aussi question d’un remarquable document présenté par ARTE, « Plus vite, plus haut, plus dopés » – le mardi 04.07.17 et peut-être encore de « Monsieur Poutine »)

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

 Forte offre sportive, le jeudi 6 juillet 2017, Et ce n’est même pas exceptionnel : il suffit d’utiliser la « zapette » ! Q’on en juge : dans la journée, Wimbledon et son herbe en train de disparaître (TSR 2 ) et le Tour de France ( RTS1) se partagent l’écran. On peut aussi en trouver sur des chaînes françaises par exemple. Et l’on se fait renvoyer sur internet pour en finir avec Federer quand apparaît « Athlétissima ».

Alors, trop de sports ? Ce n’est pas la question. Il y a assez de chaînes disponibles pour qui veut regarder autre chose. Mais il y a tout de même un problème exprimé dans un texte paru dans « Le Temps » ( 07..07.17 – page 13 ) : L’occasion pour la SSR de rappeler que son offre sportive reste, malgré tout, unique au monde. Les allusions répétées à  la SSR-SRG, championne du monde du « sport rassembleur », sont-elles indispensables ? A noter que certains de nos voisins français jouent aussi sur la vertu de « rassemblement » du sport. Plus il y a de monde, mieux cela apporte de regards sur les plages publicitaires. Il est probable qu’une minute du pub donne lieu à une facture plus élevée quand l’audience est forte que lorsqu’elle se glisse au milieu d’un film de long-métrage projeté à minuit quand les téléspectateurs se font rares. On ose avoir des doutes face à linsistance sur le « sport rassembleur » qui serait le ciment qui lie les Suisses entre eux dans leur amour de la patrie : c’est trop pour une agréable et plaisante offre de divertissement.

Le « Tour de France »

Le trio peloton, paysage, télévision ( Photo France 2)

 Il est clair aussi que l’on peut suivre une manifestation sportive sans lui consacrer son attention à cent pour cent, prêt à saisir l’image du parasol qui s’introduit au milieu du peloton. Le Tour de France ? La course elle-même perdrait beaucoup si les écarts de temps entre détachés, retardataires et peloton n’existaient pas. Les montées de col permettent de mieux observer l’effort que le passage du peloton compact. Par contre, la télévision, d’année en année, en profite pour mieux proposer un voyage touristique intéressant, avec des informations certes parfois brèves sur les paysages, les monuments, le pays aujourd’hui, l’Histoire même avec un « H ».

Chaque jour, deux heures de plus d’antenne…

Fabio Aru, premier vainqueur en montagne
( Photo Francce 2)

Importante nouveauté en 2017 : France 3 et France 2, l’une après l’autre, suivent désormais intégralement toutes les étapes , ce qui signifie au moins deux heures de présence à l’antenne en plus chaque jour. Pas forcément facile de meubler un si long voyage. Si la fin de course atteint le  30 % de part de marché, les débuts nouveaux seraient plus hésitants, dix ou à peine plus. Les premières heures sont souvent un peu mornes. Mais pratiquement chaque jour se produit une longue échappée qui prit plusieurs fois fin juste avant le sprint final! En principe, chaque cycliste porte promotion pour plusieurs marques. Les annonceurs sont peut-être les seuls qui bénéficient de cette longue exposition nouvelle presque privée pendant plus de deux heures. Une bonne affaire peut-être, surtout si les échappés représentent des équipes différentes chaque jour.

Le tennis

 Le grand attrait du tennis tient dans le jeu lui-même, très spectaculaire, qui permet de suivre la virtuosité avec laquelle les plus beaux coups sortent d’une raquette parfois « tranchante ». Chaque point joué prend un poids différent selon le joueur. Ce peut être le gain d’un set ou une relance, une fin de partie ou une prolongation. Bref, en plus d’un jeu souvent élégant, avec ses astuces, le « suspens » donne à certaines rencontres les qualités d’une histoire bien racontée.

Juste en passant : avec chaque service, tout joueur touche au moins deux balles avant de choisir celle qu’il va frapper. A-t-on souvent entendu le commentateur expliquer le sens de ce choix ?

Athlétisme

Joyeux relais féminin du 4×100 (Photo RTS/Sports)

 Les informations numériques – temps d’une course, longueur d’un jet, hauteur d’un saut – sont évidemment indispensables à toute épreuve. Comment saurait-on que le meilleur sur cent mètres est descendu au-dessous des dix secondes quand il ne s’agit que de quelques centièmes. Devinerait-on à quelle hauteur la barre est placée ? L’intérêt d’un « meeting » d’athlétisme réside dans la diversité des compétitions. On passe de l’une à l’autre, avec son attrait spectaculaire différent, assez souvent, pour éviter de s’ennuyer. Les techniciens sont de plus en plus habiles à proposer des ralentis, des reprises. Les journalistes peuvent interroger les athlètes qui viennent de terminer une épreuve, contents ou non de leurs performances.

Léa Sprunger, si près du record suisse, et si bien classée (Phoo RTS/Sports)

Voir Kariem Hussein gagner son 400 mètres haies, le relais féminin du 4×100 battre le record suisse, Léa Sprunger améliorer son record personnel et échouer à quatre petits centièmes du record national ne laisse pas indifférent, assurément. Mais je ne me sens pas pour autant plus proche d’un zougois ou d’une locarnaise…

Conversations avec Mr. Poutine

 Lundi 26 juin 2017, France 3 présentait les deux premiers épisodes d’une série de documentation/information tournée par un grand cinéaste, Oliver Stone en premier rideau, de 20h55 à 24h00, avec deux épisodes complétés par une première réflexion d’invités en fin de soirée.

Les épisodes 3 et 4 sont inscrits sont inscrits au programme des mercredi 28 à 23h30 et jeudi 29 juin à 23h40, comme s’ils n’étaient destinés qu’aux plus courageux des téléspectateurs insomniaques. Une fois de plus, une chaîne de télévision cherche à faire glisser ses « clients » vers internet accessible à toute heure.

Oliver Stone

 Oliver Stone est un grand réalisateur américain né en 1946, à la riche filmographie, une vingtaine de longs-métrages, comme « Wall street » ( 1987 et 2010), « Platoon », « Né un a juillet », « JFK ». Il a aussi emprunté la voie du cinéma de documentation pour « Comandante » (des entretiens avec Fidel Castro – 2002 ), « Looking for Fidel » (2004- même interlocuteur, diffusé sur le petit écran). L’ensemble de son œuvre aborde, dans une totale liberté, des sujets qui concernent son pays dans un esprit critique assez sévère.

Photo France 3

Comment un réalisateur américain parvient-il à obtenir du président d’un grand pays comme la Russie une douzaine d’entretiens de parfois plusieurs heures chacun, pour récolter plus de vingt heures d’images et de sons qui vont servir en bonne partie à élaborer une série de quatre épisodes d’une heure ?

Le réalisateur, qui maîtrise son montage, peut construire sa série en complétant les entretiens par différents documents américains ou russes qui s’en viennent corroborer des éléments des conversations. La structure centrale de ce que l’on pourrait appeler « témoignage audiovisuel » est fondée sur le verbe.

Le parti- pris

 L’attitude du réalisateur qui ne prétend pas être journaliste est simple : il pose des questions autour de quelques grands thèmes, écoute les réponses qui amènent d’autres remarques. Au montage, il respecte l’unité de lieu. Il glisse d’un sujet à l’autre sans ajouter de commentaire qui lui permettrait de mettre en doute la réponse. Il ne s’agit donc pas d’un débat.

Poutine parle russe, Stone anglais. Entre eux, un troisième homme, discret, le traducteur. Sur la bande sonore, on entend sans avoir besoin de chercher à les comprendre, les interventions de chacun. La version proposée par France 3 restitue en français, avec une subtile fluidité, une conversation qui se tient dans deux autres langues.

Une idée de la slpendeur de certains décors (Photo Franc 3)

Pour enregistrer ces conversations, il met en place un dispositif assez lourd : il dispose d’au moins deux caméras et micros. L’entretien s’effectue sous différents angles. A plusieurs reprises, on voit le trio principal entouré d’une équipe technique, dont la présence semble n’avoir aucune influence sur le trio formé du président, de son interlocuteur et du discret traducteur. Cet environnement technique ne gêne personne.

De la première à la deuxième partie, on sent une certaine évolution : plus le temps passe et plus les images se rapprochent des visages, les plans rapprochés remplaçant souvent ceux d’ensemble. Comme si on partageait une sorte de climat de confiance réciproque – de complicité même ? Le recours au montage de documents extérieurs ne nuit pas à la priorité attentive portée à la conversation.

Aux USA, reproche aurait été adressé au cinéaste questionneur d’une trop grande connivence frôlant l’obséquiosité avec son interlocuteur. Stone voulait donner à écouter ce que le Poutine dit de son pays et des relations avec les USA qui ne sont ni au beau fixe, ni à l’orage permanent. Il ne lui appartient pas de commenter les réponses qui lui sont données. Il se refuse à toute forme de polémique.

Un utile débat

 Sylvie Kaufmann ( journaliste au « Monde »), Bernard Quetta ( « France Inter), Renaud Girard ( « Le Figaro », partenaire de France 3 pour cette série pour cette mini-série), Hubert Védrine ( ancien ministre des affaires étrangères ) et Oliver Stone ont participé vers 23 heures à un fort intéressant premier débat complétant sur plusieurs points la conversation, choisissant des angles d’approches différentes. « Conversations avec Mr Poutine » est tout simplement un excellent document audiovisuel, présenté en priorité et peut-être uniquement sur de petits écrans.

Une telle minisérie contribue peut-être à mieux comprendre la place de la Russie nouvelle dans le monde d’aujourd’hui. Il pourrait être intéressant d’y revenir….

« Ecran total » et Maïtena Biraben

 Une vague déferle dans la presse écrite romande ces jours, avec le portrait d’une « vedette » du petit écran, qui a commencé sa carrière sur la TSR pour la poursuivre en France et faire beaucoup parler d’elle actuellement à cause de son conflit avec un employeur qui a mis brusquement à son contrat.

Le « Guide TV » ( 17 au 23 juin) ne classe pas cette nouvelle émission dans ses « Immanquables », priorité donnée ce mardi 20 juin à un publicité. Idem dans « Téltop » : normal, puisque c’est presque la même chose !

« Tv 8 » ( 17 au 23 juin 2017) y va d’une double (page 8 et 9) pour un « Retour aux sources  de Maïtena Biraben à la radio puis la télévision de ses débuts, complété par un entretien avec Philippa de Roten, cheffe du département société-culture de la RTS.

« La tribune de Genève » y va d’une pleine page d’entretien avec la « guerrière du paf » dans son édition des 17 et 18 juin 2017. Le Matin-Dimanche double la dose : deux pages entières la 18 juin, avec rappel de six émissions « devenus cultes ».

Maïtema Biraben (Photo RTS)

Ces textes mettent en valeur la présentatrice qui va conduire des entretiens avec un invité par semaine pendant plus de deux mois dans un studio au concept « révolutionnaire » apte à mettre en valeur des documents anciens sous diverses formes.

On peut retrouver des anciennes émissions de la présentatrice ( « Oh les filles » ou « Cà colle et c’est piquant » ) dans les archives de la RTS sur son site. Je relirais volontiers ce que j’écrivais de ces émissions, si j’avais de l’ordre dans mes propres archives, ce qui n’est pas le cas.

Beaucoup parler du retour de la présentatrice est un effet un angle d’approche intéressant. Mais il y a plus : la RTS, comme d’ailleurs pratiquement toutes les autres chaînes, vivent sur les acquis, ravitaillent de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois des émissions qui composent une grille répétitive. Les nouveautés sont rares : elles méritent donc d’être saluées à cause même de leur rareté. Une émission nouvelle, c’est l’espoir d’une bonne surprise !

Il faut faire part aussi d’une décision étonnante. La RTS propose donc enfin une émission nouvelle. Elle est fière de l’annoncer à son public, aussi sur ses propres canaux. Oui, mais : aux environs de 22h30, la moitié de ceux qui regardaient le petit écran entre 19h00 et 21h00 a disparu, à en croire un tableau d’audience moyenne qui date certes de 2011 mais qui n’est plus disponible pour les années suivantes. Et à 23h30, il ne reste que le quart à peine des fortes présences du premier rideau. Certes, les visions de rattrappage se font de plus en plus nombreuses.

Mais tout de même : quand on tient une nouvelle émission dont il semble juste de signaler l’originalité, on devrait la présenter à une heure de grande audience. Mais « Camping paradis » assure un bon audimate à 20h55 ! Et pour en rajouter, TSR 2, à la même heure, propose une autre forme d’émission originale, la version sous-titrée d’une série créée par la télévision de suisse alémanique, la troisième saison du « Croque-mort » ! Mais cette série n’est pas rassembleuse »….

Ce n’est hélas pas la première fois que les programmateurs sont timorés alors que des réalisateurs, des producteurs, des concepteurs de programmes prennent le risque de la nouveauté dont ils devraient oser être fiers.

J’aimerais beaucoup pouvoir aimer cette nouvelle émission, pour sa réussite espérée, pas seulement pour sa rareté….. On y reviendra!

« The night of »: mieux sans coupe pub!

Dimanche 4 juin 2017 : pris plaisir à revoir, même sur TF1, quelques moments d’un film d’animation délirant et très en couleurs, « Rio2 » de Carlos Saldanha. Au milieu de n’importe quelle séquence, coupe pub ; longue : normal pour une chaîne qui vit uniquement de recettes publicitaires. Mais difficile à supporter…

La victime, qui n’est pas au centre de la série…(photos HBO/RTS)

Vendredi 26 mai 2017 : RTS 1 proposait donc « The night of », série inédite, qui débute peu après 23h00. Vers 23h30, coupe publicitaire, assez longue, bien entendu placée n’importe où, dans une série tendue, fondée sur le comportement des personnages, non sur de multiples actions bondissantes. Est-elle acceptable, cette coupe, pour une chaîne qui certes trouve le 30 % environ de son financement à travers la pub et le sponsoring ? Encore une touche de pub, très brève, entre les deux numéros de la série. A 23 :30, le public se fait rare ; et plus encore peu après minuit. Insupportable coupe dans une fiction, qui plus est de plus de haute qualité ! Mais le principe serait le même pour une émission courante… Facture-on la seconde de pub proportionnellement à l’audience ?

Faut-il vraiment gâcher le plaisir d’une minorité de téléspectateurs par une interruption publicitaire mal placée? Il est regrettable qu’une émission, même en projection nocturne,  soit interrompue par une plage publicitaire. Mais à qui s’adresser pour que cesse ce qui est simplement de l’incorrection à l’égard du téléspectateur?

Bonne impression confirmée

L’inspecteur Dennis Box ( Bill Camp)

Vu les épisodes 3 et 4 de la série, non pas vendredi 2 juin, mais sur site de la RTS, en « replay », sans risquer d’interruption. Bonne impression initiale confirmée : le style de la mise en scène ne change pas, ni celui de l’écriture. Bien entendu, il ne s’agit pas de mettre l’accent sur la recherche du coupable, puisque celui-ci est en principe tout trouvé, comme le spectateur le sait. Plutôt que de résoudre une énigme, il s’agit d’observer comment fonctionne la société, avec coupable ou faux coupable dans son entourage familial, quel est le comportement de la police et de la justice, d’entrer dans une prison. Il y a aussi un avocat qui rode avec son exzéma !

Conseils ont été donnés à Nasir de dire la vérité, toute la vérité devant le tribunal. Et il dit exactement ce qui s’est passé. A la grande surprise de ses conseillers. Il raconte donc ce que le spectateur a vu durant le premier épisode. C’est aussi un exemple de la haute qualité de l’écriture et de la mise en scène, à travers le jeu des acteurs, malgré un doublage pourtant bien fait qui ne « sonne » pas toujours très juste, ne serait-ce que par son principe même.

 *=*=*=*=*=*=*=*=*

 PS qui n’a rien à voir : il y avait grand vent, mardi 6 juin 2017 dans l’après-midi, sur Roland-Garros. Et de la pluie. Baczinszky-Mladenovic longuement remplacées par la reprise de Wawrinka-Monfils…. Il n’y a presque que le sport qui ose bousculer les horaires…Normal puisqu’il est « rassembleur »……

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Tags
Catégories
Archives