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Temps d’antenne doublé pour « TTC »

 « TTC » lundi 22 mai 2017 et sur internet : voici quelques-unes des formules parlées ou écrites d’avant, pendant ou après l’émission: « Le duel Brabeck- Ziégler », « Emission spéciale », « L’internationale face à la multinationale », « Le grand patron de Nestlé face à l’homme de gauche qui voulait la Révolution », « Portraits croisés », « Un face-à-face inédit et en direct », 83 ans pour l’un et 72 pour l’autre, une émission de 57 minutes alors que « TTC » s’en tient habituellement à 27. Un événement ? L’eau mise à la bouche par l’allongement du temps d’antenne, une fois bue, était-elle rafraichissante ?

De gauche à droite : Peter Brabeck, Patrick Fischer, Jean Ziègler (Photos RTS)

Déroger à la rigidité d’un horaire qui accorde d’une semaine à l’autre assez exactement le même temps d’antenne lors d’une émission qui fait apparaître régulièrement les petites fourmis jaunes qui vont dans tous les sens, c’est de l’iconoclastie. Voici donc une bonne raison d’y aller voir et même revoir sur internet : la TSR change ses habitudes, ne respecte pas ses sacro-saints horaires, comme si une émission d’information retrouvait le temps de la liberté comme n’importe quelle banale rencontre du sport roi rassembleur.

Un dialogue, pas un duel

Le duo en marche et en coulisses

L’idée de l’affrontement était donc assumée. Un duel, historiquement, pouvait aller jusqu’à la mort ! Mais il n’y eut pas de vainqueur, ni même de blessé. Point n’était-on dans le sillage Marine (Le Pen) – (Emmanuel) Macron, battue par elle-même. Pierre Brabeck n’aura pas souvent fréquenté les plateaux de télévision lors que Jean Ziègler compte parmi ceux qui peuvent se vanter d’un bon score annuel depuis bien des années d’années. Qu’importe : l’un n’était là pour démolir l’autre, ni l’animateur pour arbitrer un match de boxe avec vainqueur par KO ou aux points. Ce fut très bien ainsi sans tomber dans la suavité de l’indifférence. Un dialogue, avec parfois des éléments d’une surdité probablement volontaire, aura remplacé le duel annoncé pour « titiller » le client en l’incitant à améliorer la part de marché habituelle de TTC. Il serait intéressant de savoir si ce TTC allongé a atteint une part de marché au-dessus de sa propre moyenne annuelle.

Le duo en noir-blanc

Pas 27 minutes, mais 57 : donc un événement, au point de faire regretter que cette sortie de routine ne soit pas plus fréquente. On risquait donc la bonne surprise, comme on devrait les aimer. On y aura entendu plein de choses fort intéressantes, entre autres que l’un et l’autre aura été attiré par l’Amérique du Sud, que les bonus du premier ne furent pas en espèces sonnantes et trébuchantes mais en actions qui reflètent la valeur de l’entreprise, que le dettes du second restent imposantes, qu’ils sont tout deux locataires, le second dans la maison de sa femme, etc

Documents préparés

 

 Une demi-douzaine de documents préparés à l’avance furent introduits dans l’émission, au détriment du direct, puisqu’ils occupèrent à peu près le quarante pourcent du temps d’antenne, ce qui est beaucoup pour une émission en direct. Pourquoi cela ? Pour apporter une valeur « spectaculaire » à l’émission ou un moyen de faire preuve de prudence, l’insertion du document permettant éventuellement d’éviter un dérapage durant le dialogue redevenu duel ?

Une improvisation sur « Macron » ?

On est en droit de supposer que la première question était improvisée, d’autant que la préparation de l’émission aura pris du temps pour obtenir l’accord de l’ancien patron de Nestlé : que pensez-vous d’Emmanuel Macron ? Que Jean Ziégler n’en pense que pis que pendre ne surprit point : un laquais de l’oligarchie ; le peuple français mené par le bout du nez, roulé dans la farine ; six millions de chômeurs, vingt millions de pauvres, c’est la faute à Macron, responsable de ces catastrophes ; tout cela était aussi dû à la presse qui a réussi à le faire passer pour celui de la rupture du système. Une telle intervention eut été excellent tremplin pour « Infrarouge ». Ce dérapage initial est resté sans conséquence. Pendant ce temps, un sourire de Peter Brabeck, amusé et calme.

«  TTC », durée allongée, donc hors de son schéma habituel, aura proposé un duel devenu dialogue d’un réel intérêt. Précieuse sortie de rout..ine.

Présidentielles françaises

Jeudi 11 mai 2017 :  « Temps présent »  a proposé un reportage sur la présidentielle de nos voisins!!! ( Rediffusion le lundi 15 mai sur RTS 2 à 15h109.

Mais avant, il y eut entre autres…..

EMMANUEL MACRON POUR LA RTS A L HOTEL BEST WESTERN CHARLEMAGNE LYON LE 4 FEVRIER 2017

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On a pu suivre en Suisse romande ces derniers mois les élections au conseil d’Etat du canton de Valais puis à celui de Vaud. Chez les premiers, un élément a sinon passionné du moins intéressé, le sort de Freysinger, chez les seconds, on se demande ce qu’il arrivera à Mme Chevalley alliée de l’UDC – ou le contraire.

A onze puis deux

Roupie de sansonnet à côté de l’élection à quatre étapes de France, primaire à gauche (droite interdite ou mal venue), primaire à droite (gauche malvenue ou interdite – enfin, du temps où les français pouvaient encore y voir clair entre gauche et droite, au point d’oublier ce centre qui finit presque partout par être indispensable pour qu’un gouvernement existe), premier tour à onze quatre « grands », un moyen et six petits, dont un petit un petit moins petit que les autres ( retrouvé ensuite chez Marine), puis grande finale à deux ( dans l’ancien vocabulaire, centre droit ou centre gauche plutôt au centre mais légèrement à gauche contre droite extrême – pas trop de mal à ce classement dans le clan familial, deuxième génération en attendant le troisième – on en reparlera en 2022 ) : le spectacle fut aux rendez-vous. Fut-il grand ? Là n’est pas la question.

 15’140 mille français ont suivi le débat, 60 % de part de marché, 32,2 sur TF1 et 27,8 % sur France 2. Donc il y avait ce soir-là 25 millions pour regarder la télévision. C’est en effet du score … tout de même en retrait sur une finale de coupe du monde football quand joue la France ( j’affirme sans avoir vérifié !). Pas de pub sur France 2. ( pas de pitonnage ce soir-là). Que veut dire ce quinze millions ?

En 2012, ils étaient 17,8 millions pour Sarkozy-Hollande ( du temps de la droite dure contre la gauche modérée). Donc, en 2017, moins qu’en 2012. Un signe tout de même.

Quinze millions à 21h00, et encore quinze millions à 23h30 ? Bien entendu, impossible d’entrer dans de pareilles nuances quand on vit dans l’ère de Tweet de 140 signes, espaces compris. Oui, mais, comment compte-t-on un téléspectateur qui aurait suivi les 75 premières minutes seulement ? Comme un demi-français, sauf erreur. Donc ce quinze millions, ce seraient plutôt 37,5 millions d’heures de visionnement ( quinze millions durant 2,5 heures). Donc en fait, ceux qui ont vu au moins un bout de la rencontre verbale entre une dame agressive et un monsieur qui a su rester calme, dépassent largement les quinze millions. Et l’évolution en cours de soirée est une information qu’il serait intéressante de connaître, pour avoir une idée un peu plus subtile sur l’attention apportée au débat.

En résumé 

A la question d’un proche me demandant comment s’était passée ma soirée intégrale, j’ai répondu ceci : ceux qui avaient décidé de voter Le Pen comme ceux qui ont décidé Macron doivent être rester à peu près les mêmes. Il se pourrait pourtant que les indécis soient plus nombreux à s’être décidés pour Macron que pour Marine. On dit un peu partout « Macron » au masculin, nom de famille, et « Marine » au féminin, prénom qui contribue à effacer « FN » et « Le Pen » Macron lui-même s’est presque toujours adressé à »Madame le Pen » pour insister sur la dynastie – c’est habile !

Que firent les romands ?

 En France, un clic sur internet et l’on sait le lendemain les résultats d’audience pour toutes les chaînes mesurées – du moins ce résultat fictif donné en nombre de français qui est plus simple à exprimer qu’en heures de consommation de télévision.

Il serait intéressant de savoir ce que firent les romands au soir du mercredi 3 mai 2017, pendant le grand débat de nos voisins. Pour cela, il faut le demander au service de presse. Ce que je vais faire. Et je reviendrai donner la réponse obtenue à cette question.

Oui, mais ce serait intéressant de comparer la curiosité des romands pour la présidentielle française avec leur intérêt pour les cantonales récentes du Valais et de Vaud. Là aussi, je poserai la question et y reviendrai si réponse se trouve.

Les romands ont-ils été plus nombreux que d’habitude à suivre d’autres chaînes que RTS 1 et RTS 2 auxquelles ils sont tout de même plutôt fidèles ?

Catch verbal

 Ceci dit, point il m’y eut de débat. Marine a choisi l’attaque, Macron s’est retenu. Les journalistes chargés de diriger le débat sont restés silencieux. Ils ne sont même pas parvenus à faire entrer dans le « combat » tous les sujets proposés. Passer de l’un à l’autre aura même été parfois brutal. D’ailleurs, le temps de parole s’est arrêté à 65 minutes pour l’une et comme pour l’autre. Ce qui fit cent trente minutes en tout pour une émission de plus de cent cinquante minutes. Où sont les vingt minutes pas comptées ? Occupées par le brouhaha provoqué par Marine plus que par les journalistes dépassés par la règle du jeu qui leur interdisait la relance ou le commentaire.

Comment résumer une impression personnelle, alors que j’apprends plus choses à suivre « C..à vous » ou  »C..à dire » ( Franc 5) ou encore « 26 minutes » (Arte) qu’ « Infrarouge » ? Le Marine/Macron s’est inscrit sans le moindre doute pendant plus de deux heures comme pire d’ « Infrarouge ». Punkt-schluss comme presque l’une….

 Incompréhension

 Pourquoi tant de monde ? Pourquoi ces magnifiques audiences à la télévision, alors que les commentateurs sont presque unanimes pour affirmer que de telles émissions n’ont qu’une influence restreinte sur le vote lui-même ? Sauf que, cette fois, il est fort possible que le 60/40 généralement attendu se soit assez brutalement transformé en un 66/34 inattendu. Pourquoi avoir passé tant d’heures à suivre cette campagne française, à les trouver souvent ennuyeuses, pris en fragrant délit de récidive, certes avec de la lecture à portée de main ? Je ne vois pas très bien comment m’expliquer cette sorte de « fascination », qui ne tenait assurément pas de la qualité bien fragile du « spectacle ». Une amorce d’explication. Seul ou presque contre tous les candidats, Macron a défendu l’idée européenne. Il y avait même quelques rares drapeaux étoilés dans les meetings d’ « En Marche ». Et pendant la marche solitaire, l’hymne européen avait un pouvoir d’émotion évident. Quoique en disent ses multiples adversaires, l’Europe existe, importante.

La cour Napoléon du Louvre de France attribué à cinq architectes français (par Wikipédia) et la pyramide de l’architecte américain Pei d’origine chinoise,né en 1917…

 

Mais aussi étrange, cette longue marche solitaire dans le Louvre, pour prendre fin devant la pyramide de Pei, cette trace moderne du « règne » de François Mitterand qui fit aussi marche solitaire en 1980….

Passons à autre chose et laissons nos voisins organiser l’étape suivante des législatives à deux tours….

 

« Je ne suis pas votre nègre » : sur petit écran avant le grand

( Voir ci-dessous diverses remarques formulées le dimanche 30 avril 2017 )

Les émissions régulières sont organisées dans des cadres parfois très rigides. Il arrive pourtant que certains secteurs responsables de la programmation brisent ces cadres ou à tout le moins tendent à les bousculer. Un exemple : « 26 minutes » est en passe d’être adapté par la télévision de suisse alémanique, avec succès, en jouant entre autres sur le sous-titrage. Une expérience à observer.

D’habitude, une production pour le cinéma, même largement co-produite par la télévision, arrive d’abord sur grand écran pendant quelques semaines ou quelques moins avant d’apparaître sur le petit. Un spectateur qui paie sa place à l’entrée d’une salle contribue à financer tout la chaîne de l’industrie cinématographique (production, réalisation, distribution, projections). Cette priorité repose une approche financière légitime.

Raoul Peck, né  en 1963 à Port-au-prince, réalisateur, scénariste, journaliste, producteur de cinéma est un ardent défenseur des droits de l’homme (Photo Arte)

Avec « Je ne suis pas votre nègre » de Raoul Peck, apparition du film sur certains petits écrans, qui sera suivie d’une sortie en salles.

Projections récentes

 Lundi 21 avril 2017, RTS 2, 20 :35, heure d’excellente écoute.

Mardi 22 avril 2017, ARTE, 20 :50, heure d’excellente écoute.

C’est un document engagé, de colère parfois, du tristesse souvent, un cri aussi contre le racisme qui subsiste un peu partout, aux Etats-Unis, mais pas seulement, articulé autour de trois meurtres, ceux de Martin Luther King, Malcolm X et Medgar Evers, avec des textes et seulement eux de James Baldwin, dits par Joey Starr. C’est un très grand document; un document exceptionnel.

James Baldwyn, voix de Joey Starr ( Photo Arte)

Sur internet pendant sept jours

Jusqu’au lundi 1 mai 2017, on peut revoir le film sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/play/tv/doc-du-lundi/video/i-am-not-your-negro-je-ne-suis-pas-votre-negre?id=8566983

Jusqu’au mardi 2 mai 2017, on peut revoir le film sur le site d’ARTE

http://www.tv-replay.fr/redirection/25-04-17/je-ne-suis-pas-votre-negre-arte-12354584.html

Les sous-titres en Suisse romande apparaissent en blanc. Ils sont en partie jaune sur ARTE, qui doit présenter le film en français pour les uns, en allemand pour les autres.

Sorties en salles

 En France, le film qui vient d’être diffusé sur ARTE sort dans les salles à partir du 10 mai prochain. Actuellement, on peut le voir à Genève ( Cinélux, Grütli) et à Lausanne (Zinéma). Peut-être ailleurs.

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(Dimanche 30 avril 2017 à 17h15)

Co-production avec la Suisse

Les génériques ne retiennent pas souvent l’attention des téléspectateurs. Il est tout à fait normal de signaler une présence suisse comme co-producteur d’un film qui est en plus en cours d’acquérir une belle reputation internationale, malgré sa haute exigence morale et formelle.

“Je ne suis pas un nègre”, produit par Velvet-Film, met en évidence une co-production entre ARTE France, la RTBF et la RTS, par son unité des films documentaires, Irène Challand et Gaspard Lamunière.La SSR-SRG, Sven Wäelti, est aussi associée à Close Up, société genevoise de Joëlle Bertossa. Il est normal de saluer ceux qui, en Suisse (comme ailleurs), prennent le risque de co-produire un document de haute valeur.

La présence de “Je ne suis pas un nègre” dans la case des “Docs du Lundi” est une première indication positive. La régularité d’une émission contribue à sa promotion. Sur cinq spectateurs qui suivent la RTS, un regarde RTS 2: l’audience n’est pas confidentielle vers 21h00!

Un étranger dans un village

Le lundi 24 avril 2017, la projection du film de Raoul Peck fut suivie d’un document de Pierre Koralnik, “Un étranger dans un village” ( 30 minutes environ) qui date de 1962. James Baldwyn s’est rendu dans un village valaisan au début des années soixante. Le document offre en alternance le visage de Baldwyn et quelques-unes de ses déambulations hivernales au cours desquelles il croise des habitants et s’attarde avec des enfants, sans qu’on saisisse leurs éventuelles conversations. En un français ciselé, en voix-off, Baldwyn s’interroge sur sa situation dans ce village, premier noir à s’y être longuement arrêté. On sent chez lui un malaise que l’on pourrait qualifier de respectueux pour prendre acte des différentes entre suisses et noir esseulé dans une communauté. Dans la deuxième partie, il se livre à des considérations sur la situation au Etats-Unis, beaucoup plus tendue que celle qu’il connaissait dans le village valaisan. Ce document tire des archives de la RTS peut très bien servir d’introduction à “Je ne suis pas un nègre”, qui prend en compte trois meurtres, ceux de Medgar Evers (1963), Malcolm x ( 1965) et Martin Luther King (1968).

Sam BALWYN dans « Un étranger dans un village » de Pierre Koralnik  (Photo RTS – 1962)

Soirée thématique escamotée

Les informations dont je disposais le lundi 24 avril, en partie reprises sur le site de la RTSR dès l’ouverture de la page d’accueil, et qui s’y trouve encore, furent suffisantes pour attirer l’attention sur le film de Raoul Peck. Mais rien n’attirait vers le film de Koralnik avec sa force constituant une forte et troublante soirée thématique

Une chaine de télévision généraliste comme la RTS ne peut pas(ou plus?) faire savoir qu’elle dispose d’un programme souvent intéressant. Et quand ce programme s’inscrit dans une ligne où la dimension culturelle est prépondérante, ce qui sous-entend souvent une audience en-dessous de la moyenne, les moyens manquent pour le faire savoir. Certes, les reprises sur internet durant sept jours permettent de se livrer à certains rattrapages.

Je ne suis pas un nègre (photo RTS)

“Coopération” et Arte

Dans l’hebdomadaire “*Coopération” du 25 avril, une page est consacrée à la télévision “en collaboration avec Swisscom TV”. On y attire l’attention illustrée sur une “percutante leçon d’histoire”, le film de Peck. Mais il n’y a qu’une mention, celle consacrée à son passage sur ARTE. Rien sur le lundi de la RTS : oubli étonnant. A qui la faute ? Bien sûr, à la rédaction du journal et à Swisscom TV.

Mais peut-être aussi un peu à la RTS dont le service de presse devrait pourtant pouvoir attirer l’attention sur des soirées qui sortent de l’ordinaire, comme certaines du lundi sur RTS2.

ARTE édite chaque semaine un magazine d’une trentaine de page qu’on trouve aussi sur internet. Dans son numéro 17, qui couvre la période du 22 au 28 avril 2017, en plus de l’image en couverture, on trouve des informations sur Raoul Peck ( pages 3 à 5 ) et une présentation du film ( pages 18 et 19).

Est-il vraiment indispensable de programmer le plus systématiquement possible films et documents sur la RTS avant leur passage sur un concurrent français? Parfois, les audiences modestes d’ARTE provoquent des sourires condescendants de responsables de la RTS. On en arrive à des centaines de milliers d’exemplaires de “Coopération” qui font le promotion d’un film qui a passé sur ARTE après la RTS ? Il y a quelque chose qui quelque part de joue pas dans la promotion des programmes romands…..

 

« Critouites » pour séries récurrentes

Rappel : une critouite est un court texte servant de substitut à une critique sous forme de tweet, écrit « touite » en français, qui peut être traduit par « gazouillis »! Système de communication moderne, il est actuellement mis en valeur par le président d’un pays de 319 millions d’habitants (en 2014). Gazouillons en 140 signes espaces compris pour survoler différentes séries illustrées.

Critères

 + Il s’agit de séries entrant toutes ou presque dans le haut de gamme, choix assurément personnel, mais sans être seul à les tenir en bonne estime

+ Nous limitons nos choix aux propositions traditionnelles sur petit écran entre RTS1, RTS2, ARTE, France 2, France 3.

+ Pourquoi diable l’esprit de la série construite pour être découverte un épisode après l’autre, jour après jour ou semaine après semaines, n’est- il que rarement respecté ?

+ Préférence est donnée aux séries récurrentes plutôt qu’unitaires.

+ la RTS s’efforce de programmer une série sur ses canaux avant les généralistes concurrentes françaises. Grand bien leur fasse!

+ La RTS a le don de placer les séries récurrentes les plus exigeantes aux heures les plus tardives. C’est très regrettable!

Quelques titres

 Le classement est fait selon les jours de la semaine. Il s’agit de séries à venir, en cours ou terminées. Pour chaque série, il y aura une photo et une « critouite » en légende (bleue).

Les Américains

( RTS1, en cours, lundis soirs, saison 3 entre 23h00 et 00h30)

Cà se passe sous Reagan, c’est déjà loin ! Un couple d’espions russes terriblement efficaces. Problèmes subtils avec la génération suivante.

 Zone blanche

(France 2, lundis soirs, entre 21h00et 23h00 – avril 2017)

Une forêt inquiétante, des couleurs sombres, un côté « Twin Peaks ». Une enquête un peu bâclée par épisode. Une séduisante ambiance étrange.

 Dix pour cent

(RTS1, mardis dès le 18 avril 2017, entre 22h00 et 24h00)

(France 2, mercredis dès le 19 avril, entre 21h00 et 23h00, suivis d’une reprise de la saison 1)

Succès presque garanti pour la 2ème saison autour d’une agence représentant des interprètes, entre la réalité assumée et l’imaginaire plausible.

True Detective

( RTS 1, mardis soirs, saison 1 en reprise, de 23h00 à 00h30 env)

Deux tempéraments d’enquêteurs plus importants que l’enquête pourtant passionnante qu’ils mènent. Le haut de gamme, aussi pour la réalisation.

 Berlin 1956

(RTS1, les mercredis 5 et 12 avril 2017 de 22h30 à 01h00 avec comme titre Ku’Damm 56)

(Arte, les jeudis 6 et 13 avril de 21hoo à 23 :30)

 Main basse sur Pepeys road

( Arte, jeudi 20 avril 2017, un trio en rafale dès 21h00

Messages anonymes (Nous voulons ce que vous avez) adressé aux habitants d’une rue de Londres. Excellents débuts; inégal. Personnages bien dessinés.

 

 Madam Secretary

( Sur RTS 1, derniers épisodes de la saison 2, le jeudi 13 avril 2017)

Une tendance « Borgen », en politique américaine, avec accumulation de fonctions par une famille envahissante. Un tour du monde diplomatique

 Homeland

( Saison 5, RTS1, vendredis soirs, entre 23h00 et 00h30)

 Caïn

(France 2, vendredis soirs, entre 21h00 et 00h30)

 Scénes de ménages

(M6, RTS en reprises diverses, toutes heures)

 

 

Débats politiques

( Jeudi 6 avril à 09h45 ):Voir plus bas quelques considératons et comparaisons à propos du Temps de parole

(Samedi 8 avril à 17h45) : voir encore plus bas une réponse possible pur « Et les programmes? »

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Dégusté, aussi pour pouvoir faire certaines comparaisons, deux débats politiques :

+ Lundi 3 avril 2017, RTS 1 – Elections cantonales, pour le conseil d’Etat vaudois, sur un schéma déjà utilisé pour le conseil d’Etat de Neuchâtel, une centaine de minutes, de 20h35 à 22h15 environ.  Supportable !

+ Mardi 4 avril 2017, d’environ 20h50 – le temps de pitonner pour trouver BFM-TV qui n’est pas ma « tasse de thé » sur le canal 37 – à 01h00. Il fallait bien s’arrêter au milieu les « debriefings » demandant à un proche de plusieurs candidats ce qu’il pensait de son poulain – le meilleur, bien sûr. Près de 250 minutes. Presque du masochisme !

Le décor

 A la RTS,il est connu, en forme de U ou de V, deux groupes à la droite et à la gauche de l’animateur, en principe que tout oppose, pour tenir le OUI contre le NON ou la Gauche contre la Droite, le centre en général placé à droite, d’autant plus que prochainement Freysinger va laisser une place libre .. ou revenir l’occuper plus encore en force. Un décor d’affrontement pour un pays dans lequel le consensus est tout de même assez largement répandu, le conseil d’Etat sortant forme un bloc solide qui attend un ou une seul(e) petit nouveau, presque avec condescendance..

Pour la forme en U et V, avec le public décoratif passif ( Photo RTS – Cedric Vincensini)

Un décor d’affrontement au pays du consensus.

Paris : deux animatrices face à un cercle presque complet, donc en demi-O, avec onze petites tribunes, temps de parole mesuré pour chacun, les candidats placés dans un ordre qui mélange les places entre gauche extrème et droite de même – voir notre photo. Aurait-on recouru au hasard pour remplir les onze cases ?

Le « onze » en demi-O avant la finale (Photo BFM-TV)

Un décor consensuel au pays de l’affrontement gauche-droite

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 Jeudi matin 6 avril à 09h30

Le temps de parole

RTS2

Les élections gouvernementales en Suisse romande passent sur RTS 2, la chaîne dont l’audience moyenne est largement moins bonne que celle de RTS1 : c’est une première indication sur l’importante accordée à une votation cantonale. Une certaine égalité de temps de présence semble bien exister entre les trois groupes d’invités, composée de quatre ou cinq personnes, avec mélange de sortants et de candidats nouveaux, sans trop évoquer d’égalité de temps entre-eux. Mesure-t-on, à l’intérieur des équipes, le temps de chacun ? Peut-être, mais sans le mentionner. Et l’on retrouve droite et gauche séparés. Mais le gouvernement vaudois fait presque équipe au-delà des partis face aux candidats !

BMFTV

Onze candidats, cinq « grands » et six « petits » : comment est-on parvenu à ce classement ? Il sort tout droit d’une sorte de moyenne des multiples sondages : on est « grand » à partir de 10 %, « petit » à moins. Pas question de marge d’erreur. Personne pour contester ce classement, somme toute logique. Sauf si les sondages se « trompent » !!!

Comment a-t-on procédé à BMFTV pour assurer légalité du temps de parole ? Là, çà se complique, à en devenir un élément même du décor.

Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, les animatrices du « grand » débat, pieds sur le frein plutôt que l’accélérateur! (Photo BFMTV)

Ce temps de parole par personne avait été annoncé avant même l’émission : 17 minutes. Ce qui fait un peu plus de trois heures. Le temps restant pour arriver aux quatre heures ? Une pub bien longue, et la parole utilisée par les animatrices Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, assez efficaces mais un peu ternes, parfois autoritaires pour imposer une partie des sujets préparés. Quand deux ou plus d’invités parlent en même temps, comment compte-t-on le temps de parole ?

17 minutes par personne. C’est ce dont disposent à peu près les quatre invités de « C’…à vous » chaque jour sur France 5. Ceux d’ »Infrarouge », ( RTS1, mercredi 5 avril vers 21h30), pour répondre à la question « Faut-il avoir peur d’Erdogan ?», à six, disposaient théoriquement de dix minutes chacun.

Un dispositif de mesure de chaque temps de parole donnait le situation de chacun parfois en cours de débat. Difficile de trouver autre chose pour établir une égalité théorique : on n’ira tout de même pas jusqu’à compter le nombre de mots prononcés par chacun !

Mais le système a ses limites dès lors que certains sont en retard sur la majorité. A partir de 23h00, à plusieurs reprises, des retardataires firent valoir ce retard en en profitant pour sortir du sujet ou allonger leur intervention. Il y eut même quelques instants qui tirèrent vers la « flibuste » à l’américaine : pour utiliser le temps de parole disponible, pourquoi pas en venir à ne rien dire… ce qui revient à faire du blablablablablabla…

L’égalité du temps de parole ne signifie pourtant pas que chacun produit le même effet dans le même temps. En fait, dans un tel débat, comment juge-t-on les invités ?

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Et les programmes ?

Chacun des onze candidats eut donc un bon quart d’heure pour s’exprimer. Mais pour dire quoi ? Dans l’idéal, ce serait pour faire entendre son programme et/ou donner de bonnes raisons au « voter-pour-moi ». En réalité, que se passe-t-il ? On emploie plus de temps à mettre en cause le programme de certains autres que pour vanter les mérites du sien. Apparaît alors ce qui est le « dérapage » de la plupart des débats contradictoires. L’interprète prend le dessus sur le texte. Autrement dit, le comportement du candidat retient plus l’attention que ce qu’il dit. Les prises dites de bec prennent plus d’importance que les mots. Savoir « boxer » prend autant d’importance que d’encaisser et de répliquer. Comme si au théâtre ou au cinéma, le comportement de l’interprète était plus important que le sens de ses dialogues. On quitte ainsi l’affrontement des idées pour le spectacle du comportement de celui qui les met en scène.

Jean-Luc Mélanchon (Photo BFM-TV)

D’ailleurs, vers 00h30, dans les premiers « débriéfing », autrement dit dans une première « réunion-bilan » ou encore « séance d’évaluation », on y rendit hommage à celui qui avait été le plus brillant (Melenchon) ou avait le mieux répliqué (Macron). Ce résumé oublie les « petits candidats » qui apportent tout de même des idées et parfois des informations intéressantes au cours de leurs interventions. Mais il aura été question de Poutou pour son costume, son absence sur une photo et une assez brillante « diatribe »

 

Emmanuel Macron :a employé le mot culure(BFM-TV)

Pendant cette longue campagne présidentielle française, et ce n’est pas fini, on aura pris acte du résultat de dizaines de sondages, sans que soit mentionné un élément essentiel, la marge d’erreur, tout en sachant qu’il faut, bien entendu s’en méfier, et pris acte de multiples commentaires déplorant l’absence des programmes durant les affrontements !

Dans son édition du 18 mars, sur huit colonnes, « Le Monde » résumait à presque égalité de signes – entre 2.600 et 2.900 – les différents programmes des huit candidats qui avaient déjà obtenu les cinq cents parrainages validés par le Conseil Constitutionnel au 14 mars. Temps de lecture pour chacun d’eux : un peu plus de deux minutes. En tout environ vingt minutes, pour deux pages entières du journal. J’en ai après plus en vingt minutes sur ces programmes que durant plus de deux cents minutes d’affrontements sur le petit écran.

Juste en passant : dans le débat télévisé, aucune allusion restée en mémoire comportant le mot »culture ». Dans le journal, trouvé trois fois ce mot. Mais aussi rencontré « le port de l’uniforme à l’école ».

Et alors ? La grande émission de plus de quatre heures de BFM-TV avec CNNews a retenu en moyenne 6,3 millions de téléspectateurs pour 32 % de part de marché, ce qui est évidemment imposant, pic atteint vers 23h00. Ces indications confirment le succès de ce genre d’émission qui ne repose pas sur les programmes, des candidats, mais sur la mise en valeur de ceux qui les portent dans une dimension spectaculaire….

 

Retour, après détours, vers les séries

 Je sens comme une sorte de frustration de passer presque trois semaines sans faire mention aux séries, à cause de trois brouillons restés dans le pipeline ! Il est pourtant facile de trouver parmi mes lectures quotidiennes un sujet qui permet d’amorcer ce retour. Voici le plus récent, en ouverture du TELEOBS,

MATTHEW WEINER

M A D   M E N

LA MASTER CLASS

 Oui, mais « Mad men » et ses sept saisons, c’est désormais un « classique », et des plus grands. Quatre pages denses à lire: cela reste à faire…

Autre page d’ouverture: POSITIF, la plus exigeante des revues consacrée au 7ème art, avec LES CAHIERS DU CINEMA, qui tardent du reste à prendre en compte les séries récurrentes, à quelques exceptions près («P’tit Quinquin») salue le cinéma fait en Suisse romande, avec sa couverture consacré à «L’opéra de Paris» de Jean-Stéphane Bron. Neuf pages à lire: cela reste à faire. Il faudra plus que la une d’une revue de cinéma pour faire un succès public même inscrit dans le lointain sillage de «MA VIE DE COURGETTE». Mais on peut tout de même saluer une première fois ce film qui a été co-produit par la RTS.

 

Une première image de « L’opéra de Paris » de J.S.Bron (photo Frenetic)

«Critouite»

 Je ne savais pas ce qu’était une «Critouite». Si j’avais vingt ans, je le saurais peut-être! Alors, c’est quoi? C’est une critique d’un film dans le format du «tweet», autrement dit en cent quarante signes, espaces compris. Pas forcément le meilleur moyen de faire comprendre pourquoi on le défend. POSITIF a bien raison de consacrer plus que 140 signes à un magnifique film, «United States of Love» du polonais Tomasz Wasilewski. Mais allons-y d’abord d’une «critouite» :

Pologne dans les années 90, portraits de quatre femmes amoureuses contrariées. Très grand film. Le premier film polonais pornographique ?

 Mon «Word count…» annonce 138 signes: Positif y consacre huit pages! Plusieurs autres sujets intéressants, «L’autre côté de l’espoir» d’Aki Kaurismäki (sept pages) ou «Félicité» d’Alain Gomis (deux pages), accessibles actuellement ou prochainement sur les écrans romands. Et impossible de résister au désir de prolonger la parenthèse.

 Michael Moore (entre autres «Roger et moi» – 1989 / «Bowling for Columbine» – 2002 / «Farenheit 9/11» – 2004) disserte sur l’accession de Donald Trump à la présidence des USA. Il insiste entre autres sur l’importance des votes dans certains états : une analyse d’un solide lucidité en quinze mille signes environ. Oui, mais ce texte est d’abord apparu dans un blog publié ensuite dans The Huffington Post » ….. du 26 juillet 2016 !!!!

 «Showrunner»

 Déjà 2.800 signes à peu près, temps de lecture aux environs de deux minutes.

Et si on en revenait aux séries? Avec ceci au moins. A qui donc attribuer la paternité (ou la maternité) d’une séri ? Dans le domaine du cinéma, tel qu’il est couvert par POSITIF, LES CAHIERS DU CINEMA et quelques autres, l’auteur toujours cité est le réalisateur, présenté par «Un film de….». Dans les séries, surtout récurrentes, mais aussi unitaires, l’important pour tenir la durée réside dans l’écriture. Il y a donc souvent, autour d’un responsable appelé le «Showrunner», toute une équipe qui se répartit les travail, épisode par épisode ou même personnage par personnage. Lequel «directeur du spectacle» prend parfois la responsabilité de quelques épisodes et supervise le montage. A moins qu’il ne soit remplacé par le représentant de la chaîne productrice…. Le cinéphile accro au «cinéma d’auteur» se retrouve comme chatte sans ses petits quand il cherche le responsable de la création d’une série.

 Alfred Hitchcock présente…

Pourquoi cette envie de remonter loin dans le passé? Un peu pour se payer le luxe du «il n’y a rien de nouveau sous le soleil». Dès 1955, CBS aux USA présente une série qui finira par compter 268 épisodes, chacun de 26 minutes, entre 1955 et 1962. Il s’est probablement bien amusé à en réaliser une petite vingtaine. Les sujets sont en général inscrits dans son esprit, dont il prend la responsabilité de justifiant le  «Alfred Hitchock présente»…

lfred Hitchcock présente...

Alfred Hitchcock, en directeur de spectacle, un des premiers * »showrunner »….

Et il dirige cette «collection» durant des années où il trouve de grands succès, généralement publics, avec «Mais qui a tué Harry ?» ( 1955), «Le faux coupable» ( 1956), «Sueurs froides» ( 1958), «La mort aux trousses» (1959), «Psycho» ( 1960), à se demander si la producteur de télévision ne cherchait pas alors à bénéficier de la notoriété du très grand «auteur» de films.

Le sport-roi, rassembleur et envahissant!

Avertissement: cinq mille signes ci-dessous, temps de lecture entre trois et quatre minutes!!! (Illustrations, en vue d’aérer le texte, tirées deRTSSport!)

 Au Roi, tout est permis. Y compris de mépriser ses sujets.

Le serpent de l’Engadine

Le samedi 11 février 2017, descente dames aux championnats du monde. Une couche de brouillard, sauf erreur connue sous le nom de «serpent de l’Engadine» traîne sur la piste, départ ainsi retardé d’on ne sait trop combien de temps! RTS Deux réalise alors un exploit de taille: de 12h35 à 13h35, un plan fixe (ou peut-être deux ou trois), un texte qui défile au bas de l’image, pour faire prendre patience. L’attente sera longue, sans un mot d’explication orale. Pas de sujet de réserve pour faire prendre patience. Mais qui était donc de garde, parmi les responsables du service des Sports, ce jour-là, pour faire face à un incident. Tous dans les Grisons ?

La finale tardive

Au soir du dimanche 19 mars 2017, dans l’avant-programme, on annonçait à 21h: «Tennis ATP 1000 indien Wells Finale En direct d’Indian Wells (USA). Seulement si Suisse», pour une durée de 180 minutes en direct. «Suisse» ce soir-là il y eut; et même deux. Non pas à 21h, mais peu avant 23h. Là au moins, l’intendance avait pris ses précautions, au cas où une autre rencontre importante se prolongeait. Réaction il y eut, avec la reprise, en premier rideau, respectueuse du «si Suisse» : Wawrinka en demi-finale. Longue attente, de près de trois heures, avant de voir Federer sourire de sa victoire. Et Wawrinka d’apprécier, plus ou moins, ce sourire….

Le respect des horaires

Pratiquement toutes les chaînes de télévision s’imposent à elles-mêmes un horaire plutôt strict. Un événement politique d’importance au moins nationale justifie un horaire bousculé. Mais le «19h30» respecte l’horaire annoncé à la minute près, la publicité à la seconde. Même les débats en direct doivent respecter les horaires. Sans forcément couper un orateur au milieu d’une phrase, l e(la) présentateur(trice) de service met parfois abruptement fin à son émission, même si on y parle de course à pied!

Le sport-roi est donc ainsi l’exception qui autorise, au nom du direct, des horaires très souples soumis à des incertitudes (football, hockey-sur-glace, sports de plein air comme le tennis, etc).

En Suisse, le roi est aussi choyé puisque rassembleur, autrement dit porteur de bonnes parts de marché qui pèsent sur la moyenne annuelle. On peut certes faire quelque infidélité à sa majesté quand un direct s’étire dans l’ennui ou se prolonge sans rien montrer en ayant à disposition de la lecture. Le commentateur joue alors d’un rôle important: sonner l’alerte quand il se passe quelque chose.

Le commentaire et ses risques

D’ailleurs, le commentaire pose parfois problème, avec des interventions souvent inutiles, à raconter avec retard ce que nous venons de voir. Chose personnelle, je consomme certains sports, quand l’envie me prend de me laisser bercer par l’eau qui coule, tiède, du robinet à image. Mais on peut aussi regarder autrement. Le hockey sur glace prend une saveur nouvelle en cherchant du regard l’arbitre qui s’efforce de ne pas intervenir dans le cours du jeu. Une épreuve de ski alpin donne rapidement le sentiment du «déjà-vu»: rien ne ressemble plus à un participant qu’un autre participant. Heureusement, il y a les temps affichés et surtout les écarts sur le meilleur, en rouge ou en vert. On peut donc plaisir à prévoir la couleur. Mais un dixième de seconde, cela ne se «voit» pas tellement. Le commentateur si préoccupé à combler le silence se trouve assez souvent démenti par la couleur des écarts. Le silence est aussi une vertu qui permet d’apprécier un beau geste!

Dans la cour du roi se trouve des personnages ennuyeux: le récent Vaduz-Lausanne en football n’a pas atteint les sommets. Faire partir en ski les meilleurs en dernier est habile astuce pour maintenir le suspens d’une épreuve en direct. Mais attendre pendant presque deux heures une finale de tennis, qui fut d’ailleurs de belle qualité, avec plus de coups gagnants que de fautes directes, ce fut bien long.

Trop de sport ne semble pas, pour le moment, tuer le sport. Encore que la discrétion soit grande sur les parts de marché, sauf quand elles atteignent un sommet! Et viendra le jour, peut-être pas si lointain, où le sport sera financièrement inaccessible pour les chaînes de service public généraliste. Il sera trop tard pour apprécier le rôle de la redevance annuelle qui entraîne la gratuité quotidienne!

Une vraie chaîne sportive

L’amorce d’une chaîne sportive existe déjà sur internet. Mais il semble que le coût à engager pour disposer d’un canal de diffusion supplémentaire n’est pas particulièrement élevé. A quand un canal suisse sportif, avec commentaire pour chaque région, qui permette de respecter les horaires promis aux minorités qui aiment suivre la documentation ou ont un faible pour la fiction, éléments constitutifs d’information ou d’enrichissement culturel.

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Un contrat sans détail

PS: la SSR-SRG vient de publier un communiqué annonçant que les sports motorisés continueront d’être présents ces cinq prochaines années. Mais les «partenaires ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats». Secret d’entreprise! Comme si on divulguait les contrats dans les autres sports…. Il ne serait pas inintéressant de connaître les coûts à l’heure ou à la minute des différents sports….

 

Elections en Hollande au « 19:30 »

 Vu au TJ du jeudi 16 mars 2017, un sujet sur les élections en Hollande, assez attendues, puisque la droite extrême dont tout le monde parlait risquait de faire un coup genre «Trump» ou «Brexit»

Certes, dans un «C…à dire» ( ou «26 minutes» d’ARTE, je ne sais plus), Daniel Cohn-Bendit, encore dans certaines mémoires retenu comme une des têtes de Mai 68 en France, s’était à juste titre élevé contre les commentaires qui ne parlent que d’un parti de la droite extrême et de son meneur Wilders, qui pèse au parlement moins de 20%.

Il semblait tout de même en effet intéressant d’en savoir un peu sur cette élection en Pays-Bas. Une occasion de plus de prendre acte de la montée de la droite très à droite donc très nationaliste et très méfiante à l’égard des «étrangers» principalement musulmans!

Vu et entendu ce jeudi au «19h30» un sujet de la rédaction puis un commentaire d’Isabelle Ory, envoyée spéciale, qui a parlé entre autres du parti des animaux et du port des minijupes déconseillé.

Bizarre impression tirée de ces trois minutes environ: un montage de gens qui parlent, avec la tête de quelques personnalités y compris européennes mais surtout un petit tableau incrusté, celui des «4 principaux partis», la gauche socialiste, les verts, la droite au pouvoir actuellement et l’extrême-droite.

Premier sujet intitulé «Elections aux Pays-Bas: satisfaction en Europe», durant 125 secondes. Puis, le second sujet apparaît, intitulé «L’élection aux Pays-Bas: l’analyse d’Isabelle Ory» qui occupe 88 secondes. Pendant 16 secondes, on peut observer un tableau qui donne les sièges de ces «4 principaux partis».

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Sur le site:

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_n%C3%A9erlandaises_de_2017

le vendredi 17 mars 2017, on trouve un tableau donnant le résultat de cette élection en nombre de sièges pour les treize partis

Composition du Parlement nouvellement élu :

 

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti populaire libéral et démocrate (VVD) 21,3% 5,2 33 8
Parti pour la liberté (PVV) 13,1% 3,0 20 5
Appel chrétien-démocrate (CDA) 12,5% 4,0 19 6
Démocrates 66 (D’66) 12,0% 4,0 19 7
Parti socialiste (SP) 9,2% 0,4 14 1
Gauche verte (GL) 8,9% 6,6 14 10
Parti travailliste (PvdA) 5,7% 19,1 9 29
Union chrétienne (CU) 3,4% 0,3 5 0
Parti pour les animaux (PvdD) 3,1% 1,2 5 3
50 Plus (50+) 3,1% 1,2 4 2
Parti politique réformé (SGP) 2,1 % 0,0 3 0
 

 

Denk 2,0% 3 3
Forum pour la démocratie (FvD) 1,8% 2 2
Autres
TOTAL 100 150

 

Le tableau rapidement inscrit dans l’image du «19:30»  » intitulé PAYS-BAS – ELECTIONS, sous-titré « 4 principaux partis » donnait :

Parti travailliste: 9 sièges, perte 29

Gauche verte: 14 sièges, gain 10

Parti populaire, le centre droit du premier ministre actuel: 33 sièges, perte 8

Parti pour la liberté, extrême droite conduite par Gert Wilders, 20 sièges, gain 5

Remarques

1/ Les principaux partis retenus au «19:30» totalisent ensemble 76 sièges – aucune mention n’y fut faite sur les 74 autres.

2/Les «4 principaux partis» au nombre de sièges occupent les rangs 1, 2, 6 et 7! Les partis qui occupent les rangs 3, 4 et 5 n’appartiennent donc pas aux «principaux»!

3/ Isabelle Ory a introduit dans ce qui est nommé «analyse» des mini-jupes et le parti des animaux (trois sièges). Elle a insisté sur le problème des immigrants.

En résumé : Pas de mention, jeudi, au «19 :30» sur le nombre de sièges. Une information inexacte, à propos des «partis principaux». C’est tout de même un peu léger. En trois minutes, on peut faire mieux.

La RTBF: un exemple pour la RTS?

En dissertant de séries récurrentes, le 3 mars 2017, nous avons décrit la politique de la RTBF mise en place depuis quelques années et pris en compte le «désir» de Gilles Marchand, prochain directeur de la SSR-SRG de «booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries». Dans ces considérations, priorité est donnée aux séries récurrentes de cinq épisodes au moins, chacun d’une durée égale ou supérieure à quarante minutes.

Bruno Todeschini, dans « Dix » (2010), la meilleure série de la RTS ces dernières années, avec « Station Horizon » (Photo RTS)

Des comparaisons entre la RTBF et la RTS méritent d’être faites.

Population

RTBF: 11 millions d’habitants, quatre millions environ de francophones, y compris à Bruxelles.

RTS: environ deux millions de francophones pour huit millions et demi d’habitants.

Chaînes

Belgique francophone: La Une, La Deux, La Trois / site internet

Suisse romande: RTS Un / RTS Deux / site internet

Parts de marché

RTBF, passe de 19 % il y a 5 ans à 25 % actuellement

RTS, assez stable, 33 à 34 % en premier rideau ( de 18 à 23 heures)

 Budget (radio et télévision confondues)

RTBF , 300 millions ( en francs suisses)

RTS, 400 millions par an

Séries récurrentes

RTBF: en principe quatre séries de dix épisodes d’environ 50 minutes, ce qui assure 40 semaines à l’écran,  en premier rideau le dimanche soir.

Angelo Bison (Guy Béranger, au centre), accueillli après sa sortie de prison, dans *L’ennemi public » (Photo RTBF)

RTS: trois séries tous les deux ans, donc dix épisodes de 50 minutes qui apparaissent en premier rideau le samedi soir.

Séries récurrentes

Coût d’un épisode de 50 minutes:

RTBF: 250 mille francs

RTS: 450 mille francs

« Staton Horizon », meilleure série de la RTS avec »Dix »,  aurait mérité de revenir en deuxième saison.

Coût à la minute

RTBF: 5000 francs

RTS: 9000 francs

Investissements en % sur les séries « récurrentes »

 RTBF: dix millions pour quatre séries de dix épisodes (un peu plus de 3%)

RTS: Trois séries en deux ans, 4 millions pour une dizaine d’épisodes (1% environ)

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Remarques

L’accueil du public suisse romand face à une série suisse romande est en général assez bon. Il est probable que l’accueil d’une série belge francophone par le public belge francophone le soit aussi.

Les séries récurrences de Suisse romande n’atteignent pas (pas encore?) de public international, sauf à travers TV5. Et la RTS n’indique guère la manière dont ses séries passent en Suisse alémanique et au Tessin: bizarre disrcrétion, signe d’un manque de considération d’une région à l’autre?

Un paysage du Semois, dans « La Trève* : la série a été présentée sur un grand écran d’une salle à Bruxelles en même temps que sur le petit, intéressante expérience ( Photo RTBF)

Deux séries récurrentes francophones belges , «La Trève» et «L’ennemi public» ont bien accueillies à l’étranger («L’ennemi public» dans un dizaine de pays).

La vente de séries à des pays étrangers est considérée par les responsables de la RTBF aussi comme une source de revenus. Même au tarif minimal de 100 francs la minute, dix pays représentent au moins mille francs la minute, donc le 20% de l’investissement de base ( cinq mille francs la minute). Autrement dit, le rendement international d’un quart des séries devrait permettre d’en produire une cinquième. La vente peut être remplacée par un échange: une série de cinq épisodes remplirait ainsi dix soirées!

Mais l’accès à un marché international n’a pas qu’une valeur financière. Il est évident que notre connaissance de l’Islande, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et désormais de la Belgique est enrichie par la découverte de séries récurrentes, y compris sous un angle à composante «touristique».

Une série récurrente, opération coûteuse, ne doit pas seulement s’inscrire au moins dans la moyenne annuelle de la chaîne qui la diffuse. Elle devrait être assez audacieuse pour sortir des frontières du rayon de diffusion de la chaîne dont elle est l’émanation.

Pourquoi la Belgique francophone fait-elle mieux, actuellement, que la Suisse romande? Je n’en sais fichtre rien! A la RTS, le manque d’audace commence peut-être dès l’écriture freinée par l’obligation de la présence en premier rideau du samedi soir?

« Faire plus de films, plus de séries »? Une excellente « politique » pour un proche avenir, que seule une entreprise publique forte peut conduire…

 

« Désir » de séries récurrentes

 En février 2012 apparaît sur ARTE (en même temps en Belgique) une série récurrente qui fera date: «Borgen», issue de la télévision de service public d’un pays de 5.7 millions d’habitants, le Danemark. Elle arrive sur RTS Un en septembre. Il se passe quelque chose: la série sera reprise dans au moins trente pays différents. Et d’être alors quelques-uns à poser la question: «A quand l’équivalent d’un «Borgen» en Suisse». Réponse parfois entendue: il faudra bien vingt ans pour y arriver!

«Booster notre offre de fiction»

L’attente pourrait être abrégée, à croire certaines déclarations précieuses du futur Directeur de la SSR-SRG, Gilles Marchand qui, dans la Tribune de Genève (26-27 novembre 2016), parlait de sa future politique des programmes en ces termes:

J’aimerais booster notre offre de fiction. Faire plus de films, plus de séries. Car c’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens (…) Il faut savoir qu’une fiction américaine achetée nous coûte 100 francs la minute. Une fiction produite en Suisse, c’est 14’000 francs ( … ) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses..

 Où en est-on, dans quelques «petits» pays, avec les séries récurrentes, celles que l’on peut classer dans au moins le haut du milieu de gamme? Quelques exemples:

Pays par pays

 Islande: 330 mille habitants, deux séries, «Trappel» et «Meurtre au pied du volcan» ont brisé les frontières pour s’exporter dans un plus ou moins grand nombre de pays.

L’image illustre le titre
( Meurtre au pied d’un volcan – photo ARTE)

Suède: 9.7 millions d’habitants, «Meurtres à Sandham» et surtout «Reals humans» ont fait parler d’eux à l’international. Pour la Norvège, 5.2 millions, ce sont: «Lylihammer», «Occupied», «Mammon».

Danemark, 5,7 millions: la liste est longue, qui commence il y a vingt ans avec «L’Hôpital et ses fantômes» et s’enrichit de «Borgen» dès 2010, «Bron», «Killing», «1964», «Traque en série», «Norskov», «Follow the money», parfois en plusieurs saisons.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen » la meilleure des séries citées dans ce texte

 Il faut retenir côté flamand de la Belgique, «Salamander» et le très attendu « Beau Séjour» (dès le 02.03.17 sur ARTE qui joue un précieux rôle de défricheur dans ce domaine des séries non-américaines), côté francophone «La Trève» et «L’ennemi public» qui vient de terminer sa carrière sur TF1, qui n’est pas particulièrement habituée à montrer une série récurrente exigeante en premier rideau.

 « Beau Séjour », une mise en scène réaliste, presque comme dans un reportage, pour une morte qui enquête sur sa propre mort : à coup sûr, intéressant, mais …. ( photo ARTE)

La plupart des séries citées ont été exportées, donc «vendues» ou «échangées», dépassant ainsi la seule présentation sur la chaîne d’origine. Les informations à leur propos permettent d’affirmer que ces séries sont généralement bien accueillies sur le marché régional ou national dont elles sont l’émanation. Le passage à l’étranger est ainsi tout bonus

Côté Suisse, en Romandie, deux titres: «Dix» et «Station horizon». Il est difficile d’y ajouter le «Croque-mort» alémanique. On ne sait pas grand chose, ici, de séries tournées à Zürich ou Lugano, si tant elles qu’il en existe! La communication audiovisuelle en télévision n’est pas une préoccupation prioritaire!

L’exemple de la bilingue Belgique

 Depuis la mise en ligne du texte qui précède celui-ci sur le blog, il m’a paru intéressant d’aller chercher des informations complémentaires sur ce qui se passe actuellement en Belgique francophone, sous la direction de François Tron, un français issu de France 2 devenu responsable des antennes puis directeur général de la RTBF. En novembre 2016, «Téléobs» lui faisait passer par écrit un «grand oral». Voici quelques informations glanées dans ce texte et ailleurs.

En 2013, la RTBF ne vouait guère d’attention aux séries récurrentes. Décision fut alors prise, entre francophones y compris ceux de la région de Bruxelles, potentiellement 4 millions d’habitants, de lancer un appel à projets de séries récurrentes. Il y eut 140 propositions. Une dizaine fut retenue. Chaque projet était enraciné dans une partie du pays mais son sujet avait potentiellement une force romanesque qui lui permettait d’éventuellement retenir l’attention hors des frontières linguistiques nationales.

Décision fut prise de financer un pilote d’une dizaine de minutes pour ces projets. Quatre furent finalement retenus. Deux sont terminés, «La Trève» qui a déjà intéressé plusieurs pays, dont les USA par le groupe Netflix et surtout «L’ennemi public» dont TF1 vient d’achever la diffusion, déjà vendu dans une dizaine de pays.

Cette volonté de sortir de la région de production est un calcul clair. La RTBF s’est interrogée sur la télévision au début des années 2020. Il est apparu que l’apport de la publicité (le 25% du budget en Belgique, comme en Suisse) risquait bien de diminuer, celle-ci de plus en plus tournée vers internet et les réseaux sociaux. Dès lors, décision fut prise de produire quatre séries de dix épisodes d’un peu moins d’une heure pour occuper l’antenne durant quarante semaines. Et d’emblée, «la Trève» et «L’ennemi public» auront brisé les frontières linguistiques nationales. Réussir à exporter une série, c’est aussi faire une bonne affaire et contribuer au prestige de la création audiovisuelle du pays d’origine, quelle soit due à la télévision et/ou au cinéma.

Intéressante comparaison à faire – prochainement – entre la RTBF et la RTS, avec ce salut à « L’ennemi public » qui vient d’être présenté de manière un peu surprenante sur TF1:

Montage pour « L’ennemi Public » (Photo RTBF)

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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