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Le meilleur pour la fin

Est-il vraiment intéressant de regarder des concurrents qui répondent avec plus ou moins de brio à des questions hautement spécialisées en gagnant des sommes d’argent plus ou moins grandes ? Je peine à y trouver quelque intérêt. On croit ainsi assister au tirage d’une loterie qui annonce une suite de numéros gagnants avec « félicitations » aux gagnants. Comme si gagner à la loterie dépendait de connaissances personnelles !

Tout jeu, par contre, peut devenir intéressant s’il existe des ouvertures plus ou moins grandes qui permettent au téléspectateur de jouer chez lui, d’ « affronter » les concurrents, certes, mais surtout de faire le point sur ses connaissances dans certains domaines. Et il n’est pas désagréable d’apprendre en passant certaines choses même inutiles ou futiles.

Le jeu actuel de la RTS, « Le meilleur pour le fin », est à l’antenne le samedi soir. Ce n’est pas le soir de la semaine où la RTS fait des efforts culturels ou informatifs de haute volée. Hier, on chantait« le samedi soir après l’turbin, l’ouvrier parisien » quand la semaine comptait encore six jours de travail.

Mélanie Freymond, l’animatrice

A l’actif du jeu, une suite de propositions qui permet de choisir un domaine dans lequel chaque concurrent se sent le plus à l’aise, qui permet donc de fournir un lot acceptable de réponses justes. Une assez bonne alternance existe entre les épreuves qui demandent une réponse rapide et courte et celles qui laissent du temps pour opérer des choix. Lors d’une partie qui consiste à trouver un lien entre un mot a et un b puis b et c et ainsi de suite, il peut arriver que deux solutions différentes soient plausibles. Pas le temps d’examiner la situation !!

Les gains peuvent aller de la centaine de francs à deux mille par épreuve, avec brusquement une seule question qui peut rapporter cinq mille francs, laquelle n’a pourtant rien de bien différent des autres. Ceci introduit un côté loterie, par le hasard tiré le bon numéro. Une autre hase du jeu implique qu’une seule erreur supprimer un zéro à la somme acquise : on a vu ainsi passer d’un gain de vingt mille pour une série de bonnes réponses en quelques secondes à deux mille francs. Quel intérêt dans cette chute ? Observer le visage du perdant ? On peut se demander si les organisateurs du jeu n’ont pas en eux un fond de sadisme spectaculaire, comme l’accident de voiture d’une course en circuit.

Des milliers de francs sont peuvent être en jeu chaque samedi. Mais qui paie, la télévision, un ou des sponsors ? Si c’est la télévision on est en droit de se demander si, ainsi, l’argent est bien mis au service de programme.

Face aux cinq joueurs qui s’en vont éliminés les uns après les autres derrière une fausse porte d’ascenseur qui se referme, il y a une animatrice qui doit intervenir assez souvent pour que le jeu s’inscrive dans la case de 45 minutes de ce précieux temps de premier rideau qui doit obtenir la part de marché la plus grande possible. On ne peut pas dire que ces interventions soient inventives. Elles consistent bien souvent à enfoncer une porte ( d’ascenseur) déjà ouverte. Pas très sexy, l’animation, et tout de même un peu « kitsch », le décor. Le jeu ? Vaguement intéressant par son côté interactif assez peu spectaculaire.

Les »pressentiments » d’Henry Brandt

Henry Brandt ( 1921-1998), cinéaste neuchâtelois à la filmographie assez imposante, s’est fait connaître aussi et surtout par la réelle liberté qu’il sut prendre à travers ses films de commande au sens informatif plus que commercial du terme. Une société pédagogique neuchâtelois fut à l’origine de « Quand nous étions petits enfants » ( 1962).

Brandt est et reste l’auteur de l’un des grands apports à l’Exposition nationale de 1964, « La Suisse s’interroge ». Ces cinq films de la « Voie Suisse » et « Gulliver » avec l’impertinence de ses questions firent bonne et utile place à la réflexion critique.

Dans l’euphorie des « trente glorieuses », ces années de forte croissance économique et d’amélioration du niveau de vie surtout dans les pays industrialisés, qui vont de 1945 à 1975, des doutes apparaissent, surtout parmi la jeunesse. Sous nos latitudes francophones, on parle  beaucoup de « Mai 68 » en retenant surtout les élans et événements de Paris. Certaines hésitations se glissèrent dans les cinq courts films commandés à Henry Brandt la dernière de la mini-série de la « Voie suisse ».

Ce visage, une des dernières images de « La Suisse s’interroge »,posait une bonne question, qui insinuait vraiment le doute par sa tristesse presque déchirante : « C’est çà, la vie » ?….l’ennui des dimanches assis dans une voiture.

Dans une phrase du commentaire, Brandt soulignait l’importante de la « planification ». Energique sursaut du « contrôleur » qui suivait pour le Confédération les préparatifs de l’exposition de Lausanne. Pour lui, la planification était en quelque sorte une démarche dangereusement « rouge », peut-être même tout droit importée de Moscou. « Planifier » fut remplacé par « prévoir », qui se voulait anodin. Il vaut la peine de rappeler que certaines questions posées par Gulliver provoquèrent aussi de vives réactions : il n’était pas admissible qu’un « bon suisse » puisse se lever tardivement! « Les trente glorieuses », certes, mais gare à qui se permettait d’exprimer des doutes!

« La course au bonheur »
dans « La suisse s’interroge? »

Le succès de « La Suisse s’interroge » valut à Brandt une imposante commande portée par un des patrons de l’ « OMS » : dresser, à partir de 1964, un état de la situation dans le monde. Il fallait pourtant compléter le financement. Je fis alors un bout de chemin avec Brandt. Il me montrait régulièrement, après ses voyages, une partie des documents bruts récoltés. Il revint des Etats-Unis avec des images et des sons des premières révoltes de la jeunesse américaine contre la guerre de Vietnam et l société de consommation. Il disposait ainsi d’une « preuve » que le bel engouement du de la première moitié des ces « fameuses » « trente glorieuses » commence à prendre du plomb dans l’air. Il aurait pu tirer parti de ces informations en montant de courts sujets destinés à des chaînes de télévision aptes à les présenter immédiatement. C’est été aussi un moyen de compléter le financement. Henry Brandt s’en tient à sa commande : « Chronique de la planète bleue », puis une série de treize sujets sortiront après les événements de 1968. Il avait pourtant senti ce qui allait se passer en « mai 68 » sous nos latitudes.

Henry Brandt lié à sa caméra

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PS I : A lire aussi éventuellement :

https://www.decadrages.ch/la-suisse-s-interroge-henry-brandt-1964

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PS II: Aujourd’hui, « La chinoise » de Jean-Luc Godard, qui date de 1967, pourrait passer pour une sorte de  « reportage » sur les événements de mai 1968. Godard et d’autres, qui étaient à Cannes, imposaient la fermeture du festival de Cannes en empêchant le rideau de se lever sur un film de Carlos Saura. Un autre texte sur le même sujet permettra de revenir sur la manière de Francis Reusser, en Suisse, avait pressenti les profonds mouvements de 1968

Prémices de « Mai 68 »

Paris, « Mai 68 » : on y revient longuement, un peu partout, depuis quelques semaines. En France, les milieux du cinéma y prirent une part importante, dès les manifestations de janvier/février contre le renvoi d’Henri Langlois, créateur et directeur de la cinémathèque française, par le ministre André Malraux, jusqu’au « final » avec le rideau qui se ferme sur le festival de Cannes, le dimanche 19 mai à 12h00. Nous prîmes alors la décision de passer par l’Italie pour rentrer en Suisse, afin de ne pas tomber en panne de carburant!

« Mai 68 » n’est qu’un événement important, parmi d’autres, en particulier ceux qui, aux Etats-Unis, permirent de protester contre la Guerre américaine du Vietnam, qui débuta en 1963 pour se terminer en 1975. Bien des signes de cette révolte presque mondiale de la jeunesses apparaissent dès le début des années 60. Evoquons-en quelques-uns au gré de souvenirs et de désirs, même un peu en désordre…..

Mai 68 avant l’heure – Alex Mayenisch

 Le dimanche 29 avril 2018, la TSR proposait une sorte d’avant-première des événements  avec « Mai 68 avant l’heure » d’Alex Mayenfisch, une production de « Climage », entreprise sise à Lausanne. Inutile d’en faire une description détaillée et de l’analyser dans ses moindres détails. Ce rappel  veut être une sorte d’hommage à celles et ceux qui ont décidé de précéder le cinquantenaire d’un événement qui continue aujourd’hui encore de provoquer des affrontements entre ceux qui y pensent avec nostalgie ou d’autres, comme celui qui disait « La réforme, oui ! le chienlit, non ! », formule signée par une image de son auteur.

 

« La chienlit, c’est lui » (à propos du président Charles de Gaulle) » , affiche de Mai 1968

Voici des images tirées du document qui permettent à ceux qui ont vu le film de s’y référer et aux autres d’en pressentir le contenu.

L’affiche du film (Photo Climage)

 

Mai 68 n’a pas surgi ex nihilo, tous ses composants préexistaient. Une génération, celle qui avait vingt ans au milieu des années 60, ne se satisfaisait alors plus d’un état des choses désespérément immuable et brûla de voir se réaliser des attentes esquissées de longue date. La pression était montée graduellement et la chaudière finit par exploser. Y compris en Suisse.

 

Et il est intéressant de donner la parole au cinéaste qui s’explique sur sa démarche:

https://www.evenement.ch/mots-cles/mai-68

 

Mai 68 : c’est quoi ?

 Nième tentative pour mettre de l’ordre dans mes notes (dix mille signes, espaces compris), porteuses de souvenirs plus ou mois confus, après le visionnement d’une demi-douzaine au moins de documents audiovisuels et la lecture de nombreux textes parus dans des quotidiens, hebdos ou revues.

Dans notre mémoire collective romande, Mai 68, c’est francophone, centré sur Paris, avec les émeutes dans la première moitié d’un mois qui allait se terminer par un imposant cortège gaulliste et une victoire électorale de retour à l’ «ordre » de la droite après la parenthèse gauchisante des révoltes de la jeunesse. Et il y eut aussi les accords dits de « Grenelle », réel pas en avant social ! Mai 68, en Suisse, fut d’un assez grand calme tout de même rompu peu après, en particulier à Zürich !

Les « fauteurs » de troubles furent des jeunes, surtout des étudiants, puis vint le retour à l’ordre plutôt conduit par des parents des étudiants. Aujourd’hui encore reviennent dans certaines interventions des allusions parfois un peu méprisantes concernant des « soixante-huitards ». Il faut dépasser soixante-cinq « printemps » pour avoir des souvenirs personnels. En 1968, marié, trois enfants, j’étais déjà trop « vieux » pour être un actif « soixante-huitard » ! Nous étions au troisième rang dans une salle, à Cannes, le 16 mai 1968, quand le rideau s’est fermé afin d’empêcher la poursuite de la projection d’un film de Carlos Saura. Il est bon que le lecteur sache comment se situe le signataire d’un texte face au sujet qu’il aborde.

Sur le petit écran, ces derniers jours, ce furent d’abord des documents sur ce qui s’est passé en mai, surtout en France et à Paris. D’autres suivirent pour s’interroger sur les signes annonciateurs, dans les années cinquante/soixante. de ce « joli-mois-de-mai ». Pour le moment, les documents manquent encore qui permettraient de faire une analyse de ce qui s’en est suivi dans « l’après soixante-huit ».

Photo montage : Henri Langlois et ses bobines. Son expulsion de « sa » cinémathèque par André Malraux, ministre de la culture, fut un événement annonciateur de Mai 68, où les milieux du cinéma furent très actifs

Nous y irons par petites touches qui ne sont pas nécessairement liées les unes aux autres, un peu au hasard, en vagabond entre les visionnements, lectures, souvenirs….. On se souviendra d’une revendication, celle de garçons voulant entrer dans les chambres de filles, peut-être pour y rencontrer des femmes « libérées » ou sommées de l’être ! On évoquera l’affaire « Langlois » mis à la porte de « sa » cinémathèque par Malraux qui aura jeté les milieux de cinéma dans la rue pour protester avant de contester, dès janvier 68. On y parlera d’un des « coupables » de ce mai 68, Daniel Cohn-Bendit. Je me souviendrai des rushes qu’Henry Brandt avait ramené des USA juste avant 68. On rencontrera 68, avant, pendant et après dans certains films suisses, ceux de Francis Reusser par exemple. Dans une édition du journal « Le Monde » du 15 mars 1968, Pierre Viansson-Ponté décrivait, dans les premiers soubresauts de mai 68, ce qui se passait «  Quand le France s’ennuie ». La France, mais pas elle seulement, allait cesser de s’ennuyer….

((https://blogs.mediapart.fr/gwenael-glatre/blog/261211/quand-la-france-sennuie-pierre-viansson-ponte-le-monde-15-mars-1968 ))

Après « NoBillag » : assurément « Ouf », mais aussi « Gueule de bois »!

 ( France 2 présente ce lundi 16 avril à 20h50 les deux premiers épisodes d’une série récurrente qui pourrait bien s’inscrire dans le haut de gamme : « Speakerine », regard sur la télévision des années soixante du siècle dernier ) .

 

Une première image de « famille » – « Speakerine » France 2 – Lundi 16 avril 2018 à 21h00

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(Temps de lecture, trois à quatre minutes)

Plus de six semaines déjà que le brillant et homogène résultat de 70/30 est acquis. Mais le légitime « ouf » de soulagement n’effaçait tout de même un bon nombre de « Non-Mais » impossibles à distinguer, dans un premier temps, du « Non-Sans-Condition. Les analyses de ce vote restent à faire en finesse.

Une certitude : la SSR-SRG devra se serrer la ceinture en recevant un milliard et deux cent millions de l’ensemble de la redevance : il faudra se passer, durant les quatre années qui viennent,dès 2019, de quatre-vingt millions, ou même de cent, autrement dit entre 20 et 25 millions par année Les chaînes de radio et de télévision locales et régionales verront les montants qui leur sont accordés quelque peu augmenter. En 2019, la redevance des ménages s’élèvera à 365 francs, un franc par jour, chiffre simple et compréhensible. A noter en passant que si cette redevance avait été fixée à 366 francs en année bissextile, ce serait environ trois millions et demi de plus, le prix d’une série récurrente de six épisodes !

Il est aussi probable que le rendement de la publicité continue de stagner ou ou diminue. Et il ne faut pas oublier que des entreprises suisses contribuent à alléger le marché suisse à travers les fenêtres publicitaires étrangères de France et d’Allemagne ouvertes vers le marché suisse. Bref, « Non » à « No Billag », c’est bien. Mais il faut soigner une amorce de « gueule de bois ».

Certes, durant la campagne, des informations numériques ont été avancées sans en tirer toutes les conséquences. Le conseil fédéral a décidé que la SSR-SRG disposerait à partir de 2019 d’un milliard et deux cents millions tirés de la redevance de 365 francs par jour. Déjà certains milieux proches de l’UDC font miroiter d’autres baisses, si l’ensemble de la redevance devait augmenter avec une population en hausse.

Marie Gillian dans « Speakerine » – Image France 2

Il est fort probable que l’apport de la publicité stagne ou continue de diminuer. Il est aussi bon de rappeler que certaines chaînes commerciales d’Allemagne et de France ouvrent vers la Suisse des fenêtres publicitaires qui leur procurent d’agréables recettes supplémentaires. Mais le combat contre ces ponctions a été perdu il y a déjà quelques années, celui qui était alors  directeur de la RTS, Gilles Marchand, laissé seul au front.

La RTS reçoit en gros, directement ou indirectement, le tiers de la redevance. La diminution sera dès lors en 2019 de 5 à 7 millions, environ 2 pourcent de sa dotation. Une coupe linéaire générale de deux pourcent est exclue, ceci d’autant plus que le directeur général de la SSR-SRG a dit et répété qu’il voulait absolument faire une part plus belle à la fiction, sous forme de films et de séries, excellent moyen de parler aussi de notre pays, autrement que par les grandes émissions d’information du premier rideau, les multiples compétitions sportives et les un peu plus rares émissions culturelles « pointues ».

Le droit de proposition

Il est bien clair que c’est à l’entreprise de décider finalement comment procéder à cette diminution des budgets dans toutes les régions. On en saura davantage au début de l’été.

A chacun sa photo de famille – Quartier des banques – Photo RTS

Il est tout aussi évident que le droit de réfléchir à ce propos existe et que des propositions peuvent être lancées d’un peu partout. C’est ainsi par exemple que « Le matin-dimanche » pouvait, avant la votation, le 25 février 2018, proposer de « Rationaliser moyens et matériels », « Supprimer des chaînes radio-tv », « Diminuer masse salariale et cadres », « Elaguer dans les émissions » ou encore « Raboter la part dévolue au Tessin ». Pourquoi pas !

Le 22 décembre dernier, dans ce blog, sous le titre Non à « No Billag »

(https://rtsr.ch/blog/wp-admin/post.php?post=7843&action=edit)

nous avions attiré l’attention sur une solide intervention s’inscrivant dans le courant du « Non-Mais » de la part de grands « anciens », Guillaume Chenevière, Raymond Vouillamoz, Oswald Sigg et Philippe Mottaz, ouvrant certaines pistes pour une meilleure collaboration entre régions du pays.

Il est hélas vrai que sur notre RTS les émissions adaptées de Suisse alémanique et du Tessin sont très rares. ARTE, chaîne franco-allemande, sait beaucoup mieux mettre en évidence le travail des télévisions d’un pays chez l’autre.

Augmenter la part de la fiction

Paradoxale situation : il faut couper dans les budgets et en même temps augmenter la part dévolue à la fiction, selon les claires intentions de Gilles Marchand.

sans légende – photo rts

Renoncer à proposer des séries inédites, unitaires ou récurrentes, au-delà de 23h00/23h30, parfois jusqu’à une ou deux heures du matin, en profiter pour proposer des reprises plus rapides et plus nombreuses, permettrait, même modestement, de déplacer des moyens actuellement voués aux achats vers des productions propres. Et ces productions propres, inscrites dans le sillage de « Quartier des banques », permettraient d’attirer l’attention de chaînes étrangères sur la fiction suisse, tant sous forme de vente que d’échanges. Une série n’est pas seulement destinée au public de la chaîne productrice. Elle doit être un produit exportable apte à améliorer même indirectement la programmation de la chaîne d’origine.

Il n’y a aucune raison qui empêche la RTS de faire bientôt aussi bien que les pays scandinaves, Danemark, Norvège, Suède et même Finlande, et de poursuivre sa collaboration avec la Belgique. Voire d’imaginer d’autres pistes…..

Abondantes séries

(Temps de lecture : environ trois minutes !)

Quelle chance pour les programmateurs que de si nombreuses séries soient souvent accessibles à des conditions financières avantageuses. Ce sont pourtant les séries américaines unitaires qui sont dans le viseur de ceux qui veulent que les chaînes allègent leurs contributions. Pour faire des économies substantielles, mieux vaudrait raboter dans les budgets du « 19h30 » !!! Et c’est ainsi que les responsables des achats de séries sont de précieux collaborateurs pour faire couler le robinet à images, dans un excellent rapport prix/temps de diffusion.

A qualité égale, pas forcément facile à déterminer, ma préférence personnelle va à la série récurrente présentée épisode par épisode, un par jour ou un par semaine. Ce « un-pas-un » n’est pas fréquent, tant l’habitude semble prise une fois pour toutes de retransformer deux épisodes d’une série de cinquante minute en un long-métrage de cinéma avec entracte. Combattre cette forme de programmation adoptée par la RTS est vain puisque il faut proposer toute émission inédite avant son passage sur une chaîne francophone concurrente : parts de marché obligent.

L’affiche de « J’ai 2 amours », une mini-série d’ARTE proposée le jeudi 22 mars 2018, sur laquelle retour sera proposé prochainement

Séries récurrentes

 Il est évident que la série récurrente est le plus grand apport à l’enrichissement de l’audiovisuel depuis quelques décennies. Les (bonnes) surprises y sont peut-être plus fréquentes qu’au cinéma qui (me) surprend de moins en moins. Leur accès est facile, du portable aux téléviseurs de salon de plus en plus grands et perfectionnés en passant par la tablette personnelle. Mais comment voir qu’une image est belle, bien composée, bien éclairée, bien construite sur son portable ?

A l’achat, ces séries nombreuses, souvent doublées en français, sont parfois peu coûteuses, dès cent francs la minute, même après doublage. Par contre, la production autonome est coûteuse, imposant plus ou moins de pouvoir vendre une série dans d’autres pays ou de procéder à des échanges pour en assurer la rentabilisation. Le récent « Quartier des banques » aura coûté à peu près cinq millions, le sixième venu de la co-production avec la RTBF, pour un temps de projection aux environs de trois cents minutes. Mais plus de quinze mille francs la minute reste un coût encore inférieur à celui de séries tournées dans de grands pays comme la France, la Grande-Bretagne et surtout les USA. Il n’en reste pas moins qu’une série même bien enracinée en Suisse romande devrait être exportable ou échangeable pour amortir son coût de production naturellement élevé. Une série romande n’est pas faite uniquement pour deux projections sur le petit écran romand : elle doit pouvoir être exportée, vendue à d’autres pays ou échangée.

L’offre d’un jeudi soir (22 mars 2018)

 Les offres en soirée, entre 20 et 23 heures, le 22 mars 2018, un jeudi soir à peu près comme les autres, observées sur RTS1, RTS 2, TF 1, France 2, France 3, M6, ARTE et TV5 Monde, huit des plus suivies en Suisse romande , sont intéressantes à observer. « TV8 » consacre à chacune d’elle une colonne d’informations dans sa présentation améliorée!

+ RTS1 – NCIS : deux numéros d’une série récurrente unitaire, de milieu de gamme. Les 7ème et 8ème épisodes de la quinzième saison sont incapables d’apporter une surprise même minuscule

+ RTS 2 -AMERICAIN CRIME : les deux premiers numéros de la saison 3, « balancés » après 23h30, sont proposés dans une case horaire en général peu fréquentée

Phooto RTS

+ TF1 – SECTION DE RECHERCHES : épisodes 7 et 8 d’une douzième saison d’unitaires. Ce n’est pas sur TF1 que l’on rencontre les séries les plus audacieuses !!!

+ France 2 – Pas de série ce soir-là, réservé à « Envoyé Spécial »

+ France 3 – HAPPY VALLEY: les deux derniers épisodes de la première saison d’une série de six numéros, intéressante, à classer entre le haut du milieu de gamme et la bas du haut ( environ 7 sur une échelle de dix).

Happy Valley : Sarah Lancashire (Ca therine Cawood) sur le terrain (Photo France 3/BBC)

+ M6 – Scorpion : deux épisodes unitaires de la saison 4 suivis de la reprise de deux épisodes en fin de soirée de la saison 3. Le principe d’une rafale de quatre avec reprise d’un duo de la saison précédente est peut-être intéressant.

+ ARTE – J’ai 2 amours. Texte sera mis en ligne prochainement.

+ TV5 monde – Pas de séries

Pour voir le tout, quinze heures au moins eussent été nécessaires. Il fallait donc faire un choix. J’aime bien les soirées d’ARTE du jeudi consacrées à des séries originales. Tentant était aussi « American Crime », mais entre 23.35 et 01h00, sur RTS2 : trop pour une même soirée. Il est possible de profiter du « play-TV », ce qui me reste à faire. Notons en passant qu’ARTE expose en premier rideau et en rafale ses séries récurrentes ambitieuses alors que la RTS les propose parfois tardivement en fin de soirée sur sa deuxième chaîne !

De « 26 minutes » à « Mauvaise langue »

( Temps de lecture : environ trois minutes)

Depuis quelques semaines, les deux Vincent, « Veillon et Kucholl » ont quitté l’antenne du premier rideau du samedi soir pour se livrer à d’autres activités hors de la télévision. Le succès assuré de  leur « 26 minutes » un peu assagi sera assurément regretté par les programmateurs qui ont pour mission de maintenir les moyennes annuelles le plus haut possible, aux environs, pour l’ensemble de la RTS, de trente pourcent en part de marché.

La présence d’une émission vouée à l’humour est chose presque indispensable pour une chaîne généraliste. Ainsi est apparue depuis le 23 février 2018 une nouvelle émission, qui en est déjà à son troisième numéro, « Mauvaise langue », le vendredi soir vers 23h00, animée par un jeune romand qui a fait assez belle carrière en France, Thomas Wiesel. Tenir vingt-six minutes chaque semaine exige un travail presque à plein temps, d’autant que tout n’est pas terminé quand les textes sont écrits. Il faut encore enregistrer l’émission. Et quand le public est invité, l’enregistrement prend une certaine lourdeur.

Thomas wiesell (photo RTS)

« Utile », le public ?

On peut d’ailleurs se demander si ce public apporte quelque chose à l’émission. Les applaudissements assez nourris du début et de la fin sont en quelque sorte une manière de remercier la télévision de son invitation. Pendant l’émission, il y a des rires. Le texte joue parfois sur de discrètes allusions, les mots jonglent avec beaucoup de subtilité : il n’est guère étonnant, dès lors, que les rires se fassent un peu discrets, presque timides. Ils n’ont pas grand’chose de communicatif. Il faudrait oser prendre le risque de laisser rire le spectateur, seul dans son salon, sans lui imposer celui du public invité.

S’intéresser à une émission, en fait à toute émission, conduit à deux angles d’approche. On peut s’en tenir aux structures de l’émission, donc à la manière choisie pour atteindre le public. On peut aussi s’arrêter au contenu de l’émission, le comprendre puis l’analyser et porter un jugement à son propos. Les deux démarches sont très différentes. L’une traite de la forme, l’autre du fond. La réflexion critique devrait s’intéresser surtout à la forme. Retenir le fond, c’est entrer dans le « j’aime-j’aime pas » !

Le décor de « Mauvaise langue » est assez simple : un bureau, quelques sièges, un grand mur à l’arrière, sur lequel apparaissent deux ou trois images fixes successives. En cours d’émission, il est aussi possible d’insérer des documents préparés à l’avance.

Le droit de se lâcher

 L’animateur principal de la nouvelle émission est parfaitement conscient du problème. Dans « TV8 du 17 au 23 février 2018 », Thomas Wiesel écrit : Je reçois des insultes très régulièrement, des menaces plus rarement. On me reproche avant tout d’être « clivant » mais je ne sais pas faire de l’humour autrement qu’en donnant mon avis ». Situation claire pour lui : le fond s’inscrit dans la forme, sans prendre de précautions. C’est le droit de l’artiste que de procéder ainsi. C’est au chroniqueur d’éviter le mélange des genres. Certes, cette revendication est tempérée par une autre remarque : « Comme nous sommes diffusés en fin de soirée, nous avons le droit de nous lâcher ».

Thomas Wiesel et Blaise Bersinger animent l’émission « Mauvaise langue » ( Photo RTS)

 Et ce droit, Wiesel et ses chroniqueurs en usent avec gourmandise. Ils y vont assez fort, et sur des faits, et sur des personnes. A se transformer parfois en polémistes. Mais nous sommes dans une émission d’humour, pas dans un document d’information.

Oser en faire trop

 On pourrait leur reprocher d’employer du « bourbine » pour la traditionnelle comparaison entre suisses alémaniques et romands, regretter l’apparition d’un vocabulaire inutilement vert, se demander si certains allusions au dessous de la ceinture sont vraiment nécessaires. On le peut, mais ces quelques excès d’un goût parfois un peu douteux font partie du genre qui accepte le « lâcher tout ».

Aujourd’hui encore, chaque semaine, dans « Charlie hebdo », je réagis contre au moins un élément en me disant qu’ « Ils vont trop loin ». Pas loin d’avoir la même réaction après les trois premiers numéros de cette émission prometteuse. C’est donc bon signe que d’être choqué par le sentiment que leurs auteurs osent en « faire trop », dépasser certaines lignes rouges qui sont du reste personnelles.

A prendre, donc, le vendredi soir, même avec des « pincettes »…

Ondes de choc

Nouvel événement sur RTS1, ( 21 février 2018) : en premier rideau, à une excellente heure d’exposition – 20h10 – présentation du premier numéro d’une collection, « La Vallée » de Jean-Stéphane Bron, l’un des quatre réalisateurs d’équipe de « Bande à part ».

Jean-Stéphane Bron, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Ursula Meier

Lors d’un entretien conduit par Jacques Pilet, pour « Bon pour la tête », Gilles Marchand, désormais patron de la SSR-SRG, a assez clairement mis en avant la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays. On aura dans les semaines qui viennent suffisamment d’occasions pour apporter différentes pièces au dossier de l’espoir d’une accélération créatrice à travers la fiction.

« Ondes de choc » est une collection qui repose sur une démarche commune : à partir de faits divers dramatiques qui se sont produits en Suisse romande, les quatre réalisateurs et leurs équipes ont pu proposer leurs réactions face à ces événements en laissant place aussi à leur imagination.

La vallée ( mercredi 21.02.18)

La réalité sert donc de tremplin : en 2010, des jeunes Lyonnais débarquent en Suisse pour y voler des voitures de luxe. L’affaire tourne mal.

« La vallée », un film de Jean-Stéphane Bron Avec Ilies Kadri. Copyright : RTS/Philippe Christin

Mais notre première approche va d’abord rester générale : comment la notion de « collection » s’inscrit-elle dans la création audiovisuelle contemporaine. Sans la moindre hésitation, la collection peut être considérée comme une forme qui tient des exigences de la série. Pour mémoire, la série unitaire ( un sujet traité dans chaque épisode en principe par certains personnages récurrents) et la série récurrente (un même récit se déroule durant l’ensemble des épisodes) occupent de nombreuses heures de diffusion, en journée ou même parfois très tardivement. A première vue, la série récurrente est plus ambitieuse que la récurrente, dès lors qu’elle fait appel à la fidélité du spectateur.

La collection, qui n’est pas une idée nouvelle si elle reste plutôt rare, a parfois été mise en valeur, par exemple par ARTE.

« Boomerang » de Nicole Borgeat

 Raconter des histoires d’ici ? On peut même partir de deux personnages qui échangent leurs personnalités, un politicien aux idées xénophobes et une demandeuse d’asile kurde musulmane qui se réveillent dans la peau de l’autre pour aborder avec une réelle sensibilité le problème de l’émigration.

« Boomerang » entre dans une ligne assez traditionnelle de téléfilm. Il est encore possible de voir le film jusqu’au 9 mars 2017 :

https://www.rts.ch/fiction/9189813–boomerang-un-film-de-nicole-borgeat.html

Le « groupe cinq »

Plus, en remontant dans un passé tout de même lointain, on peut citer deux exemples au moins qui se sont développés en Suisse romande vers la fin des années 60 du siècle dernier, le « Groupe des Cinq » et « Quatre d’entre elles ».

Au début des années 70, Alain Tanner, Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, qui se sent tous « auteurs » de films, dans le sillage mondial des nouvelles écoles nationles ( les nouvelles vagues en France et en Tchécoslovaquie par exemple) proposent au directeur d’alors de la RTS, René Schenker, de mettre à leur disposition un budget qui permet de construire une co-production parfois ambitieuse.

René Schenker,(1920-200) ancien directeur de la RTS (1958-1973 puis de la RTSR ( 1973-1985)
( Photo RTS)

Voici deux références sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/archives/tv/culture/cinema-vif/7947728-le-groupe-5.html

https://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

Quatre d ‘entre elles

Peu avant, quatre réalisateurs de courts métrages, au milieu des année 65, qui arrivent à tourner des courts métrages, faute de trouver des moyens de financements qui n’existent pas encore –l’aide fédérale à la fiction date de la fin de années soixante – Claude Champion Francis Reusser, Jacques Sandoz et Yves Yersin- tournent chacun un court-métrage faisant le portrait d’une femme, « Sylvie » 16 ans, « Patricia » 22 ans, Erika, 31 ans, Angéle,72 ans, en un collectif « Milos-films » ( en hommage à Milos Forman dont « L’as de pique », léopard d’or ). Les quatre films, regroupés en un long-métrage, « Quatre d’entre elles » fait très correcte carrière nationale et même internationale, tiré par sa meilleure partie « Angéle » d’Yves Yersin. C’était déjà une forme de collection, permettant à quatre courts métrages de bénéficier des portes mieux ouvertes sur grands et petits écrans à la durée du long-métrage. Les trois premiers parties durent 26 minutes ( deux fois treize ) et le quatrième ( 39 mn, trois fois treize) : la collection d’alors tenait ainsi de la mini-série.

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Bien entendu, nous allons être très attentifs à la collection « Ondes de choc »

+ La Vallée – Jean-Stéphane Bron ( 21 février)

+ Sirius –Frédéric mermoud ( 14 mars )

+ Journal de ma tête ( 4 avril )

+ Prénom : Mathieu ( 25 avril )

Il y aura donc encore des textes autour de cette « collection »…

Autour des JO

RTS 2, chaque jour, pratiquement 22 heures sur 24 d’antenne, y compris avec nombreuses reprises, différentes parfois par seulement quelques mots de commentaires, c’est beaucoup, peut-être finalement à trop s’appuyer sur le côté « rassembleur » du sport-ciment helvétique. Qu’ils doivent être tristes, les Belges francophones, qui n’y ont pas droit – trop coûteux, ces JO, pour eux, qui ont un peu le même budget que la RTS, utilisé assurément de manière différente. A propos, c’est combien pour « notre » télévision? Et quel est l’apport financier du mandat de réalisation confié à la SSR-SRG pour les épreuves alpines de Corée.

De l’Or pour Cologna

Dans mon dos, les commentateurs de RTS2 réjouis décrivent les derniers kilomètres de Cologna qui va enfin offrir à la Suisse sa première médaille en or. Qui est gagnant ? Assurément, Dario C. est un athlète suisse. Serait-ce « La » Suisse ? C’est un peu beaucoup dire!

Mais quel est-il, ce sentiment, en cet instant ? Ce n’est pas du chauvinisme, heureusement. Difficile d’employer le mot « patriotisme ». A coup sûr, un réel plaisir, pourquoi avec un brin d’émotion. Tiens, en passant, ailleurs, Federer retrouve la première place mondiale! Et puis, tant pis pour la correction infligée par les Canadiens à « nos » hockeyeurs.

Seulement l’Or ?

 Curieux tout de même que l’on attribue une telle importance à l’ « Or », y compris dans les classements. Les athlètes d’un pays qui obtiendrait dix médailles en argent seraient placés loin derrière ceux du pays ayant glané seulement une d’or, en luge par exemple, au centième de seconde. Mais dans les classements officiels, on tient compte seulement des trois premiers, l’Or bien sûr, l’Argent et le Bronze, leur nombre sans pondération. On donne trop importance à l’or!

Pourquoi pas des classements un peu plus subtils, par exemple dix points pour l’or, huit pour l’argent, sept pour le bronze, puis cinq, quatre, trois, deux, un pour les cinq suivants, tous diplômés. Etre le huitième meilleur du monde, dans n’importe quelle épreuve, c’est tout de même « formidable » comme le dirait avec sa diction chaleureuse qui vous savez assurément. Il ne faut pas oublier les exploits de même ceux classés sans « diplôme ».

Trois « grands » du ski alpin

Souvenirs des années septante du siécle précédent

 Donc, beaucoup de direct et rapidement des reprises de ce direct devenu différé. A donner évidemment le sentiment de déjà-vu. On peut passer ailleurs. Ou rester, confortablement installé, à faire coexister lecture, oreille plus ou moins attentive aux mots des commentateurs plus généreux que discrets, souvent proches de ce que l’on voit, surtout s’ils énoncent leur commentaire devant de petits écrans en studio à Genève.

Mais on peut aussi se poser quelques questions sur le travail des équipes tv. Pour filmer ces luges qui descendent à toute vitesse dans des couloirs glacés, il faut bien une douzaine de caméras. Mais on a vite compris qu’une descente ressemble à une autre descente, que les centièmes de secondes, cela ne se perçoit pas dans l’image. S’insinue alors dans certains directs tout de même un certain ennui. Avec des caméras plus rares d’une grande souplesse, la patinage artistique apporte à ces compétitions la notion précieuse d’élégance et de beauté, celle de la danse.

Soirée thématique

Excellente initiative des « Docs » au soir du 9 février 2018 que de proposer deux documents sur RTS2 associés au ski. Il y eut d’abord « La descente au sommet » de Pierre Morath (21h00) consacré à la rivalité de deux champions aux tempéraments opposés. Bernhard Russi (né en 1948)  et Roland Colombin (1951), suivi d’un « Killy, un temps d’avance » de Jean-Marc Eysserie, Un document de France Télévision co-produit par la RTS. Notons en passant que Jean-Claude Killy, né en 1937, aurait peut-être pu courir pour la Suisse.

Jean-Claude Killy, un temps d’avance (Photo France Télévisions)

Excellents portraits centrés sur la carrière de sportifs dans la gloire souvent méritée de leurs exploits. Le choix est ainsi clairement fait de ne pas en dire beaucoup de leur vie familiale, de leur situation économique quand cesse la carrière sportive. On y fait certes quelques allusions à ce qu’aujourd’hui ils sont devenus.

La multiplication des directs commentés largement viendra ensuite en quelque sorte donner à des documents longuement travaillés une valeur informative précieuse que le direct peine à apporter.

( Lundi 19, à 07h00 : à suivre. )

No-Billag : Deux « Sondages d’opinion » fiables

 Quelles sont, à ce jour, les « photographies »  faites lors de « sondages d’opinion », autrement dit des sondages à valeur scientifique.

Qui est le » lanceur d’alerte » de début décembre ?

 Début apparaît un premier « sondage » fait donne un Oui à « No-Billag » à hauteur de 57 %. Mille personnes ont été interrogées sur internet.

Dans la foulée, on apprend assez rapidement que cette enquête n’a pas pris en compte le Tessin et que les « plus de soixante-cinq ans » n’ont pas été interrogés, lesquels sont souvent de « bons » clients des radios et télévisions. Qui est le commanditaire de ce sondage ? Il apparaît qu’il a été effectué par une société autrichienne, « Marketagen ». A première vue, pas très sérieux !

Mais avec un réel mérite : ce 57 % de Oui fonctionne en véritable « lanceur d’alerte ». Il provoque des réactions assez imposantes, dès le début de 2018, des partisans du NON. Rappelons, mais est-ce encore nécessaire, que dire NON à NO-BILLAG c’est dire OUI à la SSR-SRG dans ses structures actuelles, avec une redevance de 1 francs par jour dès 2019

Sondage « TAMEDIA » de mi-janvier

 Le 19 janvier sort un sondage « Tamédia » : 15’197 personnes de toute la Suisse, sont interrogées, une marge d’erreur de 1.1 % y est associée. Ces sondages sont menés par internet auprès des lecteurs des journaux du groupe, mais avec l’appui de la société de deux politologues, Lucas Leemann et Fabio Wasserfallen qui, selon le site

https://www.tamedia.ch/fr/sondage

pondèrent les résultats des sondages en fonction des variables démographiques, géographiques et politiques et permettent ainsi d’en tirer des conclusions représentatives.

Ce n’est pas le premier sondage d’opinion recueilli par « Tamédia ». Il y a donc lieu de le considérer comme fiable. Autrement dit, cette photographie de mi-janvier peut être prise en compte. Voici quelques résultats, avec nos remarques entre parenthèses :

Résultat global

+ oui ou plutôt oui : 40 %     non ou plutôt non : 59 %   indécis   1 %

( étonnamment bas, le nombre d’indécis-difficile à interpréter)

 Le rejet par région

+ suisse romande : 63 % Suisse italienne . 58 % Suisse allemande : 57 «  de NON

( on s’attendait à un écart plus grand entre romands et alémaniques )

Le rejet par classes d’âge

18-34 : 61 % / 35-49 : 56% / 59-64 : 60 % / plus de 65 : 62

( Les attentes sur de fortes différences entre jeunes et retraités étaient annoncées comme beaucoup plus fortes)

 Autres données

 64 % de non chez les femmes pour 55 chez le hommes

( Les femmes consomment-elles plus de télévision et de radio que les hommes ? Cette différence est, à première vue, inattendue)

Les « UDC » disent OUI à 73 % alors que les Socialistes et Verts ne sont que 17 % à en faire autant

( Sans surprise, la droite dure est plus dure que les autres sensibilités politiques ! Cela reflète peut-être le « trop à gauche » prononcé souvent avancé en Suisse alémanique).

Ceci encore, mais c’est une remarque générale : pourquoi les « sondages d’opinion » ne prennent-ils pas en compte le groupe souvent important des abstentionnistes ?

Sondage SSR-SRG du 20 janvier 2018

 Sur le site de la rts,

 https://www.rts.ch/info/suisse/9278043-les-suisses-rejettent-a-60-l-initiative-no-billag-selon-un-sondage-ssr.html

On y trouve des résultats détaillés sur lesquels nous reviendrons près prochainement, en particulier pour observer les différences entre les deux principaux sondages d’opinion pris en compte pour le moment.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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