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« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

La saga familiale ( à suivre )

Une enquêtrice efficace ( à suivre)

Quartier de banques ? Mérite d’être vu!

 La série récurrente, un des secteurs où la télévision peut apporter beaucoup de créativité, n’est pas seulement américaine, anglaise, française, italienne ou allemande ( même si l’on connaît mal les deux dernières sous nos latitudes francophones). Elle nous vient aussi de chaînes de Belgique, d’Islande, de Finlande, de Norvège, de Suède, du Danemark, d’Israël, etc. La RTS est capable de proposer au moins une série ambitieuse par année, depuis 2010. Pour mémoire, citons (année du premier passage à l’antenne) : « Dix » (2010), « T’es pas la seule » (2011), « Crom » (2012), « L’heure du secret I » (2012), « Port d’attache » (2013), « L’heure du secret II » (2014), « A livre ouvert » ( 2014), « Station horizon » ( 2015), « Anomalia » ( 2016) : neuf séries en sept ans. Voici « Quartier des banques », six épisodes par duos, à voir les 16, 23 et 30 novembre 8 (RTS1- vers 21h00).

« DIX », série RTS 2010, Bruno Todescini

Tour de Romandie

Toute série originale est bien entendu destinée au public de son bassin de diffusion. La RTS s’efforce de satisfaire les différentes régions regroupées dans la RTSR. Elle a donc « promené » les personnages de ses séries à Genève(Dix), dans le vignoble de la côte vaudoise (T’es pas la seule), à Yverdon (Crom), dans le Jura neuchâtelois (L’heure du secret I et II), le Bas Léman (Port d’attache), Lausanne (A livre ouvert), le Valais (Station horizon) ou la Gruyère (Anomalia). Habile tour de Romandie, que ce savant mélange de cantons (auquel manque le Jura) ou de régions. Signe peut-être de « prudence » ou d’une certaine « timidité ».

Station horizon
Une moto, une station-service, un mas et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)

Tentative de meurtre ?

Avec « Quartier des banques », nouvelle incursion à Genève. Mais il se pourrait cette fois, et ce serait très bien ainsi, qu’il s’agisse d’une ambition plus large, pour pouvoir s’inscrire dans une sorte de compétition internationale qui permet aux uns de découvrir les autres. Le « quartier » est situé à Genève. Mais il va s’agir d’une banque « locale, alors qu’en 2012, le secret bancaire est en train de céder sous les coups américains. La famille Grangier est à la tête d’un établissement privé, alors que Paul, « banquier-de-l’année », est dans le coma, suite à une prise d’insuline exagérée. Accident, tentative de suicide ? Elisabeth, éloignée de sa famille, revient pour enquêter : elle pense son frère a été victime d’une tentative de meurtre. Mais pouquoi ?

La fratrie Grangier et Me Bartholdy (PHOTO RTS)

Co-production avec la Belgique

Premier signe de cette volonté d’ouverture : les producteurs romands, dont la RTS, ont pour partenaires la RTBF. Il s’agit donc d’une co-production dont le coût dépasse les quatre millions de francs – aux environs de quinze mille francs la minute, plutôt dans le haut pour une chaîne de télévision de l’importance de la RTS. La co-production a aussi le mérite de garantir un passage ans un deuxième pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une prochaine co-production avec la Belgique majoritaire.

« Quartier des banques » s’inscrit assez bien dans la série des séries honorables produites ces dernières années par la RTS, même sans atteindre les sommets.

Tournage « Quartier des banques », avec Virginia Grangier ( Lauriane Gilliéron, Photo RTS)

Finance, banque et enquête

L’écriture permet de mélanger les questions financières internationales à travers une banque privée genevoise tout en donnant à une famille et à ses problèmes beaucoup de place, l’intrigue reposant aussi sur une sorte de « polar » avec enquêtrice non-professionnelle. Parmi les personnages importants, on citera Paul, qu’on ne voit guère puisqu’il est dans le coma dans les premiers épisodes, sa sœur Elisabeth avec sa curiosité, bien interprétée par l’actrice belge Laura Sepul. Forte présence aussi de Féodor Atkine, dans le rôle de Me Bartholdy, le conseiller juridique de la famille Grangier.

Quartier des Banques:

Paul et Virginia  Grangier (Photo RTS)

Voici quelques-unes des raisons d’être curieux. Bien entendu, nous y reviendrons après le passage à l’antenne de deux premiers épisodes, en premier rideau le jeudi 16 novembre 2017 vers 21h00, pour parler qualités … et défauts.

 

Tarik Ramadan!

 Beaucoup de lectures sur ce sujet, des pages entières dans « Le Monde » par exemple, des témoignages multiples, vannes ouvertes par Harwey Weinstein, autour de Tarik Ramadan; et même dans la très sérieuse presse calviniste, la « Tribune de Genève ». Curieuse réaction de ma part, ce lundi au matin du  6 novembre  2017: sur google taper : Tarik Ramadan, rts – la radio . Apparition rapide de quelques références :écouté celles de radio romande de service public. Etape suivante, idem avec télévision : apparition immédiate d’un « Infrarouge ». Bien: et moi qui allais m’indigner du silence tv, de la lenteur de la tsr à s’intéresser à ce sujet en dehors de ses journaux quotidiens divers avec de courts sujets.

Portrait trouvé sur le site de la RTS

Présomption de culpabilité

On peut écouter la radio même distraitement, tout en vaquant à d’autres occupations. Lors d’un débat en télévision, le visage et son expression qui porte les mots me semblent être un élément important du témoignage. Il faut écouter et regarder. On y aura beaucoup mentionné la « présomption » d’innocence : comme si la vérité ne pouvait surgir que du jugement d’un tribunal constitué. Pourquoi pas plutôt s’interroger sur la présomption de culpabilité : dans le cas Ramadan, je m’inscris parmi ceux qui pensent en effet qu’il n’y a pas de fumée sans feu, formule qui du reste permettrait de déraper.

Une « Une » de « Charlie Hebdo », version « censurée » (Novembre 2017)

Incompris ou dangereux

Romaine Jean reprend donc du service. Oui, mais avec deux invités près d’elle, Tariq Ramadan et Lionel Favrot. Il m’aura tout de même fallu quelques secondes pour comprendre qu’il y avait quelque chose de différent à « Infrarouge », pas de trois contre trois en pugilats verbaux et verbeux. Curieux de constater que pour parler de l’islam, le titre choisi était «  Tarik Ramadan, incompris ou dangereux », étrange personnalisation d’un problème de société. Cela se passait le 27 octobre 2004 !

Démasquer Ramadan

« Tarik Ramadan commenté par « Mix&Remix » quand la RTS osait insérer dans l’émission un « regard » de caricaturiste

Pris donc un peu plus d’une heure pour revoir cette émission vieille treize ans, avec un angle bien précis. Pouvait-on alors « deviner » certains aspects d’une personnalité qui se trouve aujourd’hui dans une position disons un peu désagréable. Lionel Favrot y avait été convié car Caroline Fourest s’était alors désistée. Peut-être savait-elle déjà une ou deux choses de la face cachée de M.Ramadan, elle dont elle vient d’écrire : « Démasquer Ramadan m ‘a coûté treize ans de calomnies et quelques menaces ».

 Ainsi noté au passage quelques remarques qui prennent un autre sens aujourd’hui ou éclairent une personnalité d’une étrange lueur:

+ l’ancien doyen d’une école du cycle obligatoire de Genève se refusait à regarder des films où il y a de la pornographie ;

+ la violence conjugale n’est pas islamique puisqu’elle est interdite ;

+ l’avis d’un grand muphti de Marseille n’a pas de valeur puisqu’il était alors mis en examen suite à des interventions de sa femme ;

+ chacun doit décider de ses normes de pudeur.

Etc… Et alors ? Pas de commentaire.

Broadchurch, saison 3 : la grande forme

 Les deux premières saisons de cette excellente série britannique connurent un immense succès. La saison 1 fut proposée par la RTS fin 2013, début 2014 et la saison 2 projetée du 3 au 17 avril 2015. Surprise : pas de saison 3 sur la RTS, qui n’a ainsi pas su «prendre de vitesse » France 2, sa concurrente française comme si souvent elle parvient à le faire. Il serait intéressant de savoir pourquoi la RTS ne présente pas en avant-première cette troisième saison, annoncée par son producteur britannique comme la dernière. Elle se déroule trois ans après la deuxième.

D’une saison à l’autre

Première saison : meurtre d’un enfant. Deuxième saison : procès du meurtrier au dénouement inattendu et apparition de certaines révélations sur le passé d’Alec (David Tennant), capitaine de police qui forme un duo avec Elie Miller (Olivia Colman), lieutenant, parfaitement intégrée à Broadchurch, petite ville imaginaire du Dorset, au sud de l’Angleterre, en bord de mer proche de falaises qui dominent des plages de sable.

Elie et Alex : aussi pour la falaise ( Photos Fr 2)

Dans les deux premières saisons, l’affaire policière puis sa composante judiciaire, bien conduites, ne forment pas la composante principale du récit. Bien sûr, meurtre il y a, d’un enfant qui plus est, puis procès avec coupable qui se déclare non coupable. Le centre de l’intérêt se porte le duo d’enquêteurs, mus par leur professionnalisme et une amorce de respect mutuel, sur plusieurs habitants de la petite ville provinciale et ses superbes falaises maritimes.

La troisième saison commence par la découverte, un mardi matin, d’une femme hagarde, qui se tait . On comprend peu à peu qu’elle a subi une violence sexuelle en pleine nature. Mais le viol a eu lieu le samedi soir, lors d’une fête organisée dans une grande maison à l’écart de la ville. Les dix premières minutes se bornent à suivre une longue conversation entre les deux inspecteurs de police. Mais dès que l’enquête commence, on retrouve la ville, ses alentours, des personnages, comme clergyman et son église presque vide, la journaliste du quotidien local qui va cesser son activité, la famille Latimer qui reçoit une indemnité financière dérisoire après la mort de Danny, etc. Le téléspectateur ne se trouve pas en terre inconnue… Apparaissent aussi de nouveaux personnages, comme l’assistante de police, Katie (Georgina Campbell).

Deux jours de silence

Première démarche des enquêteurs discrets : pourquoi la victime, Patricia Winterman, attend-elle deux jours avant de se faire connaître. Sa mémoire est-elle obscurcie par la violence de l’acte ou masque-t-elle un comportement personnel bizarre ? Elle avait consenti le matin même du samedi à une relation sexuelle avec un partenaire dont elle refuse de donner le nom. Et elle décrit avec une précision éprouvante son viol du dimanche matin.

La victime de la saison 3

Certains des collaborateurs à l’écriture du scénario ont consulté des thérapeutes spécialistes du viol et de ses conséquences sur les victimes, sujet dont on parle beaucoup à l’heure actuelle. La série existait avant la vague qui déferle actuellement. Sa rigueur informative est à porter à son actif.

Un acte prémédité

Dans un premier temps, le viol n’est pas rendu public par les enquêteurs qui peuvent ainsi amorcer leur travail avec une certaine sérénité, avec des effectifs réduits. Mais il se passe des choses bizarres. Alec, avant Elie, acquiert assez rapidement la conviction que le violeur assistait à la fête du samedi soir, que son acte était prémédité, comme certains détails de son exécution le font penser. Il y a risque de récidive, donc nécessité d’être efficace. De ce qui s’est passé, certains ne sauront que ce que la police voudra bien dire dans une conférence de presse. Les enquêteurs suivent plusieurs pistes. Le téléspectateur finit par soupçonner un peu tout le monde. Cela fait partie du « plaisir » pris à « fréquenter » certains personnages souvent attachants.

Tournage

Les interprètes, et ce n’est pas une surprise, sont dans l’ensemble excellents. La mise en scène, souvent concentrée, dans certaines séries récurrentes, sur des dialogues, connaît aussi le poids d’un silence, le sens d’un geste, la richesse d’un regard. La deuxième saison, un peu dramatiquement dispersée, ne fut pas tout à fait au niveau de l’excellente première. La troisième, après ses deux premiers épisodes, semble bien rejoindre la première.

This is us

 Une accumulation de bonnes surprises, à travers cette série américaine qui s’installe tranquillement dans le haut de gamme. Pour un premier survol, des images pour présenter les personnages principaux,  des remarques qui devront être précisées au fur et à mesure que les personnages évolueront vers ce qu’ils tentent d’être.

Chaque personnage, ou presque, parfois solitaire, est à la recherche de ce qui lui manque. Kate souffre d’obésité, mais ne parvient pas à maigrir. Son copain, Toby, plutôt fort, la pousse à exposer en public la qualité de son chant. Kevin supporte mal son rôle sans nuances dans un sit-com populaire qui ne lui permet pas d’exprimer son talent. Rebeccca et Jack, parents des jumeaux, eurent peine à accepter l’enfant noir trouvé devant un hôpital qui servit alors de substitut au troisième bébé mort-né. Randall, pas très heureux dans l’exercice de son métier d’avocat, est à la recherche de son père adoptif. Ce sera William, qui finit par imposer au couple sa présence, mais révélera peu à peu une nature de grande richesse.

Les huit personnages principaux, de gauche à droite, Randall et Beth, Toby et Kate, Rebecca et Jack, Kewin et William

Les images insérées dans ce texte permettent de « faire connaissance » avec certains d’entre-eux. La première n’est pas tirée d’une scène de la série. C’est une photo de « famille », puisque six des huit personnages sont des Pearson, alors que quatre sont nés un 31 août, en 1944 ou 1980. 36 ans les séparent. Nous sommes en 2016, 36 ans plus tard!

D’autres remarques et images seront mises en lignes prochainement……

Votations tous azimuts

(Temps de lecture : environ deux minutes)

On votait beaucoup, ce dernier week-end : élections allemandes, votations fédérales suisses, cantonales et parfois locales. Comment les a-t-on vues et entendues sur la seule RTS dimanche dès 19h30 et lues lundi 25 septembre 2017 dans deux quotidiens, l’un régional, « L’Express » et l’autre romand , « Le temps » ?

« L’express » 

Cinq pages sur trois sujets cantonaux. Le peuple neuchâtelois refuse l’Hôtel judiciaire à la Chaux-de-Fonds : une « vengeance » après l’échec récent de l’hôpital principal qui eut été installé dans le Bas ? Deux pages sur les trois sujets fédéraux et un peu moins d’une page pour l’Allemagne, comme pour la victoire de Xamax contre Winterthour. Normal pour un quotidien régional.

« Le Temps » 

La « Une »pour résumer l’actualité, du local à l’Allemagne, avec un grand titre : « Retraites : et maintenant ? ».Votations fédérales, deux pages. Une page pour Neuchâtel, avec petite place pour « L’agriculture indigène » et « Nyon » qui refuse un emplacement pour construire un centre pour requérants d’asile. Une page pour le nouveau Théâtre de Carouge et le maintien de deux langues dont le français en primaire à Lucerne. Une page pour l’Allemagne. Normal pour un quotidien généraliste suisse romand.

RTS1/RTS2

Couverture des votations fédérales et certainement les autres en bonne partie comme d’habitude, c’est-à-dire en bonne quantité, probablement de bonne qualité. Un survol au « 19h30 »prolongé. Dans les avant-programmes de couleur verte parus il y a trois semaines, rien d’annoncé sur les élections allemandes pour la soirée du dimanche 24 septembre 2017.

Sur le site de la RTS, ce lundi matin encore, le programme de RTS 2 de dimanche est incomplet, passant de « Al dente » à 20h15 à « Che Guevara » à 22h40,( « Guide tv » annonce le passage à 21h10 !). Je n’avais rien trouvé annonçant que la RTS allait ce dimanche soir effectuer changement de programme, une collaboration réussie entre francophones. TV 5 Monde, la »RTBF » et la « RTS » ont mis sur pied, à Bruxelles, une émission commune qui aura duré près de nonante minutes, qui n’était pas improvisée en dernière minute ! Isabelle Ory était présente à Bruxelles. La RTS avait mis à disposition quelques chapitres de la vie de celle que d’aucuns nomment « mutti » !

Il aura fallu peu de temps aux différents invités pour saisir les conséquences du vote affaiblissant les socialistes allemands et le centre-droit traditionnel qui soutient Mme Merkel. La « grande » coalition qui disposait d’une confortable majorité ne sera pas prolongée, comme l’ont annoncé les socialistes. Il faudra bien en former une nouvelle, avec le parti de Mme Merkel, les libéraux qui refont surface et les écologistes qui sortent légèrement renforcés de ces élections. Les invités, allemand ou belges, français ou suisse ( le journaliste suisse Frank A.Meyer) qui s’expriment tous en français, se sont efforcés de poser les bonnes questions sur l’avenir en évaluant les solutions pour un nouveau gouvernement qui risque bien de ne pas être opérationnel avant plusieurs semaines.

On peut  donc se féliciter de cette collaboration entre francophones de TV 5 monde, de la RTBF et de la RTS. A Bruxelles, les tables du décor forment un triangle isocèle réunissant les animateurs et faisant place à deux groupes d’invités qui avancent dans la discussion sans le moindre esprit d’affrontement, qui n’interdit pas une vision personnelle appuyée d’arguments de la nouvelle situation politique en Allemagne. Un gros point d’interrogation, qu’un député invité grec aura contribué à bien poser : quelle Europe après ces élections allemandes qui ont vu l’extrême-droite « désagréable » progresser significativement? Entre-t-on, aussi en Allemagne, dans un repli nationaliste qui passe entre autres par le Brexit ou est, en France, solidement installé au Front National?

Une excellente soirée sur RTS 2, d’autant plus qu’elle fut suivie d’un portrait lucidement et amicalement tracé de la naissance du mythe « Che » Guevara.

Importance du décor pour un débat d’idées

Les images d’animatrices de débat sont plus nombreuses que celles des décors! (Temps de lecture : environ trois minutes).

Dans tout débat, il y a au moins deux personnes, celui ou celle qui interroge et l’invité(e), en face-à-face. Dès que le nombre augmente se pose un problème de pure organisation : comment disposer les intervenants, que faire du public composé d’invités qui n’interviennent pas ?

Des comparaisons sont intéressantes à faire entre « C..dans l’air » (France 5- Caroline Roux), « 28 minutes » ( Arte-Elisabeth Quin) et « Infrarouge » (RTS 1-Esther Mamarbachi), émissions quotidiennes ou hebdomadaire placées sous responsabilités éditoriales féminines. Seule la RTS accueille un public comme au spectacle, lequel applaudit au début et à la fin sans jamais intervenir. Il n’apporte rien à l’émission elle-même, mais peut-être sa présence conduit-elle certains intervenants à « amuser-la-galerie ». La RTS accomplit un geste certainement apprécié de relations publiques à l’égard de quelques dizaines de téléspectateurs, chaque semaine, espérons-le ravis de découvrir l’envers d’une émission et son décor, de croiser en coulisses les intervenants et d’entendre le lendemain les remarques du genre « On-t’a-vu-à-la-télé » !

L’animateur peut donc être seul ou accompagné de collègues (comme dans « 28 minutes » ) pour recevoir plusieurs intervenants, au moins quatre. Ceux-ci sont ou bien des « experts » qui apportent leur vision du sujet abordé ou des «combattants » regroupés en deux camps qui vont s’affronter, en particulier s’il s’agit de répondre par un oui ou un non lors d’une prochaine consultation populaire. L’organisation dans l’espace du décor va donner un sens à la tonalité du débat.

France 5

Le décor récent, Caroline Roux de dos (Photo France 5)

 «C..dans l’air », maintenant souvent animé par Caroline Roux, utilise le demi-cercle de la table ronde dont la partie manquante est occupée par le téléspectateur invité à assister au débat. Une table ronde ne conduit pas à des affrontements. C’est le lieu d’une discussion qui permet de faire le point, d’additionner des informations, de les interpréter, d’écouter les positions des uns et des autres qui ne cherchent pas à avoir raison. Le téléspectateur conserve sa liberté d’appréciation.

Caroline Roux,le 1511.2016, titre de l’émission, « Hollande/Trump : çà chauffe! »( Photo France 5)

28 minutes

« Elisabeth Quin, principale animatrice, est accompagnée pendant tout l’émission de deux journalistes de la chaîne, préparés pour intervenir sur un aspect du sujet principal. D’autres interventions s’inscrivent dans l’émission. Trois invités, issus de la société civile, leur font face. Les blancs et les rouges dominent. La table transparente, formant un polygone avec des angles « doux », s’inscrit dans un cercle sans heurter l’œil. Le décor est ainsi amical, reposant, convivial. Il convient à une émission où les avis s’additionnent.

Elisabeth Quin devant le 8 de « 28 minutes » qui en dure environ 40 (Photo Arte)

Un autre participant se fait discret, le dessinateur dans le studio, que l’on ne voit pas dans les plans d’ensemble. A plusieurs reprises, l’animatrice en appel à son ou ses dessins qui résument la discussion et surtout la commentent avec un humour indéniable et en frappant souvent juste : utile rappel d’indispensable esprit critique. Il y a fort longtemps, « Infrarouge » faisait appel à Mix&Remix. Son absence a appauvri l’émission.

Infrarouge

L’ensemble du décor d’Infrarouge (PhotoRTS)

« Infrarouge », dès son ouverture, offre un savant désordre de cercles parfois brisés, plus ou moins tordus qui s’inscrivent les uns dans les autres. De sièges rouges accueillent le public.Un rouge presque « rageur » est ainsi mis en valeur par les blancs. L’animatrice siège seule devant une surface blanche qui ressemble plus ou moins à un triangle isocèle. Mais au lieu d’un sommet, l’œil est attiré par deux segments brisés formant ainsi deux pointes presque agressives installées devant une base solide. Un groupe de deux ou trois personnes se trouve à droite de l’animatrice, un autre d’égale importance lui fait face.

Un détail tourmenté et coloré du décor d’Infrarouge,  24 juin 2o16 ( Photo RTS)

Le décor d’ « Infrarouge » est donc construit pour mettre en scène l’affrontement entre groupes si possible agressifs, qui obéissent plus ou moins à un arbitre qui donne des ordres pas toujours suivis ou des directives pas forcément écoutées.

Mais « Infrarouge » organise tout de même un certain nombre d’émissions dans ce décor pour  face-à-face conflictuel dans un esprit plus serein d’écoute réciproque beaucoup plus enrichissant pour le téléspectateur. L’émission du 6 septembre 2017, intitulée « Corée du Nord : vers une guerre nucléaire », fut d’un niveau remarquable, équivalent à celui de «  C.. dans l’air ».

Esther Mamarbachi et Alexis Favre, le duo de 2017 pour l’animation d' »Infrarouge »
( Photo RTS)

Un peu plus de séries suisses?

Bilan romand : trois tous les deux ans !

(Temps de lecture : environ trois minutes / Quatre images du tournage de « Quartier des banques », série RTS -Point Prod à l’antenne en novembre 2017)

Pour mémoire, citons les séries récurrentes de fiction de la RTS depuis 2010 ( année de projection) :

2010 : « 10 », « En direct de notre passé »

2011 :   « T’es pas la seule »

2012 : « Crom », « L’heure du secret I »

2013 :« Port d’attache »,

2014 : «  L’heure du secret II »,   « A livre ouvert »

2015 : « Station horizon »

2016 : « Anomalia »

2017 : « Quartier des banques »

En huit ans, onze séries ont été produites par la RTS, ce qui donne un rythme de trois séries tous les deux ans, mais une seule par année depuis 2015. Le budget d’une série d’origine entièrement romande peut dépasser les trois millions.

A noter que le Tour de Romandie des lieux d’action est à peu près complet : Vaud la Côte ( T’es pas la seule), Yverdon (Crom), Jura surtout neuchâtelois, deux fois (L’heure du secret), Lac de Genève (Port d’attache), Lausanne ( A livre ouvert), Valais (Station horizon), Fribourg ( Anomalia), Genève (Quartier des banques).

Faire des économies

 Serpent de mer au rendez-vous, décidément presque annuel, les économies : (« Le temps » – 23 août 2018 – dans un texte de Nicolas Dufour, intitulé « La RTS veut se rapprocher de son public » :

« Chargée de faire des économies, la RTS a notamment réduit son rythme de production de fictions. Cette année, une seule série sera lancée, mais sur laquelle la chaîne, avec des partenaires belges, mise beaucoup « Quartier des banques », drame familial en milieu financier ». (sortie probable le 9 novembre  2017)

 Booster la fiction

 En novembre dernier, au cours d’en entretien paru dans la « Tribune de Genéve » ( 26/27 novembre 2016), le futur patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand disait :

J’aimerais booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries. C’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens, des partenaires. Je suis prêt à collaborer avec les cablo-opérateurs et les entreprises de télécoms pour y arriver(..) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses.

 Entre le moment où la décision est prise de mettre en production une série, parfois après une longue période préparatoire, et l’apparition du résultat à l’écran, trois années au moins peuvent passer. Il n’y a pas de contradiction entre une seule série nouvelle sur l’écran de la RTS en 2017, toutes décisions à son propos prises par son directeur, et une déclaration d’intention pour le futur, qui ne peut pas être concrétisée avant 2018 ou même 2019. Il n’en est pas moins important de rappeler les intentions du patron de la SSR-SRG à moyen terme.

Viser l’international

 La production de séries, depuis assez longtemps déjà, prend une place de plus en plus grande dans le monde télévisuel de l’imaginaire. Mais une série peut aussi connaître une carrière économique intéressante, par des ventes ou des échanges avec d’autres chaînes.

 

Les USA, dans la fiction spécifiquement télévisuelle donc la série, dominent le monde, comme le fait le cinéma hollywoodien. Mais le petit écran et ses dérivés, avides d’heures de fiction, font bon accueil à d’autres fournisseurs. On connaît assurément mieux les séries venues d’Islande, d’Israël, de Belgique, tant francophone que flamande, d’Israël, de Norvège, de Suède et surtout du Danemark que le cinéma issu de ces pays.

Une série exportable finit par contribuer au financement d’une autre série. Les pays que nous venons de citer sont tous exportateurs. Les séries suisses, avec ses trois chaînes nationales basées sur trois langues, peinent à trouver des diffusions à l’étranger.

On peut donc, en prenant acte du « désir » de fiction exprimé par celui qui est désormais le patron de la SSR-SRG, souhaiter qu’une série suisse (romande) puisse conquérir non seulement le public régional en premier rideau le samedi soir, mais aussi des chaînes de diffusion dans beaucoup d’autres pays. Ce serait un moyen de « booster » la fiction produite par notre télévision.

Serpent venimeux inattendus….

 ((Temps de lecture : environ trois minutes. Les images sans légende qui illustrent ce texte proviennent du site de France 4))

J’ai une sorte d’allergie aux serpents, parfois avec une amorce presque physique de froid dans le dos en en voyant l’un ou l’autre en mouvement sur le grand écran d’une salle comme le petit d’un salon ( Suivre la télévision sur un téléphone portable n’est pas possible.. puisque je continue de vivre sans portable !).

Cela vient de très loin, de l’enfance, d’une rencontre sur une route avec un serpent dont j’imaginais qu’il était dangereux, courageusement écrasé, puisque ce devait être une vipère, avant d’apprendre que j’avais occis un pacifique orvet ! Quel lien entre cet « meurtre » gratuit et inutile et l’allergie à l’image de n’importe quel serpent ? Ce sentiment désagréable, à la vue de l’image de n’importe quel serpent, subsiste.

Au hasard du « pitonnage »

 Ce samedi 19 août 2017, il y avait « Les coups de cœur d’Alain Morisod » (RTS1), des « Voice kid » ( TF1), les exploits de « Fort Boyard » ( France 2), « NCIS » ( M6) ! J’ai failli, comme souvent le samedi, passer un début de soirée avec le sujet historique d’ARTE, toujours porteur d’un potentiel informatif qui permet de ne pas éprouver le sentiment d’avoir perdu son temps. Mais je n’ai pas résisté à la tentation de savoir si mon « froid-dans-le-dos » à la vue de serpents persistait. France 4 proposait une mini-série en rafale, quatre numéros de quarante minutes environ avec comme titre « Les dix serpents les plus dangereux » à découvrir au Costa-Rica, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Chine. Ce ne fut du reste pas un succès d’audience en France, à peine une part de marché de 1.3%, équivalent à 226.000 personnes ( source www.toutelatele.com qui affiche dans la matinée les audiences du jour précédent- pas en Suisse, en France !).

Territoire non desservi !

Oh miracle personnel : pas le moindre frisson dorsal ! Une émission magnifique, qui rend même presque supportable la rafale de quatre épisodes alignés les uns après les autres. Trois heures de suite avec, dans chaque pays, le dix plus dangereux serpents venimeux. A un détail près : vu seulement trois serpents de Chine, le dernier apparaissant fort tardivement à 23h40.

Je me proposais de voir la fin le lendemain, grâce aux reprises. Chose faite dimanche matin : « Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique. Qui est le responsable de cet accès impossible ? Le détenteur des droits qui veut pouvoir vendre son produit en Suisse ? La RTS qui, ayant acheté les droits, ne veut pas se faire brûler la politesse par le voisin? Mais à qui donc s’adresser pour connaître le réponse ? A la médiatrice de la RTSR, pour porter plainte contre ce qui revient à une interdiction d’accès à une émission proposée par une chaîne généraliste d’un service public étranger ? Reste à faire un autre contrôle : par le « replay qui permet de tout revoir sur son propre téléviseur. Contrôle pas encore fait lors de la mise enligne de ce texte

Nigel Marven, un vrai « conteur »

Il faut alors dire le pourquoi de ce qui fut cette surprise conduisant à un véritable plaisir. Voici un autre souvenir lointain, celui d’André Voisin, de l’ORTF, qui animait une émission, « Les conteurs », donnant la parole à des « anonymes » habités par leur don de raconter leur vie, leur quotidien, avec leurs mots, leurs accents, leurs rythmes. Nigel Marven, producteur de télévision et zoologiste, aurait très bien pu être l’un de ces conteurs parfaitement à l’aise pour employer le verbe qui presque sans interruption appuie sa présence.

Il y a donc le Verbe, précis dans l’information sur les caractéristiques de chaque serpent parfois découvert sous nos yeux à l’aide d’un crochet habilement manipulé. Il exprime, dans sa langue maternelle, l’anglais, son admiration lucide pour la beauté des animaux qu’il montre. La traduction en français respecte respecte la diction de la langue originale.

Des plages contemplatives

La construction de chaque épisode respecte le parti-pris initial, montrer dix serpents venimeux, remontant du dixième au premier, du moins au plus dangereux. Des arrêts permettent de résumer la situation et d’ouvrir des parenthèses contemplatives. Puisque certains reptiles se nourrissent d’oiseaux , voici certains d’entre-eux. La tête de ce serpent ressemble à celle d’une tortue, on en rencontre une vraie. Une vipère aux couleurs vives est accompagnée d’un dicton populaire : rouge sur jaune tue la faune.

Nigel Marven emporte l’adhésion parce qu’il parle bien de ce qu’il aime transmettant ainsi son plaisir. Un conteur parle de ces reptiles qui font parfois « froid-dans-le-dos », avec des images fascinantes autant que belles. Il se met en scène avec son enthousiasme qui ne nuit pas à l’information scientifique. Des moments rares offerts par le petit écran…..

De la concession au plaisir….

Le direct pour les sports sur petit écran est un impératif qui joue contre la volonté de respecter un horaire strict, parfois à la seconde près (lancement à 19 :30 :00 du « Téléjournal » RTS). Les « fans » de sports sont gâtés par la SSR-SRG donc la RTS, qui se proclament fières de consacrer autant de temps aux sports. Ces jours, à force de regarder du football européen féminin, de l’athlétisme mondial, j’en oublie de « nourrir » ce blog ! Regretter le trop-plein de sports n’interdit pourtant pas de prendre plaisir à suivre certains d’entre-eux.

L’inattendue équipe gagnante, la Holande : tout simplement le plaisir offert par du très beau football !(photo rtssporrts )

Les quatre pôles de la concession

Il est bon de se rappeler ce que l’on peut attendre du petit écran et de ses multiples autres supports de programmes, selon la concession qui est accordée à la SSR-SRG par la Confédération qui n’impose rien dans le domaine du sport:

La SSR contribue:

  1. à la libre formation de l’opinion en présentant une information complète, diversifiée et fidèle, en particulier sur les réalités politiques, économiques et sociales;
  2. b)  au développement de la culture, au renforcement des valeurs culturelles du pays et à la promotion de la création culturelle suisse, en tenant particuliè- rement compte de la production littéraire, musicale et cinématographique suisse, notamment en diffusant des émissions émanant de producteurs suisses indépendants et des émissions produites par elle;
  3. c)  à la formation du public, notamment grâce à la diffusion régulière d’émissions éducatives;
  4. d)  au divertissement.

Le divertissement le plus populaire est celui qui obtient les meilleures parts de marché. Certains sports s’inscrivent parmi les divertissements les plus appréciés.

L’équipe suisse, qui échoue avant les quarts de finale : le plaisir inattendu  d’un  football de qualité un peu irrégulière- (photo RTS SPORTS)

Une bonne place est accordée à l’information, de la brève du quotidien (les téléjournaux) aux soirées thématiques consacrées à un même sujet (les mardis d’ARTE, certains mercredis soirs de la RTS) en passant par les magazines de réflexion relativement courts (Mise au point) au plus développés(Temps présent). Les émissions éducatives sont plutôt rares.

Reste parfois un peu de temps d’antenne pour des émissions culturelles, y compris celles qui abordent l’information alors replacée dans son contexte. Les plus intéressantes jouent sur la sensibilité du propos, sur l’élégance de l’expression, la valeur ajoutée par la beauté. Les heures de grande écoute sont rarement réservées à l’enrichissement culturel.

Pour la culture, la radio, plus souple, sans publicité, moins soumise au grand nombre, fait mieux que la télévision. Mais comme j’ai choisi depuis presque toujours de donner la priorité à l’audiovisuel, je ne marque pratiquement pas de temps d’arrêt radiophonique, autrement qu’en étant assez fidèle au « Mezzo » du petit écran.

Prendre plaisir…

Le plaisir de (re)voirJeanne Moreau, forcément sublime en Célestine, et qui le restera, ne serait-ce que pour les bottines que Bunuel lui fit porter dans « Le journal d’une femme de chambre » ( photo ARTE)

Donner une priorité personnelle à la valeur culturelle et à l’information sans mépriser le divertissement conduit forcément, pour suivre les programmes tels qu’ils sont officiellement proposés par les chaînes, pour à se transformer quelque peu en « oiseau de nuit ». Bien sûr, la multiplication des accès à une émission, par les « play tv » et les « replay » sur internet donne la liberté de l’heure d’accès. Mais je me libère alors mal de l’étrange sentiment d’être seul à voir une émission qui n’est pas accessible à d’autres au même moment.

Une exigence dépasse le divertissement, l’information, l’enrichissement culturel: c’est le plaisir que l’on à éprouve à suivre un développement audiovisuel avec la richesse de son propos, les qualités de sa présentation. Ecrire dans un blog sur la télévision, c’est aussi le plaisir de partager son propre plaisir et parfois d’expliquer les raisons d’un rejet plus ou moins violent. Reste à souhaiter que le lecteur prenne plaisir à voir ces images et à lire  leurs légendes….

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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