15.10.2019 - Emission

Soirée spéciale avec la diffusion du documentaire «Les dames»

«Les dames» fait la lumière sur l’intimité de cinq sexagénaires qui mènent un discret combat contre la solitude.

Mercredi 30 octobre 2019 à 20h05 sur RTS Un

Elles sont célibataires, veuves ou divorcées, elles ont eu des enfants, des maris, un travail, ont une vie derrière elles mais aussi une vie à venir… le documentaire Les dames fait la lumière sur l’intimité de cinq sexagénaires qui mènent au jour le jour un discret combat contre la solitude, à un âge où les hommes ont déserté leur paysage affectif.

Comment est née l’idée du film?

Stéphanie Chuat: En premier lieu, par l’angoisse toute personnelle de nous retrouver «entre femmes». En effet, nous avons remarqué que la société se féminise nettement dès le passage à la retraite… L’idée du film est d’abord due à l’appréhension d’une perspective de vie où les hommes se font de plus en plus rares, attirés très souvent par des femmes nettement plus jeunes. Afin de conjurer peut-être cette angoisse, nous avons eu envie de mettre en lumière ces femmes sexagénaires qui se sentent invisibles aux yeux de la société.
Véronique Reymond: Et c’est en les côtoyant au quotidien que nous avons réalisé à quel point elles sont riches, pleines de vie, de désirs multiples. Elles nous ont vite impressionnées par leur courage, un courage discret, à renouveler au quotidien.

Sur quels critères avez-vous «casté» vos cinq protagonistes?

V. R. : Lors de la diffusion en 2014 de notre série A livre ouvert, nous avons lancé un «Appel à dames» via la presse. Les femmes intéressées par notre projet pouvaient appeler un numéro et laisser un message sur le répondeur à disposition. Nous avons reçu plus d’une centaine d’appels. Ça nous a fait un choc, on ne s’attendait pas à un tel enthousiasme… Un désir de parole qui a confirmé en quelque sorte la nécessité pour nous de faire le film. Par la suite, nous avons fait une présélection puis avons rencontré une trentaine de protagonistes potentielles. Le choix final s’est porté sur un mélange de parcours personnels qui nous semblaient représentatifs de la réalité de ces femmes, doublé du sentiment qu’une relation «vraie» pouvait se développer entre elles et nous dans le cadre du tournage.
S.C. : La sincérité est en effet essentielle sur ce projet qui repose sur la captation des protagonistes dans leur vie de tous les jours, dans leur intimité, en évitant bien sûr le voyeurisme. Nous avons surtout choisi des femmes chez qui nous avons senti un profond besoin de communiquer et transmettre quelque chose de leur vie aujourd’hui.

Ont-elles accepté facilement d’être suivies et filmées?

V.R. : Oui car comme elles répondaient à cet «Appel à dames», elles voulaient faire entendre leur voix et témoigner de leur vie, de leurs projets. Exister. Ensuite, il a fallu les habituer à la caméra… Pour ces femmes qui n’ont jamais été confrontées à une équipe de tournage, il s’agissait d’abord de les «apprivoiser», afin qu’elles se comportent comme si on n’était pas là…
S.C. : On a d’ailleurs fait appel à un seul caméraman car il était important pour nous que ce soit toujours la même personne qui les filme, pour qu’une relation se crée directement entre elles et la caméra et qu’elles oublient qu’elles étaient filmées.»

Avez-vous rencontré des difficultés pendant le tournage?

S.C. : La principale difficulté durant le tournage a été de gérer l’agenda sur une année, et de faire concorder les divers moments que nous souhaitions capter avec le planning de notre chef opérateur. Le tournage s’est fait avec une petite équipe, ceci dû en partie à notre budget limité. Les Dames a en effet été un film difficile à monter financièrement car mis à part la Radio Télévision Suisse et des fondations privées, personne au départ ne faisait confiance à ce projet pas assez «glamour» à leurs yeux. Parler de femmes invisibles, c’est un vrai défi…

A l’issue de la diffusion de ce documentaire, Infrarouge complétera cette soirée spéciale dès 21h40. En compagnie des réalisatrices et d’autres invités, le journaliste Alexis Favre animera une discussion autour du thème de la vieillesse et de la place des retraités dans notre société.