03.03.2020 - Info

«Les scénaristes jouent un rôle fondamental»

Patrick Suhner, producteur éditorial à l'unité fiction de la RTS ©SRG SSR

Interview de Patrick Suhner, producteur éditorial à l'Unité fiction de la RTS.

La deuxième saison de la coproduction RTS Quartier des Banques a été lancée le 20 février. Derrière ce thriller haletant prenant place dans le milieu bancaire se tient une femme, la scénariste Stéphane Mitchell. Patrick Suhner, producteur éditorial à l’Unité fiction de la RTS, nous raconte la collaboration avec l’auteure et nous explique ce qui fait le succès d’une série.

Patrick Suhner, au départ, pourquoi avez-vous opté pour le scénario de la série Quartier des banques?

Les idées nous sont généralement amenées directement par les auteur.e.s. Nous organisons 2-3 fois par année des journées de pitchings où les scénaristes, accompagné·e·s des producteurs·trices, nous présentent leurs projets. Nous choisissons les plus intéressants et les plus prometteurs sur la base de critères assez larges, mais avec toujours un objectif en tête: plaire à notre public, susciter sa curiosité et le surprendre.

Dans quelle mesure la RTS a-t-elle pu influencer le contenu de la deuxième saison de Quartier des banques?

Le résultat d’une série est toujours le fruit d’une discussion entre la RTS, les auteur·e·s et le·la producteur·trice indépendant·e. Mais les auteur.e.s ont bien entendu une grande force de persuasion. Pour Quartier des banques, la scénariste, Stéphane Mitchell, voulait situer l’histoire deux ans après la saison 1, parler du trafic de diamant, avec au cœur de l’histoire une question centrale: peut-on faire de la banque éthique? Cela nous a paru très pertinent.

Avez-vous collaboré étroitement avec Stéphane Mitchell?

Durant la phase d’écriture, qui prend généralement entre 18 mois et deux ans, nous lisons les textes à différents stades et faisons des retours régulièrement. Pour Quartier des banques, je pense avoir fait une dizaine de réunions avec Stéphane Mitchell, Sébastien Meyer et leur producteur Jean-Marc Fröhle (Point Prod). Ce triumvirat auteurs-producteurs-chaîne est très important.

Dans quelle mesure le.la scénariste joue-t-il.elle un rôle dans le succès d’une série?

Les scénaristes jouent un rôle fondamental. Ecrire une bonne histoire: ça semble banal mais c’est tellement important! Le rôle des scénaristes a bien entendu pris de l’importance avec l’avènement des séries. Au cinéma, ils sont davantage dans l’ombre. Bien sûr, la réussite d’une série dépend d’énormément de facteurs – la réalisation, le montage, la musique, etc – mais si, à la base, on ne raconte pas une bonne histoire, on a perdu avant même d’avoir commencé!

Dans quelle mesure la RTS soutient-elle la formation des jeunes scénaristes?

Cette question est cruciale en Suisse, car nous n’avons pas d’école de scénaristes – nos écoles forment avant tout des réalisateurs·trices. C’est donc difficile de trouver des mesures adéquates. A notre échelle, nous faisons donc des petits pas, avec de temps en temps des formations spécifiques, master class, etc, mais surtout en donnant une chance à de jeunes auteurs d’entrer en développement ou en incitant les producteurs·trices à intégrer des scénaristes juniors dans leurs équipes. Récemment, nous avons proposé à deux jeunes auteur.e.s de l’ECAL – Malou Briand et Raphaël Meyer – d’intégrer la «writers room» d’une de nos séries en développement. Finalement, les headwriters étant très contents de leur travail, ils leur ont confié l’écriture complète d’un épisode. Je pense que c’est la meilleure formation que Malou et Raphaël pouvaient avoir!

Texte: SRG SSR